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 Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}

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Aelia
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MessageSujet: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Sam 21 Avr - 11:03


Erwan ~ Aelia
"L'enfance est un voyage oublié."

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C'était il y a trois semaines, je me baladais en ce printemps vigoureux, j'avais parcouru des kilomètres à pied, profitant du temps doux et du soleil. J'étais alors entré dans un petit village chaleureux où se trouvait une petite foire. Je souriais en écoutant les vieux barbes contaient leurs histoires magiques et admirai les jongleurs avec enthousiaste. Je déclinai avec un sourire tous les marchands me proposant leurs biens en me flattant, ils n'étaient pas commerçant pour rien. L'après-midi se déroulait paisiblement et avec joie, enfin elle aurait pu.

- Mademoiselle, un joli ruban pour nouer vos cheveux ?

La voix m'avait frappé tel un coup de sabre, je crûs avoir rêvé mais le marchand répéta sa phrase et aucun doute ne fut possible. Je me retournai vers la source de la voix et le vit. Je pensai un instant que trop de temps s'était passé, que je me trompais de personne, que je l'avais oublié. Comment oublier ? Il n'avait presque pas changé, seuls quelques rides et des cheveux blancs témoignaient du temps. Mais il avait gardé ce front plissé, ses cheveux blonds-comme les miens- lui retombant devant les yeux et toujours ce plissement au front que ce sourire ne parvenait à effacer. Je passai ma main rapidement dans les cheveux pour cacher ma gêne. Toutes ces années en faisant mille scénarios de notre rencontre, mille sentiments, la haine et la colère aurait jailli. Il en fut autrement. Il me regarda avec un sourire et je ne parvenais pas à détacher de son regard, ce regard que ce temps n'avait pu effacer de ma mémoire, ce dernier regard datant de plus de 20 ans... ce regard qui avait détruit ma vie, ce regard qui avait tué ma mère, ce regard de lâcheté. Mon père. Pourtant je ne ressentis rien, ce qui me déconcerta un moment. Comment ne rien sentir alors que mon père qui m'avait trahi se trouvait devant moi ? Je ne l'expliquai pas mais l'indifférence et le détachement fermait mon coeur. Et je compris. Il n'existait plus, il m'avait blessé et je l'avais enlevé de ma vie. Il n'était plus mon père, il n'était plus rien. Je ne lui avais pas pardonné, je l'avais effacé.

Mais le mal restait, toujours vif dans mon coeur, les conséquences de ses actes perdureraient, la perte de ma mère, ma famille brisée, mon enfance volée, ces cauchemars qui hantaient toujours mes nuits... Je fermais les yeux pour reprendre mon souffle, un trouble profond s'installa au fond de moi-même et je dus me tenir à une barrière. Le marchand avança sa main pour m'aider mais je reculai, comme un animal blessé reculant devant l’ennemi. Sois forte.

- Non. Au revoir monsieur.

Il me lança un regard surpris en me regardant m'éloigner. Le même que quand je pleurais suite à une blessure ou un chagrin, ce regard d’incompréhension, ce regard détaché. Il ne m'avait même pas reconnu, avait plongé son regard dans le mien et ne s'était pas souvenu, il avait tourné la page lui-aussi. Il avait fait ses choix, détestables mais réels. Je marchais rapidement, essayant de me calmer et de disparaître de ce monde injuste. Je m'assis sur le bord d'une fontaine et me mis à pleurais de toutes les larmes de mon corps. Et ce ne fut à peine un souffle qui sortit de a bouche:

- Désolé maman, je ne suis pas assez forte...

~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~

Je replaçai le chèche qui couvrait ma tête et me protégeait du soleil brûlant, l’astre du jour rayonnait cruellement dans un ciel immaculé. Je fermais les yeux pour profiter un instant du silence qui régnait, puis je contemplai les sublimes dunes de sables jaunes et l’infini de l’horizon. Dans cet environnement hostile, rivalisant de beauté et d’austérité, mille pensées résonnaient dans mon esprit. Cela faisait deux semaines que j’étais partie du château du Seigneur Eolithe et avait traversé toute la plaine d’Ijada. La verdure et la profusion de vie contrastait avec la mort qui régnait ici. J’avais ensuite été à la capitale où le bruit et le vacarme incessant de la ville m’avait épuisé et vidait de toute énergie. J'avais ensuite pris un bateau pour traverser l’Océan Méridien, tombant dans une dépression me transformant en corps vide. Et après deux jours où l’eau gouvernait le monde, j’avais enfin touché la terre ferme. Le désert s’était offert à moi, pour calmer mes douleurs et apaiser mon coeur. C’était la deuxième fois que je venais ici mais je m’en émerveillais toujours autant. La première fois était quand j’avais dû négocier avec les nomades le prix des métaux précieux et la mission avait été couronnée de succès. Malheureusement ma visite n’avait été que très brève et je n’avais pu que visiter le désert et quelques oasis, j’allais réparer cette erreur. J’étais venue ici pour une visite purement privée à des fins biologiques, ou du moins en était-ce l’excuse. J’étais accompagnée de mon ami géographe, Glenn, qui m’accompagnait dans la plupart de mes expéditions. Et tandis qu’il réalisait une carte du désert de Takamakaen, j’approfondissais mes connaissances sur la faune et la flore du désert, foisonnantes malgré ce que l’on pensait. Il y avait aussi un guide, presque muet qui ne s’exprimait que par signes, mon mentor n’avait pu venir et je m’en désolais, j’aurais vraiment apprécié qu’elle m’accompagne dans ce si beau endroit. Nous allions visiter les montagnes du désert, ces reliefs de petite taille, secs et torsadés offrant parfois des formes étranges et mystérieuses ainsi qu’une magnifique ville, véritable défi contre la nature. Elle était connue pour ses sublimes jardins et son commerce des épices.

Et ballotais sur mon dromadaire baveux, j’esquissai le dessin d’un scorpion noir aperçu lors d’une pause. Mon carnet était rempli de dessin de fleurs sauvages, plantes couvertes d’épines, petits animaux parfaitement adapté à ce milieu. J’avais eu la chance ce matin d’assister à un miracle de la nature : il avait plu toute la nuit et le lendemain, alors que je me réveillais d’une nuit courte, un champ de fleur s’épanouissait dans les dunes pâles. J’avais cru un instant à un mirage mais la fleur que j’avais cueillie et soigneusement séchée témoignerait toujours de la merveille de la nature. Mais ce n'était que quand le soleil se couchait et les températures descendait que les animaux sortaient et j'avais passé des nuits entières à observer ce monde de la nuit. Ces découvertes avaient détourné mon esprit du choc de la rencontre mais chaque soir, dès que je m'endormais, mes cauchemars me poursuivaient et mes larmes leurs répondaient.

Les dromadaires marchaient depuis le matin, nous ne nous étions arrêtés que rapidement pour manger et le guide décida de s’arrêter dans un oasis. Les palmiers, buissons sauvages et orchidées tombant avec grâce des arbres me donnèrent l’impression fugace d’être au paradis. Le soleil commençait doucement à se coucher, rougissant les dunes aux ombres bleues. Il était temps de se poser et cet oasis était l’endroit idéal. Une caravane s’était aussi arrêtée et nous fîmes connaissances avec ces marchands de sel. Une fois que le feu fût allumé, nous partageâmes notre nourriture avec eux et ils nous divertirent de chants mélodieux et de contes anciens peuplés de princesses épeurées, de djinns, objets magiques et batailles épiques. Je savourais ce moment de bonheur en dégustant des dattes tandis que la fraîcheur s’installait sur le camp.
J’enlevais le large gain de cuir qui protégeait ma main d’argent, le sable pouvait abimer les rouages et je ne pouvais me permettre de l’abîmer. Cela faisait presque deux mois que je n’avais pas revu Elvira et elle me manquait, à sa manière. J'aurais tant aimé lui partager ma souffrance mais elle n'était pas là. J'étais seule.
Je pris de l’eau et nettoya ma main à l’abri des regards, le métal allait s’échauffer et pourrait se cabosser, et le liquide le rafraichirait. Puis je remis la protection et rejoignis le groupe. S’éloigner le plus possible de toute civilisation, faire le vide, se ressourcer. Mes objectifs étaient nombreux mais n'avait qu'un seul but : retrouver la paix.

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Erwan
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Mer 25 Avr - 20:30

Erwan était parti pour trois mois dans le désert du Taklamakean. Son père, le Seigneur Sil’Fear l’avais mandé pour une mission toute particulière : rallier les nomades marchands du désert à la cause Rebelle. Même si le désert n’était pas très peuplé, ces habitants avaient un détail très intéressant : ils produisaient de l’or et des pierres précieuses. Alliez ces métaux avec le célèbre fer de Kepleis et vous obtiendrais un mélange imbattable dans la bataille contre l’Empereur. De plus, ils pourraient toujours être utile dans une possible bataille entre les Rebelles et les Partisans, prenant ainsi la capitale en tenaille.
Il était donc partit d’Altaïr où il effectuait une mission en direction du Désert. Le voyage avait duré deux semaines. Au lieu de longer la côte jusqu’au Désert, il avait choisi d’emprunter la voie marine. Le bateau avait embarqué un matin brumeux et Erwan se souviendras toujours de cette traversée. S’il existait un mot pour la définir, il dirait : invivable. C’est là qu’il venait de se découvrir le mal de mer. Mais pas comme un mal de tête anodin, non, c’était alité qu’il avait fait la traversée ; vomissant à chaque mouvement du bateau. Sa peau, habituellement bronzé, avait étrangement viré au verdâtre. Pas très glorieux pour un Guerrier.

L’arrivée avait été pour Erwan le secours inestimable et il n’avait jamais été aussi heureux de poser les pieds sur la terre ferme. Et le paysage magnifique qui s’étendait à ses pieds semblait bien décidé à le prouver. Un ciel bleu d’azur surplombant des dunes striées d’or et de cuivre et un charmant village ocre dans un vallon à l’abri des palmiers ; toute la beauté du désert était là. Il entra donc dans ce village comme paré d’or cristallisé. Des enfants jouaient en riant, surveillés de loin par leurs parents attablés à l’abri du soleil brulant.
En se renseignant, il apprit que les clan nomades possédaient un groupe d’hommes et de femmes qui prenaient la plupart des grandes décisions et veillaient à la reconnaissance de leur peuple dans tout Elysphère. Un chef présidait cette Assemblée et était connu comme une sorte d’Ambassadeur de cette partie du Désert. Et d’après les dires des villageois, cet Ambassadeur était parti pour la grande chasse annuelle. Accompagné de tous les plus grands guerriers nomades, ils entamaient des jours de fête. C’était une tradition, tout le monde pouvant ainsi manger à sa fin. Bien sûr ce n’était pas des massacres d’animaux, juste une chasse.

Erwan trouva un homme nomade habitué à parcourir le désert qui, moyennant une forte somme, l’aiderait à trouver ce chef nomade. Sur les conseils de celui-ci Erwan avait acheté le vêtement traditionnel des nomades : un large pantalon beige, une longue chemise blanche, une cape bleu saphir et un chèche blanc. La totalité de ces vêtements étaient fait en lin, ce qui permettait de protéger au maximum la peau du sol sans toutefois alourdir. Ils décidèrent d’un commun accord qu’ils partiraient à l’aube du lendemain. Pour parfaire leur incognito en cas de rencontre avec des Partisans, ils partirent avec une caravane de sel composé d’une vingtaine de chameaux et autant d’hommes.
Ils marchèrent à dos de dromadaire durant plus de trois jours et arrivèrent enfin à un oasis pour se refaire leur provision d’eau. Car ici, l’eau était aussi précieuse que de l’or et cacher ne serait-ce qu’une seule goutte était inadmissible. Alors que le soleil commençait à décliner, rasant les dunes enflammées, les marchands commencèrent à monter les tentes. Une autre caravane vint les rejoindre et Erwan pu faire connaissance un géographe avec lequel ils discutèrent longuement des parallèles entre la géographie et l’histoire d’Elysphère. Alors qu’ils partageaient le repas, les marchands les délectèrent d’histoires fantastiques et sans fondements, servant juste à offrir un peu d’imagination et de fantaisies à ceux qui les écoutaient.

Soudain il la remarqua. Une femme âgée d’une vingtaine d’année, écoutait avec passion ces récits. Ses cheveux d’un blond presque blanc encadraient en une multitude de boucles son visage doux. Sa peau d’ivoire, si contrastée avec la peau basanée et usée des nomades respirait la fraîcheur et la vivacité. Ses yeux d’un violet striés de gris pétillaient à la lumière du feu et brillaient d’une excitation enfantine devant les histoires du conteur. Et enfin sa bouche d’un rose semblable à l’aurore s’ouvrait sur un franc sourire éclatant. Elle n’était pas ce genre de femme qui enflamme l’attention, mais la retient et donne envie de partager ses rêve, vivre son imagination. Une phrase chuchotée par le guide la définit à la perfection :

- Une perle dans le désert qui illumine la nuit et apporte un vent frais à la chaleur de nos soucis.

Erwan sourit en y repensant et s’approcha d’elle. Il aurait beaucoup aimé faire connaissance avec elle. Il se demandait ce qu’elle venait faire dans cette contrée hostile. Peut-être pour rencontrer la majestueuse voute céleste parsemée d’infinies étoiles ou s’allonger sur le sable chaud des dunes du Désert. Que cherchait-elle ?
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Aelia
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Dim 29 Avr - 14:52


Je cherchais mon géographe du regard et le trouvais en pleine discussion avec un jeune homme musclé. Il portait les habits traditionnels du désert mais contrastait avec les hommes des dunes à la peau foncée et regard perçants. Son chèche laissait échapper des cheveux argentés presque blancs assez longs faisant ressortir sa peau foncé. Ses yeux me dévisagèrent un instant mais je les ignorais et porta mon regard dans les flammes. Du coin de l’œil j’observai cet homme, il m’intriguait. Il avait la physionomie d’un guerrier et je ne doutais pas que ce soit un Delthéna, pourtant malgré ce côté force de la nature, il semblait avoir une vive discussion avec mon ami et je connaissais assez celui-ci pour savoir que ses dialogues étaient souvent intellectuels et très poussés. A la manière dont on les voyait se répondre, aux quelques mots que je perçu sur l’Histoire Elysphérienne, mon intérêt fut piqué à vif. Je me levai avec lenteur, laissant ma longue robe frôlait le sol et m’approcha d’eux.

Je m’assis à côté de Glenn et écoutais, silencieuse leur discussion. Ils répliquaient vivement pour exposer leur théorie sur un fait de l’histoire et je m’amusais un instant de leur joute verbale. Puis mon regard fut aspiré par l’envoutement des flammes et je sombrai progressivement dans une léthargie profonde. Perdue dans mes souvenirs, je me décrochai de la réalité.


Tous les étés, quand la belle saison arrivait et que le soleil fleurissait les prairies et faisait mûrir les beaux fruits des vergers, j’allais accompagner ma mère chez une amie habitant au pied des Montagnes de Kepleis. Mon père ne nous accompagné jamais, préférant partir à ces missions secrètes, je croyais qu’il allait sauver le monde. Illusion d’enfance. Le voyage était toujours très long et je passais mes journées à admirer les paysages et posais mille questions à ma mère qui parfois, exaspérée de mes pourquoi, me fourrai un gâteau aux amandes dans la bouche pour me faire taire. Cela se finissait toujours dans les rires et les chamailleries. Et le soir, elle me berçait doucement et je m’endormais dans le creux de ses bras. Je croyais encore que les étoiles étaient des petites flammes accrochées au ciel… Nous arrivions toujours pour la grande fête de la Moisson et pendant que ma mère discutait et aider les femmes à préparer les festivités, je me baladais dans le village. Je jouais avec les enfants de la rue et enfants de marchands. Nobles et paysans n’existait plus, nous étions tous au rang de pirate guerroyant contre des ennemis imaginaires. Le monde était beau, tout le monde étaient gentil et égal. L'innocence utopique.


- Je ne saurais dire, je n’ai pas approfondi cette partie de l’Histoire mais Aelia pourra t’être beaucoup plus utile, elle connait les légendes d’Elysphère mieux que personne !

Les souvenirs me fuyaient, disparaissant comme du brouillard alors que le soleil se lève. C’était il y a si longtemps, trop de douleurs à cette époque m’obligeait à effacer cette vie d’atan. Mais je voulais me souvenir de ces moments de bonheur,mais déjà la réminiscence s’évaporait, me laissant dans ce désert solitaire. Je regardais un moment Glenn sans comprendre, tirée de force de ma rêverie puis sourit avant de continuer.

- Excuse-moi, je rêvais. Il est vrai que je suis passionnée de tous les mœurs des civilisations et la plupart des explications se trouvent dans leur mythes et légendes mais je ne suis pas autant spécialiste que tu le dis. Je n’ai qu’une vision partielle de la vérité car les ouvrages relatant de ce sujet sont rares.

Puis je regardais le jeune inconnu dans les yeux et déclarai :

- Je rêve, je parle mais je ne me suis pas encore présentée : Aelia Lysato, passionnée de toutes les connaissances existantes dans ce monde.

Je riai avant de remettre à sa place une mèche blonde venant me manger le visage, le regard toujours brillant je saluai cet homme mystérieux d’un geste de la tête.

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Erwan
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Lun 30 Avr - 20:11

Absorbé par sa discussion enflammée avec le géographe dénommé Glenn, Erwan ne vit par la jeune femme s’approcher d’eux et se s’asseoir en silence près de lui. Ils débâtaient quant à la justesse de l’adjectif préhistorique de la période de la première moitié de la Proère. À quel niveau de l’élaboration de la civilisation Nirtémis pouvait-on parler d’une réelle caste, unie ? Car l’était-elle vraiment même aujourd’hui ? Alors qu’Erwan, pris par cette joute verbale, répliqua à Glenn que les légendes ne parlaient que très brièvement de cette caste, montrant ainsi sa division à travers tout Elysphère, il ne put rien répondre. Ou du moins, il dévia la question en présentant la jeune femme, dénommée Aelia, comme spécialiste en cette matière. Erwan fut un instant décontenancé. Il ne l’avait pas vu s’approcher et venait donc de réaliser la situation dans laquelle il se situait. Il était d’une certaine ironie de voir à quel les détails les plus banaux et insignifiants devenaient d’une importance capitale pour Erwan. Une femme, dans un rayon de moins de deux mètres. Échelle de timidité, problèmes de communication et balbutiions entre 1 et 10 : 4. Il déglutit avec difficulté. Ce qu’il pouvait détester sa timidité ! Lui, un Guerrier, aussi timide qu’une frêle adolescent boutonneux ! Quelle galère !
Prise de court, elle sembla un instant perdue, comme si on l’avait sortit de profondes pensées. Elle sourit avant de déclarer :

- Excuse-moi, je rêvais. Il est vrai que je suis passionnée de tous les mœurs des civilisations et la plupart des explications se trouvent dans leur mythes et légendes mais je ne suis pas autant spécialiste que tu le dis. Je n’ai qu’une vision partielle de la vérité car les ouvrages relatant de ce sujet sont rares.

Erwan en trouva rien à dire de cette réplique, il était vrai que les écrits parlant de cette périodes étaient peu nombreux. Et alors qu’il continuait à réfléchir à se sujet, la jeune femme le regarda droit dans les yeux. Échelle de timidité : 6.

- Je rêve, je parle mais je ne me suis pas encore présentée : Aelia Lysato, passionnée de toutes les connaissances existantes dans ce monde.

Échelle de timidité : 8. Pourtant au lieu de perdre ses moyens comme un vulgaire gâteau pas cuit, Erwan se surprit à sombrer dans une étrange nostalgie. Cette voix. Ce nom.

Il y avait si longtemps...
- Je suis la Reine Aelysa ! Tu est mon bouffon et tu dois m’obéir !
- Même pas vrai ! Tu n’es pas une reine, tu es pas belle en plus !
La moue qu’il en avait suivit avait suffi à montrer au jeune Erwan qu’il avait fait une bêtise. Sa jeune amie, qu’il appelait toujours Lea, son prénom à l’envers, aimait beaucoup lui donner des ordres mais il trouvait cela toujours nul d’obéir à une fille. Mais cette fois-ci, il avait dû capituler et jouer à jongler, faire des grimaces et des bonds pendant une journée entière. De toute façon, il devait partir le lendemain avec papa, donc c’était pour être gentil avec elle avant de partir.


Inconsciente des souvenirs qui affluaient dans l’esprit d’Erwan, la jeune femme continuait de le regarder, dégageant son visage d’une mèche blonde venue cacher son visage. [/i]

- Des cheveux comme un gâteau à l’amande, ou comme de la paille ! De l’herbe morte ! C’est bon de boude pas, disons comme de l’or ! Oui comme de l’or ! Ça te plait ? Tu seras la Reine d’or !

Erwan chassa cette pensée aussi rapidement qu’elle était venue et retourna son attention vers Aelia, il respira un instant avant de déclarer, sans hésitation, ce qui lui tira une certaine fierté :

- Warne Realis, marchand de fer des Montagnes de Kepleis. Je suis venu pour fixer mes prix avec les nomades de cette région. Il aiment utiliser mon fer pour leurs armes !

Il était obligé de mentir pour garantir son incognito mais n’aimait pas tellement le faire. Les relations qu’il nouait avec les gens étaient toujours basé sur un mensonge et elles ne pouvaient déboucher sur une véritable amitié en pleine vérité. Mais c’était le choix qu’il avait fait lorsqu’ avait commencé à être le bras droit de son père, le grand Seigneur Sil’Fear. Soudain il nota que la nuit était très avancée et ne put s’empêcher de bailler de sommeil. Il avait peu dormit depuis le début de son voyage, en ne comptant pas sa traversée en bateau où il n’avait pas fermé l’œil des nombreuses nuits, et cela commençait à se faire sentir.
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Aelia
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Mer 2 Mai - 16:32


Je souris quand il se présenta, les Montagnes de Kepleis, je l’avais parié. Et tandis qu’il expliquait sa présence ici, mes souvenirs reprenaient le dessus de mon esprit et je voyageais à travers mon passé. Plus particulièrement ceux touchant les Montagnes de Kepleis...

~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~

- Tu es une princesse, une insupportable princesse mais mignonne comme tout.

Ma mère me frôla la joue et me regarda de son sourire malicieux. Elle me demanda ensuite d’aller jouer plus loin pour ne pas embêter les femmes préparant la fête. Je partis en riant et courrai jusqu’à la fontaine pour fabriquer des bateaux en feuilles que j’assiègerais ensuite.
Soudain une dizaine de cavaliers arrivèrent dans un nuage de poussière et tout le monde poussa des exclamations de joie : le Seigneur Eolithe étaient enfin arrivé ! Je m’approchais, curieuse de voir ces cavaliers beaux et forts. On les aurait dit sculptés dans de la roche, leurs cheveux blancs retombant sur leurs muscles puissants. Les femmes suivaient, pareil si ce n’est leur finesse et leur délicatesse de trait ainsi que leur robe simple mais de soie précieuse. Je pensai un instant être en présence de véritables fées mais je fus déçue en ne voyant aucune aile dans leur dos. Je retournai à mes petits bateaux tandis qu’un large cercle de villageois les entouraient. Alors que je jouais paisiblement, une petite voix me fit me retourner :

- Ils sont tous petits tes bateaux.

Je me trouvais en face d’un petit fée, il avait les mêmes cheveux blancs et un regard gris joyeux. Même si il n’avait encore que de petit bras dodus, je trouvai immédiatement son appartenance au groupe de guerriers.

- Oui c’est parce que ce sont des bateaux-fontaines, petit elfe.

- J’suis pas petit ! Et sûrement pas un elfe ! Je suis Erwan et mon papa, il est seigneur !

Il me regarda avec fierté et je lui souris avant de continuer :

- Bonjour petit elfe, moi je m’appelle Aelia ! Tu veux jouer avec moi aux pirates combattant les méchants ?

Il bouda un moment en voyant que son titre n’avait fait aucune réaction puis souris et hocha la tête :

- D’accord, je serais capitaine !

La nuit tombait doucement et les premières étoiles brillaient en compagnie de la lune. Erwan et moi étions dans un arbre et admiraient les derniers rayons du soleil. Nous ne disions pas un mot, partageant ce moment. Soudain le petit garçon me regarda puis descendit de son perchoir, je fis de même. Nous fûmes attaqué par des monstres hideux et fantômes effroyables, la bataille fut rude mais nous en sortions toujours vainqueurs. Cette merveilleuse journée, sublimée par cette rencontre, prit malheureusement fin. Erwan devait partit, il était temps d’aller dormir.

- Au revoir petit elfe, on va se revoir dit ?

- L’année prochaine Lea. Promis.

Il avait un regard sérieux qui contrastait avec ses joues rebondies. La promesse d’un enfant de trois ans, avec ce sérieux-là, c’était sacrée et indestructible. Je lui souris et agitai ma main en le voyant s’éloigner sur un cheval noir, derrière son père.

~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~Ҩ~

Je vis le regard amusé des deux hommes et je rougis un court instant. Je souris avant de me justifier :

- Je suis encore dans les étoiles, excusez-moi. Seulement je repensais à de merveilleux souvenirs aux Montagnes de Kepleis. Chaque année j’allai à la fête des Moisson et je m’y étais fait un ami. Oh, je n’étais âgé que de sept ans environ, mais nous disions que notre amitié durerait toujours. Elle n’a duré que deux ans, enfin deux jours plutôt. Je ne sais pas si tu le connais, il s’appelle Erwan et doit avoir aujourd’hui une vingtaine d’années.

C’était idiot comme question, il était impossible qu’il l’avait connu. Les Montagnes de Kepleis étaient immenses et peuplée, la chance qu’ils aient pu se rencontrer était presque chimérique. Mais j’avais toujours voulu le retrouver, même si je n’avais jamais rien entrepris. Ma mère étant morte, c’était la seule personne de mon enfance à qui je tenais énormément aussi brève fut notre amitié. Amusée d’un souvenir, je me mis à rire.

- Je l’obligeais à m’appeler Princesse Lysato. Quelle horrible fille j’étais ! Petit elfe…

Les derniers mots avaient été à peine soufflés, il n’était que pour moi-même et ce petit garçon à des kilomètres de distance, à ce souvenir lointain. Cet ami si sérieux quand il me promettait quelque chose et si joueur quand nous vagabondions dans la forêt. Je n’avais pas pensé à lui depuis des années et j’en ressentis un certain remord.

- Moi et mes histoires ! Je bavarde, je bavarde et vous devez vous ennuyer énormément ! J’en suis désolée !

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Erwan
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Sam 12 Mai - 13:30

Toujours perdu dans ses pensées, la jeune femme dénommée Aelia ne semblait pas écouter la réponse d’Erwan. Il échangea un regard complice avec le géographe en attendant qu’elle décide de reporter son attention sur ses interlocuteurs. Lorsqu’enfin elle s’ébroua et se reconnecta à la réalité, elle rougit légèrement, sûrement gênée d’être sans cesse surprise en train de rêvasser. Elle sourit avant de déclarer :

- Je suis encore dans les étoiles, excusez-moi. Seulement je repensais à de merveilleux souvenirs aux Montagnes de Kepleis. Chaque année j’allai à la fête des Moisson et je m’y étais fait un ami. Oh, je n’étais âgé que de sept ans environ, mais nous disions que notre amitié durerait toujours. Elle n’a duré que deux ans, enfin deux jours plutôt. Je ne sais pas si tu le connais, il s’appelle Erwan et doit avoir aujourd’hui une vingtaine d’années.

Chacun de ses mots s’engouffrait en lui comme un vent glacé. Tous ses souvenirs lui revinrent, comme une grosse claque. La fête de Moisson. Les guirlandes et les lampions accrochés aux murs des maisons. Une amie. Léa. La séparation si brutale des deux mis. Une amitié enfouie sous des souvenirs douloureux. Ce pouvait-il que la jeune femme devant lui soit cette amie ? Ces cheveux blonds, ces yeux rieurs et pétillants !

- Je l’obligeais à m’appeler Princesse Lysato. Quelle horrible fille j’étais ! Petit elfe…

Sa tirade acheva de le convaincre. Il accueillit cette révélation comme un coup de poing. Princesse Lysato ! Mais bien sûr ! Comment avait-il pu ne pas la reconnaître ? Tout pourtant en elle lui avait rappelé son enfance. Mais qu’allait-il faire maintenant ? Il fallait qu’il parte demain à l’aube pour rencontrer le chef des nomades mais il brûlait d’envie de savoir comment elle s’était échappée, qu’avait-elle fait, où vivait-t-elle maintenant ?

- Moi et mes histoires ! Je bavarde, je bavarde et vous devez vous ennuyer énormément ! J’en suis désolée !-

Erwan ne prêta même pas attention à ces paroles, il restait comme englué dans ses souvenirs. Il aurait aimé donner sa véritable identité, mais cela compromettrait sa mission. Pourtant il ne put s’empêcher de parler :

- Oui bien sûr je le connais ! Il me parle souvent de vous en parlant de ses souvenirs d’enfance ! Comment vous en êtes-vous sortie ? Qu’avait vous fait ensuite ? Pourquoi n’avez-vous jamais cherché à revenir aux Montagnes de Kepleis ? Que faites-vous maintenant ici, dans cette contrée hostile ?

S’étant presque levé, Erwan remarqua son emportement, et se rassis, légèrement gêné. Il bredouilla des excuses avant tout en essayant de ne pas croiser le regard d’Aelia. Le géographe, lui était complètement perdu et ne comprenait plus rien à la discussion. Il ne cessait de tourner la tête vers Erwan ou Aelia, cherchant sans doute une explication à tout ceci. Erwan lui se taisait, silencieux. Il braqua son regard vers les flammes dansantes et ondulantes du feu. Pourtant il ne pouvait s’empêcher de repenser aux fêtes, aux petits bateaux, aux jeux dans l’étendue vertes, aux couchers de soleil…

- Une galette de maïs dans un chant de fleurs…

Il n’avait que murmuré cette phrase mais il ne put s’empêcher de sourire en y repensant. C’était un soir, après la fête de la Moisson où Léa et lui regardaient le soleil se coucher. La Princesse et le capitaine se taisaient, regardant l’astre du jour se poser doucement sur la terre, dans un ciel couvert de rose, orange, jaune et rouge. Etrangement, Erwan n’avait trouvé que ces mots pour décrire ce qu’il voyait. Le soleil rond et jaune ressemblait à une galette que faisait sa maman et le ciel était comme un champ de fleurs, toutes colorées. La phrase avait fait rire la Princesse et il était très fier de lui. Ce devait être la veille de la dernière fois qu’il la vit.
Les yeux d’Erwan, désormais trop lourds pour lui permettre d’admirer la nuit du désert, lui firent comprendre qu’il était temps d’aller se reposer. Il se leva, salua d’un hochement de tête les invités, tout en évitant de croiser celui d’Aelia, et se dirigea vers sa tente. Mentir à ses amis, même d’enfance était la chose la plus abjecte qu’il ait jamais fait.
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Mer 16 Mai - 19:02


- Oui bien sûr je le connais ! Il me parle souvent de vous en parlant de ses souvenirs d’enfance ! Comment vous en êtes-vous sortie ? Qu’avait vous fait ensuite ? Pourquoi n’avez-vous jamais cherché à revenir aux Montagnes de Kepleis ? Que faites-vous maintenant ici, dans cette contrée hostile ?

L’emportement du jeune homme m’étonnai, et je fus d’autant plus surprise quand il me questionna, ses phrases s’enchaînaient tellement vite que j’eus du mal à toutes les comprendre. Mais je fus surtout abasourdie par son envie de savoir tout ce qui avait suivi ma rencontre avec Erwan, il se reprit rapidement et cela m’intrigua encore plus. Connaissait-il vraiment Erwan ? Sûrement sinon il n’aurait jamais su comment que je m’étais « sorti » de l’attaque. Soudain il se leva et murmura quelques mots, perdu dans ses pensées, un fin sourire flottant sur ses lèvres. Puis il salua l’assemblée et se retira, mais je n’allais pas laisser passer ma chance. Voilà des années que je recherchais mes racines et mes souvenirs tant rejeté et cet homme en devenait le gardien.
Je me levai à mon tour, ignorant le regard intrigué de mon ami et me dirigeai décidée vers le guerrier. Je me plantai devant lui et commençai d’une voix calme :

- Je ne vous connais que depuis quelques heures mais il y a trop de sentiments contradictoires en moi que je ne peux faire taire. Avant de pourvoir soulager mon envie de savoir ce qu’est devenu mon ami, je vais répondre à vos questions. Je ne sais pas s’il vous a raconté mais mon village a subi une attaque et ma mèr… mes parents sont tous les deux morts dans ce massacre, le Seigneur Eolithe m’a recueilli et ma permis de tourner la page et de soigner les blessures de la perte de mes proches. Cette main mécanique témoigne de ce cruel destin.

Je relevai ma manche et lui montrai mon membre, il étincela sous la lune. C’était la preuve de mon passé et même si je ne le connaissais presque pas, je devais lui raconter. Indirectement je devais dire à Erwan, pourquoi je ne l’avais pas recherché.

- Non, je ne suis jamais retourné au Montagnes de Kepleis, cela rouvrait des douloureux souvenirs et j’avais peur aussi du changement, que notre amitié est disparue. Qu’Erwan est changé, que je ne le reconnaisse même pas. Mais j’ai grandis depuis et j’essaie de réparer ces erreurs. J’ai gagné le combat contre la souffrance et essaye d’aider ceux qui luttent dans ce combat de douleur. Je suis venue ici pour faire une coupure avec le monde agité et superficiel, embourbé dans des conflits ridicules et meurtriers. J’en ai assez de la mort, j’en ai assez de la lâcheté et de la guerre. Je pensais que le désert m’aiderai à retrouver la paix mais perfide, il frappe là où la blessure est encore vive. Je…

Soudain alors que je le fixais en parlant, un souvenir s’imposa à moi. Un visage, dur et puissant, des cheveux blancs, une mâchoire marquée, des yeux gris pâles… le père d’Erwan… ce visage se calqua sur celui de mon interlocuteur et je fus surprise à trouver de très nombreuses ressemblances. Il devait faire partie de sa famille. Le frère de mon ami d’enfance ? Un cousin ? Possible. Soudain mon regard se plongea dans le sien, océan de glace… je sombrai. Mon esprit repris le dessus et réfuta ou affirma toutes les hypothèses que mon cerveau envisager, j’analysais la moindre des informations quand soudain, un éclair traversa ma pensée. Je fermais les yeux un instant… comment ne l’avais-je pas reconnu ?
Mes mains tremblèrent et je me forçai de les calmer. C’était impossible… la chance de cette rencontre était presque impossible… le destin avait décidé de se racheter.

- Erwan… comment tu … pourquoi …

Je n’arrivai pas à me rendre compte de ce qui se passait sous mes yeux, mon cœur s’accéléra et une onde de chaleur envahit tout mon corps. Sans hésiter, je me jetai au cou de mon ami d’enfance, riant et pleurant à la fois.

- Petit elfe !

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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Jeu 31 Mai - 14:26

Erwan écouta sa déclaration avec un pincement au coeur. Pourquoi le destin tombe-il ainsi sur certaines personnes, brisant par là leur enfance, leur histoire et leur avenir ? Seule les personnes possédant une volonté fortes pouvaient se sortir de ce qu´avait vécut Aelia. Puis alors qu´il écoutait encore son récit, elle le reconnut.

Son prénom résonna étrangement dabs la bouche de son amie, comme chuchoté de peur de se tromper.
Erwan resta un instant figé face à la déclaration d´Aelia. Comment avait-elle deviné ? Une phrase, un geste ou juste un mot l´avait-il révélé ? Mais il fallait avouer que, pour l´instant, cette question en déduisait une autre beaucoup plus problématique. En effet, que faire maintenant qu´elle avait découvert son identité ? Aelia savait non seulement son nom mais aussi qui il était, d´où il venait et pleins d´informations dont elle pouvait utiliser, si elle était Partisan, pour deviner et interférer dans sa mission. Chantage, informations secrètes, fin de la mission, emprisonnement, tous ces mots défilèrent avec force dans l´esprit d´Erwan.
Il se reprocha d´etre aussi pessimiste et septique. C´était certe une personne qu´il n´avait pas revue depuis une dizaine d´années mais elle restait néanmoins une amie ! Et comment aurait-elle pu savoir qu´il était Rebelle ? Une petite voix lui souffla perfidement dans son esprit qu´il était aisé de le deviner, tout les Sil´Fear étant hostiles à l´Empire. Erwan se demanda un instant pour quel parti elle avait embrasé la cause. Mais comment savoir après tant d´années ce qu´elle avait vécu comme évènements pour guider son choix ? Il inspira et la chercha du regard. Il devait lui offrir une réponse, au moins en souvenir de leur amitié. Mais alors meme qu´il était plongé dans une intense réflexion elle lui sauta dans les bras en criant :

- Petit elfe !

Sentant son parfum doux et léger comme des fleurs printanières mais aussi acide et frais que des fruits brillant au soleil, une mélée de souvenir affluèrent en lui. Ce fut des images nettes et précises, fourdroyantes par leur rapidité mais aussi d´inoubliables odeurs d´étés, de doux sons de chants d´oiseaux, le vent soufflant dans les cheveux et un léger gout sucré dans la bouche. Et un mot ne cessait de se répeter. Petit elfe. Et ce fut toujours la meme voix qui le prononca, celle d´une petite fillette.
Erwan éclata d´un rire léger et insouciant, se rappelant tous les jeux, les moments si complices qu´ils avaient vécus dans cette amitié si brève.
Il fit un instant tournoyer cette amie si chère qu´il avait eu. Ses cheveux blonds flottaient dans le vent, lui mordant le visage. Celui-ci parut soudain plus rond, les joues joues plus rebondis, l´éclat du regard plus enfantin. Pendant un instant on eut cru qu´ils étaient revenus des années en arrière.

Malheureusement le présent revint aussi rapidement qu´il avait été chassé. Erwan se rendit donc soudain qu´il tenait en l´air une jeune femme et sa timidité le frappa de plein fouet. Il la posa avec maladresse sur le sol, rangea précipitament ses mains derrière son dos et regarda intensément le sol. Il détestait devenir en quelques instants un petit garcon introverti. Il détestait sentir son visage rougir et ses oreilles s´echauffer. Il détestait sentir ses mains moites et ses muscles crispés.
Comme pour justifier son attitude quel que peu étrange il déclara :

- Il faut croire que le Erwan que tu as connu s´est transformé en guerrier timide mal à l´aise avec la gente féminine ! Étrange n´est-ce pas à quel point on change quand on grandit. Le destin nous modèle avec des évènements, des rencontres mais aussi des adieux qui font de nous maintenant des inconnus l´un pour l´autre après plus de dix ans.

Il n´avait pas réfléchit. Les mots étaient sortis sans qu´il eut sentit ses lèvres bouger.
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Mer 6 Juin - 14:18


Je ria tandis qu'il me faisait voltiger dans les airs quand soudain il me reposa avec gêne sur le sol. Il baissa les yeux et ses cheveux argentés cachèrent son visage, il était là face à moi, les bras derrière son dos. J'eus peur un instant d'avoir fait quelque chose de mal, de déplacé, que je n'aurais peut-être pas du. Nous étions à présent des adultes et des années s'étaient écoulées, elles nous avaient changées, nous avaient éloignés... Mon coeur se serra mais mon esprit refusa d'y croire, une amitié si brève mais si intense laisse des traces ! Des traces qui tendaient à disparaître me soufflait une petite voix. Non ces braises pouvait encore être ravivées ! Le feu pouvait encore s'allumer, la douce chaleur pourrait encore nous réchauffer ! Mais ma détermination fut brisée quand ses paroles résonnèrent...

- Il faut croire que le Erwan que tu as connu s´est transformé en guerrier timide mal à l´aise avec la gente féminine ! Étrange n´est-ce pas à quel point on change quand on grandit. Le destin nous modèle avec des évènements, des rencontres mais aussi des adieux qui font de nous maintenant des inconnus l´un pour l´autre après plus de dix ans.

Oui il avait changé, il s'était transformé en un guerrier, cachant sa véritable identité à tous, pour une raison que je ne voulais pas savoir. Il pouvait être mercenaire, espion de l'empire, rebelle, peu m'importait, il n'avait pas pu s'être changé en monstre et son regard clair me réconforta dans mes hypothèses. C'était un homme avec des convictions et des principes, sa promesse était indiscutable. Seul le destin avait pu la détruire, je revis un cours instant le petit garçon que j'avais quitté il y a de longues années, ayant déjà ce regard déterminé et fort. La vie l'avait changé comme elle m'avait blessé, transformer en mieux, je l'ignore, mais j'étais heureuse de ce que j'étais devenue et l'impossibilité de revenir en arrière, cette certitude, me permettait d'avancer. Mais quand était-ce de notre amitié ? Des inconnus, cette phrase s'enfonça dans mon coeur et m'apporta une lourde souffrance. Des inconnus.

- Le destin nous modèle tu as raison mais l'être perdure, tu as grandit comme je l'ai fait. J'ai perdu cette innocence de l'enfance mais j'essaie de toujours préserver cette joie des premières années car sans elle, la vie est trop dur pour être vécue. Dix ans se sont écoulés, Erwan mais pourquoi se résoudre à ce que tout soit fini ? Et même si c'était le cas, notre volonté peut nous permettre de tout reconstruire....

J'avais parlé de plus en plus fort mais le dernier mot s'était éteint dans ma bouche, ne te fait pas d'illusions Aelia, pourquoi se soucier de quelques heures passés ensemble il y a si longtemps ? Nous étions des enfants, ne voyant dans l'autre qu'un camarde de jeux. Le jeu avait cessé, deux voies s'ouvraient désormais à nous. Clore ces souvenirs, mettre une belle stèle sur cette tombe de notre enfance et se séparer lentement ou décider de reconstruire, d'aller de l'avant d'espérer que tout serait merveilleux ensemble. Décider d'être un nouvelle épaule pour l'autre de pouvoir partager les peines et douleurs. Des inconnus. L'espoir était si mince...

- Nous nous sommes rencontrés il y a si longtemps et un brouillard recouvre ses années de jadis mais le destin nous a arrachés. On ne peut pas retourner en arrière, cet être sans pitié et sans sentiment m'a tout pris, mon membre, mon enfance, mes parents, toi... Mais l'heure de la vengeance à sonner...

Mes paroles n'étaient plus qu'un murmure.

- Tu sais cette journée là, ma mère a été blessé... elle avait besoin d'aide mais je n'ai rien pu faire... je... mon père n'a rien fait, il s'est enfui, préférant sa vie à celles de sa famille. J'avais tournée la page... mais je l'ai revu... il y a quelques temps, j'ai reconnu ce regard lâche, ses cheveux pâles comme les miens et ce sourire hypocrite... et il ne m'a pas reconnu... il ne m'a même pas reconnu...


Ma gorge se serra, les derniers mots avaient été déchiré sous les larmes qui coulaient le long de mon visage. Trop de sentiments, trop de douleurs, trop. Mes jambes glissèrent lentement et mon corps fut secoué par de lourds sanglots.

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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Lun 11 Juin - 6:51

- Le destin nous modèle tu as raison mais l'être perdure, tu as grandit comme je l'ai fait. J'ai perdu cette innocence de l'enfance mais j'essaie de toujours préserver cette joie des premières années car sans elle, la vie est trop dur pour être vécue. Dix ans se sont écoulés, Erwan mais pourquoi se résoudre à ce que tout soit fini ? Et même si c'était le cas, notre volonté peut nous permettre de tout reconstruire....

Ses mots s´enfoncèrent avec force dans l´esprit d´Erwan. Les joies des premières années, il les avaient murées derrière un masque impassible. Son enfance n´était plus qu´une ombre de lui même, disparaissant peu à peu. Se résoudre, c´était ce qu´on lui avait toujours enseigné. Se battre contre le destin oui, mais contre le passé ? C´était un combat perdu d´avance. Seuls les nostalgiques rêvent encore de pouvoir changer le passé. Les conséquences du passé sont ainsi.
La dernière phrase s´imprima comme au fer rouge dans son esprit. Tout reconstruire ? Cela était un travail trop imposant, ils avaient tellement changé tous les deux. Mais pourquoi devraient-ils changer ? Pourquoi le destin séparait-il ainsi sans scrupules deux personnes ?

- Nous nous sommes rencontrés il y a si longtemps et un brouillard recouvre ses années de jadis mais le destin nous a arrachés. On ne peut pas retourner en arrière, cet être sans pitié et sans sentiment m'a tout pris, mon membre, mon enfance, mes parents, toi... Mais l'heure de la vengeance à sonné...

Aelia venait de faire exactement le même raisonnement que lui. Pourquoi le destin dicterait-il tous nos mouvements ! Erwan pouvait bouger, aller où bon lui semblait ! Oui la vengeance venait de sonner, il fallait avancer, arrêter de toujours reculer !

- Tu sais cette journée là, ma mère a été blessé... elle avait besoin d'aide mais je n'ai rien pu faire... je... mon père n'a rien fait, il s'est enfui, préférant sa vie à celles de sa famille. J'avais tournée la page... mais je l'ai revu... il y a quelques temps, j'ai reconnu ce regard lâche, ses cheveux pâles comme les miens et ce sourire hypocrite... et il ne m'a pas reconnu... il ne m'a même pas reconnu...

Et doucement, comme une fleur coupée, elle glissa vers le sol, secouée par de lourds sanglots. Erwan crut voir en cet instant la roue du destin, s´acharnant toujours à briser, et lorsque l´on se croyait guéri, à faire apparaître les fantômes du passé. Mais il en était assez de ce jeu cruel. Erwan en avait marre de toujours subir, de se battre pour une cause alors que des gens en mourrait, marre de ce destin injuste ! Il se sentait prêt à déplacer des montagnes et au passage mettre une bonne raclée à ce destin, cette roue du mahleur qui s´abattait sur chacun.

S´approchant d´Aelia, il l´aida à se relever. La soutenant encore, il lui chuchota :

- As-tu déjà vu l´aurore dans le désert ?

Lui tendant la main, il l´invita à partir, loin vers les dunes de sables pour contempler pendant un instant le lever du soleil. Comme il y a vingt ans.
Retrouver son enfance, retrouver son amitié, retrouver son amie, voilà ce que Erwan voulait. Le monde pouvait s´écouler, il ne la laisserait pas ainsi seule dans ses tourments. Cette fois-ci il ne fallait pas gâcher cette nouvelle chance. Car après-tout, n´est-ce pas le devoir d´un ami de consoler ?
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Mer 20 Juin - 9:54


- As-tu déjà vu l'aurore dans le désert ?

L'aurore se battait lentement contre les ténèbres de la nuit et sûrement le soleil s'élevait dans le ciel lourd, retrouvant son trône. Les dunes sombres s'éclairaient doucement et elles brillaient de mille feux sous la rosée de la nuit froide, les petits arbres et buissons semblaient faits de cristal et le sable, une multitude de petits diamants. La température était encore douce mais on sentait arriver la chaleur du désert. J'avais toujours trouvé fascinant ce contraste entre le jour et la nuit dans le désert, comme si deux mondes extrêmes se combattaient inlassablement à chaque aurore et chaque crépuscule. Mais plus qu'une simple victoire journalière du soleil, c'était surtout un renouveau pour moi. Un nouveau jour, l'ombre du passé disparaissait lentement, elle resterait toujours en moi, comme une cicatrice mais mon esprit était apaisé. Contempler l'aurore avec lui... tant de souvenirs se bousculèrent, assis dans les arbres à contempler le soleil naissant tandis que la ville dormait encore. Ces grandes aventures au détour d'un chemin qui commençaient la nuit et nous retrouvaient endormis l'un contre l'autre alors que le soleil nous couvrait de ses doux rayons...

- L'aurore du désert est sublime, on dirait la naissance d'un nouveau monde, de nouvelles aventures. Une profonde envie nous pousser à tout quitter et partir à dos de chameaux percer le mystère de cette aurore. De nombreuses tribus célébraient le culte du soleil dans le désert, il était vu comme une divinité toute puissante, destructrice mais aussi donnant abondamment. Je n'ai que peu de connaissances sur ces religions ancestrales mais comment ne pas les comprendre quand on est face à un tel tableau ?

Je pris la main d'Erwan, elle était chaude et puissante. Cela faisait des années que j'étais seule, partageant beaucoup aux gens mais ne pouvant jamais me livrer sur mes blessures. Erwan m'avait connue enfant et j'avais la certitude que nous ne changeons pas, que nous restons tel que nous avons été jeunes, en un peu plus réservé et sérieux peut-être. Mais nous aurions beaucoup à apprendre de nous même, de ces promesses que nous avions faites enfant que nous devrions nous souvenir.

- On a tous besoin de croire en quelque chose n'est-ce pas ? Certains mettaient cette espérance dans des dieux de la nature, dans leur pouvoir, leur force, leurs sécurités, d'autres dans des Grandes Causes ...

Le mot était sorti, neutre et si détaché ... Il me semblait si inutile et sans sens, les gens ne voient pas les priorités, la famille, les amis, trouver son bonheur dans leur bonheur, voilà où était la vraie vie et non dans des Causes débiles et sanglantes. Combien de personnes étaient mortes pour un trône, pour des idées ? Ne pouvons-nous pas penser à notre guise ? Les puissants ne voyaient-ils pas que leur existence était infimes face à l'âge ancestrale de ce monde. Ils n'étaient que des pions parmi tant d'autres, un grain de sable parmi une plage infinie.

- Les gens ont une trop grande estime de leur importance dans ce monde. Nous sommes poussière et nous retournerons à la poussière avant que ces Causes n'aboutissent. Elles seront avortés quand d'autres croiront avoir trouvé l'ultime solution. Et nous sommes là, à contempler ce désastre et se dire que tant de connaissances sont encore à apprendre, tant de lieu à découvrir, tant de rires et sourires à procurer... Mais non, seule l'épée et la force reste, la loi du plus fort... C'est triste à en pleurer toute cette bêtise humaine et le pire est que nous en faisons tous parti...

Je serrai plus fort sa main, comme pour me retenir, pour que je ne sombre pas dans ses tumultes de pensées néfastes. la lumière arriva doucement et éclaira nos mains entremêlées ...

- Le mieux à faire est sûrement d'apporter le plus de joie et de bonheur possible, de vivre et partager avec ceux que l'on aime pour éclairer ce monde. Ses pensées ne font que nous rongés de l'intérieur et nous font reculer. Au contraire il faut avancer et faire retrouver à tous leur part d'enfant qu'il y a en eux !

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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Sam 30 Juin - 11:08

- On a tous besoin de croire en quelque chose n'est-ce pas ? Certains mettaient cette espérance dans des dieux de la nature, dans leur pouvoir, leur force, leurs sécurités, d'autres dans des Grandes Causes ...

Alors qu’auparavant Erwan écoutait d’une oreille distraites les propos d’Aelia, bercé par la lumière rasante du soir venant chauffer leurs visages, un mot brisa la quiétude qui l’habitait. Des Grandes Causes. Ce mot était souvent utilisé pour désigner ce qu’il était. Un mot trop souvent teinté de mépris.

- Les gens ont une trop grande estime de leur importance dans ce monde. Nous sommes poussière et nous retournerons à la poussière avant que ces Causes n'aboutissent. Elles seront avortés quand d'autres croiront avoir trouvé l'ultime solution. Et nous sommes là, à contempler ce désastre et se dire que tant de connaissances sont encore à apprendre, tant de lieu à découvrir, tant de rires et sourires à procurer... Mais non, seule l'épée et la force reste, la loi du plus fort... C'est triste à en pleurer toute cette bêtise humaine et le pire est que nous en faisons tous parti...

Non, elle ne comprenait pas. Des solutions pouvaient être trouvées, on pouvait aboutir un projet. Mourir pour un idéal n’était pas un désastre, au contraire. La force était le seul moyen contre l’oppresseur, sinon parlementer aurait suffit. Pourquoi dénigrait-elle autant l’Humanité, n’avait-elle aucune foi en elle ? Erwan avait l’impression qu’elle s’éloignait de lui, imperceptiblement.

- Le mieux à faire est sûrement d'apporter le plus de joie et de bonheur possible, de vivre et partager avec ceux que l'on aime pour éclairer ce monde. Ses pensées ne font que nous rongés de l'intérieur et nous font reculer. Au contraire il faut avancer et faire retrouver à tous leur part d'enfant qu'il y a en eux !

Ce discours. Des paroles belles et profondes. Mais elles sonnaient impossible.

- Vivre avec ceux que l’on aime, s’ouvrir aux autres oui mais cela n’éclaire pas le monde. L’Homme fondamentalement garde son bonheur pour lui, il ferme les yeux face à la misère, préfère rester dans une bulle dorée. Juste par exemple : que faire si tu vois un pauvre dans la rue ? Tu lui donnes à manger. Mais les autres, tous les autres ? Il faut soigner les causes et non les symptômes de la pauvreté. Et comment faire cela, en s’engageant dans des Grandes Causes, de stupides combats pour la liberté qui ne sont que désastre de la bêtise humaine n’est-ce pas ?

Il y avait bien un point auquel Erwan s’enflammait toujours, c’était lorsque l’on commençait à parler de liberté, bonheur et Rébellion. Et il sentait en Aelia cette douleur de l’abandon de son père, Rebelle. Pourtant il ne fallait pas en faire une généralité, n’est-il pas différent lui ? S’ouvrir à elle n’était sûrement pas suffisant mais il fallait au moins qu’il essaie.

- Vois-tu moi je suis un Rebelle, un hors-la-loi. Je me bat pour une cause. Je mourrai peut-être demain pour défendre la liberté et l’égalité de tous les habitants de ce monde. Utopique, prétentieux ? Non, car je donnerais ma vie pour cet idéal. Et si il ne peut être réalisé, qu’il est voué à l’échec, alors je mourrai en essayant de le faire naître. Je préfère vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton.
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MessageSujet: Re: Le passé nous rattrape toujours... {with Erwan}   Dim 5 Aoû - 13:44


Je fermai les yeux pour écouter les propos d'Erwan et en capter tous les sens, il avait une vision différente de la mienne mais j'avais appris depuis bien longtemps qu'il n'existe pas qu'une seule vérité mais des choix et que lorsqu'ils sont fait il faut les assumer jusqu'au bout. Il montrai pourtant du doigts un fait simple : l'égoïsme des Hommes, il a toujours existé et c'est lui qui doit être le pire des maux. Soigner les causes et non les symptômes. J'étais entièrement d'accord avec cette pensée mais je n'arrivai toujours pas à créditer tous ces combats et ce sang versé. Mon opinion politique avait beaucoup changé depuis mon adolescence, avant j'étais entièrement dévoué à l'Empire, puis j'avais découvert ses parties sombres, ses côtés cruels et je m'étais résolu : aucun des deux camps n'était meilleur que l'autre, de chaque côté on se battait, on se trahissait et les vies s'écoulaient toujours plus nombreuses. Je sentis plus qu'entendis la flamme dans le discours de mon ami et je sus que nos chemins s'étaient lentement déviés pour arriver à deux pensées différentes. Mais ils s'étaient rejoins ici et loin de vouloir persuader l'autre, écouter était la plus belle des voies.

- Vois-tu moi je suis un Rebelle, un hors-la-loi. Je me bat pour une cause. Je mourrai peut-être demain pour défendre la liberté et l’égalité de tous les habitants de ce monde. Utopique, prétentieux ? Non, car je donnerais ma vie pour cet idéal. Et si il ne peut être réalisé, qu’il est voué à l’échec, alors je mourrai en essayant de le faire naître. Je préfère vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton.

Bizarrement qu'il soit rebelle ne m'étonna absolument pas, le petit Erwan que j'avais connu était un enfant qui détestait les injustices et se battait toujours sur ce qu'il n'acceptait pas. Il avait grandi et continuait sa lutte, toutes proportions gardées. Je restai un moment en admiration devant cette fougue, cette foie en sa cause, ce qui guidait sa vie. Mais plus que tout c'est ce don de sa vie, que même s'il se séparait de ce qu'il a de plus cher : lui-même, il ne demeurait pas moins ferme sur ses convictions. Sa dernière phrase résonna un instant, j'appréciai chaque mot et la beauté de l'expression, même si j'aurais peut-être préférée vivre cent ans comme un mouton. Je ris intérieurement de la comparaison puis réfléchit longuement sur la réponse à apporter. Un silence s'installa que je brisa pour exposer ma théorie.

- J'y ai longuement réfléchi Erwan, ça tu peux me croire, et j'arrivai malgré toutes les théorie au même résultat: le gouvernement renversé, un nouveau arrive pourchassant les anciens Partisans, les foules demanderont vengeance, pour leur enfants, frères et maris, ce sont ces foules qui vont vouloir faire souffrir les tortionnaires de leurs parents et deviendront de ce fait comme ceux qu'elles haïssent. Elles ne demanderont pas des procès, non, mais du sang. Je suis la conseillère du seigneur le plus proche de l'Empereur, l'un des hommes les plus important de l'Empire, que crois-tu que tes amis rebelles me feront quand ils auront pris le pouvoir ? Le sang coulera encore et la justice sera piétinée pour satisfaire le peuple, pour que celui qui laisse faire cette infamie soit aimé de la plèbe.Il suffit d'un homme qui aurait assez de charisme pour manipuler tout le peuple, quelque soit ses idées et de nouveaux Rebelles vont apparaître et se révolter, les Hommes ne seront jamais du même avis.

Je m'arrêtai un instant pour reprendre mon souffle, ma vision était pessimiste mais certes réaliste. J'avais déjà pu voir la folie des foules, c'était il y a des années... Un Rebelle avait été arrêté pour assassinat d'un haut magistrat, on avait fait un procès rapidement mené et la peine de mort avait été prononcée. Le plus terrifiant était le matin de la décapitation, la place où elle se déroulerait été bondée de monde et les gens étaient venus très tôt le matin pour voir la mort de ce Rebelle, voir comment il agoniserait. J'en avais eu des frissons dans le dos et c'est à ce moment là que j'avais pu constater que les hommes ensemble sont incontrôlables et sans pitié. Il suffit que l'un cri la peine de mort pour que tout le monde le suive.

Tu es Rebelle et je ne sais combien de personne sont mortes sous ton sabre mais j'espère de tout coeur qu'aucune vie n'a été raccourcie par ta lame. Mais si ce n'est pas le cas, est-ce devenu pour toi un geste si anodin ? Supprimer une vie pour qu'elle n'alerte pas les gardes ou pour venger un ami, la mort appelle la mort, c'est un cercle vicieux Erwan. Je suis Pacifiste et je suis de ceux qui pense que l'on pourrait trouver un arrangement -mais cela est presque utopique je te l'avoue- proposer à l'Empereur un Parlement, les pouvoirs seront divisées entre ces deux institutions. Car les Hommes aime avoir un pays gouverné par un seul homme, cela leur réfère un prestige, une gloire, faire partie du grand Empire. Mais si la Justice veut être impartiale, elle doit être dans aucun des camps, donc ni dans les ministres de l'Empereur, ni le Parlement, elle serait comme la balance qui vérifie que la balance soit toujours équilibré. Et pour cela, pas besoin de faire couler le sang mais seulement de longs discours et discussions.

Ce ne fut que lorsque le dernier mot fut prononcé que j'ouvris enfin les yeux, je plantai mon regard violet dans celui d'Erwan, essayant de déchiffrer son âme grise qui semblait si éloigné de moi.

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