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 Le feu glacé de la peur ~ feat Quilnam

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Elvira
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MessageSujet: Le feu glacé de la peur ~ feat Quilnam   Lun 23 Avr - 21:03

Quilnam & Elvira
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Le voyage avait été long. Très long. Si je n'étais pas au chaud, près d'un feu, un bol de soupe entre les mains j'aurai même ajouté: trop long. Jamais je n'avais eu à faire un aussi long voyage, cependant l'heure était grave et je n'avais pas vraiment le temps de penser à me plaindre. Il fallait juste que je vienne récupérer ce pour quoi j'étais venue et je devrais repartir aussi vite que j'étais arrivée. En coup de vent. De passage pour une urgence.

J'étais venue pour rencontrer les clans Sylécates qui vivaient dans la Toundra. L'on disait qu'ils avaient des dons de guérison surprenant et renommés dans tout notre monde. Il me fallait absolument le meilleur des soins, j'avais déjà tout essayé et rien n'avait vraiment fonctionné. Entre les breuvages, les pommades, les soins magiques et les formules bidon de chaman farfelus, j'étais passé par tous les moyens possibles et inimaginables. Après m'avoir dit que le cas était grave et qu'il requérait des soins bien supérieur, j'avais commencé à établir les plans d'un voyage. Direction la Toundra ! Les meilleurs soigneurs d'Elysphère pourrait surement faire quelques chose pour m'aider. Cependant, avant de demander quoi que se soit, il fallait les trouver. Et ça, c'était plus facile à dire qu'a faire. La Toundra est vaste et les villages nomades peu nombreux. J'avais pourtant payé un guide pour qu'il m'aide à repérer plus rapidement des camps. Malgré cela, nous avions mis presque deux semaines à trouver les Sylécates. Nous avons du endurer le froid de ces terres et le manque de nourriture. Ils nous étaient dur de chasser, et nous étions obligé de rationner les réserves qu'il nous restaient. Et partager avec un grand gaillard d'un mètre quatre-vingt-dix et de plus de quatre vingt kilos n'est pas toujours facile. Il avait au moins la chance de mieux résister au froid. Moi à côté, je passais mon temps enroulé dans d'épaisses couches de hauts en lin et de pull en laine sauvage et je ne quittais pas ma grande cape de velours noir qui me permettait de protéger ma tête.

Le voyage en lui même avait duré presque une lune. Les parties les plus difficiles s'étant déroulé vers les Montagnes de Kepleis et la Toundra. Cependant, la longueur et la difficulté du voyage n'aurait rien fait pour stopper ma détermination. Il vrai que je ne pouvais travailler durant cette période et qu'il me faudrait redoubler d'effort à mon retour et rattraper le temps perdu. J'étais prête à parer tout contre coup de mon expédition dans le Nord du continent. Mes mains étaient froides. Je grelottais. Mais rien, rien ni personne ne pouvait empêcher le feu de détresse et d'impatience qui me consommait chaque jour un peu plus. Un grand vide se creusait et j'avais peur de rentrer trop tard. J'en voulais u monde et je ne comprenais rien. Pourquoi rien n'avait marché, pourquoi le pouvoir des Sylécates avait état inefficace? Ils étaient bien intéressant pour cette raison, mais ils avaient pourtant échoué. Il n'avait pas réussi à le soigner.

Je m'étais tu. Depuis presque une lune je ne disais plus rien. Quelques mots par-ci par-là pour le guide. Je contenais tout à l'intérieur. J'alimentais sans cesse ce feu qui me brulait le coeur, m'enflammait les poumons et m'embrasait la gorge. J'avais peur de mes mots, j'avais peur de m'emporter et de laisser ma propre nature contrer mes plans. J'avais peur. Et là résidait le problème. Jamais je ne l'aurais avoué, plutôt mourir que de dévoiler sa peur et ses faiblesses. Cependant elle était omniprésente en moi. Elle était les buches du feu et l'air qui l'aidait à grandir. Elle était au fond de mes yeux et dans un coin de mon coeur. J'étais affaibli par ce combat de tous les jours et je ne savais ce que je deviendrais si jamais j'échouais, si jamais je lâchais aujourd'hui, maintenant, tout de suite. Pour cela je me taisais.

Une espèce de torpeur s'était installé en moi. C'était morne et frigorifiée que les Sylécates m'avaient accueillis. Ils avaient été très chaleureux avec moi bien que nous ne soyons pas de la même caste. Une vieille femme m'avait dit qu'ils ressentaient ma détresse. Des frissons avaient parcourus mon dos avant qu'un sourire malicieux et compréhensif étire ses lèvres gercées. L'idée que l'on puisse dévoiler mes sentiments aussi facilement me glaça et j'eu de la peine à sourire à mon tour. Cependant je n'avais rien eu à dire qu'ils s'étaient mis au travail pour un remède.

Cela faisait deux jours que nous étions dans le camp Sylécate. Chaque jour, de nouvelle têtes venaient me dire bonjour, j'étais devenue comme l'attraction du visage. Il faut dire qu'ils n'avaient surement pas beaucoup de visite dans la Toundra. Je me demandais qu'elles étaient leurs relations avec l'Empire. Mais je n'en touchais pas un mot. Je restais là, assise à regarder le feu, encore glacé de ce qui planait au dessus de ma tête. Je sentais le coup prêt à s'abattre sur moi comme si j'étais condamnée à mort. Pourtant ce n'étais pas de moi qu'il s'agissait, mais les scénarios les plus affreux défaillaient sans cesse devant mes yeux sans que je fasse quelque chose pour les arrêter.

Mon père était proche de la mort.

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Quilnam
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MessageSujet: Re: Le feu glacé de la peur ~ feat Quilnam   Sam 5 Mai - 15:11

Un des hauts dirigeants des chefs de la rébellion m'avait donné une petite mission de routine: Allez dans un village Sylécate dans la Toundra, afin de voir ce qu'il s'y passe, s'ils y font quelque chose pour participer à la rébellion. J'étais parti avec un de mes amis Liam, et nous nous sommes retrouvés dans un village de guérisseur. Un des meilleurs paraît-il. Je me suis dit que je pouvais donc accroître mes connaissances sur la guérison et sur mon don: l'auto guérison.

J'étais parti plusieurs journées avec quelques amis et chasseurs afin de trouver de la nourriture pour les jours à venir. C'était une de mes premières expéditions et je ne savais pas trop comment faire. Je pris donc plusieurs couche de fourrure afin de ne pas avoir froid, car dans la Toundra si vous ne savez pas faire de feu, ou si vous n'êtes pas bien habillé, et encore, vous avez une chance moindre de survivre. Les conditions sont extrêmes. Nous étions cinq, nous partîmes une matinée, en disant au revoir à nos familles, je n'avais donc personne à le dire. Il faisait frais mais pas froid, les rares oiseaux qu'il y avait poussaient quelques notes magnifiques, les arômes des divers plantes médicinales, que j'avais appris à reconnaître en seulement quelques années, embaumait l'air, ce qui était plutôt agréable. Comme dans la Toundra il fait très froid, rare personne y vienne, donc à chaque nouveaux visiteurs cela s'entend à plusieurs centaine de mètres, à cause de l'ouïe des animaux. Ce qui les rends très difficile à attraper, déjà qu'ils n'abondent pas. Les 2 chasseurs expérimentés du groupe nous placèrent divers endroits afin d'optimiser nos chances d'attraper un de ces farouches animaux.

Ils nous tendirent quelques armes, je choisis l'arc, même si je n'en avais jamais touché un de ma vie. Nous étions perchés sur plusieurs armes, puis les 2 chasseurs ont commencé à faire office de rabatteur. nous avalons attendus environ une demi-heure afin qu'ils fassent un grand tour de la Toundra pour prendre les animaux à revers. Puis on entendit leurs cors sonner de très loin. J'avais les jambes engourdis, et je commençais à bailler car la patience ce n'est pas mon fort. Mais il fallait que je me concentre car c'était le moment le plus important, car les animaux, ayant peur du bruit des cors, se dirigèrent à l'opposé d'eux, donc vers notre direction. J'attendis quelques minutes avant d'apercevoir un cerf de plus de 2 mètres de haut avec des bois magnifiques. Je me disais qu'il était pour moi, que je devais l'attraper comme ça j'aurais une patte fierté. Je pris une flèche et l'encocha sur la corde que je tendais. J'ajustais ma précision quand tout d'un coup un couteau vint se planter dans son cou. Je regardais Liam mon ami qui avait pris les couteaux puis je l'ai foudroyé du regard, il me tirait la langue comme un gamin de 10 ans mais cela nous faisait sourire malgré le fait que nos lèvres soient d plus en plus gercées. Si j'avais été un peu meilleur avec l'arc j'aurais pu viser la branche sur laquelle il se tenait afin de le faire tomber.Les 2 rabatteurs faisaient leurs boulot, le gibier arrivait en masse (1 ou 2 sangliers en 30mn c'est un exploit dans la Toundra glaciale).

Le soir, nous allumèrent un feu et rassemblèrent les bêtes afin qu'elles ne se fassent pas dévorer la nuit par les loups ou autres prédateurs, c'est pourquoi nous avons décidé d'alterner un tour de garde à chacun, 2h par personne, nous étions 5. Mon tour de garde était de 2h à 4h du matin, mon horaire préférée car c'est en plein milieu de la nuit, après m'être endormi, mais trop tard pour que je m'endorme à nouveau. J'ai le sommeil dur. A l'heure de mon tour de garde, Liam vint me réveiller, car c'était son tour juste avant, et bien sûr il fallait qu'il me balance de l'eau glacée sur la tête pour le faire. Je n'ai pas répliqué mais j'étais déjà en train de penser comment je préparerais ma revanche. Durant mon tour de garde, je n'avais pas eu grand chose à faire car à cette heure ci, prédateurs ou voleurs doivent dormir, quelle chance. Donc je préparais mon petit piège sympathique pour ce cher Liam. Mon tour de garde était enfin terminé, je me couchais avec un sourire sournois. Vers 8h, un doux son de cor vint nous réveiller: "J'ai hâte de me lever maintenant", dis-je. Mais je devais me lever assez vite afin de voir la réaction de Liam. Comme par hasard il avait une bonne dizaine de minute de retard, ce qui était bien car comme ça tout le monde pourrait assister à sa petite scène. Lorsqu'il sortit de sa tente il se prit les pieds dans plusieurs fils de lin avant de tomber tête la première dans une crotte de sanglier, puis il roula sur le côté car il y avait un peu de pente, avant de tomber dans un trou que j'avais creusé. Et enfin pour le remercier de son sceau d'eau glacée ce cette nuit, j'en avais préparé une bonne dizaine pour qu'il se prenne une bonne douche dès le matin.
Cette farce passée nous repartîmes dans les bois pour réitérer l'opération de la veille, rien de plus spécial.

Nous sommes repartis le soir même car nous avons bien assez de viande, une dizaine de cerfs, de même pour les sangliers, une vingtaine de lapins biens dodus et quelques volailles. Nous avons emportés une charrette afin de placer tout ce beau monde dedans. Le voyage retour s'est déroulé sans accroche. Personne en vue. Pas de dégringolade ou autres.
Lorsque nous sommes arrivés au village plusieurs personnes nous attendais. Je devinais qu'il devait y avoir quelques bouchers afin de désosser les viandes et quelques fourreurs pour tirer bénéfices des fourrures animales.

Ma tâche enfin finie je me dirige vers ma maison, si on peut appeler ça une maison, car comme j'étais de passage on m'a attribué une sorte de hutte-maison, dans laquelle il y a un lit, un foyer, une table et quelques chaises, ce qui me laisse à la fin un espace vital d'environ… Un demi lit… Bref je m'allonge sur mon lit un instant qu'à peine on vient me déranger. C'est Liam, il m'informe qu'une personne était arrivée au village, juste après notre départ et qu'elle ne parlait quasiment pas, on savait qu'elle voulait juste un remède "miracle". Je me décide donc d'aller la voir, minimum de respect tout de même, même si tout mon corps est terriblement épuisé. Je me dirigeais donc vers la rivière afin de me rendre présentable, je me lavais et m'essuyais avant de me rendre dans ma hutte pour changer de vêtement car ceux ci puaient la transpiration, le sang séché et autres odeurs fétides. J'enfile donc une tenue ample, comme la plupart de mes tenues et me dirige vers la maison où se trouve notre chère invitée. Je toque avant d'entrer… Aucune réponse… Essaye encore… Personne. J'entrouvre donc la porte et voit une charmante jeune fille, qui doit, sans aucun doute ridiculiser la plus belle femme de ce village. Elle était assise sur son lit, le regard vide, sans aucune expression faciale. Je m'approche donc et vint m'assoir à côté d'elle. Elle ne me regardait toujours pas, je ne dit rien, je me tus. J'attends quelques instants, toujours rien.

Je fis donc quelque chose, je lui pris la main, afin qu'elle se sente en confiance et en sécurité avec moi, pour éviter de se cacher, de détourner les sujets de conversation, pour qu'elle ne se voile pas la face. Puis je dit:

-Qu'est-ce qu'il y a? En essayant de trouver ses yeux bleu gris.
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Elvira
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MessageSujet: Re: Le feu glacé de la peur ~ feat Quilnam   Dim 6 Mai - 12:07

Je fixais les flammes. Leur danse ardente me fascinais au plus au point. Leur reflet agitait mes yeux d'un éclat vif et un peu inquiétant. Je les voyais devant moi, et j'avais envie d'y mettre ma main, de sentir les flammes lécher ma peau. De sentir leur chaleur se répandre en moi et redonner vie à mon visage. J'avais envie de les rejoindre et de ressentir leur morsure, de ressentir quelque chose. Mon coeur était perdu dans le noir, elles étaient la lumière qui m'aiderait à le retrouver. Elles étaient la douleur que je pourrais évacuer et libérer. Parce que peut-être que si je me brulais, peut-être que je n'aurai pas mal. Aveuglée par la douleur du coeur, ma main ne serait qu'un moyen d'exprimer tout cela d'une autre façon, un échappatoire au vide qui se creusait en moi. Cette solution me tentait de plus en plus. Assise sur mon lit, une couverture sur les épaules je n'avais même pas entendu le jeune homme entrer dans la pièce. Trop plongée dans mes pensées, je ne le vis pas s'assoir à côté de moi. Par contre, je sentis sa main prendre la mienne et je sursautais à ce contact. Mon regard se riva sur nos mains avant de glisser sur le visage du jeune homme qui me faisait face. Quelques mèches blonde venaient encadrer un visage assez fin, et ses yeux me fixaient doucement, avec quelques intérêts.

-Qu'est-ce qu'il y a?-

Ma réaction fut immédiate, et quittant ma torpeur violemment, je me levais en retirant ma main avec la même énergie.

-Nan mais ça va pas? Qui vous a permis?-

De quel droit se permettait-il de me toucher? Qui était-il d'ailleurs? Il devait être légèrement plus jeune, et je ne l'avais pas encore croisé dans le village. Il n'était pas désagréable à regarder mais cela ne lui permettait de me toucher moi.

-Peut-être que votre joli minois vous a permis d'en charmer d'autres, mais sachez que je ne suis pas n'importe qui et je ne me laisse pas approcher par n'importe quoi....Violent. Peut-être un peu trop. Voilà que ma verve revenait mais de manière brutale et agressive. Ce jeune garçon était passé d'inconnu à "n'importe quoi".Enfin... n'importe qui.-

Je laissais planer le silence quelques instants tout en m'approchant du feu. Là je fis tomber la couverture qui me couvrait les épaules. J'étais vêtue d'un pantalon de soie, mais j'avais en dessous un bas en velours épais et la soie était autrement plus agréable à l'oeil et à porter. Il était resserré à la taille et la mettait en valeur. Nous avions beau être dans un village nomade de la Toundra, je ne pouvais m'empêcher de me vêtir de façon réfléchie. J'avais enfilais plusieurs blouses, les unes par dessus les autres pour me tenir chaud, mais on ne voyait qu'un haut tissé à la main, d'une laine pâle, presque blanche au col en fourrure. Alors, je me retournais vers le jeune homme, les mains sur les hanches et parlais, ma voix légèrement distante tout de même. Notre premier contact ne m'avait pas particulièrement plus. Et je ne souhaitais pas que cela se reproduise avec quelqu'un que je ne connaissais pas. Je n'étais pas spécialement gênée ou bien même dérangée par les contacts physiques. Cependant, je ne connaissais rien de lui, je ne savais même pas si il était Delthéna. Et je doutais qu'il mérite toute mon attention.

-Je ne vous ai pas encore vu dans le village. En tout cas, je peux vous remercier en quelques sortes de votre intervention, elle m'a sorti d'une torpeur dans laquelle j'étais plongée depuis plusieurs jours. Il me semble que je n'avais pas parlé ainsi depuis plusieurs mois. Le temps passe trop vite, il s'écoule entre nos doigts et ne nous laisse le temps de profiter...-

Ma voix avait baissé pour devenir un murmure, un souffle. Ma gorge se serra de nouveau, et je commençais à comprendre pourquoi j n'avais pas parlé jusque là. Ne pas lâcher prise. Ne pas craquer. Être forte. Éliminer toutes traces de faiblesses. Je n'avais pas besoin d'en dire plus, c'était à lui de parler, je n'avais rien à dire et il n'avait rien à savoir, au fond. J'étais de passage, j'étais la en coup de vent et je me voulais invisible. Bien que ce n'était pas dans mon caractère, je me faisais vite remarquer et c'était normal. J'étais bien qui j'étais. Et en aucun cas je ne passais inaperçue. Mon regard se dirigea vers ma main, cette main qu'il avait prise. Et un ancien souvenir, enfouit depuis des dizaines d'années remonta et empoigna mon coeur. L'étau se resserra et j'en eu presque mal. C'était un de ces souvenirs d'enfance que j'avais oublié. Que j'avais cru oublier. C'était un de ces souvenirs douloureux qui faisait parti d'une partie de moi que je ne voulais accepter.

J'avais huit ans. Je jouais dehors, je poursuivais un papillon avec un bâton dans la main. Mon père, me regardait assis sur une pierre non loin de là. Il souriait en me voyant me battre vaillamment contre ce monstre affreux qui n'était autre que le papillon. Je n'avais jamais apprécier ces animaux. Ils me mettaient mal à l'aise pour une raison inconnue. Et, petite, ils devenaient les méchants de mes jeux d'aventures. Mon bâton se changeait alors en épée tranchante et je l'agitais sans merci de façon désordonnée et enfantine. Alors que je le poursuivais sans fin, mon père c'était mis à tousser. Violemment. Les quintes de toux étaient fréquentes chez lui mais celle-ci le secoua d'un mal qui le mit à terre. Lorsque que je le vis tomber, le temps sembla s'arrêter. Mes doigts s'ouvrirent, mon épée tomba au sol avec lourdeur. Son impact résonna dans ma tête avant que mes petites jambes ne s'affolent et courent vers me père.
-Papaaa ! Papa, qu'est qui t'arrive? Papa! Relève toi !-
De mes petites mains, je l'avais pris par les épaules et tiré de toutes mes forces pour le tourner sur le dos. Il avait les yeux révulsés et sa respiration était saccadée, rapide et irrégulière. J'avais eu peur de l'homme que j'avais sous les yeux, mais plus encore j'avais eu peur de le perdre. Paniquée, je ne savais pas quoi faire. Du haut de mes huit ans je m'entêtais à le secouer faiblement en espérant qu'il se relève. Les larmes s'étaient mises à couler sur mes joues et mes cris d'enfant désespéré résonnaient dans mon coeur. Il était le seul homme à toujours avoir était là. Il était ma seule famille et le seule homme que j'avais aimé depuis mon plus jeune âge. J'étais terrorisé à l'idée de le perdre et tout mon corps en tremblait. J'avais alors pris une autre direction, me relevant rapidement, je m'étais mise à courir le plus vite que je le pouvais. Mon coeur cognait contre ma poitrine à m'en faire mal, mes poumons me brûlaient et ma gorge était en feu. Il m'avait semblé courir pendant des heures, sans m'arrêter. Mon but était de trouver le voisin le plus proche qui devait se trouver à une lieu de chez nous. Il était Sylécate, il pourrait le guérir. J'étais arrivé devant sa porte et avais toqué le plus fort possible. Alors qu'il venait d'ouvrir, j'eu juste le temps de prononcer quelques mots avant de m'effondrer. Évanouie
.


-Mon père...-

Mon regard à nouveau perdu dans les flammes, ma main crispée sur mon coeur, je ne m'étais pas rendu compte de la larme qui avait roulé sur ma joue et des mots que j'avais soufflé.

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Quilnam
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MessageSujet: Re: Le feu glacé de la peur ~ feat Quilnam   Sam 12 Mai - 16:55

A peine j'eu pris sa main, que cette jeune femme la retira. Mais pas que sa main, car si ce n'était que ça, ça pourrait aller. Mais c'est tout son corps qui se dégagea de ma main. Comme si je fus rejeter. Elle se dégagea avec une telle ferveur que si elle avait eu un poignard dans sa main, elle aurait pu aisément m'arracher la mienne.

-Nan mais ça va pas? Qui vous a permis?-

C'était une des premières filles qui me rejeté. Je ne savais pas quoi dire et quoi en penser. Si je devais essayer ma chance car elle veut me résister ou si je dois abandonner car elle me rejette. Je restais indécis et me disais qu'il fallait attendre et découvrir ce qu'il s'en suit.

-Peut-être que votre joli minois vous a permis d'en charmer d'autres, mais sachez que je ne suis pas n'importe qui et je ne me laisse pas approcher par n'importe quoi.... Enfin... n'importe qui.-


*N'importe quoi* pensai-je. Ces deux mot raisonnait dans ma tête, il rebondissait à l'intérieur en me faisant de plus en plus mal à chaque rebondissement, ces deux mots avec lesquels elle m'a désigné m'ont profondément touché. On aurait dit mon père "n'importe quoi" m'avait-t-il décrit à ma mère juste avant de s'enfuir. Je fermais les yeux, en m'imaginant la scène.

Mon père marchait d'un pas vite dans les rues, il bousculait les passants par des coup d'épaules, frappait des caisses sur le trottoir, renversait des fruits avant d'atteindre notre maison accueillante, à l'époque où ma mère pouvait encore sourire et avoir les cheveux propres et clairs. Il poussa la porte tellement fort qu'elle faillit sortir de ses gonds. Ma mère était en train de préparer le repas, un pot-au-feu maison, grandement apprécia de tous ceux qui ont pu avoir l'honneur de le gouter. Ma mère vint le voir, il ne lui adresse pas un regard, pas un sourire, pas même un geste. Il fît sa valise, ce qui lui pris quelque minutes puis redescendit.
-Qu'est ce qu'il y'a? dit ma mère, avec une voix douce et délicate.
-Je ne veux pas de cette "chose", dit-il avec dégoût.

Ma mère ne comprenait pas. Cette chose? De qu'il voulait bien parler? Elle le lui demanda.
-Tu ne veux pas de quoi?

Mon père avançait toujours, sans se retourner, sans rien faire, part avancer vers la porte d'entrée.

-De ton fils, dit-il en claquant la porte.


Ce souvenir était lointain, il remonte à plus de 15 ans maintenant, il ne me faisait presque plus d'effet. Presque. Je me sentit dérouté des mots qu'elle venait de dire, désorienté, ne sachant plus quoi faire, plus quoi penser de qui et de quoi. Je vis toute la pièce tourner autour de cette fille répétant ces quelques mots insignifiant qui ont pourtant tellement de puissance "Je ne fréquente pas n'importe quoi". Petit à petit l'image se transforma et et à la place de la fille, c'est mon père qui apparût, en disant les mêmes mots. Je m'enfouis la tête dans mes bras. Je ne savais pas si c'était qu'une de mes illusions ou bien si c'était réel. Je ne savais plus rien. Jusqu'à.

-Je ne vous ai pas encore vu dans le village. En tout cas, je peux vous remercier en quelques sortes de votre intervention, elle m'a sorti d'une torpeur dans laquelle j'étais plongée depuis plusieurs jours. Il me semble que je n'avais pas parlé ainsi depuis plusieurs mois. Le temps passe trop vite, il s'écoule entre nos doigts et ne nous laisse le temps de profiter...-

Ces paroles prononcées, je vis la pièce normalement.

-Merci,dit-je à voix basse

Elle était en face de moi. Elle avait dû enlever sa couverture car on voyait qu'elle portait un pantalon de soie. Sa taille était aussi resserrée, elle devait porter un bas, peut-être un corsage sur le haut. Mais je n'en fis plus attention, cette illusion me troublait.

Elle avait parlé avec une voie assez distante, presque hautaine, comme si je n'étais rien, rien qu'un misérable. Je ne devais pas mériter son attention d'après son attitude. J'ai tout de suite sus qu'elle était Delthéna, car seul eux sont aussi imbus de leur personne, mais je ne fis aucune remarque. Mais plus elle avançait dans sa phrase, plus sa voix se baissait jusqu'à ce que je n'entendit plus rien.

Puis elle regarda dans le vide.

Quelques instants plus tard deux mots sortirent de sa bouche.

-Mon père...-

Près du feu, la main sur son coeur, elle était de dos. Il ne vît pas la larme qui avait roulé sur la joue de cette fille.

Ces mots réveillèrent mon esprit et je décidais de sortir de sa tente pour m'aérer et penser à autre chose. Je sortis de sa tente en disant

-Je repasserai demain, je pense. Notre rencontre n'était spurement pas l'une des meilleurs. A demain, dis-je avec une voix calme mais trahissant quand même une légère pointe de tristesse, de culpabilité.

Je me rendis dans la forêt. Et m'essaya sur un rocher. Je regardais dans le vide.

-Papa

Avant de craquer et de m'effondrer.

Le lendemain, rétabli de mes émotions, je me rendis à la "place" centrale du village, avec les tentes marchandes et toutes les tentes où l'on peut y trouver de tout et n'importe quoi.Je passais de boutique en boutique en regardant divers objets variés. Il faisait beau, le ciel était bleu, le soleil jaune et les nuages blancs.
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Elvira
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MessageSujet: Re: Le feu glacé de la peur ~ feat Quilnam   Dim 27 Mai - 21:03

-Je repasserai demain, je pense. Notre rencontre n'était spurement pas l'une des meilleurs. A demain.-

Je ne l'entendis presque pas. Mes yeux brouillés de larmes ne se détachaient pas des flammes. Je marmonnais un "Bonsoir" presque inaudible avant de me laissé aller. Silencieusement, de fines perles au gout légèrement salé se mirent à rouler sur mes joues. Certaines vinrent se perdre au coin de mes lèvres, d'autres s'accrochèrent aux mèches de cheveux qui me chatouillées la joue. Les dernières roulaient à grande vitesse pour venir s'écraser sur le sol. Mes mains se détendirent peu à peu et tombèrent le long de mon corps pour se balancer doucement. Plantée là, au milieux de la pièce, je ne savais que faire. Je revoyais sans cesse les images de mon père pris par cette maladie infâme. Elle s'était installée en lui, suite à une blessure à la jambe qui l'avait grandement affaiblie. Mon père avait toujours été fragile. Sa santé s'ébranlait au moindre froid un peu trop persistant, il disait qu'il tenait ça de sa mère et que c'était grâce à la mienne que j'étais épargnée par cette tare. Je lui devais au moins cela à ma mère. Je me souviens des nombreuses maladies qui avaient ébranlé cet homme fort et vaillant qui m'impressionnait. A de nombreuses reprises j'avais eu peur de le perdre, mais mon orgueil m'avait poussé à rester neutre et solide devant de tels événements. Seulement il y avait une différence aujourd'hui. Il était vieux.

Vieux et affaiblie, je devais bien le reconnaître, personne n'est inébranlable surtout sous le poids des années. La période de Chaos l'avait fortement ébranlé et la mort de sa femme n'avait rien arrangée. Il était resté fort auprès de moi pendant une vingtaine d'années et maintenant que j'étais prête à assumer la réalité, il se permettait de faiblir. Je lui en voulais pour cela et en même temps je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter. Que j'en demande beaucoup à mes propres capacités, d'accord. Mais je ne pouvais me permettre d'en demander trop d'un homme qui avait donné sa vie pour moi et sacrifié sa femme. Maintenant c'était à moi d'assurer ses arrières. J'en étais largement capable et au meilleur de ma forme. Enfin pas au meilleur, mais ce n'était que de passage, j'osais du moins l'espérer. Tout en laissant les larmes couler sur mes joues, je réfléchissais et marchais dans ma petite chambre. La soirée s'écoula lentement, les secondes s'égrainaient et le nombre de mes pas augmentait. Je tournais en rond. Au sens propre et au sens figuré. Déjà ma chambre n'était pas bien grande, mais surtout je ne venais pas au bout de mes réflexions. Apaisée je m'étais mise à réfléchir à ce que j'adviendrait si e perdais mon père. Et à chaque fois, mes pensées n'aboutissaient à... Rien.

- Alors? Encore à te torturer l'esprit à propos de ton père? -

La vieille femme qui avait percé la raison de ma venue interrompue mon "Rien" de sa voix douce et cassée. Les cheveux blancs et longs, ses yeux étaient dur et sa peau forcée par les âges. EN sa présence, j'avais toujours un espèce de froid qui me parcourait le dos, sa façon de percer aussi efficacement mes sentiments et mes pensées me m'était mal à l'aise.

- Euh.. Oui, je ne sais même pas pourquoi j'hésite à parler encore de cela avec vous.
- Eh bien, on dirait que ce jeune homme vous a délié la langue. C'est bien une des plus longue phrase que vous m'adressez depuis votre arrivée jeune fille.
- Vous l'avez vu sortir?
- Oui et si vous voulez mon avis, il avait l'air presque aussi en forme que vous. Votre mal est partagée, de façon différente mais sans vous en rendre compte, vous avez trouvez quelqu'un sur qui vous soulager quelque peu.
- Je ne pense pas non, je ne sais même pas qui il est et puis....
- N'en as tu donc pas assez de te cacher comme cela? Arrête un peu de parler et de pavaner et regarde le monde tel qu'il est. Regarde toi avec sincérité.

Sa voix était dure et sans réplique. Elle me fixa de ses yeux d'acier sans me lâcher une seconde et je me figeais sans oser bouger sous ce regard intimidant. C'était bien la première fois qu'une vieille femme m'imposait un tel respect et pourtant, alors que je commençais à me raidir et serrer les points, son visage se relâcha et de petites rides familières vinrent marquer son visages aux coins des yeux et de la bouche. Sans dire un mot de plus, elle sortit silencieusement dans la nuit. Je restais un moment sur place, muette après les paroles de la vieille femme.
Sans un mot de plus, sans un regard, je m'assis sur mon lit et glissais les pieds sous mes couvertures. Les mains sur les genoux, je ne savais pas quoi penser et je décidais de ne pas trop y réfléchir sous peine de ne pas réussir à m'endormir. Cependant, ses mots s'imprégnèrent en moi durant mon sommeil. Ils voyageaient au long de mes rêves et m'envahissaient progressivement de la tête au pied.

Le lendemain matin, je décidais de revoir le jeune homme qui était passé la veille. Il avait eu raison, notre rencontre ne s'était pas bien passée et pourtant il avait réussi à me sortir d'une torpeur assez gênante et encombrante. J'avais envie de tout recommencer. Et pour le trouver il fallait que je sorte de ma chambre. De nombreuses personnes du villages étaient venue me dire bonjour ou me souhaiter la bienvenue, mais j'étais resté la plupart de mon temps enfermée et j'avais pourtant à découvrir cette merveilleuse région et leurs habitudes. Cela m'occuperait l'esprit et attirerait la sympathie. C'est toujours plus agréable de voir celle qu'on héberge participer à la vie du village. J'enfilais donc mes pulls et ma cape avant de sortir. La matinée était déjà avancée et le soleil réchauffait quelque peu l'air glacé de la Toundra. Le village nomade était grand et s'organisait comme un de ces villages rues que l'on voit partout ailleurs sur Elysphère. Il y avait bien évidemment une petite place centrale. Enfin c'était un endroit sans habitations et qui regroupait les différents étalages de viandes et fourrures des marchands de ce peuple. Je me décidais et commençais à me promener au milieux des manteaux et habits plus chauds les uns que les autres. Certaines pièces étaient absolument sublimes et rivalisaient avec les vestes hautes coutures des bourgeois d'Altaïr. Alors que j'avançais, j'apperçu le jeune homme blond de la veille. Je marchais vers lui d'un pas souple et adroit et sans qu'il ne me remarque me plaçait à ses côtés.

- Il fait vraiment beau aujourd'hui. Je visiterais bien les alentours! Oh, je me présente, Elvira Désidérade. Enchantée de faire votre connaissance. -

Je lui tendais ma main, un de mes plus beaux sourires accroché au visage. Mes intentions étaient claires et je m'étonnais moi même en étant aussi sympathique avec un inconnue que j'avais envoyé bouler la veille au soir. Je continuais ensuite de marcher lentement et m'adressais à lui de façon polie et enthousiaste:

- Vous devez connaître la région non? Croyez vous qu'il serait possible de mes montrer les plaines qui nous entourent? Je suis bien curieuse de découvrir cette contrée et je ne suis pas vraiment sortie cette dernière semaine. Le temps est plutôt favorable, mais bien sur ne vous gênez pas pour moi, je suis sur que vous avez surement d'autres chats à fouetter. -

Je jouais de mes charmes de façon subtiles grâce à de légers mouvements de cheveux ou des sourires bien placés. Je n'avais pourquoi de me conduisais de la sorte cependant je ne posais plus de questions, j'agissais sans réfléchir. L'air frais de la Toundra me faisait du bien.

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