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 La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan

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Elvira
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MessageSujet: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Dim 22 Avr - 16:53

Erwan & Elvira


<a href="http://www.youtube.com/watch?v=XZDC1QvMhNs?hl=en"><img src="http://www.gtaero.net/ytmusic/play.png" alt="Play" style="border:0px;" /></a>

-Encore dans ton coin, à croire que les simples mortels ne méritent pas ta présence!-


La réplique avait fusée. Cinglante. Le ton froid, la voix cassante et le regard dur. Il se trouvait là, devant moi et ça devait bien faire trois ans que je ne l'avais pas vu. Pas d'excuse, le simple fait qu'il soit encore à l'écart du monde, à faire son ermite me mettait sur les nerfs.
De plus il n'avait rien à faire là, je ne voyais pas pourquoi il était là et jamais je n'aurais pensé le croiser. Je m'étais permise de prendre une semaine de repos, c'était la première fois en presque 7 lunes et je n'avais aucune envie de gâcher mon séjour.
J'avais un programme bien établie, j'en étais à mon troisième jour de congé et je venais d'arriver à l'orée de la Forêt du Monde. Elle était mère de nombreuses légendes et contes d'Elysphère et, étant petite, mes rêves étaient sans cesse envahis par d'étranges créatures provenant de la Forêt. Y venir était un de mes souhaits et jamais je n'y avais prêter attention jusque là. Cependant, les tensions entre l'Empire et la Rébellion de plus en plus présentes m'avaient soudainement replongées en enfance et dans mes souvenirs.

Le but de mon voyage était de revenir à Katlita, le petit village où j'avais grandi. Je n'avais pas prévenu mon père de mon arrivée. Il n'avait plus aucune nouvelle depuis presque un an. La surprise serait réussite, j'avais eu peur pendant quelques instants qu'il m'en veuille, mais il n'avait absolument aucune raison, lui. Pour ça je faisais un détour par la Forêt du Monde avant de bifurquer vers le sud pour encore une journée de marche et quelques heures.
Je n'avais plus l'habitude de grand voyage, seule avec moi même. Mais la solitude n'avait pas eu le temps de s'installer que je rencontrais déjà quelqu'un. Quelqu'un que je ne pensais pas revoir, quelqu'un avec qui mes relations étaient étranges, quelqu'un qui méritait à peine que je m'agace pour lui.

C'était deux ans plus tôt, lors d'une des mes randonnées en solitaire. J'avais alors 19 ans et je ne n'avais jamais été plus en colère contre mon père que cette semaine là. C'était folle de rage et indignée que j'avais claqué la porte, munie d'une cape noir épaisse et d'un sac pauvrement rempli. En quelques sorte, j'avais eu de la chance de tomber sur lui. Entraîner par le mépris que m'inspirait mon père, j'avais marcher durant de longues heures. Disons simplement que je m'étais vraiment éloignée et qu'en plus de ne pas connaître les lieux où j'avançais à vive allure, je n'avais qu'un quignon de pain comme seule réserve de nourriture pour l'allé et le retour. Autant dire que je n'avais pas grande chance de tenir longtemps avec le rythme que j'entretenais, pas d'eau et un simple bout de pain rassit et troué.
C'était comme un petit miracle d'être tombé sur lui, égaré au milieux de nul part j'avais rencontré ce jeune homme, alors âgé de 22 ans. C'était toute assurée et bien naïve que je lui avait demandé de l'eau. Il aurait pu s'agir de n'importe qui, du moment que je n'avais à rentrer chez moi en rampant et en avouant mes faiblesses, c'était parfait pour moi.

Bref, il était une oasis au milieu du désert et je comptais en profiter! Avec ma chance, j'étais tombé sur un Delthéna, plutôt beau garçon et bien taillé. Ses cheveux blancs me faisaient dire qu'il était guerrier et en plus des Montagnes de Kepleis, de ce fait c'était plutôt quelqu'un de bien à côtoyer. C'était du moins ce que j'avais cru aux premiers regards. Mais très vide il m'avait parut fade et creux. Il n'osait pas m'approcher ni même me regarder vraiment dans les yeux. Étrangement j'avais tout de suite oser dire le fond de ma pensée, je me retrouvais à l'aise alors que je ne le connaissais pas et je n'hésitais pas à lui balancer ses quatre vérités. À ma façon bien sur. Là par contre il avait répliqué. Il avait quand même dit quelque chose et je me retrouvais rassurer en me disant qu'il n'était pas si passif que ça.
Pourtant, derrière toutes ces méchancetés que nous avions pu échanger, je sentais quelque chose d'étrange.

Je l'avais senti la première et aujourd'hui je retrouvais cette même sensation. Je n'arrive pas à définir ce que c'est, ça nous lie, c'est tout. C'est peut-être ça qui m'énerve au fond. De m'être quelque peu attaché à lui. À Erwan.

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Erwan
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Lun 23 Avr - 18:22

Erwan avait chevauché durant plus de trois jours. Sans prendre ni pause pour se nourrir, se reposer seulement parfois pour faire souffler son cheval. Il avait l’esprit remplis de brume, ne pensait à rien. Il aurait préféré penser au magnifique paysage qui se déroulait devant lui, mais il n’y arrivait pas. La plaine d’Ijada s’étendait, voluptueuse, jusqu’à la Forêt du Monde, obscure de tous ses secret cachés. Il ne pouvait admirer non plus le magnifique soleil couchant qui s’étalait sur tout l’horizon, colorant le ciel d’un dégradé de rouge, rose et orange. La lumière rasante dorée de ce crépuscule d’éveillait même pas son attention. Ne penser à rien. C’était de loin la meilleure solution qu’Erwan avait trouvé pour ne pas sombrer dans le désespoir. À quoi cela sert-il de s’attacher aux gens si on sait qu’il vont mourir ? C’était la seule pensée qui parfois germait dans son esprit.
La perte d’une ami est toujours un moment effroyable. On préfèrerait s’endormir à jamais, mourir pour ne plus voir les jours défiler, vides. La mort d’Anthil était d’autant plus douloureuse à Erwan qu’il ne possédait pas beaucoup d’ami. Le peu d’amis qu’il avait lui étaient donc très attachés. Peut-être trop. Il essaya de compter son nombre d’amis. En repensant à diverses connaissances, Erwan esquissa un sourire. Une connaissance, et pas n’importe laquelle. Une personne qui passait le plus souvent de son temps à le critiquer, se moquer de lui, parfois l’engueuler. Parfois il lui répondait, mais pas souvent. Il n’y avait qu’elle pour lui tirer un sourire : Elvira.

Se rapprochant de l’orée de la forêt, Erwan se remémora leur rencontre. Il avait alors 22 ans et été parti depuis deux semaines pour un entrainement intensif dans la Forêt du Monde. Objectif : se familiariser avec un monde hostile et survivre un mois sans nourriture, mais bien armé. Arc, flèche, poignard et ses deux Lames, il était prêt à affronter tous les monstres que regorgeait cette forêt si mystérieuse. Il avait posé son campement dans une petite clairière où y coulait un ruisseau. C’était ne semaine après son arrivée, vers la fin de l’après-midi qu’il la vit pour la première fois. Elle avait débouché dans la clairière comme un furie, tellement prise dans sa colère qu’elle ne l’avait pas remarqué. Filant comme un flèche, elle trébucha sur un racine. Comme révolté par l’attaque de cette racine dangereuse, elle sortit toute sa colère d’un coup. Avec un grand coup . De pied. Dans un arbre. Ce qui eut comme effet direct de la calmer : en effet elle se préoccupait plus de son pied endolori. Tout en massant son pied, elle ne put s’empêcher de partager à la terre entière ses pensées :

« -Bon sang, mais c'est pas vrai ! Être tranquille deux minutes c'est pas possible dans ce monde de fou? Pas moyen de marcher tranquille sans que cet arbre vienne mettre une fichue racine sous mon pied !

C’était donc juste après cette tirade qu’elle eut enfin aperçut Erwan. Sans montrer aucune gêne, elle se releva rapidement, posa ses mains sur ses hanche et regarda intensément Erwan, comme si elle lui demandait la raison de sa présence ici. Un regard sûr et fier.

Elle lui demanda les formules d'usage, se présenta, attendit qu'il se présente, et son manque de réaction lui indiqua clairement qu'il n'était pas très à l'aise. Son regard, qui avait brillé lorsqu'elle avait remarqué qu'il était Delthéna, s'affaibli jusqu'à disparaître, laissant un regard vide, dénué de tout intéressement. Il bien voyait qu'elle commençait à s'ennuyer ferme et qu'il ne pouvait, et ne voulait rien faire non plus. Mais à sa grande surprise, au lieu de partir, elle lui demanda le plus naturellement du monde :

- Tu n'aurais pas de l’eau par hasard ? Je suis assoiffée, déshydratée et je donnerait tout pour de l’eau fraiche !

Toujours aussi stupéfié, il lui avait tendu une gourde pleine d’eau. Lorsqu’elle la prit, elle remarqua sa réticence et sourit malicieusement. Alors qu’elle buvait goulument, Erwan l’observa à la dérobée. De taille moyenne, voire un peu petite, elle émanait une certaine force et persévérance. Ses yeux bleus gris, presque durs, étaient adoucis par un visage pâle et des joues rosées. Chose étrange, elle avait paré ses cheveux caramel de mèches colorées. Il n’avait pas eu le loisir de pouvoir l’observer d’avantage car elle tourna la tête. Bien sûr, ne pas la regarder dans les yeux. Et avec un tact parfaitement maîtrisé, elle avait commencé à lui reprocher tous ses défauts, lui demandant par exemple pourquoi il paraissait si mou, si passif, qu’est-ce qu’il faisait là, pourquoi il ne la regardait pas dans les yeux, elle n’allait pas le manger, etc. Faisant un effort surhumain pour lui, il la regarda dans les yeux.

- Je ne voit pas l’utilité de te regarder, je ne te connais pas. Merci et au revoir.

Il avait lancé ses mot rapidement presque durement. Pour le coup il avait réussit à la faire se taire pendant quelques instants. Disons quelques secondes avant qu’elle ne se ressaisisse. C’était dans son caractère et Erwan eut rapidement le loisir de le vérifier. Elle alla le voir une fois par semaine environ dès qu'elle le pouvait. Entre toutes les broutilles, colères et querelles inutiles, ils apprirent à se connaître.


- Encore dans ton coin, à croire que les mortels ne méritent pas ta présence ! –

Cette voix ! Il se retourna brusquement et ne put s’empêcher de sourire en la voyant.

- Toujours aussi réservée à ce que je voit ! Où vas-tu comme ça ?

Descendant de son cheval il s’avança vers elle, un peu réticent. Avec Elvira, il fallait toujours se méfier. Son jeu préféré consistait à faire tout pour le gêner, car elle ne connaissait que trop bien sa timidité. Et à en voir son sourire malicieux, le pire était à venir.
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Elvira
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Lun 30 Avr - 16:02

Quand il fut à terre, je pu regarder Erwan dans les yeux. Il m'adressa un léger sourire qui eu pour effet de me dérider quelques peu. Je relâchais mes épaules et les muscles de mon visage se détendirent pour effacer toute tracer de colère. Au contraire, mes yeux prirent un reflet de malice quant à ce qui attendait le jeune homme. J'avais toujours adoré embêter Erwan, il est vrai qu'il n'est pas vraiment à l'aise avec les autres, surtout avec les femmes. Et je prenais un vilain plaisir et le gêner le plus possible. Les hommes n'était pas insensible à mon charme, cependant Erwan me faisait penser à un petit garçon dans ces situations. Ces réactions étaient maladroites, ses mots plus bégayant que jamais et ses joues avaient tendance à rougir légèrement, même si ce détail n'était visible qu'a mes yeux de femme, étant donné que sa peau mat ne laissait pas deviner grand chose.
Mais j'avais l'habitude d'observer les reactions des autres, de faire attention à tout. C'était une de mes façon de cerner les personnes que je rencontrais. Et c'est bien pour cela que le fait qu'il soit Delthéna ne m'avait pas empêché de le traité comme un Péromère. Il m'avais démontré, à moi qui y croyais dur comme fer, que les Delthéna n'étaient pas tous aussi charismatiques et vaillant. Il venait tout gâcher dans mes petits stéréotypes mais il fallait également avouer que c'était quelqu'un de très courageux. Il avait beau être timide comme une fillette et bavard comme une moule, c'était un homme droit et fort, au sens de l'honneur et formé au combat le plus expérimenté qui soit.

-Bravo, je te félicite! Tu as réussi à enchaîner plus de trois mots sans bafouiller! Mais dis moi, tu as fais des progrès depuis notre dernière et première rencontre. Tu as changé aussi, mais ça parait normal, en trois ans. Ooooh, allez, viens dans mes bras!-

Je m'approchai de lui, le sourire aux lèvres et lui planta deux baisers sur chaque joues, de manière franche et résolue. En souriant toujours, une étincelle malicieuse dans les yeux, je tournai autour de lui tout en faisant passer ma main sur ses épaules.

-On a fait de la musculation dis donc !-

Je me mis à rire, doucement, simplement. J'aimais tant me moquer de lui. C'était devenu un sport, redoubler d'astuce pour ébranler ce grand guerrier au regard sérieux. Et je n'avais jamais eu de retenu pour me jeter dans ses bras, l'embrasser, me rapprocher de lui etc... C'était devenu tout naturel et je n'avais que faire des règles de société qu'une jeune fille doit respecter envers un jeune homme de son rang. Cependant, ce cher Erwan venait de me poser une question et après ces quelques secondes de plaisir je lui devais bien une réponse.

-Si tu veux savoir, je vais voir mon père. Voilà un an qu'il est sans nouvelle.-

Je me retrouvais de nouveau à penser que j'étais une fille indigne. Mais cette pensée s'envola aussi vite qu'elle était arrivée, comme une brise balaye les fines bandes de brumes au petit matin dans les Plaines d'Ijada. Je ne comprenais d'ailleurs pas pourquoi elle me revenait si régulièrement. C'était ridicule, j'étais une jeune femme maintenant et j'avais bien le droit de m'émanciper de la tutelle paternelle non?
Bref, je posais ma main sur un des arbres de la forêt et suivit le tronc des yeux jusqu'à atteindre les plus hautes branches. Le soleil filtrait doucement à travers les feuilles et laissait tomber ses rayons, de-ci delà dans la forêt. Les particules de poussières volaient doucement dans ces halos de chaleur et je crus voir la poussière magique de mes contes d'autrefois. Mais soudain, un grand coup de vent balaya cette image rêveuse de mon esprit et vient me glacer la peau. Alors que le ciel était encore bleu et le soleil haut placé, le vent s'était levé de façon soudaine et soufflait avec une telle énergie que je dus plisser les yeux. L'air froid fouetta mon visage. Je ne comprenais pas quel était ce phénomène étrange de la nature, cependant je lançais un regard à Erwan et m'engouffrais sous les frondaisons de la Forêt.

Une fois un peu plus à l'abris, je murmurais, comme effrayée par quelques esprits rodeurs:

-Ce vent est d'une violence, il me fait penser aux guerres de l'Ère de Fer. Il a un gout amer et une odeur de malheur.-

Je me tus quelques secondes, le silence de la forêt me fit froid dans le dos et mes cheveux se hérissèrent sur ma nuque. Mal à l'aise, je me décidais par rompre ce silence angoissant en demandant simplement:

-Et toi, qu'est ce qu'i t'amène dans les horizons? Tu es venu faire une nouvelle session d'entrainement en terre hostile, grand et courageux comme tu es?-

Mes mots tombèrent comme un cheveux au milieu de la soupe, cependant je n'avais pu m'empêcher de reprendre mon ton railleur, et même si l'ambiance me glaçais le sang, je me devais de camoufler se malaise.

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Erwan
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Mar 1 Mai - 20:04

En effet elle ne tarda pas à reprendre ses bonnes habitudes. S’approchant de lui, elle appliqua la technique qu’elle avait finement élaborée en quelques années, ou comment le déstabiliser en trois étapes. En premier lieu, elle lui parla, droit dans les yeux, un sourire moqueur et des paroles tranchantes. L’attaque annoncée, c’était la deuxième étape : deux bises sur chaque joues pour deux fois plus de gêne. Mais cela, Elvira s’en contrefichait totalement. La dernière étape était plus clémente pour lui, elle se mit à rire et toute la timidité s’envola d’Erwan, il se mit à rire aussi. C’était une des seules représentante du beau sexe avec qui il se sentait à l’aise, dans une certaine mesure bien sûr.

-Si tu veux savoir, je vais voir mon père. Voilà un an qu'il est sans nouvelle.-

Un an. C’était long et court. Erwan la connaissait assez pour savoir que sa relation avec son père était quelque peu difficile, mais il s’était toujours abstenu de faire la remarque. Son père quant à lui, il le voyait assez souvent, disons au moins une fois par mois lorsqu’il n’était pas en mission. Mais ce n’était pas une relation père-fils mais plutôt commandant et soldat. C’était lui qui lui confiait des missions, souvent délicates, ce qu’il lui tirait une certaine fierté. Maigre consolation. De l’amour sûrement, mais discret. Trop discret. Le vent vint frapper son visage de son souffle glacé, le sortant de ses pensées mélancoliques. Le temps venait de changer brusquement, passant du ciel bleu d’azur à un ciel nuageux de grisaille. Il se réfugia avec son amie sous les arbres, à l’abri. Les arbres, immenses et majestueux, leur offrait une issue parfaite à cette soudaine tempête, les protégeant de leurs ombrelles vertes.

-Ce vent est d'une violence, il me fait penser aux guerres de l'Ère de Fer. Il a un gout amer et une odeur de malheur.-

Erwan se retint de lui préciser que le climat, n’ayant pas changé depuis des siècles, ne pouvait en aucun cas influencer quant aux mentalités et aux combats qui ont découlés de cette sombre période. Le visage préoccupé, elle scrutait avec une certaine appréhension la forêt sombre et inquiétante. Un silence lourd et moite pesa dans l’air avant qu’Elvira ne déclare :

-Et toi, qu'est ce qu'i t'amène dans les horizons? Tu es venu faire une nouvelle session d'entrainement en terre hostile, grand et courageux comme tu es ?-

Alors que l’arrivée d’Elvira l’avait fait pendant un instant oublier ses sombres pensées, avait réussit à le faire sourire et même rire, la dure réalité vint le frapper telle une masse. Chancelant un instant, il s’appuya sur un arbre pour ne pas s’effondrer. Son honneur de Guerrier et d’homme le poussa à se relever, droit et fort. Il respira profondément un instant, ferma les yeux et retint les larmes de monter à ses yeux. Dans un geste lent, il tourna la tête vers elle, et plongea son regard dans le sien. Ses yeux se vidèrent, comme révulses à l’idées d’avoir rit ou fait briller un éclat d’amusement et son teint pâlit. Son cœur battit moins rapidement dans sa poitrine. Détachant ses mots avec une étrange lenteur, il déclara à son amie :

- Non, je ne sais pas où je vais. Je ne suis ni courageux ni grand. Tous mes muscles ne pourront rien aux ténèbres qui me rongent.

L’obscurité le gagnait, Erwan le savait. Il ne pouvait s’empêcher de glisser sa main sur ses Lames. Il ne pouvait s’empêcher à sourire lorsqu’il tuait un Partisan. Il ne pouvait plus s’empêcher de tuer. Lui même s’était tué, Erwan était mort, son âme ne battait plus à l’unisson de son cœur.
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Mar 1 Mai - 21:54

Erwan chancelât avant de pâlir brusquement. Je fus étonnée de le voir dans cet état. En tant que guerrier ce n'était vraiment pas son genre de laisser à ce point les émotions l'envahir et le déstabiliser, surtout pour un Delthéna. Encore une fois il me donna matière à critiquer, je poussais un soupir intérieur et m'apprêtais à ouvrir la bouche pour laisser toutes sortes de critiques l'assiéger, (il me semble que c'était les seules choses que j'étais capable de lui dire) lorsqu'il me fixa droit dans les yeux.
Je lâchais un hoquet de de stupeur. Son regard était froid, vide et sans vie. L'homme qui se tenait devant moi n'avait rien à voir avec le jeune guerrier que j'avais rencontré quelques années avant. Toujours le même, droit et fort. Cependant ses yeux en disaient plus que jamais sur lui. Ils étaient presque noirs et la seule étincelle qu'il y restait, était d'une lueur terrible et sombre. C'était un gouffre dans lequel on s'enfonce, dans lequel on voit la peur en face. C'était un gouffre de douleur dans lequel dansaient les flamme noires d'une vengeance jamais rassasiée.

- Non, je ne sais pas où je vais. Je ne suis ni courageux ni grand. Tous mes muscles ne pourront rien aux ténèbres qui me rongent.-

Je mis quelques instants à intégrer ses paroles. Je n'arrivais pas à me faire à cet homme qui se tenait là, froid et dur. Quant à mon attitude à moi, elle ne devait pas être bien loin de la sienne, à quelques différences près. J'étais toujours d'aplomb, même plus que jamais. Mon visage était impassible, mais pas mort. Mes mains le long de mon corps, tremblantes d'une inquiétude que je ne pouvais cacher entièrement, trahissaient l'affection que je lui portais. Le le fixais quelques instants, scrutant ses yeux, goutant à cette peur, ce désespoir qui le rongeait, pesant ses mots un à un. Ses quelques sourires et éclat de rire m'apparaissaient maintenant comme les fantômes de mon ami disparu. Ils avaient été instant d'oubli et devenaient maintenant source de remords en mémoire de ce qu'Erwan vivait. Je me rapprochais de lui et élevais la main. Doucement.
La gifle vola. Sans hésitation.

Droite et silencieuse, je restais un moment interdite devant ce que je venais de faire. Le coup avait résonné dans les profondeurs des bois et le monde s'était comme tu. Il était là, attentif et effrayé, à attendre la suite. Tout semblait s'être figé et même moi je n'osais bouger. Plus un souffle de vent, plus aucun bruissement de feuille. Ma respiration était bloquée et l'air était prisonnier de mes poumons. Mon coeur semblait être le seul à être animé d'un brin de vie. Et au contraire du monde qui ne tournait plus rond, il se mit à battre à tout rompre. Je l'entendais résonner dans ma poitrine et il me fit mal aux côtes. Alors, l'air se libéra, d'un coup violent et sans préavis. Avec l'air, les mots s'envolèrent d'eux même pour frapper ce monde immobile dans lequel nous étions figés.

-Et je peux savoir ce que tu compte faire? Rester la à te morfondre et errer sans but réel? Tu compte te laisser faire par cette chose immonde qui te ronge le coeur? Toi, le guerrier le plus fort que je connaisse, tu vas te laisser démolir par une vengeance destructrice, loin de tous ce que t'a enseigné ton père? Oserais-tu lui causer cette affront? Fais un peu honneur à ta caste et pour une fois montre toi digne ! Ne reste pas planter là devant moi, tel un homme sans vie. Gagne ton honneur et montre moi que tu as un quelconque intérêt! Espèce de lavette, tu n'es donc bon qu'a ça? Baisser les bras et t'écrouler? Maintenant j'en ai assez de me démener pour quelqu'un que je ne vois que trop peu. Assez de voir que le monde ne va plus. Reprend le combat. Redonne un sens à tes coups et à ton art ! Retrouve ta flamme !-

Loin d'être aimable ou compatissant, mes mots résonnèrent dans la forêt. J'avais crié sans même m'en rendre compte. Mais sans réfléchir je passais à autre chose et me plaçais stable sur mes deux pieds avant de lancer un de mes poings à l'assaut de son visage. Douceur et délicatesse n'avait jamais était la solution. Du moins pas avec lui. Du moins pas entre lui et moi. Je m'étais remise au combat depuis l'attaque dans la boutique de mon amie Ashling. Cela m'avait permis de me rendre compte à quel point j'avais perdu en pratique. J'avais alors retrouvé mon oncle, un combattant delthénien qui m'avait remise en forme et à jour. J'étais loin d'avoir le niveau d'Erwan. Cependant j'étais apte à tenir le coup quelques minutes, et c'était largement suffisant. Il fallait qu'il reprenne vie. Quelques instants. Il fallait qu'il goute à ce plaisir du combat qu'il vivait autrefois. Et je ne comptais pas le laisser en plan. Il suffisait de ce monde qui allait dans tous les sens. Le pays n'était pas en guerre, pas de façon apparente, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que la véritable guerre était bien plus atroce lorsqu'elle était invisible. La furieuse envie de rebelles à vouloir ébranler l'Empire causait la perte de bien des êtres. La populations avait peur. Personne de savait ou le monde allait. Et si jamais Erwan tombait, alors ce n'était pas la peine pour moi de continuer. Faire tomber un homme comme lui était un acte impardonnable. Je ne savais ce qu'il s'était réellement produit mais il ne pouvait pas rester dans cet état.

Je me replaçais, prête à parer une riposte éventuelle.

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Erwan
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Mer 2 Mai - 13:07

Le temps s’arrêta pendant les quelques secondes qui suivirent la tirade d’Erwan. Même le vent sembla s’arrêter de souffler. Les branches se figèrent, les feuilles ne frémirent plus. Un silence profond emplit les alentours. Soudain, comme armée du vent à nouveau foudroyant, Elvira le gifla. Une claque, à pleine volée. Sans hésitations et avec une force étonnante pour son gabarit. Erwan, sous le choc inattendu, recula d’un pas. Il resta un moment figé devant ce qu’il venait de se passer et la regarda sans comprendre. Alors qu’il allait lui demander la cause de ce geste si brutal, elle lui cria à la figure, hurler aussi serait un bon terme aux décibels qu’Erwan se prit dans la figure :

-Et je peux savoir ce que tu comptes faire? Rester là à te morfondre et errer sans but réel? Tu comptes te laisser faire par cette chose immonde qui te ronge le cœur? Toi, le guerrier le plus fort que je connaisse, tu vas te laisser démolir par une vengeance destructrice, loin de tout ce que t'a enseigné ton père? Oserais-tu lui causer cet affront? Fais un peu honneur à ta caste et pour une fois montre-toi digne ! Ne reste pas planter là devant moi, tel un homme sans vie. Gagne ton honneur et montre-moi que tu as un quelconque intérêt! Espèce de lavette, tu n'es donc bon qu'à ça? Baisser les bras et t'écrouler? Maintenant j'en ai assez de me démener pour quelqu'un que je ne vois que trop peu. Assez de voir que le monde ne va plus. Reprend le combat. Redonne un sens à tes coups et à ton art ! Retrouve ta flamme !-

Etrangement, sa tirade, au lieu de le blesser ou de l’offusquer, glissa sur lui sans l’atteindre. Il était comme imperméable à ses remarques. Etait-ce parce qu’il était habitué et que cela ne lui faisait plus rien ou un problème plus profond en lui en était la cause ? Il vit sans broncher son amie se poser sur ses appuis et d’un mouvement brusque lui lancer un coup de poing en pleine figure. Il lui aurait été enfantin de l’esquiver ou même de le parer mais il ne bougea pas d’un pouce. Il sentit la force de son petit poing le frapper en peine mâchoire. Il ne recula même pas sous le choc et accueillit ce coup sans réaction. Erwan savait pourtant pourquoi elle faisait cela. Elle voulait qu’il se défende, qu’il reprenne vie petit à petit. Peut-être que ces coups voulaient le faire s’énerver, passer sa déprime sur son amie. Se défouler en se battant contre elle. Malheureusement elle ne pouvait comprendre qu’une part de lui avait été arrachée si brutalement et que tous les combats du monde et toutes les joies de l’action devenaient aussi fades que la vie autour de lui.
Il la vit, avec un amusement triste, se préparer à une riposte, poings en avant et jambes pliées. Elle ne lâcherait sûrement pas le morceau. S’approchant d’elle et d’un mouvement fulgurant, il prit ses poignets de ses mains et d’un large coup de pied, lui faucha les jambes. L’attaque avait durée quelques secondes. Impossible à parer vu l’énorme différence de gabarit. En lui tenant les poignets, Erwan lui permit de ne pas tomber tête la première sur le sol mais de trébucher vers l’arrière et de finir les fesses par terre. Il s’accroupit face à elle, son visage à moins d’un mètre d’elle et déclara :

- Sais-tu ce que c’est de perdre un ami cher, très cher ? De le voir d’effondrer au sol, une plaie rouge grandissante sur son torse ? As-tu déjà sentis ton âme se déchirer face à la mort ? De se dire que l’on n’aurait rien pu faire mais que l’on aurait dû empêcher cela ? As-tu déjà voulu mourir pour arrêter de souffrir, de pleurer ? Non, tu ne connais pas cela. Alors arrête de me juger.

Il n’avait pas pris une seule respiration durant sa tirade et la regardait droit dans les yeux. Il était tout proche d’elle mais ne ressentait plus aucune timidité. Cela devient accessoire lorsque l’on vit des évènements tragiques. Il se releva lentement, épousseta son vêtement couvert de terre et se retourna vers Elvira. Il lui tendit la main pour l’aider à se relever, ne sachant si elle la lui prendrait ou pas.
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Jeu 3 Mai - 9:48

Sans même que je pus faire quoique se soit, il m'attrapa les poignets et me fit basculer en arrière. Je me retrouvais les fesses sur le sol, bêtement assise comme une enfant à qui on donne une leçon. Je me sentais bête, et surtout déstabilisée. Il n'avait pas bougé, ni même fait quoique se soit pour parer son coup. Et ce n'était pas se à quoi je m'attendais. Le cas devait être vraiment grave et la solution serait moins facile que se que j'avais prévu. Les poignets toujours prisonniers de ses mains, Erwan approcha son visage du miens et me parla franchement, sans interruption, d'un ton neutre et froid qui vous glace le sang.

- Sais-tu ce que c’est de perdre un ami cher, très cher ? De le voir s’effondrer au sol, une plaie rouge grandissante sur son torse ? As-tu déjà sentis ton âme se déchirer face à la mort ? De se dire que l’on n’aurait rien pu faire mais que l’on aurait dû empêcher cela ? As-tu déjà voulu mourir pour arrêter de souffrir, de pleurer ? Non, tu ne connais pas cela. Alors arrête de me juger.-

Il se releva, me proposa une main pour m'aider. Je restais au sol.
C'était donc cela. Voilà ce qui le rongeait de l'intérieur, le consumait jusqu'à lui faire perdre sa fougue et sa rage de vaincre. Je restais muette, le coeur serré. Il avait raison, je ne connaissais rien de tout cela, je n'avais jamais rien vécu de grave, je n'avais jamais connu la mort d'un être cher. Je n'avais pas connu ma mère, je ne pouvais la regretter. Je n'avais jamais eu le force de m'avouer que cela me manquais de ne pas avoir eu une présence maternelle à mes côté. Je ne savais pas comment réagir, seule, fille unique, avec mon père, je n'avais jamais eu ce genre de problème. A par ma coquetterie, je n'avais rien de très féminin. Rien de spécialement doux. Je restais dans le sarcasme, le jugement et la méprise. Mais je n'étais pas bête, peut-être un peu bornée, mais pas complètement idiote pour ne pas me rendre compte de mes propres fautes.

Je baissais les yeux. Cela ne m'arrivait que rarement. Prenais appuie sur mes mains je me redressais lentement, le regard rivé sur le sol. Que fallait-il faire? Comment fallait-il réagir? Continuer à crier? Pleurer? Ne rien dire? Le laisser partir?
J'étais perdue. Seule face à un être déchiré. Dire que je comprenais n'aurait servie à rien, foutaises et illusions. Je ne pouvais pas comprendre. Je replaçais une mèche derrière l'oreille. Toute once d'agressivité m'avait définitivement quittée. Je me retrouvais désarmée et instable. Mes mains tremblaient et je n'essayais même pas de les cacher. Mon coeur avait ralenti la cadence. Je ne voyais pas totalement net, mes yeux semblait voilés et je cherchais un appuie pour mon regard lorsque je croisais les yeux d'Erwan. Alors sans réfléchir, je m'élançais à son cou. Resserrant mon étreinte, j'enfouis mon visage dans le creux de son épaule. Je ne bougeais pas pendant quelques secondes, le temps de prendre conscience du coeur qui battait dans sa poitrine, presque faiblement. Je ne voulais pour rien au monde le mettre mal à l'aise, mais à ce moment précis, je n'en étais plus à penser à cela. Je restais immobile, comme voulant, par le contact de notre corps, réchauffer le sien qui semblait glacé. Je voulais lui transmettre cette émotion que je ne parvenais à exprimer. Jamais je n'avais pris quelqu'un dans mes bras, à part mon père. Les démonstrations d'affection n'étais mon fort. Je ne m'avouais jamais mes sentiments précis. Je n'acceptais pas de m'attacher trop à quelqu'un. Faiblesse. J'étais faible et il le fallait. Pour lui.

Alors, je me détachais de quelque peu et murmurais, faiblement, d'une voix sourde:

- Tu as raison. Je ne connais pas le déchirement. Pas ce lui-ci. Mais... Erwan je... -

Ma gorge se serrait, ne me laissant le loisir de placer mes mots. Mes yeux s'emplirent de larmes et laissant toutes préoccupations de côté je me mis à pleurer, comme une petite fille, je me retrouvais bêtement devant lui, à avouer mes sentiments alors qu'il avait besoin de moi. Mais mon coeur explosait. Des milliers de sensations parcoururent mon corps. Les larmes roulaient sur mes joues, de minuscules diamants, témoins de mes mots inaudibles. Ma respiration était saccadée et je tremblais de tout mon corps d'une émotion qui se retrouvait coincée en moi. Je serrais les points, frustrée. Je tentais d'étrangler mes sanglots, de les rendre silencieux, je tentais de refouler les mots qui voulaient s'échapper.
Et pourtant, entre deux larmes, des mots que je n'avais prononcé qu'une fois dans ma vie s'envolèrent. Des mots de petite fille, innocents et fragiles. Courts, doux, éphémères et intemporels. Je resserrais mon étreinte. Et murmurais de façon presque inaudible:

-Je t'aime..-

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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Sam 5 Mai - 17:39

Elvira restait au sol, refusant la main qu’il lui tendait. Elle resta silencieuse, et Erwan devina qu’elle réfléchissait aux paroles qu’il lui avait dîtes. Étrangement, maintenant qu’il lui avait dit pour la mort de son ami, il se sentait mieux. Bien sûr cela n’enlevait pas la douleur qui le rongeait mais cela allégeait son poids, comme si le partager lui permettait de le diviser. Cela incluait bien sûr que, si Erwan souffrait moins, c’était parce qu’il en avait donné un partie à Elvira, qui souffrait maintenant. Il sentit la culpabilité naître en lui. Il n’aurait sûrement pas du le lui dire et garder ce secret pour lui. Mais en était-il capable ? À vrai dire non.

Pourtant il semblait que la réflexion de son amie allait plus loin que celle d’Erwan. Elle gardait la tête vers le sol, comme ressassant des souvenirs liés à cet événement. Avait-elle aussi perdu des êtres chers ? Un instant Erwan imagina qu’il venait de faire remonter à la surface des souvenirs douloureux et s’en voulut d’autant plus.
Inconscient de l’ouragan qui faisait rage dans l’esprit d’Elvira, Erwan ne put qu’apercevoir son trouble et la voir remettre une mèche rebelle derrière son oreille. Et soudain, alors qu’il allait se retirer discrètement pour lui laisser un peu d’air sans être tout le temps près d’elle, elle fit une chose auquel il ne s’attendait pas. Mais pas du tout. Elvira s’élança vers lui et se serra contre lui. Posant son visage au creux de son épaule, elle resserra son étreinte. Erwan demeura figé, parfaitement immobile, les bras ballants tel était sa surprise. Il ne bougeait plus et se demandait si en effet il pourrait bouger. Pour l’instant son cerveau semblait comme déconnecté. Une fille de loin d’accord. Mais de près alors là mais pas du tout.

Presque inconsciemment il se surpris à remarquait la chaleur de son corps, comme agité d’une étrange fièvre inconnue. Et il pouvait même sentir son cœur battre sous sa poitrine. Il rougit de plus belle. Le mouvement saccadé de son cœur semblait lui dire qu’il ne gérait plus la situation, qu’il était désorienté et totalement chamboulé. Dans sa mentalité tout à fait masculine, Erwan se demanda un instant si elle n’était pas malade ou avait de la fièvre.
C’est à ce moment qu’elle se détacha de lui, presque à son regret. Elvira plongea son regard dans le sien. Ses yeux rougis par des larmes contenues, brillaient d’un magnifique éclat bleuté, comme remplis de trop d’eau. Ss cheveux défaits et emmêlés lui mordaient le visage et ses joues roses contrastaient violemment avec la pâleur d’ivoire de son teint. Elle avait perdu sa stature droite et fière et paraissait comme fragile. Pourtant Erwan ne l’avait jamais trouvé aussi belle. D’une beauté désespérée et perdue. D’une magnifique beauté.

- Tu as raison. Je ne connais pas le déchirement. Pas ce lui-ci. Mais... Erwan je... –

Sa voix était devenue faible, comme un murmure et avait perdu toute sa moquerie. Ses yeux bleus ruisselaient de larmes translucides et sa respiration était saccadée et irrégulière. Comme si elle venait de courir pendant des kilomètres. Elle serra ses poings de détresse, voulut parler mais les sanglots étouffèrent sa voix. Pourtant elle parvint à parler. Une seule phrase. Deux mots. Trois syllabes.

-Je t’aime...-

Erwan arrêter de respirer. Des millions de questions chamboulaient son esprit. Quoi ? Comment ? Hein ? Lui ? Quoi ? Pourquoi ? Lui ? Elle ? Lui ? Elvira ? Lui ?

- Je...je...-

Il ne parvenait pas à faire une seule phrase. D’ailleurs il ne savait même pas quoi dire. Il ne savait quoi penser . Son cerveau avait définitivement décidé de ne lui être d’aucun secours et Erwan était perdu. Il chercha un instant de l’air, n’arrivant plus à respirer. Prenant une grande inspiration, il essaya de calmer les battements de son cœur. Elvira n’avait pas l’air du tout, mais alors pas du tout, de lui faire une blague. Elle devait donc l’aimer réellement. Mais était-ce vrai ou ce n’était qu’une phrase subite et irréfléchie, comme si elle devait exploser, se confier. Et pourquoi lui ? Le temps s’arrêta. Pour la première fois de sa vie, il ne réfléchissait plus, ne pensait plus. Alors, tout doucement, aussi discrètement que le printemps arrive, son cœur vint lui apporter une réponse. Juste chuchotée à son esprit. Mais à son plus grand désespoir, Erwan ne savait parler le langage du cœur. Il n’y avait jamais prêté attention, n’avait jamais écouté ses sentiments. Comment pouvait-il comprendre ce qu’il ressentait dans un moment aussi crucial ? Un Guerrier comme lui n’arrivait pas à accueillir avec la finesse nécessaire ce message si complexe à comprendre.
Et c’est à ce moment là que tout arriva.
Le fauchant sans ménagement dans ses réflexions.
Il n’eut que le temps d’apercevoir un sublime éclat argenté couler sur la peau fine d’Elvira, avant de mourir dans sa bouche rosée. Comme l'aurore.
Arrêt cardiaque.
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Jeu 17 Mai - 12:33

Tout se déroulait au ralenti. Ces mots m'avaient échappés comme le sable glisse entre les doigts et pourtant je ne me sentais pas mal, bien au contraire. Une vague de chaleur se répandait en moi, comme une caresse rassurante et maternelle. Mes poumons, comprimés par le poids de ce sentiments, se libérèrent et j'inspirais une grande bouffée d'air avant de me rendre compte de l'état d'Erwan. Il me fixait de ses yeux gris et calmes. Je sentais son souffle qui faiblissait et je ne compris pas tout de suite. Son regard me transperça de toute part et mon coeur vibra violemment avant que je siens ne s'arrête. C'est un cet instant que tout bascula. Ses jambes se dérobèrent sous lui et il s'effondra au sol, inerte. Je tentais de le rattraper comme je pouvais, mais étant plus petite que lui et bien moins musclée je fus entrainée par sa chute et mes genoux heurtèrent brusquement le sol alors que j'essayais de retenir sa tête. Par chance j'évitais qu'il ne subissent un plus gros choc et alors que je retirais ma main de ses cheveux je me mis à agir. Calmement, sans panique. J'avais l'impression que je voyais la scène de l'extérieur, que ce n'était pas moi. À genoux près de l'homme à qui je livrais mon coeur, le posais mes mains sur sa poitrine pour l'entendre battre. Mais tout ce que je sentis fut une lame de glace me transpercer le ventre. Plus rien ne vibrait là où se trouvaient mes mains. Aucun battement, aucune chaleur.

J'approchais mon oreille de sa bouche, il ne respirait plus. Alors je crus comprendre ce qu'il ressentait. Alors je me dis que je partageais son malheur. Une plaie béante s'ouvrit dans mon coeur. J'eu l'impression que de cette plaie s'évadaient les plus grand démon de ma personne. Comme des ombres, elles se répandirent en moi. Plus rapides à chaque pas, elle mordaient dans ma chair avec leurs crocs sombres et effilés. Je me fis prendre par ces filets, qui comme des griffes, me lacérèrent le coeur. Ma main se crispa sur sa poitrine, un dernier souffle d'espoir me criait de ne pas abandonner maintenant. Me hurlait de lutter pour l'homme que j'aimais. Oui, je l'aimais. Et j'avais beau être faible, il fallait que je fasse quelque chose pour lui. Plaquant mes deux mains sur son sternum, je me mis à appuyer en impulsions régulières. Mon père m'avait appris quelques gestes simples pour essayer de sauver quelqu'un, il pensait que cela allait de paire avec le combat. Aujourd'hui je l'en remerciais. Mes bras douloureux continuaient péniblement d'appuyer avec force. J'approchais de nouveau mon oreille de sa bouche. Toujours aucun souffle. J'appuyais plus fort. Mon corps dévoré par un feu noir et brulant, j'avais l'impression de le voir m'envahir, et il fallait que j'agisse avant qu'il ne me prenne mes mains, mes bars, ma volonté. Je commençais à paniquer, mes yeux se brouillèrent et les démons attaquèrent la dernière once d'espoir qui me guidait. Ils la déchirèrent comme des loups affamés. Il se nourrissaient de toute joie, de tout amour et de tout espoir. Il me vidaient de mes sentiments profonds pour ne me laisser qu'un ressenti glacé et un gout amer. Je saignais de l'intérieur, je pleurais les insultes que j'avais prononcé devant cet homme. Mes mains ralentirent, jusqu'à s'arrêter complètement.

Elles glissèrent le long de son torse et je basculais en avant pour m'effondrer sur lui. Je restais un moment immobile à apprécier le contact du corps d'Erwan. Les yeux vides et inanimés. Je revoyais ses sourires moqueurs lorsque je ne trouvais rien à redire à ses répliques cinglantes. J'entendais son léger rire devant ma mine boudeuse et je sentais le feu joyeux qui brillait alors dans ses yeux. Les seuls yeux qui avaient su m'apprécier et me protéger, les yeux que j'avais aimé par tant de douceur et de justesse. Alors que ses souvenirs me revenaient en masse, les larmes assaillirent mes yeux et les sanglots étranglèrent ma gorge. Je me mis à pleurer. Silencieusement. Je me recroquevillais contre lui, me resserrais un peu plus contre son corps muet. Et alors que les secondes s'écoulaient, j'entendis sa voix, ces derniers mots. Ils résonnèrent dans ma tête avec plus de force qu'un coup dans les poumons. Les derniers mots qu'il m'avait adressé, dur et douloureux. Froid et tristes. Je regrettais, je regrettais tant de choses. Mais plus encore, je regrettais de ne pas avoir su être là, de ne pas savoir comment faire et de le perdre comme je l'avais rencontré. Par hasard, sans grande sympathie, juste par un amour à peine dévoilé.

Je me redressais légèrement et caressais son beau visage du bout de mes doigt. Sa peau m'inspirait la caresse du soleil et ses cheveux les montagnes de Kepleis. Je frôlais ses lèvres et dans un dernier souffle, dans un ultime espoir je déposais un baiser sur celles-ci. Un baiser au gout de l'amour et du désespoir. Un baiser plein de regrets et de tendresse. Mille picotements vinrent caresser mes reins et pourtant, une larme glissa et se perdit dans ses cheveux. Telle un diamant dans l'océan glacé.

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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Mer 30 Mai - 14:50

Spoiler:
 

Erwan flottait dans un océan de ténèbres. les étoiles filaient au-dessus de sa tete, silencieuses. Tout était silence. Il ne sentait rien, n´entendait rien. Il ne pouvait que contempler les planètes colorées et les fumées dorées planant au-dessus de l´eau sombre, presque violette. Où était-il ? Il ne distinguait pas la ligne verte du rivage et seuls les nuages se détachaient en blanc de cet univers obscur, comme s´ils étaient couverts de neige. Erwan ne se posait aucune question, son esprit était vide de toute pensée.

Son attention s´attacha pourtant à une douce lumière qui découpait des prismes dans l´eau et marquait de profondes irrisations parmes sous l´eau violette. Il eut à ce moment la certitude que le soleil allait apparaitre d´une seconde à l´autre. L´aube émergea timidement des flots et Erwan apercut des oiseaux blancs planer dans le ciel rosé. Puis l´astre du jour prit de la force et ses rayons incendièrent la mer en une infinite de couleurs. Quand il se dégagea tout à fait de l´horizon, sa réflexion sur le miroir liquide des eaux frappa Erwan en plein dans le yeux. Il détourna ses yeux de ce brasier et du regard suivit ces lignes dorées qui plongeaient tout droit dans les sombres abimes aquatiques.

L´écume nacrée des vagues vint mourir près de lui. Pourtant il ne sentait rien. Soudain les flots s´élevèrent dans un tourbillion d´écume et dans un bruissement joyeux deux colombes s´envolèrent. La plus grande s´approcha d´Erwan, se posant à quelques centimètres de lui. Son plumage était terne, presque gris. L´oiseau paraissait épuisé mais ses yeux brillaient pourtant d´un vif éclat bleuté. Erwan tendit sa main et frola son plumage. Un éclait foudroyant brisa le silence en un crépitement de tonnerre. Son esprit s´accrocha irrésistiblement au regard d´azur de l´oiserau et y pénétra comme à travers une porte.
Un souvenir.

~~~
Quinze ans plus tot. Le soleil brillait joyeusement au-dessus du petit village. Les hautes Montagnes de Kepleis se fondaient en de verdoyantes vallées. Les animaux broutaient tranquillement l´herbe tandis que deux homes et une femme s´entretenaient devant le seuil d´une modeste chaumière. L´un des deux hommes, un guerrier à la haute stature et aux cheveux blancs s´exclamait avec force :

- Mais que me racontez-vous ? Mon fils n´est pas une fillette toute fragile !

- Seigneur, répondit le deuxième homme agé d´un soixantaine d´années, le visage ride et fatigué, je vous répète que mon diagnostic est formel, son coeur possède de nombreuses fragilités et il peut à tout moment s´arreter de battre ! En tant que médecin je vous conseille d´arreter sa formation de combattant qui pourrait lui causer de trop fortes émotions.

Le vieil homme s´était exprimé avec calme et douceur pour tenter d´avertir les parents sans toutefois les brusquer mais en vain.

- Arretez sa formation de Guerrier ? Mais vous n´etes pas aussi dur de la feuille et sénile que ca tout de meme ! Mon fils est le descendant de la plus illustre famille de Guerriers de tous le temps ! C´est un Sil´Fear et non seulement il apprendra à tenir et manier une épée mais aussi un arc, une lance et une hache s´il le faut ! Et ce n´est pas son coeur qui le lui empechera ! Il suffit seulement de le muscler ! C´est un organe comme les autres, il se fortifiera !

Et sans plus attendre que le médecin ne réponde le Seigneur s´en retourna accompagné de sa femme. Alors qu´ils s´éloignaient le vieil homme cria une dernière recommandations à la femme :

- Dame, prenez garde ! N´oubliez jamais mes paroles, gardez-les au creux de votre coeur car le destin peut frapper à n´importe-quel moment ! Évitez à votre fils toute émotion trop imprévue !


Le médecin s´assit sur un petit banc en pierre en soupirant. Il avait fait son possible pour les avertir mais rien n´y faisait. Son regard bleu se brouilla. Le souvenir aussi.


Erwan se retrouvait encore à flotter dans l´immensité liquide. Pourtant il sentait son esprit émerger de son sommeil. La vieille colombe avait disparu. Seule restait la plus petite. Au contraire de la précédente, son plumage immaculé brillait de jeunesse et de blancheur. De grands yeux surmontaient un fin mec de nacre. Ses yeux gris et bleus étaient aussi chatoyants que des pierres précieuses. Sa main s´approcha de son doux plumage et le toucha. Ce fut comme si tous ses sens explosèrent en un instant. Erwan put enfin entendre le remous des vagues, sentir la brise salé, palper la douceur des plumes, admirer l´éclat du regard de l´oiseau. Et une deuxième fois encore, il plongea son regard dans le bleu de ces yeux et entra dans un autre souvenir. C´est du moins ce qu´il crut. Ce souvenir était different, palpable. Le présent devint en un éclair réalité.

La première chose qu´Erwan vit lorsqu´il reprit conscience fut les yeux gris et verts de la colombe. Mais seul le regard correspondait encore à la colombe. Une peau blanche et laiteuse avait remplacé le plumage de l´oiseau et de longs cheveux bruns lui caressaient le visage.
Et c´est à ce moment précis que le cerveau d´Erwan se remit en marche. Comme si le fait d´avoir été inconscient nuisait à sa fierté, son esprit se mit à bouillonner et avec une rapidité fulgurante à enregistrer tout ce qui pouvait l´etre.

Erwan sentait comme un parfum sur ses lèvres, une douce odeur semblable à la rosée d´une aurore printanière. Quittant les spheres confuses et nuageuses du sommmeil, l´esprit pragmatique d´Erwan lui envoya une information en pleine figure.

Elvira.
était.
en train.
de…
l´embrasser .
l´embrasser !
Son cerveau lui envoya deux fois l´information, comme pour etre certain d´une réaction qui ne se fit pas attendre. Erwan vira au rouge parme. Pour etre une émotion forte c´était une émotion forte. Son coeur se tordit en une douloureuse contraction. Quittant à regret ces douces lèvres parfumées Erwan se redressa lentement, la souffrance de son coeur ne l´ayant pas quitté. S´apppuyant sur le tronc rugueux d´un arbre pour se relever il eut enfin l´esprit clair. Il venait surement d´avoir une crise suite à la déclaration d´Elvira. Combien de temps était-il resté inconscient ? Son coeur l´élancait tellement qu´il dut fermer les yeux et inspirer calmement pour retenir son envie de vomir. Erwan leva les yeux vers Elvira et souriant piteusement lui demanda :

- J´espère que je ne me suis pas effondré comme une lavette au moins !

Le début d´un rire qui naquit sur ses lèvres se transforma rapidement en une douloureuse toux. Il attendit quelques secondes que la douleur s´atténue, toujours adossé à l´arbre. Erwan ne se sentait meme plus capable de tenir debout.

- Ironique n´est-ce-pas ? Un Guerrier avec des problèmes de coeur, qui a déjà vu cela ? C´est juste pitoyable.

Il soupira lentement, épuisé par tant d´émotions.
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Dim 17 Juin - 13:38

Je n'eu que le temps d'apercevoir un éclat argenté avant de me rendre compte qu'Erwan revenait à lui. Le premier sentiment qui m'empoigna le cœur fut la gêne. Suivit d'une forte bouffée de chaleur qui me colora les joues d'un rose rouge en accord avec le visage d'Erwan. Je le regardais se relever. Sans rien dire. Sans rien faire. Quelques minutes auparavant, je l'avais vu mourir. Pendant de longues secondes, j'avais souffert de la perte d'un être si cher. J'avais connu le désespoir en voyant la fleur d'un amour à peine éclos, se faner et mourir si rapidement. Et maintenant, alors que le soleil perçait doucement les frondaisons, le soleil baignait sur nous une douce lumière éclatante et chaleureuse. Calme et apaisante, elle venait caresser nos cœurs, tous deux assaillis par tant d'émotions. Les poussières naturelles volaient et paraissaient poudre d'or dans ces rayons précieux. Le silence pesant avait quitté les lieux et le bruissement des feuilles venait faire descendre la tension, spectre des angoisses et tensions mutuelles. Dans ce cadre idyllique, tout semblait parfait pour que la situation s’apaise. Tout semblait fait pour que deux cœurs perdus se rassemblent sans éclat ni pleur, sans douleur ni colère. Pourtant un ouragan faisait rage en moi. J’étais fixe mais mon âme se tordait et remuait, une bête en cage qui criait et me faisait mal à en pleurer. Le monde tournait et les paroles d’Erwan me parvinrent amplifiées. Sa voix se changea, un écho raisonna dans ma tête, je me laissais envahir par quelques sombres chimères et une décharge vint pincer, frapper, creuser, ouvrir mon cœur lorsqu’il prononça ces mots :

- J´espère que je ne me suis pas effondré comme une lavette au moins !-

Banal. Simple. Ironique même. Je l’observais quelques instants, mes yeux prenant un éclat quelque peu inquiétant. Agenouillée au sol, la tête levée vers lui, les cheveux éparpilles sur mon visage je n’étais plus qu’une ombre de moi même. Une ombre qui repris bien vite sa consistance lorsqu’une vague de colère déferla en moi et me délia la langue :

- Comment oses-tu dire une chose pareille ? Ça te paraît normal à toi tout ça ? Tu te relèves comme une fleur et tu oses me sortir une chose pareille, presque en rigolant ? Moi qui vient de te voir mourir sous mes yeux, je me suis effondrée, j’ai faiblie, je me suis écroulée pour toi ! Et toi tu me dis ça ? Comme si de rien n’étais et que tu avais juste piqué un somme !-

Ma voix était forte, elle grondait aussi violemment que les larmes qui roulaient sur mes joues. Je ne vis pas sa grimace de douleur, je ne sentais que la colère et l’incompréhension. Je me sentais trahie d’une part, effondrée d’une autre et au fond soulagée :

- Ce n’était vraiment pas la chose à dire ! J’ai cru perdre l’homme que j’aime !...-

Ma gorge se serra, cette dernière phrase me stoppa net dans mon élan. Encore une fois, je venais de fléchir et de laisser aller mes sentiments. Mes sentiments envers Erwan et l’amour profond que je savais maintenant éprouver pour lui. Je me découvrais petit à petit. Je laissais cette chaleur m’envahir. Elle était différente, plus douce et plus réconfortante. Mais je n’y comprenais rien. Le désespoir, la colère, la tristesse, la gêne, la joie, le soulagement, la rage, l’amour … Tous ces sentiments ce succédait dans mon cœur et je ne savais plus comment réagir, agir. Trop de larme avaient échappées à mes yeux en trop peu de temps. Je ne me reconnaissais plus et je me sentais totalement perdue. Comment était-il possible de se sentir alors que les sentiments de huit personnes différentes se pressaient à mon cœur et essayaient d’en forcer les portes ? Je cru un instant que la folie avait pris possession de moi, que j’étais simplement fichue. Juste à cause de cette chose nouvelle, juste à cause de... l’amour.

- Ironique n´est-ce-pas ? Un Guerrier avec des problèmes de coeur, qui a déjà vu cela ? C´est juste pitoyable. -

Après quelques secondes de silence, à fixer piteusement le sol, je relevais les yeux vers Erwan pour l’entendre me révéler cela. Il souffrait et cela se voyait, ses mains étaient crispées et sa mâchoire serrée. Je me relevais doucement pour m’approcher de lui et lui prendre la main. Je m’attachais quelques secondes à observer cette main, forte et grande. Elle entourait la mienne de toute sa puissance. Une main de guerrier tannée par le maniement des armes, brulée par les voyages, blessées par les combats mais au combien douce dans mon cœur. De l’autre main je lui appuyais légèrement sur l’épaule pour le faire s’asseoir. Son front était en sueur. Son visage était fatigué. Je voulais qu’il se laisse faire, et alors doucement je me mis à prendre soin de lui. Je relevais mes cheveux au dessus de ma nuque et dégageait mon visage avant de me diriger vers le cheval d’Erwan. Parmi les différentes affaires, comme les couvertures ou bien encore ses armes, je trouvais une gourde à moitié pleine. Je pris également une des couvertures en laine pour qu’il puisse appuyer se tête dessus. Je le laissais seul pendant quelques minutes le temps de trouver un petit ruisseau qui poursuivait son chemin non loin de là. Je finis de remplir la gourde et la plongeait toute entière dans l’eau pour la refroidir un peu. Je retournais dans la clairière ou je l’avais laissé avant de la faire boire.

- La situation est étrange. Je ne comprends pas très bien mais… je ne veux pas te perdre. Pas encore. -

Je fouillais alors dans mon propre sac de voyage pour en sortir un bout de pain et de fromage. J’en pris un morceau avant de m’asseoir auprès d’Erwan et de lui proposer l’autre moitié. Alors, tout en calmant mon cœur qui ne savait plus comment battre, tout en essayant de m’occuper de cet homme qui ravissait mon cœur, le fixais le ciel. Je posais ma tête sur son épaule. Je pouvais sentir sa poitrine se relever plus ou moins douloureusement, la chaleur de son corps et son odeur. Je me plaisais à rester là, immobile auprès de lui. Les larmes se mirent à couler sur mes joues. De nouveau.

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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Lun 25 Juin - 14:59

- Comment oses-tu dire une chose pareille ? Ça te paraît normal à toi tout ça ? Tu te relèves comme une fleur et tu oses me sortir une chose pareille, presque en rigolant ? Moi qui vient de te voir mourir sous mes yeux, je me suis effondrée, j’ai faiblie, je me suis écroulée pour toi ! Et toi tu me dis ça ? Comme si de rien n’étais et que tu avais juste piqué un somme !-

Erwan, malgré la douleur qui lui brouillait le cœur, resta un instant médusé devant la déclaration enflammée d’Elvira. Une chose était sûre dans tout ces renversements, Elvira n’avait pas changé. Entière malgré et contre tout. Il ne put s’empêcher de sourire malgré les paroles blessantes qu’elle lui balançait à la figure. Mais avec l’amusement de retrouver son amie avec ses défauts vint un autre sentiment, plus étrange. Un mélange de gêne, de culpabilité, de douleur et de joie aussi. Autant dire trop de contradictions en un même instant. Il ne sut que répondre et se résous à l’écouter sans intervenir. Elvira était en train de lui jeter au visage tout ce qu’il lui pesait sur le cœur et il fallait qu’elle le fasse, qu’elle extériorise tous ces sentiments qui la secouaient.

- Ce n’était vraiment pas la chose à dire ! J’ai cru perdre l’homme que j’aime !...-

Comme si cette phrase était une libération en elle, elle se calma presque subitement. Pourtant sa réponse ne fit que l’enfoncer davantage. Alors même que les mots sortirent de sa bouche, Erwan se maudit pour son manque total de finesse et pour cette phrase irréfléchie. Mais quel trou de montagne il était ! À croire qu’il n’était qu’un trépané de burette ! Il fallait qu’il arrête sa léthargie. Du nerf à la fin ! Erwan devait faire face à ce qu’il ressentait, à ses sentiments. Si seulement son cœur pouvait arrêter de l’élancer ! Son mal de tête l’empêcher de réfléchir et cela l’insupportait au plus au point.

Alors qu’il tentait en vain de refluer sa douleur, une main vint se glisser dans la sienne. Il fut frappé par la différence entre leur deux membres. Alors que la sienne était couverte de cals et usée par des années de combats, celle d’Elvira était fine et petite, douce et habile pour son métier de mécanicienne. Il ne résista pas quand elle le fit s’asseoir. Pourtant elle s’éloignait déjà de lui. Il tendit sa main vers elle mais elle s’était déjà retournée. Les cheveux relevées, il ne pouvait que l’admirer de dos. Son cœur se mit à battre avec rapidité dans sa poitrine. Il ne put empêcher un râle de douleur. Erwan avait l’impression que son crâne devenait une fournaise. De grosse goutte de sueur perlaient son front et ses membres étaient moites. Pourtant il n’avait jamais eu aussi froid. Il passa avec maladresse sa main sur son front avant de la retirer brûlante.
Pendant ce temps Elvira avait tiré une gourde accrochée à son cheval et l’avait remplie de l’eau d’un ruisseau. Erwan la dévorait du regard, peut-être avec trop d’insistance. La fièvre lui montait à la tête et il tenta de se relever vers elle. Peine perdue car il semblait qu’il avait autant de force qu’une limace écrasée.
S’approchant de lui elle lui tendit la gourde pleine. L’eau glacée coulant dans sa gorge sembla le faire renaître.

- La situation est étrange. Je ne comprends pas très bien mais… je ne veux pas te perdre. Pas encore. –

Il aura fallut faire une crise cardiaque et une fièvre brûlante à Erwan pour que tout s’éclaircisse. Elvira l’aimait et lui ne pouvait s’imaginer les minutes suivantes sans elle. Elle était belle, intelligente, piquante, le connaissait comme personne, l’avait aidé à remonter la pente et elle, contrairement à lui, avait eu le courage de lui dire ses sentiments. Mais qu’attendait-il encore ? Alors qu’elle s’était retournée, inconscience de la fulgurante réflexion qui avait traversé l’esprit d’Erwan, et piochait dans son sac de la nourriture pour eux deux, il se décida enfin à agir. Elvira se retourna vers lui, lui tendit un peu de nourriture dont il en avait totalement cure et posa sa tête sur son épaule. Pendant ce temps il rassemblait tout son courage. Se décalant lentement, il posa ses deux mains sur ses épaules et plongea son regard dans le sien. Pas le temps de réfléchir, ce serait synonyme de fléchir.

- Elvira je t’aime.

Il avait détaché chaque syllabes. Plus le temps de penser à ce qu’il devait faire maintenant. Ce fut peut-être la fièvre qui lui donna la force, peut être était-il dans un état second ou peut être tout simplement amoureux. Mais ce fut sans aucune hésitation qu’Erwan embrassa Elvira passionnément.
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Elvira
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MessageSujet: Re: La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan   Dim 22 Juil - 11:07

- Elvira je t'aime.-

J'avais senti ses épaules se dérober sous moi, j'avais alors relevé la tête pour le regarder dans les yeux. Erwan avait posé ses mains sur mes épaules. Deux mains, grandes, chaudes et rassurantes, elles me rappelaient mon père seulement leur contact me procurait un sentiment tout à fait autre qu'un simple amour père-fille. Ce contact me grisait. Un frisson électrique parcouru mes bras pour venir fourmiller au bout de mes doigts. Et alors que cette électricité m'envahissait, une autre se joignit à elle. Alors que je plongeais mon regard dans les yeux gris et profond de l'homme qui me faisait face, mon cœur manqua un battement. Je cru tout d'abord qu'il s'arrêtait mais il reprit à une vitesse si soutenue que j'en eu mal. Un tambour vrillait ma poitrine et j'avais presque du mal à soutenir le regard d'Erwan lorsqu'il prononça ces trois mots. Trois mots. Juste trois mots.
La suite fut une succession de sensations, un tourbillon incompréhensible et pour le moins agréable. Je sentais ses lèvres chaudes et abimées par le soleil sur les miennes, je sentais son cœur presque contre le miens, tous deux battant à tout rompre. C'était comme si ils voulaient s’échapper. Ils cognaient tellement fort, à en déchirer la poitrine, comme pour se rejoindre, comme pour battre ensemble.
Ensemble.
Ce mot résonna dans ma tête plusieurs fois. Les trois mots d'Erwan, que j'avais presque du mal à intégrer, faisaient doucement leur chemin à travers mon sang, mes muscles, ma peau. Ils m'imprégnaient petit à petit pour m'envahir tout entière de la certitude qui était la suivante:
Nous nous aimions.

Je posais mes mains sur son torse pour les faire glisser jusqu’à ses épaules. Appréciant la caresse sur ce corps si solide, si fort. Il vibrait d'une énergie fragile et puissante. Je passais une main sur sa nuque et le serrais contre moi. Alors que nos lèvres étaient toujours liées, j'aurais voulu ne faire qu'un avec lui. J'aurais voulu que le temps s'arrête. Pourtant, mon corps en décida tout autrement. Je me dégageais avec douceur de son étreinte et brisais avec regret notre baiser. Je posais alors mon front contre le siens, les yeux fermés et je passais ma main sur son visage. Mes doigts caressèrent son front pour descendre sur ses yeux et glisser sur sa joue. Je détaillais ainsi, telle une aveugle le visage de l'homme que j'aimais. Sa peau était douce sous mes mains, son souffle me parut régulier. Je frôlais ensuite ses lèvres, ses lèvres qui m'avaient libérée. Ma main arrêta sa caresse à la base de son cou et je m'éloignais de son visage pour pouvoir l'observer de mes yeux. Plonger dans les siens et me noyer dans cet océan, dans ce ciel, dans ce monde aux éclats si familiers... Bien trop familier pour quelqu'un que je n'avais pas vu depuis si longtemps.

Je fronçais les sourcils avec un mouvement de recul. Ses cheveux avaient changé, ses habits aussi mais pas son regard. C'était le même, le même éclat que j'avais entrevu à travers un loup. Loup. Bal. Printemps. Mon sang ne fit qu'un tour et j’écarquillais les yeux sans trop pouvoir y croire. J'étais allée à un seul bal de ma vie. C'était il y a à peine quelques semaines. Mon amie Aelia m'avait convié au Bal du Printemps. Bal pendant lequel je n'avais dansé qu'avec un seul homme. Cheveux noirs, habit élégants, yeux gris et profond. Regard fuyant. J'avais été un moment offusquée qu'il ne me regarde à peine avant qu'il ne m'emmène à l'écart. Je m'étais, pour l'occasion, parée d'une robe que les couturiers d'Aelia avaient cousus pour moi. Faute de belles parurent je me rappelais avec un plaisir vibrant de coquetterie le dessin que j'avais eu dans le dos le temps de la soirée. Pour moi, alors que je m'étais préparé de manière élégante et avec tant de soisn, l'affront de cet homme à ne point vouloir croiser mon regard m'avait frappé. Je pensais qu'il allait me parler, s'excuser ou bien se présenter et je n'avais eu le temps de réagir que tout était devenu noir. A mon réveil, le château était en feu, investi par les hommes de l'Empereur. L'on m'avait raconté que des rebelles avaient infiltré la soirée. Sur le moment je ne m'étais pas souvenu de ce qu'il s'était passé. Et les souvenirs étaient revenus petit à petit. La danse, le cavalier, cet éclat d'argent dans son regard avant que je ne perde connaissance....

- C'était toi... je murmurais tout d'abord. C'était toi au Bal du Printemps ! C'est toi qui m'a fait danser pour ensuite m’assommer dans un coin comme un voleur ! Nan ! Je t'en prie, dis moi que je me trompe ! Que tu étais à des kilomètres de là !-

C'était comme un pleure, je ne savais pas quoi penser. Je ne voulais pas qu'il me mente, je l'aurais senti. Mais je ne voulais pas croire que l'homme que j'avais dans les bras était celui qui m'avait abandonné inconsciente dans un coin sombre. Il s'était passé beaucoup de choses en quelques heures mais cette révélation bouscula mon cœur et l'étreignit avec une force considérable. Jamais je n'avais pensé à lui. Le retrouver dans un endroit pareil aurait été totalement incongrus et la situation m'aurait semblé surréaliste. Je ne savais pas si l'on m'avait vraiment assommé ou si j'étais tombé inconsciente par une trop grande arrivée d'émotion. Je n'en savais rien. Les gardes de l'Empereur m'avaient bien dis qu'il s'agissait d'un acte criminel, mais si cela avait vraiment été criminel, pourquoi ne pas m'éliminer directement? Je savais que c'était lui. Et qu'est ce que cela pouvait bien me faire, je ne l'avais pas reconnu. Peut-être que lui non plus. Peut-être que si... Mais alors, si les gardes avaient raison, si il m'avait bel et bien assommé, cela voudrait-il dire qu'il faisait parti du groupe rebelle? Que c'était lui et ses partenaires qui avaient mis le feu au château du Seigneur Eolite ? Je ne pouvais pas le croire, trop de question se précipitaient et trop d'entre elles concernaient l'homme que je venais de retrouver. Comment expliquer la ressemblance? Comment expliquer le fait qu'il était la, sur les lieux de la catastrophe?

Pourquoi ne l'avais-je pas reconnu?

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La douleur persiste pour qui n'a pas d'espoir ~ feat Erwan
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