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 EVENT - Bal de Printemps !

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Lachésis

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MessageSujet: EVENT - Bal de Printemps !   Dim 1 Avr - 13:46

-Le Bal de Printemps-



La nuit tombait doucement sur les Plaines d’Ijada, voilant le ciel d’un frais camaïeux de bleus nuit. La souris cherchait sa nourriture, ses petites pattes faisant un faible bruit dans l’herbe. Des lanternes avaient étaient placées sur chaque rempart, chaque tour et le château du Seigneur brillait de mille points de feux tel une étoile parmi les autres dans la nuit naissante. Elle contourna de larges caisses en bois remplies de toutes sortes de bâtons et fusées étranges. Elle évita furtivement le grand pieds d’un homme portant une de ces fusées multicolores à l’allure de dragon. C’est en trottinant que la petite bête passa par l’écurie pour rejoindre la cour. Entre les brins de paille, elle se faufila avant d’arriver devant un petit trou dans les planches de bois d’un des box. À ce moment, un grand feu s’embrasa et fit sursauter la souris qui couina avant de repartir, pressée. Le grand feu qui avait effarouché l’animal n’était autre que celui prévu pour la tradition de la Nuit des Lumières. En effet, les pierres que les invités devraient jeter dans le feu avaient déjà étaient gravées à leur nom. Elles se trouvaient dans un coffre que le pelage gris de l’animal frôla. Ce n’est qu’au bout de la nuit, lorsque la dernière des braises serait éteinte et que l’invité masqué découvrirait sa pierre, signe de bonheur pour l’année, que commencerait le printemps.

Le cœur du petit mammifère accéléra la cadence tandis qu’il s’enfuyait vers le château. Soudain, une odeur alléchante fit frétiller son museau, suivant cette piste comme un ruban qu’on ne peu lâcher tant il est soyeux, il arriva aux cuisines. De partout on se bousculait, transportant viandes, poissons, légumes, fruits frais et gourmandises, tandis que le chef cuisinier s’affairait sur une immense pièce montée en fruits glacés. Une servante cria, montra du doigt l’animal qui prit peur et disparut en un instant dans un coin sombre. Ces petits yeux noirs cherchaient le moindre signe avant coureur de danger, mais rien ne vint. Elle poursuivit donc sa course à travers le château. L’immense salle de bal lui apparut comme l’endroit le plus sûr, entièrement meublé de buffets aux nappes brodées, les immenses lustres de cristal tintant sous le faible vent qui s’engouffrait par les fenêtres ouvertes. Puis vinrent les serviteurs amenant chacun des mets plus fins les uns que les autres, on installa les fauteuils et chaises aux coussins de velours. La souris recula, jusqu’à trouver refuge sous une table. Les ombres des domestiques tournaient inlassablement autour d’elle, répétant sans cesse des allers et retours. Ces grands démons noirs ne laissèrent à l’animal aucune seconde de répit, dès que l’un s’éloignait un autre arrivait. Pendant quelques secondes le calme revint et elle sortit le museau de sa cachette. Une jeune femme à la chevelure blonde donnait les derniers ordres à chacun et vérifiait une ultime fois les préparatifs avant de rejoindre le Seigneur Eolithe. Celui-ci commença alors son discours :

-Tout d’abord, bienvenue à tous dans mon château ! Je vous remercie tous d’être venu à ce Bal Masqué ! Je vous ai convié aujourd’hui pour fêter ce renouveau de la nature, les bourgeons apparaissent et les fleurs s’épanouissent dans les plaines. Après cette longue période de froid et de solitude, il est temps de fêter le printemps ! Aujourd’hui pas de politique, pas de soucis, vous êtes inconnus de tous et pour tous ! Je vous souhaite une très bonne fête et souvenez-vous : vous seul savez qui vous êtes, enfin j’espère.-

Quelques rires fusèrent avant d’entendre retentir les applaudissements des invités. Prenant son courage à deux mains, la petite boule de fourrure grise s’enfuit dans une salle voisine, des musiciens accordaient leurs instruments, harpe, tambourin et cithare. La souris se cacha dans une cavité de cuivre, mais un faible souffle effleura sa fourrure avant qu’un bruit assourdissant envahisse sa cachette et l’éjecte du clairon. Tapit dans un coin, le mammifère ne bougeait plus, seul son thorax s’élevant au rythme de sa respiration montrait combien elle était terrorisée. Quelques temps plus tard, alors que l’animal se calmait, une montagne de rubans et de tissus de soie assaillit la minuscule bête qui émit un couinement plaintif. Ce monstre léger fut suivit de ses compagnes. Rose, vert, bleu, jaune, rouge, noir. Toutes les couleurs possibles défilèrent devant les yeux de la souris. Toutes ces bêtes aux visages plats où seuls leurs yeux brillaient derrière leur masque obligèrent notre guide à se tapir derrière un meuble. Ces petites pattes produisaient un bruit mouillé sur les dalles du château. Des rires et discussions bruyantes faisaient perdre la tête à l’animal, ne sachant d’où provenaient ces cris assourdissants. On se saluait avec mondanité en secouant des éventails de tissus fins. Et un éclat provenant d’un poignard habilement dissimulé dans le décolleté d’une femme sombre finit de terrifier la souris grise. Alors commença l’ultime fuite à travers tous ces volants de tissus, pantalons précieux et bijoux à la valeur inestimable et enfin arriva le salut. Un balcon où gisait par terre des miettes d’un gâteau dévoré en secret. Le mammifère avala en quelques instants ce met de fête avant de se reposer pour se remettre de ses émotions.

La première note de musique invita les convives à une valse joyeuse, les couples colorés se firent un à uns, tandis que chacun cachait son identité sous son loup de plume. Dans le ciel apparut alors une immense gerbe de feu retombant avec grâce dans le ciel d’encre.

__________________________________________________________________________________

Informations hors-RP:


- La fête se déroule lors d’une soirée, au début du printemps, dans le domaine du Seigneur Elysphère, c’est à dire dans les Plaines d’Ijada. La température est encore un peu fraiche mais le ciel est clair.
- Tout le monde est invité à y participer, entre resquilleur, invité, employé, organisateur etc.… Toutes les raisons sont bonnes pour participer à cette soirée festive ! :3
- Il n’y a aucune obligation de participation, bien que cet event vous fasse gagner 10 Elys.
- Cet event est un événement connus dans tout le monde d’Elysphère, chaque membre validé a le droit de participer. Ce RP sera donc collectif, il suffit de tenir compte de ce qui a été écrit précédemment. Pas la peine d’écrire un roman, il y aura d’autre possibilité de participer dans la suite de l’événement.
- Le maître du jeu, ou Lachésis de son petit nom, peut poster à n’importe quel moment et faire intervenir n’importe quel membre (tout en respectant la situation).
- Vous avez 2 semaines pour répondre à ce RP (1 à 2 fois, pas plus) avant que l’un des administrateurs ne fasse officiellement bouger les choses.


Amusez-vous bien ! Vous avez la permission de minuit ! ( ;


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Zeabeth
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Mar 3 Avr - 9:40


    Ce genre de fêtes faisait bien partie de ces étranges habitudes qu'avaient les grands de ce monde. Officiellement le maître mot était plaisir. Officieusement la politique n'était jamais bien loin et les plus puissants avaient tendance à se masquer avec art pour être reconnus pour ce qu'ils étaient sans pour autant déroger à la règle des bals masqués… Cela passait par de petits détails qui ne trompaient pas les connaisseurs. Par exemple, il suffisait qu'elle arbore Moz sur son épaule pour confirmer son identité malgré son masque. Cela allait bien à l'hypocrisie de la cour finalement… Personnellement, Zeabeth goûtait beaucoup moins à ce genre d'événements depuis qu'elle n'avait plus son époux à son bras. Elle ne parvenait plus vraiment à rire naturellement, à s'abandonner à l'ivresse de la fête. 

    Mais elle ne pouvait pas pour autant se permettre de ne pas y aller. Lorsqu'un grand seigneur vous invitait, c'était le genre de politesse qu'il ne fallait pas bouder. Et puis elle aimait cette tradition des pierres. Cela faisait probablement échos à quelque superstition bien plus ancienne encore… Tout le monde ne venait pas non plus pour faire acte de présence et grappiller quelques points… Certains venaient vraiment dans un esprit festif pour célébrer le renouveau. Même si cela ne serait plus jamais vraiment comme avant, elle estimait qu'elle passerait tout de même une bonne soirée. Et qu'elle pourrait apprendre les dernières rumeurs qui circulaient au sein des nobles puisque cela faisait un moment qu'elle n'avait pas fait de sortie officielle, trop occupée par ses recherches…

    Forcément, elle avait choisi sa tenue avec soin, sachant que ceux qui la connaissaient déjà n'auraient pas besoin de trop solliciter leurs neurones pour se douter qu'il s'agissait d'elle. La robe noire sur laquelle elle avait jeté son dévolu était à la fois simple et distinguée. La matière même était incroyablement agréable à porter et le noir était aussi profond que le ciel nocturne. Deux pans du même tissu partaient de ses épaules semblant former deux ailes diaphanes de fée. Le bustier simple drapait son torse de façon délicate, le jupon étant suffisamment ample pour lui permettre de danser si l'envie lui en prenait. Ou qu'un cavalier osait l'inviter… L'un de ses bras était savamment ornementé d'un ruban de satin noir et elle avait dispersé quelques fleurs blanches typiquement hivernales dans ses cheveux. Restait le masque… Abandonnant l'un de ses masques préféré avec son long nez crochu et ses plumes, elle préféra chausser une petite création de satin et de fils d'or, un entrelacs magnifique qui lui permettait de rester "incognito" tout en offrant étonnement beaucoup de zones ouvertes… Il épousait parfaitement son visage, semblant tenir par quelque prodige, et le noir contrastait élégamment avec sa peau… Restait Moz qui, lui aussi, eut droit à son déguisement, il était de toute façon inutile de l'enfermer chez elle, il ferait en sorte de la suivre tout de même… Personne ne le verrait dans la salle…

    Parmi la foule anonyme, la jeune veuve applaudit à son tour le discours du Seigneur Eolithe qui avait le sain mérite d'être court. La débauche de couleurs et de matière pouvait faire facilement tourner la tête. Si l'élégance des hommes restait discrète mais bien présente, les dames cherchaient à se faire remarquer, aussi resplendissantes que des oiseaux de paradis… Bien qu'élégante, Zeabeth semblait bien discrète, joyaux d'obsidienne au milieu de ces arcs-en-ciel. Si les invités ne tardèrent pas à aller s'égayer sur la piste de danse, les couples se formant naturellement, elle préféra se rabattre vers un balcon. Personne n'avait encore cherché à l'inviter et elle ne se sentait pas d'humeur à attendre sur le bord de piste comme une pauvre malheureuse. 

    Ignorant qu'elle prenait la même direction que le malheureux rongeur traumatisé, elle s'empara d'un verre discrètement proposé par un serveur avant de s'appuyer sur le rebord du balcon, l'y posant sans même y toucher. La nuit était encore jeune et bien qu'elle se soit isolée, elle appréciait la soirée, pour ce coté festif, insouciant, où tout le monde était officiellement sur un pied d'égalité… Brusquement le ciel s'illumina de magnifiques couleurs. Le feu d'artifice… Un léger sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle admirait le spectacle…
     

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Elvira
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Jeu 5 Avr - 20:01

Ah, le Bal de Printemps. Légende lointaine et rêve flou de la petite princesse que je suis. Jamais je n'aurai pensé me trouver présente dans le château du Seigneur Eolithe en tant qu'invitée. Aelia venait de m'offrir, sans s'en rendre compte, un des plus beaux cadeau qui soit! En m'invitant, elle avait rallumé cette petite étincelle qui faisait de moi une petite fille, émerveillée par chaque robe et chaque bijoux.
Les gens riaient et se saluaient dignement, tout le gratin de la noblesse devait-être rassemblé en ces lieux. Et moi, simple roturière sans distinction particulière, je devenais princesse mystérieuse pour un soir, cachée derrière mon loup de plumes. Loup que je devais à Mademoiselle Aelia. Je lui devais bien des choses concernant cette soirée. Grâce à elle, j'étais vêtue d'une robe tout à fait somptueuse dans les tons prunes. Me dégageant les épaules et le dos, le col laissé voir une légère peinture de peau, dans les même tons que ceux de la robe. N'ayant pas les moyens de m'offrir une parure de pierres précieuses, cette solution m'avais parut originale. J'habillais mon dos découvert de jolis entrelacs, décorant mes omoplates avec légèreté.
Les plumes de mon masque firent rappelle à celles brodées sur le décolleté de ma robe. Et le tombé fluide de ma tenue me procurait une sensation de légèreté telle que je me serai cru voler. L'air frais sur ma nuque ne faisait qu'accentuer cette impression. Mes cheveux étaient relevés en une coiffure complexe à réaliser mais au rendu simple. Je n'avais qu'une envie, me les détacher. Cependant je ne voulais gâcher le travail fastidieux des coiffeuses qui avaient pris tant de soins à ma toilette.

La musique entonna les premières notes d'une valse légère et les couples de vêtements soyeux commencèrent à se former. Une des choses que j'appréciais particulièrement, c'est que personne ne vous regardait de haut. Après tout, vous pouviez bien être une Princesse d'une contrée lointaine ou bien duchesse. Le mystère restait complet, sauf pour les personnalités les plus connues, le Seigneur Eolithe et Dame Aelia. Je profitais de cette insouciance et naïveté passagère pour me fondre dans la masse, rejoindre quelques groupes de discutions et rire gentiment aux boutades, même les plus fades et plates de toutes. Seulement, au bout de quelques minutes à passer de groupes en groupes en m'arrêtant pour regarder les couples en train de danser, je commençais à m'impatienter. Personne ne m'invitait. C'était assez vexant, n'étais-je pas assez bien, même dans mes beaux habits, pour les nobles habitués aux grandes dames? Nan, c'était impossible. Je sens quand les hommes se retournent sur moi. Et je ne peux pas passer inaperçue, je le sais. Mais pourquoi, diable, personne ne m'invite-t-il?

Je scrutais l'assemblée des yeux, lorsqu'un jeune homme, taillé en V et à la peau matte accrocha mon regard. Il portait un masque blanc aux dorures fines. Cela habillait son visage avec brio, mettant en valeur son teint et sa tenue en accord. Sa prestance et son corps avantageux me parurent ceux d'un Delthéna, cela pouvait être alors envisageable et intéressant. J'eu vite fais de m'approcher furtivement de lui. C'était décidé, j'allais jeter mon dévolue sur lui et nous allions danser, qu'il le veuille ou non!
Doucement, je posais ma main sur son épaule et murmurait:

-Allons danser, voulez-vous?-

Je lui pris la main et me dirigeant vers la piste la tête haute, j'eu enfin la satisfaction de me dire que le rêve allait être complet. En arrivant au centre de la piste, les feux d'artifices égayant le ciel d'encre répondirent à mon voeux silencieux.

[HRP: Je me suis mise d'accord avec Erwan pour interagir avec lui! (; ]

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Elnor
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Mer 11 Avr - 21:55

Le Bal de Printemps.
L'un des plus grands bals organisés de l’Empire.
Tout y semblait comme un conte de fée. Les pièces étaient illuminées par d'impressionnants lustres de cristal, les murs étaient décorés de motifs s'entrelaçant, un orchestre somptueux jouait des mélodies envoûtantes, les meubles étaient sculptés comme des oeuvres d'arts et les buffets présentaient une myriade d'entremets savoureux. Tout ici était fait pour impressionner.

Le château entier était à la fête. Les invités abordaient des tenues toutes aussi étonnantes les une que les autres. Certaines pour leur extravagance, d'autres pour leur simplicité. Si les vêtements des hommes restaient sobres et élégants, ceux des femmes laissaient surgir un océan de couleurs. Tous riaient, discutaient, dansaient. Ce monde joyeux ressemblait à un tableau.
Aucune imperfection.
Chaque défaut avait été camouflé comme une touche peinture pour cacher une erreur de la toile.
Tout semblait parfait.
Comme un conte de fée.
Mais c'était sans parler de toute la diplomatie qui se cachait derrière ces fêtes. Rien était laissé au hasard. Même moi, je devais avouer que je n'étais pas là pour m'amuser.

Comparé à ces femmes scintillantes de joyaux, je devais avoir l'air vulgaire. Mes vêtements avaient était loué pour la soirée alors que j'imaginais la plupart des personnes m'entourant avoir une panoplie d'habit de soirée.
Mes cheveux était élégamment relevés sur la nuque en un chignon bas. Des mèches folles s'y échappaient, encadrant légèrement mon visage.
Je portais un masque noir surmonté de plumes noires, retenu par un onyx . Une touche argentée ornait l'objet juste au dessus de mon regard.
Ma robe longue, d'un bleu nuit intense, semblait d'une légèreté incroyable. En mousseline de soie, elle possédait deux larges bretelles et une souple ceinture argentée, plissée sur la taille soulignée dans le bas du dos par des pierres de cristal cousus avec une adresse impressionnante. Mon dos dégagé, accentuait l'effet aérien que la robe libérait. Je n'avais mis aucun bijoux, jugeant cela inutile.

Je balayais la salle du regard. Après le discours de Seigneur Eolithe, tous les invités avaient applaudit puis c'étaient mis à discuter.
Trop de monde.
Trop de bruit.
Discrètement, je sortis du château pour me promener dans les jardins.
L'air était frais et personne ne se trouvait dehors. Parfait.
La lune, comme un disque argenté, éclairait le paysage d'une lueur pâle. On pouvait aisément se repérer avec cette lumière. Les haies étaient taillées rigoureusement, traçant comme une broderie sempervirents. Des orangers et des fleurs parfumées conféraient à ce jardin une beauté exceptionnelle. En son centre se trouvait une fontaine où se tenaient des personnages, partiellement recouvert d'or.
Deux autres petits jardins se situait à droite et à gauche de celui-ci. Sur la droite, une allée menait à un jardin circulaire entouré d'une élégante enfilade d'arcs couverts de délicates roses grimpantes tandis qu'au milieu trônait une statue autour duquel étaient structurés des parterres symétriques de roses, rouges, roses et blanches.
A l'opposé, on pouvait voir un lieu plus particulier. A l'inverse des jardins classiques, celui-ci semblait être une véritable oasis de silence. Ponts et chemins sinueux conduisaient vers un décor splendide composé de végétations folles et d'un mince ruisseau.
Sans hésiter, je me dirigeais vers cet endroit encore quelque peu sauvage.

Je m'engageais dans un petit chemin, traversa un pont de bois pour atterrir près d'une modeste chute d'eau. Un léger bruit attira alors mon attention. Curieuse, je me glissais discrètement vers l'endroit d'où provenait le son.
A genoux, par terre, une personne était en train de bricoler quelque chose. En plissant les yeux, je reconnue des fusées. Elle était habillée tout en noir hormis une cape donc la capuche était rabattue qui était composé d'une multitude de bouts de tissus de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Dans la pénombre, il était impossible d’apercevoir clairement son visage mais j'avais la certitude que c'était un homme. Il n'avait pas l'air d'avoir l'intention de rejoindre les autres invités à la fête. Comme moi.
Toute en restant méfiante sur l'idée que pouvait faire quelqu'un avec des fusées, je décidais de sortir de derrière mes buissons. Après tout, peut être était-il là pour les feux d'artifices... Et puis, je n'avais pas l'envie traîner éternellement toute seule dans les jardins. J'avançais de quelques pas.

- Bonsoir, la lune est belle ce soir, n'est-ce-pas ?

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Signature par Aelia.

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Erwan
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Jeu 12 Avr - 14:02

Jamais un membre de la noble famille des Sil’Fear n’aurait été invité à cette fête. Cette immense famille, bien que composée majoritairement de Delthénas, abritait aussi en son sein aussi des membres d‘autres castes. Pourtant et malgré leurs différences, ils avaient tous un point commun : tous Rebelles. Ce n’était pas tenu secret et quiconque préférait l’Empire était immédiatement renié. Traitre à son sang. Le plus étrange était que l’Empereur ne les avaient pas encore tous arrêté. Leur poids en tant que propriétaire de la totalité des gisements de fer et de nombreux commerces entre Orion et la capitale leur offrait une protection infaillible.
Le renouveau du printemps été donc seulement réservé à une élite bien choisie, un nombre de personnes bien précis et surtout bien appréciés du seigneur Eolith. Conséquence : tous les invités étaient Partisans. Tous des pantins à la botte de l’Empereur, s’empiffrant et dansant. Ils profitaient de la vie, ne pensaient à rien d’autres. Et ça, ce n’était pas que négatif. Parce-que dans l’ombre, droite et prête, la Rébellion se préparait à une mission de tout nouvel ordre.

Mais laissons là de sombres pensées pour revenir à la fête. La salle de bal, tout comme le château, était splendide : Le parquet précieux laissait place à de hauts murs couverts de moulures, dorures et autres décorations colorées. Le plafond était si élevé que l’on apercevait à peine les petits angelots peints entourant diverses scènes de la mythologie elysphèrienne. La nuit claire, laissait voir briller une multitude d’étoiles et de filaments lumineux, explosant dans une profusion de couleurs et de lumière. Erwan restait souvent admiratif devant cette merveilleuse invention qu’était les feux d’artifices. Ces bruits explosifs, puis ce crépitement des dernières gerbes colorées laissait en lui comme une impression d’enfance, peut-être trop vite écourtée.

Retournant son intention sur les invités, il était sidéré par la richesse de leurs habits : les femmes portaient de magnifiques robes, chatoyantes de couleurs et de rubans de soie fine. Le plus souvent, c’était une robe cintrée à la taille, puis une profusion de jupons superposés. Quant aux bijoux qu’elles portaient, Erwan se demandait comment ces femmes faisaient pour ne pas ployer sous leur poids. Rubis, émeraudes, saphirs, diamants et autres pierres fines s’amoncelaient sur leur gorge, poignets et oreilles.
Les hommes, bien que moins exubérants dans leurs vêtements que leurs comparses, offraient tout de même un faste impressionnant : ils portaient le plus souvent un pantalon de velours et une chemise de soie fine et portaient à leur ceinture ouvragée d’inutiles épées, rivalisant de finesse et décoration plutôt que de tranchant. Cela amena Erwan naturellement à comparer sa tenue. De l’extérieur, elle paraissait d’une sobre simplicité. Il portait une chemise et un pantalon sombre surmonté de bottes de cuir noir qui lui permettait une parfait maîtrise de ses mouvements. Une ceinture argentée lui cintrait la taille où pendait discrètement un poignard. Sa cape, d’une épaisseur anormale pour la saison, servait en fait pour cacher les deux fourreaux où été rangées ses Lames. Il lui suffisait de défaire sa cape et les dégainer. Et c’était tout sauf décoratif. Pour parfaire son incognito, il avait teint ses cheveux en noir, la blancheur habituelle étant une marque de fabrique de ces peuples du Nord, et portait un fin masque. La partie supérieure de celui-ci était couverte d’une soie noire et la partie inférieure de blanc. Les bordures et moulures dorées encadraient les yeux et les contours du masque. Quiconque aurait donc observé plus attentivement son costume aurait remarqué que ce n’était pas tellement un habit de fête mais plutôt un habit discret, que l’on oublie facilement. Indétectable donc.

Se rapprochant du buffet, Erwan s’approcha d’un des serveurs, pris la coupe de pétillant qu’il lui proposait et bu, les yeux perdus dans le vagues. Il s’approcha du buffet garnis de viandes, poissions, entrées, plats, desserts, fruits, légumes, confiseries et sucreries et autre met délicieux. Faisant mine de vouloir piocher une des confiseries, il demanda le plus naturellement du monde au serveur :

« - Qu’a prévu le maître d’œuvre pour ce soir ?

- Il s’en remet à vous pour débuter les festivité qui se dérouleront dans le château pendant le feux d’artifice.

- A quelle heure ouvre-t-il le bal ?

- Dans vingt-cinq minutes environ.

- Où est passé Dame Siléth ?

- Elle est allé voir le crépuscule, il faudrait lui dire le bonsoir, je pense, Monsieur.

- Merci mon brave. »

En trois questions, Erwan avait obtenu toutes les données et informations de la mission. Le maître d’œuvre, c’était la Rébellion bien sûr et la mission débuterait pendant que les invités assisteraient aux feux d’artifices. Assez logique dans le sens que tout le monde aurait la tête en l’air et ne penserait pas à ce qui se passerait dans le château en attendant. Le bal, c’était-à-dire l’entrée en contact avec les autres membres de la mission se ferait dans vingt-cinq minutes précisément dans un lieu donné qu’il lui fallait trouver. Et pour ce qui est de Dame Siléth, Elnor avait dû se promener dehors et il fallait qu’Erwan entre en contact pour la mission, car il ne savait pas si elle était au courant ou pas. Les précautions et la prudence de la rébellion étaient telles que l’on ne savait jamais qui savait quoi. Seules les personnes qui participeraient à la mission connaissaient les instructions et Erwan ne savait si elle faisait partie de ceux-là. Mais il s’en fichait complètement. Ils étaient un Duo et Erwan ne voulait pas faire la mission sans elle, ce serait lui cacher des choses. Voire lui mentir. Et il tenait quand même à sa vie.

Son attention s’attarda un instant sur les danseurs. Les bals ne lui étaient pas inconnus, au contraire. Fils d’un riche noble, il avait participé à tant de bals qu’il ne saurait les compter. Mais ce n’est pas pour autant qu’il les appréciait. Trop de monde, trop de bruit, trop de couleur, cela lui montait à la tête. Il jugeait cela tout à fait superficiel et futile. La seule chose qui lui rappelait des bons souvenirs étaient les danses. Ses nombreuses sœurs l’obligeaient souvent à danser, plus pour l’embêtait qu’autre chose. Etant le seul fils de la famille, autant dire qu’il devait danser toute la nuit. Leurs rires cristallins et enfantins lui revinrent en mémoire. Soudain, le tirant de ses pensées, une main délicate se posa sur son épaule. Indéniablement féminine. Il frissonna.

-Allons danser, voulez-vous ?-

Sans qu’il ait pu faire le moindre geste ou dire la moindre protestation, la jeune femme l’entraina. Vêtue d’une robe de couleur prune lui dégageant les épaule, elle était le parfait mélange de jeunesse et de vivacité. Son visage, fier et droit était adouci par des yeux bleus pâle. Chose étrange, elle portait une sorte de tatouage sur les omoplates, comme peint sur sa peau. Des arabesque s’enroulaient et filaient sur sa peau, formant comme des petites ailes, prêtes à s’envoler. Cette impression de légèreté était accentuée par la fluidité de sa robe et le visage juvénile de la jeune femme. Erwan lui donnait une vingtaine d’années. Mais pourquoi diable l’avait-elle invité ? Elle était belle, charmante, pourquoi ne dansait-elle pas avec un des nombreux courtisans et jeunes nobles de l’assemblée ? Ils dansèrent quelques pas. Erwan réfléchissant intensément, ne savais quoi faire. La mission allait débuter d’un moment à l’autre et cette jeune femme bouleversait tous ses plans. Mais que faire ? Une idée germa dans son esprit. Impensable. Irréalisable. D’une profonde indélicatesse. Mais avait-il réellement le choix ? Se mordant mes lèvres et se maudissant intérieurement, il continua à danser. S’éloignant imperceptiblement de la foule des danseurs, il arriva vers un coin moins bien éclairé de la salle, juste à côté d’une immense baie vitrée.

Il y a au niveau du cou des capteurs qui exercent un contrôle sur la tension artérielle. Ils peuvent être mis en action par une stimulation mécanique, comme un choc par exemple. Par réflexe, la tension chute et le cerveau n'est plus suffisamment irrigué, transitoirement, et la personne tombe inconsciente. Dès que la personne est à l'horizontale, le sang revient facilement au cerveau et l'effet se dissipe.

Cette technique, souvent utilisée pour neutraliser un adversaire, était tout à fait connue d’Erwan. Rassemblant son courage à deux mains, il approcha sa main vers son visage, frôla délicatement sa nuque- il n’avait jamais eu autant le cœur si serré- et appuya avec force sur ce point faible. Il lui suffirait de la déposer sur une chaise et de partir incognito le temps qu’elle reprenne ses esprits. Mais bon sang, ce qu’il s’en voulait !

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Aelia
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Ven 13 Avr - 13:11


Je m’assis sur une chaise molletonnée en soie brodée et pris un verre de boisson rafraîchissante. Je soufflais et essayer de profiter un peu de la soirée…
Je m’étais levé à l’aube pour donner les ordres dans cette fourmilière en passant par l’inspection des gardes et par la concoction finale du menu, préparée il y a des semaines. J’avais pris la peine d’aller voir chacun et de lui donner sa fonction, cela éviter la déformation des ordres très courante, je courrais dans tous les sens et essayait que la soirée soit le mieux préparée possible. Il y avait eu un problème de tapis, une fuite d’eau au deuxième étage et un incident dans les cuisines, à propos d’un rongeur. Une fois les dernières recommandations données, j’allai dans mon bureau, changé en atelier d’essayage pour ma robe.

Les tailleurs s’affairaient autour de ce que je considérais comme la plus belle robe jamais faite. Elle était dans un tissus très léger vert amande et dégageait une impression de volupté et de légèreté, le vêtement était resserrée à la taille et le bustier s’ouvrait sur un corset en satin blanc. A l’arrière était brodé deux plumes de paon allant de la taille jusqu’au pied. La robe tombait magnifiquement sur le sol et cachait mes souliers recouverts du même tissu que la robe, les couturiers avaient mis plus d’une semaine à faire l'ensemble et je ne pouvais cesser de l’admirer. Ils m’aidèrent à l’enfiler dans une succession de jupons pour bien former la robe, ils me coiffèrent ensuite avec délicatesse en relevant mes cheveux avec une broche sertie de perles. Je me maquillais légèrement les yeux pour faire ressortir le violet de mon iris avant de mettre mon masque. Il était très simple, de la même couleur que la robe, il était couvert de motifs dorés qui se prolongeaient en deux plumes de paon, rappelant le brodé de la robe. Pour habiller mon cou nu je mis le collier offert par le Seigneur Eolithe à l’occasion du bal, c’était un collier fin en or parsemés de petites émeraudes. J’avais failli avoir une crise cardiaque lorsqu’il me l’avait offert, et me sentait indigne de portait une telle merveille. Lorsque je vis le résultat dans la glace, je pris quelques instants à me rendre compte que la femme au masque qui me regardait … c’était moi.
Je déambulai dans ma chambre pour m’habituer à marcher avec ma tenue et même si je chancelai quelques fois, j’arrivai aussi à courir avec ma robe ! Chose singulière qui était pourtant extrêmement utile si un problème se déclarer pendant la fête et que je devais le résoudre en un temps limité.

La pendule sonna. J’allais être en retard, je me dirigeai donc d’un pas rapide aux appartements du seigneur Eolithe et toquai trois fois avant d’entrer. Je m’inclinai devant mon Seigneur, tout de pourpre et d’or habillé et après les formules d’usage, j’aidai le noble à répéter son discours. Un serviteur me prévient que les premiers invités étaient arrivés, alors le Seigneur alla les accueillir, moi dans son ombre en toute bonne conseillère que j’étais. Les salutations ne finirent jamais et je crus passer un siècle à m’incliner et sourire tout en demandant des nouvelles dont je n’écoutais même pas la réponse. La mondanité des bals tant détestée. Je m’éclipsai pour faire les dernières vérifications, puis vérifiai que tous les convives étaient arrivés. La salle de bal était remplie à craquer de nobles aux habits somptueux et de pages habillés en bleu azur pour l’occasion, on riait, discutait derrière le faux mystère des loups de plumes et de tissus. Je discutai un moment avec un jeune marquis passionnée de géographie et je dus interrompre à regret notre discussion pour aller chercher le Seigneur pour le discours. Une fois terminée, je l’applaudis avant de faire une signe discret aux musiciens, la harpe débuta dans une note cristalline avant d’être suivit par tout l’orchestre.

Je souris en appréciant cette valse au rythme joyeux quand soudain mon bras fut happé et je fus entrainé par mon cher spécialiste de la géographie. Nous nous retrouvâmes au centre de la piste à voltiger entre les autres danseurs colorés tandis que mon partenaire critiquait joyeusement toute cette superficialité, je me retenais de rire et affichai un sourire étincelant.
J’aperçus dans un tourbillon de tissus Elvira qui emmenait un sombre inconnu sur la piste avant qu’elle ne disparût de ma vue. J’espérais qu’elle s’amusait bien et je notai qu’il fallait que j’aille la saluer. Je dansai deux autres danses avec mon cavalier avant de danser avec le Seigneur Eolithe et un autre noble dont le nom m’a échappé, originaire d’Orion je crois. La tête tournant à cause de ses multiples cercles répétés, je me posai sur une chaise pour me reposer.
Je sortis ensuite pour m’aérer quelques peu, les joues rougies par l’effort de la danse et la chaleur de la salle. Sur le balcon se trouvait mon mentor et avec un sourire, je m’empressai de la saluer :

- Bonsoir Maître Giltaïr, ces artifices sont sublimes n’est-ce pas ? Cette année j’ai fait appel à un jeune pyrotechnicien particulièrement doué, malgré que je ne l’aie vu qu'un bref instant, j’apprécie son magnifique travail. C’est étrange toute cette foule, ce monde, ces phrases inutiles sans sens... Il y a deux semaines alors que j’étais en voyage dans le désert, j’ai appris un nouveau mot : le silence… Moi qui suis bavarde comme tout, je n’ai pas dit un mot de tout le voyage, forcée par mon ami, guide du désert, véritable exploit !

On pouvait dire que je me rattrapai… Puis goutant de nouveau cet incroyable trésor du silence, j’admirai les feux d’artifices dans le ciel. Je fus fascinée par le feu au centre du jardin, les servants s’affairaient pour former un véritable dôme de feu où se déroulerait la Cérémonie des Pierres. J’avais déjà dans mon sac de soirée ma pierre, elle était pâle et les lettres dorés de mon prénom scintillaient dessus. La cérémonie ne commencerait qu’après le bouquet final d’artifices mais je brûlais d’envie de jeter ma pierre dans l’incroyable feu. Je me retins et fermai les yeux pour savourer le plaisir du calme de la nuit et de la musique entraînante.

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Ysmael
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Ven 13 Avr - 22:36

Mael avait été très étonné en recevant son invitation au bal de printemps du seigneur Eolithe. L'honneur de s'occuper des feux d'artifices pour cette fête était habituellement réservé à des pyrotechniciens plus expérimentés et plus âgés que lui -et manifestant ouvertement leur adhésion à l'empire, il faut l'avouer. Mael avait passé un mois complet à préparer ses fusées pour la fête, et il s'était surpassé. En plus d'être un des événements les plus important de l'empire, ce bal avait pour lui une signification particulière. C'était ici que, neuf ans plus tôt, il avait vu pour la première fois des feux d'artifices. Alors il n'était pas question de rater sa prestation. Il avait eu un léger temps d'hésitation avant de mettre la dernière caisse de fusées dans le vieux chariot de son maître. Ces fusées devaient constituer le clou du spectacle. Elle formeraient un feu d'artifice magnifique, qui resterait longtemps dans les mémoires. Mais elles avaient été très dures à fabriquer, et c'était la première fois qu'il tentait quelque chose de ce genre.
« Contrairement aux autres artisans, un pyrotechnicien ne peut jamais tester ce qu'il fabrique. De plus, si un mécanicien rate l'automate qu'il fabrique, tout ce qu'il risque c'est d'avoir un client mécontent. Pour un pyrotechnicien, la moindre erreur signifie très souvent une mort rapide et prématurée. C'est pour ça que tu ne dois rien faire sans être sûr de ton coup »
Cette consigne, son maître lui avait répété des dizaines et des dizaines de fois. En préparant ce feu d'artifice, Mael ne la respectait pas vraiment. Mais au fond, s'il ne tentait jamais rien, comment pouvait-il progresser ? Et la prudence de son maître ne l'avait pas empêché d'exploser avec la moitié de son atelier.

Mael était habillé entièrement en noir, du bandeau qui cachait ses yeux à ses bottes. La seule touche d'originalité était sa cape, « la cape de l'artiste », comme l'appelait son mentor. Il s'agissait d'une cape à capuche formée de dizaines de morceaux de tissus de tailles et de couleurs différentes, cousus aléatoirement. Autant le préciser tout de suite, se balader dans la rue avec cette cape donne l'air parfaitement ridicule. Aller à une fête avec aussi, d'ailleurs.
« Dans une fête, il y deux types de personnes : les invités et les serviteurs. Le but des invités est de se faire remarquer, il rivaliseront donc d'élégance. Au contraire, les serviteurs doivent être invisibles, ils choisiront donc la tenue la plus discrète possible. Le pyrotechnicien ne fait partie d'aucune de ces catégories. Il ne doit donc être ni invisible, ni élégant. Cette cape est la représentation de ta fonction. »
Pour Mael, cette cape était surtout une occasion d'éviter les questions indiscrètes. Une personne capable de porter un tel accessoire pouvait très bien se balader les yeux bandés. Ce n'était qu'une excentricité de plus.

Le jeune pyrotechnicien entra dans l'enceinte du château par l'entrée des serviteurs. La demeure brillait de mille feux, éclairée par des centaines de lanternes disposées un peu partout, comme si toutes les lucioles des plaines d'Ijada s'étaient donné rendez-vous pour venir fêter le retour des beaux jours ici. Des invités aux tenues plus extravagantes les unes que les autres se dirigeaient vers la grande porte. Leurs masques leur donnaient un air mystérieux, on aurait dit des esprits venant d'un autre monde. Au centre du jardin, un immense feu brûlait. C'était là que les invités jetteraient leurs pierres. Mael imagina des lutins dansant autour de ce feu pour fêter le printemps.
Éclairé par la pleine lune, le parc prenait des teintes argentées. Qui sait quelles étranges créatures pouvaient se cacher au milieu des buissons ? Le jeune homme regarda le ciel. Il était magnifique. Il continua à le regarder jusqu'à ce que l'éclat de l'astre de la nuit, devenu trop douloureux, le force à baisser les yeux. Il ne manquait plus qu'un dragon planant là-haut pour que le rêve soit parfait. L'artificier lança un regard vers ses fusées. Ce n'était pas pour aujourd'hui, le dragon. Mais un jour... Oui, un jour, il arriverait à lancer une de ces magnifiques créatures dans le ciel.

Une jeune femme à l'air pressée arriva avec trois serviteurs. Elle lui expliqua rapidement ce qu'on attendait de lui. Un premier feu d'artifice serait lancé à la fin du discours du seigneur Eolithe pour ouvrir le bal. Le spectacle en lui même aurait quand à lui lieu juste après que les invités aient lancé leurs pierres dans le feu. Puis la conseillère du seigneur Eolithe -car c'était elle- demanda aux serviteurs de l'aider à transporter les caisses vers l'endroit depuis lequel il lancerait les fusées. Elle repartit ensuite aussi vite qu'elle était venue.

Veillant à ce que les hommes manient son matériel avec délicatesse -il y avait là de quoi faire exploser tout le château-, Mael les suivit vers un coin du jardin un peu différent du reste. Pas de belles allées larges ou de haies bien taillées ici. Cet endroit était presque laissé à l'état sauvage. Un décor qui était tout à fait à son goût. Il se dirigea vers un espace découvert assez large pour lancer les fusées sans être embêté par la végétation au-dessus.

- Posez ces caisses ici, je me débrouillerai. -

- Vous avez encore besoin de quelque chose ? De l'aide pour lancer les feux d'artifices ? -

- Non merci, je préfère m'en occuper seul. -

Une fois les serviteurs partis, Mael repoussa son bandeau sur son front, révélant ses étranges yeux. La nuit était assez sombre, ce serait plus pratique de travailler ainsi. Il sortit une dizaine de fusées de l'une des caisses. Il les planta dans le sol les unes à côté des autres et alluma les mèches. La longueur de ces dernières était calculées au millimètre près pour que les feux d'artifices explosent dans l'ordre voulu, et au bon moment. Il s'éloigna en courant et attendit l'explosion. Il ne leva même pas la tête pour regarder son oeuvre. D'une part, parce que ce n'était que des fusées ordinaires, il n'avait aucun doute quant à la réussite de ce feu. Et d'autre part parce que sans son bandeau sur les yeux, regarder ces explosions lumineuses relèverait du masochisme.

Le jeune homme retourna à son chariot, sortit d'autres fusées de la caisse et commença à les planter dans le sol. Il ne les lancerait pas tout de suite, mais autant les préparer. Quand ce serait fait, il aurait quelques heures de libre. Il en profiterait pour visiter le jardin et rêvasser tranquillement. Ce soir, il était facile de croire aux contes de fées, quand on oubliait que derrière les masques, il y avait toujours les mêmes nobles hypocrites, que les lumières qu'on voyait partout n'étaient pas des fées, que les lutins ne dansaient autour du feu que dans l'imagination d'un pyrotechnicien allergique à la lumière et que les petits craquements que l'on entendait des les buissons étaient faits par de petits rongeurs et non par des elfes.

- Bonsoir, la lune est belle ce soir, n'est ce pas ? -

Mael sursauta, lâchant la fusée qu'il tenait. Celle-ci oscilla dangereusement, mais ne tomba pas. L'artificier retint un juron. La personne qui était arrivée derrière lui n'avait pas fait le moindre bruit en se déplaçant. Elle ne savait donc pas que les feux d'artifice, c'est dangereux ? Tout aurait pu exploser ! Il fallait vraiment être idiote pour venir le surprendre comme ça ! Bon, d'accord, à ce moment là, le seul risque aurait été que la fusée soit mouillée -et donc inutilisable- en tombant dans l'herbe. Mais tout de même... Et puis que venait-elle faire ici, déjà ? Le bal se déroulait dans la grande salle, pas au fond des jardins !
Ce devait être une petite cruche qui avait prétendu se sentir tout à coup mal à cause du bruit pour attirer l'attention sur elle, et qui cherchait maintenant dans le jardin quelqu'un à assommer de son bavardage insipide. Mael songea un instant à l'ignorer en espérant qu'elle s'en aille. Mauvaise idée, elle était bien capable de lui faire un monologue de deux heures sans se préoccuper de savoir s'il l'écoutait.

Le jeune homme prit tout son temps pour remettre la fusée en place. Il en profita pour se forcer à se calmer un peu. Après tout, la femme -ou plutôt la jeune fille, vu sa voix- qui l'avait interrompu n'avait rien fait de mal. Elle venait juste de le saluer et d'engager la conversation. Ce n'était pas non plus un crime. La nuit était belle, il n'allait pas la gâcher en s'énervant. Il se leva et se retourna, se préparant à envoyer balader gentiment mais fermement l'inconnue.

Devant lui se tenait une jeune fille d'une vingtaine d'années. La légère robe bleu nuit qu'elle portait lui donnait un air aérien, presque féerique. Elle ne portait étrangement aucun bijou. Son masque ne laissait voir que la partie inférieure de son visage et ses yeux verts striés d'or. Contrairement à ce qu'il avait imaginé, elle n’arborait pas le sourire factice, artificiel, que présentaient la plupart des nobles. En fait, elle n'avait rien de la dinde de basse noblesse idiote et superficielle qu'il pensait trouver. Elle ne dégageait pas du tout l'envie de plaire et le soin porté à l'apparence aux dépends de ce qu'il y avait à l'intérieur que montraient les puissants. Elle le regardait d'un air un peu méfiant, mais ouvert. Peut-être était-ce dû à sa tenue, ou au fait que tout soit un peu étrange cette nuit, ou plus simplement à l'imagination débordante du pyrotechnicien, mais elle avait un air mystérieux, presque sauvage... un peu comme un félin. Après tout, qu'est ce que ça lui coûtait de discuter un peu ? Il aurait toute la nuit pour être tranquille.

- Oui, très belle... Mais tout semble plus beau ce soir, la réalité est habilement camouflée. On a l'impression d'être dans un rêve. -

Mais pourquoi avait-il dit ça ? La dernière fois qu'il avait fait un commentaire de ce genre, c'était deux ans plus tôt, en entrant dans le jardin d'un noble pour qui il travaillait. Tout était fait de telle façon qu'on aurait dit une forêt de conte de fées, mystérieuse à souhait. Il avait eu droit à un discours de deux heures de la part du jardinier en chef, tout fier de son œuvre. Il lui avait expliqué comment il taillait les arbres, où étaient placés les lampes et quels mécanismes se cachaient au milieu de la végétation pour donner cet air mystérieux. Autrement dit, il avait proprement cassé le rêve de l'artificier, qui s'était juré de garder ses commentaires pour lui, désormais. Une promesse qu'il venait de trahir, comme un idiot. Mael se rendit alors compte qu'il n'avait pas remis son bandeau. Et une bêtise de plus... Il porta la main à son front pour le remettre, mais se ravisa. Cacher ses yeux maintenant susciterait encore plus de questions. Il s'était comporté comme le dernier des crétins, il fallait assumer maintenant. Le jeune homme se prépara à subir une avalanche de questions auxquelles il ne voulait pas répondre et de commentaires qu'ils ne voulait pas entendre. Le seul avantage était que cette jeune fille n'avait pas la voix lente et éraillée du vieux jardinier...

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Lachésis

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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Dim 15 Avr - 12:39

Dans l’iris sombre d’une petite souris éclataient des petites gerbes colorées, s’effacent comme un souvenir. Le petit animal, poils hérissés, était prêt à toute attaque de ce monde extérieur si dangereux. La minuscule bête sursauta lorsqu’une immense ombre de tissus noir s’avança sur le balcon, lui coupant toute retraite possible. Mais elle n’eut pas le temps de penser à une autre issue de secours, car au même instant une ombre plus meurtrière plana au-dessus d’elle.
Et avant même que la souris ne se retourne pour faire face à son ennemi, une pie l’avait engloutie. Délicieuse créature. Pas assez dodue à son goût mais délectable. L’oiseau sombre s’éleva dans le ciel, plana un instant autour du château auréolé de lumière puis vint se poser près de son nid. Là se trouvaient une multitude de bijoux. Les pierres précieuses brillaient comme un petit soleil dans ce berceau de branchages. La pie, ou plutôt l’oiseau voleur, s’attarda un instant à épier l’énorme rubis qui pendait sur le coup d’une dame grasse mais un bijou plus brillant attira son regard comme un aimant.

Il s’approcha furtivement, posant ses petites pattes sur l’herbe mouillé, et put l’apercevoir plus clairement. Cet éclat argenté était discret mais la lune y reflétait comme un phare dans la nuit pour l’oiseau. Etrangement le bijoux que portait cette homme était long, effilé vers la fin et il le portait à la taille. Et il n’était pas le seul à en porter : quelques hommes en tenue sobre, tenant des petits mets délicieux mais aussi de mystérieuses personnes masquées erraient tels des fantômes.
Ces porteurs d’éclat argentés s’éloignaient discrètement des invités, se dirigeant en silence vers le château. Un homme aux cheveux de jais et à la forte carrure les rejoignit. Il avait laissé tombé un lourd tissus qui pendait à ses épaules et avait dégainé deux de ces bijoux si éclatants. Mais ceux-ci, ils étaient lumineux, si lumineux, que la pie s’en approcha, oubliant toute prudence. Un coup de pied la ramena à la réalité et elle s’envola non sans regarder ces magnifiques éclats qu’elle ne pouvait voler.
Alors que l’oiseau s’élevait dans la nuit sombre, le spectacle des lumières colorées parvenait à sa fin. Le clou du spectacle, rivalisant de couleurs, beautés, explosions, formes et crépitements, illuminait la nuit comme le jour. L'oiseau ne pouvait se douter bien sûr que la Rébellion, implacable, était en marche.
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Erwan
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Lun 16 Avr - 17:50

Le feu d’artifice touchait à sa fin. Le bouquet final était ...explosif. Les couleurs, allant du vert au doré, en passant par le rouge, bleu et argenté, scintillaient dans le ciel. Tels des fleurs, elles naissaient dans un tourbillon de couleurs puis fanaient et venaient mourir dans l’herbe mouillée du parc du château. Personne ne penserait à regarder le château, là où se passerait la mission. Et heureusement pour eux.

Erwan se dirigea vers une fontaine ouvragée, où deux nymphe de cristal déversaient une eau translucide. Trois personnes masquées discutaient avec un naturel feint tandis que deux serveurs en livrée blanche venaient servir ces personnes. De la forêt environnante, trois ombres se découpèrent à la lumière de lune, discrets, se mouvant en silence. L’unité des Delthéna était à l’heure. Parfait. Soudain l’air crépita et deux Sylécates apparurent, accompagnés de deux Péromères. Puis vint enfin le tour des cinq Nirtémis qui se transformèrent à seulement quelques mètres de tous ces individus. Douze. Trois personnes ne répondaient pas à l’appel mais il faudrait faire sans. La mission allait commencer et rien ne devait interférer ou la ralentir.

Heureusement, il leurs restait encore un peu de temps pour se changer et se préparer. Cachés derrière les bosquets, les masques, uniformes de serveur et tenues de camouflages s’amoncelèrent sur le sol. Erwan déposa sa cape, vérifia que ses fourreaux étaient bien placés et que ses Lames se dégainaient rapidement. Puis d’un sac qu’il portait en bandoulière, il y sortit de nombreuses pièces de métal, il les fixa grâce à de nombreux lacets de cuir. Redressant la tête, il ne put s’empêcher de sourire. Avec son armure sur le dos, il avait toujours l’impression d’avoir une nouvelle peau. Il se sentait bien dans cette couche de métal, et malgré son poids il n’imaginait pas de se battre sans. Dégainant avec lenteur ses deux Lames, il enchaina rapidement quelques pas de combat puis retourna son attention sur la troupe rebelle. La transformation était frappante : Tous les Delthénas portaient à présent leur armure et diverses armes tranchantes et pointues pendant à leur ceinture. Les Nirtémis quant à eux avaient revêtis des armures de cuir sombre, plus discrètes et plus légères. Mais la majeure partie étaient restés transformés. Un lion, un cobra, un rapace, et d’autres animaux venaient donc s’ajouter aux combattants. Sans oublier bien sûr les Sylécates qui n’offraient aucune transformation, cachant cependant la nature de leur incommensurables pouvoirs. Venaient enfin les Péromères qui observaient tout autour d’eux, les yeux brillant de concentration, observant chaque détail des alentours et du château.
Encore quelques secondes et le signal serait lancé.
Cinq.
Quatre.
Trois.
Deux.
Un.
.
.
.

Une gerbe écarlate s’éleva dans le ciel, anonyme parmi toutes ces sœurs colorées du feu d’artifice. Mais seulement pour les Non Rebelles. Car c’était bien là le signe de ralliement. Sans plus attendre, Erwan s’élança vers le château, donnant malencontreusement un coup de pied à un volatile trop curieux . Les Nirtémis non transformés d’un bel ensemble grimpèrent aux remparts du château. Ils y montaient comme s’ils marchaient, avec grâce, souplesse, et rapidité. Arrivés à un balcon, ils accrochèrent des cordes qu’ils laissèrent tomber au sol. Le reste du groupe pu donc les rejoindre, les Sylécates y allant en lévitant.
Ils débouchèrent dans une petites salle plongées dans la pénombre. Les portes étaient fermées mais on pouvait entendre derrière chacune, le bruits de pas des gardes et mêmes certains ronflement. Un des Delthénas, âgé d’une cinquantaine d’années et armé d’une hache, indiqua d’un signe discret à deux Delthénas de les neutraliser rapidement. Cela étant fait, la troupe se scinda en deux groupes. Le groupe d’Erwan emprunta l’escalier pour parvenir à leur premier objectif. Sans que personne ne les ai remarqués.


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Elnor
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Mer 18 Avr - 13:34

[HRP : Correction faite ! (;]

Je ne savais pas pourquoi j'avais posé cette question. Peut-être me paraissait-elle appropriée au moment... L'homme avait sursauté laissant tomber une fusée. Je me rendis alors compte de l'erreur que j'avais commise : la fusée aurait pu exploser. La réaction de l'homme me la confirma.
Quelle boulette !

Il affichait un air méfiant, mais quelque chose d'autre attira mon attention. Sa peau. Elle était d'un pale presque translucide, aussi claire que la lune. Ses yeux semblaient injectés de sang, comme s'il n avait jamais vu le jour.

- Oui, très belle... Mais tout semble plus beau ce soir, la réalité est habilement camouflée. On a l'impression d'être dans un rêve.

Sa réponse me surpris, elle était aussi étrange que l'était ma question. J'imaginais le déroulement de la fête dans le chateau, puis, la scène qui me faisait face. Entièrement différente. Et pourtant, il y avait toujours cette magie qui éclairait le jardin. Une magie plus mystérieuse et plus discrète que celle au cour de la fete. Une magie dont il semblait le magicien.

Il semblait être l'artificier de la soirée. Il possédait des caisses remplies de fusées et les premiers feux d'artifices venaient de ce coté du jardin.

- Excusez moi, je ne voulais pas vous déranger, continuez, faites comme si je n'étais pas la...

Je devais moi aussi faire mon travail.
Depuis que j'étais rentrée d'Orion, le conseil m'avait accordé plus de confiance. Et moi, je m'étais bien permise de les remettre à leur place. Je n'avais pas du tout apprecié la manière dont ils m'avaient chargé d une mission sans que je n'en soit au courant avant.
J'avais alors participé avec une partie du conseil a l'élaboration de la prochaine tache de la Rébellion. L'Empereur avait fait une décrété l'arrivé un convoi de ravitaillement d'armes a Altair afin de redoubler ses défences contre tout opposant. La personne chargée d organiser l'envoi de la cargaison n était autre que le Seigneur Eolithe. Il devait faire venir les armes dans un convoi de marchandise qu'il utilisait pour son commerce.
Le but était de récupérer les documents donnant la date de départ et d'arrivée des armes ainsi que les lieux de passage du convoi.

Etant dans la confidence, je n'avais pas l'autorisation d'effectuer le plus important de la mission. J'étais juste sensée faire gagner du temps a la Rébellion. Le conseil n'avait pas proposé de nombreuses idées, insistant sur chaque action que je devais exécuter.
Pointilleux et ennuyeux, c'est à ça que l'on reconnait les débutants. Leurs idées étaient toutes aussi biscornues les unes que les autres. Ils devaient faire confiance a mon sens de l'improvisation pour ça, parce que je ne savais pas encore comment m'y prendre pour attirer les invités et les habitants du chateau en dehors des salles du deuxième étage.

L'artificier se préparait a un nouveau lancement de fusées. Une idée traversa alors mon esprit. Quand l'homme alluma la première mèche, je ne pu m'empêcher de grimacer au son qu'elle déclancha. Les flammes envahirent la voute étoilée la parant de milles couleurs, la revetissant, elle aussi d'une robe de fête. Emmerveillée, oubliant presque le bruit que les feux provoquaient, je faillis ne pas exécuter ma partie de la mission.

Ce que j'allais faire était très risqué mais je n'avais pas trop le choix. Je savais que je regretterais tout de suite le geste que j'aurais fait. Je fis semblant glisser, donnant un violent coup de pied au sol. De la terre fut projetée vers le visage de l'homme accroupit devant la fusée qu il venait juste d'allumer. D'un bond, je m'écartais pour ne pas recevoir une éventuelle explosion en pleine figure. J'étais plusieurs mètres de distance de l'homme et je ne plus l'apercevoir. Je craignais qu'il ne soit gravement blessé ou plus. Je me retournais vers l'endroit ou se trouvait l'artificier pour l'écarter lui aussi de la zone.
Trop tard.



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Ysmael
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Jeu 19 Avr - 17:57

- Excusez moi, je ne voulais pas vous déranger, continuez, faites comme si je n'étais pas là...

Pas de questions ? Pas de discussion stérile ? Des excuses ? Décidément, cette jeune fille n'était pas une noble comme les autres... En fait, elle n'avait même pas l'air d'être une noble. Mael fronça les sourcils. Elle passait la soirée au fond du jardin, elle ne semblait pas être noble... C'était un peu étrange. Peut-être qu'elle n'était pas venue uniquement pour profiter de la fête... Le seigneur Eolithe avait beaucoup d'ennemis, et... Le pyrotechnicien faillit éclater de rire. Il avait vraiment trop d'imagination. Même dans le cas improbable où les rebelles voudraient profiter de la fête pour porter un coup à l'empire, jamais ils n'engageraient une fille aussi jeune.

Mael leva les yeux vers les étoiles. Leur position lui permettrait de savoir, de manière peu précise, quelle heure il était. A force de vivre de nuit, on acquiert quelques connaissances assez utiles. Il fronça à nouveau les sourcils. Il était déjà si tard ? La suite du spectacle n'allait pas tarder. A peine eut-il pensé cela qu'un serviteur apparut dans l'allée. Il fit un signe de la main à l'artificier, qui hocha la tête pour montrer qu'il avait compris. C'était à lui de jouer. Une fois le serviteur reparti, il alluma les mèches des fusées qu'il avait déjà installées. Sans même vérifier le résultat, il courut en chercher d'autres. Il les installa, les alluma, et ainsi de suite. Concentré sur son travail, il avait complètement oublié la présence de la jeune fille.

Le jeune homme préparait une nouvelle série de feux d'artifice quand il remarqua quelque chose d'étrange. Une des fusées était totalement différente des autres. Ce n'était pas lui qui l'avait fabriquée. Il s'approcha pour l'examiner de plus près. Elle portait la marque de fabrique d'un pyrotechnicien assez connu, pas spécialement doué mais un un partisan de l'empire convaincu, ce qui lui avait permis de gagner une renommée qu'il n'aurait pas pu avoir grâce au talent. En y réfléchissant, Mael se rappela que c'était lui qui s'était chargé du spectacle du dernier bal de printemps. La personne qui avait remplacé sa fusée avait dû prendre celle-ci dans celles qui avaient été inutilisées l'année précédente et qui devaient toujours être dans les réserves du château. Mais cela n'expliquait pas pourquoi on avait échangé les deux fusées. Mael observa le montage. Les mèches étaient correctement accrochées les unes aux autres, exactement comme lui les avaient mises. Le mystérieux voleur de pétards avait fait du bon boulot. Ça n'arrangeait pas le jeune homme. Le spectacle devait continuer, et il n'avait pas le temps de décrocher l'intruse. Il avait le choix : soit il prenait le risque de lancer une fusée qui ne lui appartenait pas, soit il gâchait le spectacle. Cette fête était vraiment importante, et celui qui avait fabriqué ce feu d’artifice devait savoir ce qu'il faisait. Mael ne réfléchit pas plus longtemps. Il alluma la mèche, se préparant à fuir à la moindre étincelle suspecte. Ce fût sans doute ce qui lui sauva la vie. Le feu d'artifice partit normalement, il n'y eut aucune explosion intempestive. La seule différence avec ce qui avait été prévu était une gerbe de feu rouge, au milieu d'une danse bleue, verte et dorée. Indécelable pour la plupart des spectateurs, mais un signal parfait pour ceux qui étaient dans la confidence. A quoi servait ce signal, Mael ne pouvait le dire.

Le pyrotechnicien se prépara à lancer la dernière série de fusées, celle qui constituerai le final. Comme il devait la lancer presque en même temps que la précédente, il l'avait préparée à l'avance. Il ne restait qu'à allumer la mèche. Mael approchait son briquet de la mèche quand il vit du coin de l'oeil la jeune fille -elle n'était pas encore partie celle-là ?- donner un grand coup de pied dans le sol. Aussitôt après, il ressentit une violente douleur aux yeux. Cette idiote lui avait envoyé de la terre dessus ! Il sursauta, lâchant le briquet allumé et tenta de porter la main à ses yeux. En faisant ça, il bouscula une des fusées. La panique s'empara de lui. Depuis l'épisode de la fusée étrangère, il était dans la position idéale pour mettre la plus grande distance entre lui et les explosifs dans un laps de temps très court. Par un réflexe dû à des années de travail dans un milieu plutôt dangereux, il se jeta dans un creux de terrain, à l'opposé des fusées, sans même prendre le temps de voir s'il avait créé ou non une catastrophe. Le gigantesque bruit d'explosion qui retentit derrière lui confirma ses pires craintes.

L'air sentait le souffre. Des débris enflammés commencèrent à pleuvoir un peu partout. Le nez dans l'herbe, Mael en sentit plusieurs atterrir violemment sur son dos. Il grimaça de douleur. Il aurait quelques bleus le lendemain. Enfin, s'il était encore vivant le lendemain. S'il ne faisait rien, le feu allait se propager à ses vêtements, et il brûlerait vif ! Mais s'il bougeait, ce serait encore pire... Avec un peu de chance, le feu s'éteindrait avant de se propager à sa cape... Le jeune homme se raccrocha à cette idée, en essayant d'oublier le crépitement sans équivoque provenant de son dos. Soudain, un craquement retentit au dessus de lui, et une odeur de bois brûlé vint chatouiller ses narines, s'ajoutant à celle du souffre. Aux bouts de fusées enflammés s'ajoutèrent des brindilles. Cette fois, c'était définitivement fichu... Mael traita mentalement de tous les noms la jeune fille qui l'avait déconcentré. Mais pourquoi avait-elle fait ça ? Soit elle était idiote, soit elle savait parfaitement ce qui risquait de se passer. Et le pyrotechnicien était certain que la deuxième solution était la bonne. Elle voulait provoquer une catastrophe. Mais pourquoi ? Mael se rendit alors compte de quelque chose d'étrange. Ça ne sentait pas le brûlé. Enfin, il y avait toujours l'odeur de feu de forêt, mais ça ne sentait pas les vêtements brûlés. Les débris enflammés continuaient de pleuvoir sur lui, mais sa cape ne brûlait pas !

~~~~
- Ne te moque pas de cette cape petit, elle te sauvera peut-être la vie un jour.

- Et comment une cape pourrait-elle me sauver la vie ?


~~~~
Le souvenir lui était revenu d'un coup. Pour seule réponse à sa question, son maitre avait grommelé quelques mots au sujet d'un pyrotechnicien fortuné qui l'avait fait fabriquer par un alchimiste delthéna et un puissant sylécate. Mael avait cherché pendant des mois quel pouvait être le mystérieux pouvoir de cette cape. Elle était tout simplement ignifugée ! Très utile pour un artificier. Et son maître avait raison, elle venait de lui sauver la vie.

Mael leva les yeux pour tenter de voir l'ampleur des dégâts. Il eut juste de le temps d'apercevoir la jeune pyromane qui revenait vers les lieux de son crime avant d'être assommé par un gros morceau de caisse qui avait eu la bonne idée de s'écraser pile sur sa tête.

~~~~
Par son geste maladroit, Mael avait mis un coup dans les fusées. Certaines étaient tombées, d'autres étaient restées debout, et d'autres avaient seulement été un peu poussées. Quand le briquet allumé tomba dessus, les fusées à terres explosèrent, tandis alors que certaines qui étaient debout furent lancées presque normalement. Les dégâts dans le jardin ne furent donc pas aussi énormes qu'on aurait pu le craindre. Les caisses vides furent soufflées par l'explosion, et quelques branches furent arrachées des arbres. Des débris enflammés tombèrent dans toute la zone. L'herbe mouillée ne s'enflamma pas -du moins pas tout de suite-, mais les arbres n'eurent pas cette chance. Les plus proches de l'explosion commencèrent à brûler, et ce n'était qu'une question de temps avant que le feu ne s'étende. Mais ce début d'incendie ne fut presque pas remarqué, et pour cause : une catastrophe bien plus importante avait lieu dans le château. Au moment de l'explosion, la plus grosse des fusées était partie comme prévue, à un léger détail près : au lieu de filer droit vers le ciel, elle était partie en direction de la demeure du seigneur Eolithe. Elle avait explosé dans le mur, juste au dessus de la salle de bal. La plupart des débris avaient été projetés sur le balcon, accompagnés de morceaux de façade. Les rideaux avaient pris feu, rapidement suivis par tout ce qui était à proximité. L'incendie se propageait. Un vent de panique parcourut les invités.

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Zeabeth
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Sam 21 Avr - 8:43

    Le spectacle qu'offrait le feu d'artifice était vraiment enchanteur et la jeune femme eut une pensée pour l'artisan qui s'était donné autant de mal. Elle aurait voulu que plus d'invités viennent admirer son travail, cela n'aurait été que justice… Mais les gens semblaient plus occupés à danser, piller le buffet et les serveurs, ou parler en petits groupes de ce qu'ils pourraient soutirer du Seigneur Eolithe. Elle eut un discret soupir… Elle n'avait rien à envier à ces hypocrites finalement puisqu'elle aussi était venue à cette soirée avec une arrière-pensée, un projet d'orphelinat qu'elle espérait pouvoir glisser discrètement dans la bonne oreille pour qu'elle puisse atteindre ceux qui avaient le pouvoir de décider et d'imposer…

    Un oiseau de paradis tout de vert vêtu vint lui tenir compagnie, lui laissant tout juste le temps de le saluer d'un discret mouvement du chef et du torse. La duchesse ne tarda pas à afficher un sourire amusé. Aelia s'était adressée à elle avec tout le naturel du monde, comme si aucune d'elle ne portait de masque. Si elle l'avait rapidement reconnu, il y avait tout de même eu quelques secondes d'interrogation sous ce flux de paroles… Son élève était absolument magnifique dans cette tenue qui soulignait ses atours avec toute la discrétion et l'élégance que seuls les grands tailleurs savaient déployer pour mettre le charme naturel en avant. Son masque agrémenté de plumes était aussi tout en adéquation avec sa robe mais aussi son caractère.

    -Votre tenue est tout autant sublime… Vous avez fait un travail remarquable pour cette soirée. Je ne suis pas certaine que tous en ait conscience mais au nom des invités je vous en remercie.

    Aelia était encore pleine de la fraîcheur et de la fougue qu'elle avait eu quelques années auparavant et elle se remémora de façon attendrie la première fois où elle avait été conviée à pareille soirée, découvrant une autre facette du monde des nobles fièrement escortée par son mari. Elle avait déjà été fascinée par les efforts déployés par le personnel mais aussi le soucis d'organisation que se cachait derrière tout cela… Rien n'était ou ne devait être laissé au hasard, tout devait être anticipé et géré. De la crise d'hystérie d'une dame aux idées farfelues de l'homme ayant déjà trop abusé des spiritueux. Tout cela pour garder une façade impeccable de bonne société…

    Il serait mensonger de dire que son élève n'y était pas pour beaucoup mais c'était aussi pour cela que Zeabeth avait daigné faire le déplacement. Faire honneur au travail colossal de sa jeune amie. Et l'espoir que certains nobles le remarque… Aelia n'était pas comme la grande majorité d'entre eux, son statut elle le devait principalement à son mérite, au travail exceptionnel qu'elle faisait en temps que conseillère avisée… Certains envieux regrettaient qu'elle n'ait pas le pedigree nécessaire à de telles fonctions, la duchesse estimait que c'était au contraire un atout non négligeable pour ouvrir les yeux du Seigneur sur certains sujet bien importants…

    -Profitez-vous de la soirée au moins?

    Car elle connaissait son élève et savait à quelle point elle pouvait se montrer sérieuse dans son travail. Au détriment de son propre plaisir… Elle pouvait fort bien avoir passé sa soirée à courir dans tous les sens pour s'assurer que tout se passe sans la moindre anicroche… Or la demoiselle méritait bien de s'amuser un peu. Et c'était bien pour cela qu'elle ne comptait pas lui parler de son projet. Aelia avait le droit de profiter de la soirée qu'elle avait en grande partie organisée, elle n'avait pas besoin de parler organisation, logistique ou politique… Elle trouverait un moyen de s'entretenir avec le Seigneur Eolith d'une autre façon.

    Pendant ce temps là, cachée dans l'ombre, une boule de poils noirs commençait à tourner en rond. Il savait qu'il devait rester dans le jardin, au calme, dans l'arbre qu'on lui avait désigné. Après tout il était bien là et il savait aussi que s'il était bien sage il aurait droit à quelques douceurs qu'on lui rapporterait de la grande salle. Pourtant il ne parvenait pas à rester en place. Il n'aimait pas ce qu'il sentait dans l'air. Ce n'était pas tant qu'il parvenait à détecter la senteur délicate de rébellion… Mais la tension dans l'air, ces mouvements suspects, alors qu'une population animale inhabituelle se trouvait brusquement dans le jardin. L'attente, l'excitation. La violence contenue de certains… Quelque chose se préparait et son instinct purement animal le lui soufflait. Et son premier réflexe était d'en tenir informé sa maîtresse, malgré son ordre de rester dans les jardins…

    Aussi discrètement que la faction rebelle allait envahir le château, Moz se dirigea vers le balcon en se servant des arbres. Ombre noire parmi les ombres nocturnes, animal parfaitement "normal" dans un jardin propice à son occupation, il ne devrait pas inquiéter les personnes présentes… Le chaos s'empara de son monde au moment où Elnor manquait de provoquer une catastrophe pyrotechnique. L'explosion mettant le feu aux arbres du jardin le poussa à faire les derniers mètres avec une vitesse dont il ne se serait pas cru capable, se jetant littéralement dans les bras de la duchesse. Au même moment, une fusée venait semer sa propre dose de chaos en s'invitant au bal et en mettant le feu un peu partout.

    Zeabeth eut tout juste le réflexe d'attraper la boule de poils noirs et de tirer Aelia vers le sol, mettant la rambarde du balcon entre les fusées et elles. L'explosion de la fusée les arrosa de débris plus ou moins enflammés mais les laissa surtout les oreilles terriblement bourdonnantes. D'un geste vif la jeune femme s'ébroua avant de chercher à vérifier qu'aucun d'eux n'avait prit feu… Avec leurs voilages, ou leur poils pour Moz, ils étaient des combustibles de choix. La magnifique robe de son élève était malheureusement roussie par endroits mais elle ne semblait pas plus brûlée. Tout comme la sienne.

    Mais il y avait plus grave… Les arbres, dans le jardin, avaient prit feu par endroits. Et cet incendie ne manquerait pas de se propager… Mais les rideaux et autres tissus qui se trouvaient dans la salle, proches de leur fenêtre, étaient eux aussi en feu. Elles étaient, avec une maigre poignée d'autres invités venus initialement admirer le feu d'artifice à la dernière minute, coincées par les flammes sur le balcon. Pour l'instant elles n'avaient qu'à souffrir de quelques bleus et contusions. Mais elles risquaient de finir bien pire. Et la panique dans la salle n'augurait rien de bon pour les personnes se trouvant à l'intérieur… Moz s'accrocha à la jeune femme en montant sur ses épaules, alors qu'elle se penchait vers Aelia, inquiète. Son amie pouvait fort bien être blessée, elle ne pourrait rien faire pour elle.

    -Aelia? Vous allez bien?

    Finalement, elle n'était pas si satisfaite que cela du travail de l'artificier, elle aurait même deux mots à lui dire… Pou l'instant son esprit ne cherchait pas à savoir pourquoi tout cela avait aussi mal tourné. Elle avait bien plus pressé à prévoir, comme une porte de sortie à trouver à cette situation périlleuse… Comme beaucoup d'autres si elle en jugeait les cris qui provenaient de l'intérieur. Les rebelles étaient tranquilles, on venait de leur offrir une diversion de choix. Les invités de la fête allaient se soucier d'eux comme de leur première cuillère en argent.


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Aelia
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Sam 21 Avr - 9:38


Je rougis sous les compliments de mon mentor et lui afficha un grand sourire. Il était vrai que je n’avais pu profiter de la fête pleinement mais toute cette organisation et le résultat qui en résultat me réjouissait plus que tout. La fête avait atteint la perfection dans ce sublime feu d’artifices ... Soudain les lumières des feux de Bengale changèrent, des cris retentirent... Je me retournai et vit le chaos, le feu qui se propageait dans les arbres, des gens blessés par le souffle de l’explosion jonchant le sol, je restai un moment abasourdie devant le spectacle. Ce moment d’hésitation m’aurait été fatale si mon mentor ne m’avait pas tiré vers le sol. Je sentit le souffle de chaleur derrière moi et vis le feu se propageait sur les rideaux. Je restais un moment sonnée, puis rassura mon mentor, ma robe n’avait heureusement pas pris feu et je n’avais aucunes blessures. Mon mentor ne me parût avoir aucun dommage et j’en poussa un soupir de soulagement. Moz poussa un cri plaintif mais il n’avait, heureusement, rien. Je me relevais en époussetant ma robe, j’enlevai mon masque et repris mes esprits. Il fallait agir ! Et c’est sur cette unique pensée que je m’arrêtai, je courus vers le garde le plus proche :

- Alertez les gardes et tous les serviteurs : il faut éteindre ce feu, que l’on mette en place une chaine de la fontaine au feu !

Les serviteurs ainsi que les gardes, qui s’étaient dans un premier temps enfui, obéirent et la chaîne fut formée. Malheureusement le vent soufflait fort et la tâche n’était pas aisée. Je courais dans tous les sens pour coordonner les efforts avant d’aider les femmes à porter les blessés jusqu’à la salle de bal. J’entrepris ensuite de guérir les blessés les plus graves, même si mon don avait ses limites mais avec chance leur nombre était restreint. La gorge sèche et mes forces m’abandonnant, je bus un verre d’eau avant de continuer mon travail, inlassablement mon pouvoir se diffusait sur les parties blessés.
Le feu dans le château avait été maîtrisé mais le jardin était toujours en flamme. Mais je ne doutais pas que le feu serait éteint, même si on devrait batailler toute la nuit. Des villageois arrivèrent et grossirent les rangs de la chaîne d’eau. Le balcon était détruit, les pierres jonchant le sol, les rideaux avaient été arrachés et jetaient dans les fontaines, et de cette magnifique fête, ne restait que les visages apeurés couverts de suie et des tissus brûlés.

Personne ne remarqua les rebelles, invisibles comme des ombres, s’enfonçaient dans les couloirs du château. Le chaos s’était déchainé dehors, pourquoi se soucierait-on d’hommes sombres ? Ce ne serait que le fruit de notre imagination, attisé par la peur ou un défaut de vision après avoir vu toutes ces flammes dansaient, destructrices.

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Dernière édition par Aelia le Sam 21 Avr - 14:25, édité 2 fois
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Erwan
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Sam 21 Avr - 14:06

Pour ce qui était du signal. C’était juste ce qu’il fallait : discret, invisible pour des non Rebelles. Mais pour ce qui était du moyen de diversion, Elnor avait peut-être été un peu fort. Enflammer la moitié du château, juste ça. Mais bon, c’était parfait, au moins elle avait rempli son objectif. Erwan devrait bien s’y faire, Elnor ne faisait jamais ses missions à moitié. Son groupe infiltré était maintenant au second étage, il ne restait plus qu’à traverser l’aile droite du château pour arriver au bureau du Seigneur Eolithe. S’engageant avec discrétion, les Rebelles traversèrent une antichambre. Le second groupe ne devait pas tarder à les rejoindre, ayant eux aussi remplit leur objectif. En débouchant sur une large salle meublée aux murs couverts de tapisseries. C’était un charmant salon avec de nombreuses baies vitrées . Des fauteuils en bois précieux et recouverts d’un tissus soyeux était disposés déci delà, dépourvus de toute vie. Un air lourd pesait sur la pièce et une étrange lumière irradiait des vitres. Se dirigeant vers les baies vitrées, Erwan fut un instant ébahi devant le spectacle qui se présentait devant lui : le feu brulait haut dans le ciel, embrasant les arbres, les rideaux et grignotait petit à petit l’aile droite du château.
Oh non.
Ils étaient dans l’aile droite ! Sans paniquer, Erwan s’approcha du chef Delthéna et lui murmura quelques mots. Hochant la tête, il se tourna vers le gros du groupe et déclara :

« - L’objectif n’est plus qu’à une centaine de mètre, il ne nous reste qu’à traverser environ deux salles : le feu approche, il faut augmenter notre rapidité : Oanell, le deuxième groupe arrive-t-il bientôt ?

Le vieil homme s’était adressé à un Sylécate d’une trentaine d’année. Elle ferma les yeux un instant, irradiant d’une légère lumière bleutée. Quelques secondes s’écoulèrent, pesantes. Ouvrant les yeux, elle déclara :

- Anthil... le deuxième groupe je veux dire, ses joues rougirent intensément, est déjà dans l’avant dernière salle avant l’objectif.

Un sourire gêné naquit sur ses lèvres mais le Delthéna ne fit aucune remarque. Tout le monde ici présent n’ignorait pas que la Sylécate était fiancée à Anthil depuis quelques semaines. De nombreux sourires malicieux et moqueurs apparurent sur la plupart des Rebelles.

- Très bien,répondit le chef Delthéna, allons retrouver votre fiancé.

Quelques rires fusèrent. Rien de bien méchant. Débouchant enfin sur la dernière salle avant le bureau tant convoité du Seigneur Partisans, le premier rencontra enfin le deuxième. Le chef de ce groupe, qui n’était autre qu’Anthil, fit le rapport de la mission, non sans avant avoir adressé un regard discret à sa compagne :

- Nous avons neutralisé tous les gardes environnant. Le terrain est sécurisé, j’ai posté quelques combattant sur les principales entrées. En cas d’une attaque, nous serons prévenus.

Erwan détailla le groupe qui allait les rejoindre, en plus d’Anthil, il y avait deux autres nouveaux venus. Un jeune Delthéna, encore inexpérimenté qui transpirait abondamment dans son armure et un autre, habillé d’une armure sombre et au regard froid. Celui-là Erwan ne le connaissait pas. Les Rebelles enfin réunis, ils se hâtèrent vers leur but, le feu se rapprochant. La mission se déroulait à merveille et sans aucun problèmes, en omettant bien sûr le feu, mais ce n’était que minime. Peut être trop bien. Ils étaient passées inaperçu, personne ne les avaient vu et ils allaient rapidement dérober les documents. Erwan s’obligea à penser que, pour une fois, tout allait bien se passait. Malheureusement, un événement allait confirmer son pressentiment. Alors qu’il étaient tous devant la porte menant au bureau, l’homme à l’armure sombre recula doucement, les mains cachées derrière un cape sombre. Et soudain, sans crier garde, dans un éclair de violence, il cria :

- Pour l’Empereur !

Trois autres Rebelles dégainèrent leurs armes dans un bel ensemble. Non, pas trois Rebelles. Trois Partisans. Trois traîtres. De surprise, les Rebelles mirent quelques instant avant de réagir. Ce qui leur fut fatal. Le combat s’engagea, dans un vacarme d’acier. Les Partisans, bien que en minorité, montraient une férocité et une violence hors du commun. Malheureusement, ou plutôt heureusement , ils étaient tous Delthéna et furent donc impuissant devant les Sylécates et Nirtémis qui les neutralisèrent avec efficacité et rapidité. Un des Sylécates, commençant à diffuser son pouvoir de guérison, déclara :

- Il y a-t-il des blessés ?

Pas de réponses, tout le monde devait bien aller. Erwan tourna la tête vers Anthil :

- Eh Anthil, la prochaine fois, choisis mieux tes acolytes, des Rebelles de préférence !
- Oh toi tais-toi hein !répondit-il en souriant, je ne les ai pas choisis, c’est la Rébellion qui me les a envoyé, moi je...


Il ne put finir sa phrase, toussant à pleins poumons. Il paraissait bien pâle et avait sa main fortement serrée sur sa poitrine. Erwan se figea. Sa main. Du sang s’écoulait autour de ses doigts, puis sur les courbes de son armures. Anthil regarda un instant Erwan, puis son regard se brouilla. Il s’effondra au sol. Erwan se mit à genoux, enleva rapidement l’armure de son ami, et diagnostiqua sa plaie.
Merde.

- ANTHIL !

Oanell courut vers son fiancé et s’écroula à côté de lui. Elle ouvrit son pouvoir, diffusant son don de guérison sur sa plaie, jusqu’à l’épuisement. Il n’y avait plus rien à faire.
Le temps s’arrêta. Erwan ne voyait pas le feu commencer à se propager, n’entendait plus les Rebelles s’activer pour forcer la porte. Il passa le bras au dessus de l’épaule d’Oanell.
Serrer les dents.
Ne pas pleurer.
Une larme glissa sur sa joue.
Puis une autre.

La pièce s’enflammait petit à petit , les Rebelles avait réussit à voler les documents, et il partaient maintenant en convoi ultra prioritaire pour l’amener à Altaïr. Les gardes, prévenus par les traîtres, ne tarderaient pas à arriver. Mais cela avait si peu d’importante. Si peu.

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Elnor
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Sam 21 Avr - 18:02

[HRP : Un admin pourra-t-il rajouter les accents, svp ?]

L'horizon explosa dans un jaillisement de flammes.
Envoyée à terre par la puissance du choc, je fus pendant quelques secondes entièrement désorientée. De longues lames de feu s'élevaient dans les airs, semblant lécher le ciel.

Le coude contre le sol, je me frottais les yeux pour m'habituer à cette soudaine clairté. Il fallait que je retrouve le pyrothechnicien si je ne voulais pas m'en vouloir toute ma vie.
Je me relevais et m'approchais du lieu d'où venait les flammes. Les premiers arbres brûlaient, se propageant de tout coté. Je devais faire vite si je ne voulais pas brûler vive ou être vu par quelqu'un.
La fumée me picotait les yeux, brouillant ma vue.

Je regardais partout autour de moi, cherchant un signe de vie de l'artificier. Je l'entrapercus dans un creux de terrain, allongé contre le sol. Son regard croisa le mien avant qu'il ne soit assommé par un morceau de bois venant des caisses ou était rangé les fusées. Il perdit connaissance.
Je me précipitais vers l'homme, l'agrippant par les épaules pour le sortir de la crevasse. L'odeur du feu envahisait mes narines tandis qu'une forte toux commençait à me prendre. Utilisant toutes mes forces, je réussis à tirer l'artificier quelques mètres avant de trébucher contre une racine. Me rendant compte que mes chaussures n'étaient pas l'idéal pour marcher dans ce jadin au terrain irrégulier, je les enlevais pour les coincer dans ma ceinture. Mieux valait ne pas laisser de preuve que je me trouvais ici pendant l'explosion, même s il y avait de fortes chances qu'elles brûlent entièrement.

Un bruit strident surgit devant moi. Surprise, je lâchais un cri. Des étincelles apparurent avant que des fusées ne jaillissent, éclatant les caisses qui les contenaient et filant de tous cotés. Elles semblaient être des furies libérées de leur cache, criant vengeance comme si elles refusaient l'idée de ne pas avoir pu faire partit du ballet de feu d'artifice.
Effrayée, je me relevais, attrapant l'homme pour nous sortir hors des flammes. Le feu m'entourait, menaçant à tout moment d'enflammer ma robe, qui, je savais bien, pouvait m'être fatal. Mes yeux me brûlaient, le son des fusées était insupportable, l'odeur du bois calciné m'étouffait et une toux sèche ne cessait de brûler ma gorge. Tout mes sens étaient aveuglés.

Je continuais à m'écarter du coeur de l'incendie, glissant sans arrêt sur les irrégularitées du sol. Soudain un sifflement plus proche que les autres retentit. Une fusée filait vers nous à une vitesse folle. Vivement, je plongais a terre, regardant avec une panique incontrôlé l'objet s'écraser contre un arbre avec meme pas un mettre de nous. Il s'enflamma.
Me relevant pour la énième fois, tirant de manière de plus en plus désespéré l'homme.

Après quelques minutes qui me parurent une éternité, j'arrivais en dehors du jardin, dans un milieu découvert ou l'herbe humide faisait office de barrière face au feu. Il me restait encore quelques mètres pour parvenir à l'orée du bois qui appartenait au chateau.
Là, je serais en sécurité, personne ne nous verra.
L'herbe humide me facilitait la tache, me permettant de faire glisser l'artificier avec plus d'aisance. Déjà, de nombreuses personnes accouraient autour du jardin pour étouffer les flammes.

Arrivée à la lisière du bois, je lâchais l'homme pour m'effondrer contre un tronc d'arbre. Je regardait l'état pitoresque de ma robe en grimacant ; sa couleur auparavant bleue avait laissé place à un noir de suie et quelques pans de tissus avaient brûlé. Quand je vis que les vêtements de l'artificier ne montaient aucun signe de brûlure je ne pus m'empêcher d'être étonnée. Je m'approchais de lui, touchant sa cape. Elle semblait en effet n'avoir pas souffert du feu. Peut être était elle enduit d'un produit pour la protéger des flammes, c'était fort probable puisque son propriétaire maniait constament des fusées.

Subitement, je commencais à me demander si l'homme, au moins, était encore en vie. C'était presque absurde que je ne me soit pas posé la question plus tôt, mais la situation dans laquelle j'étais m'avait totalement retirée le sens de la réflection, j'étais simplement guidée par mon instinct. Je posais rapidement ma main contre son coeur. Je ne savais pas si c'était mon coeur qui battait si fort que je le sentais jusqu au bout de mes membres ou vraiment son coeur, mais j'avais la certitude qu'il était encore vivant.

Rassurée par ce qui n'était peut être qu'une image que j'imaginais assez bien pour y croire, je m'affalais à nouveau contre l'arbre pour me reposer. J'aurais très bien pu m'esquiver avant que l'artificier ne se réveille mais je voulais absolument attendre qu'il ai retrouvé ses esprits pour m'excuser. Je savais parfaitement que mon geste était incensé mais l'idée qu'il n y ai pas de blessés me rassurait. C'est vrai que je ne pouvais pas savoir s'il y en avait dans le château, mais, tout était si bien préparé, sûrement qu'ils avaient prévu l'éventualité d'un incendie. Ils ne pouvaient y avoir de blessés.
Ou du mois, je l'espérais.

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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Jeu 26 Avr - 9:40

C’était la panique totale dans tout le château. La demeure du Seigneur Eolithe était envahie par les flammes et cet incendie continuait son chemin destructeur, pourtant ralenti par les hommes du château sous les ordres de Dame Lysato. L’ambiance était électrique, les invités paniqués eurent le mauvais reflexe de courir pour sortir du château. Tous se précipitaient vers les portes. Une véritable petite émeute de nobles effrayés essaya de franchir les portes du château en même temps. Plusieurs tombèrent, les meubles furent renversés. Les serveurs, mal menés, qui tentaient de calmer les invités furent repoussés. Une vague de violence s’empara de tout ce monde et la panique fut à son comble.

Dame Lysato courait dans tout les sens, elle essayait de garder son sang froid, tout en gérant les roturiers de la demeure qui avaient créé une chaine pour acheminer l’eau jusqu’aux flammes. Certains avaient abandonné, pris de panique en entendant les cris des invités, d’autres plus courageux tentaient vainement de calmer l’incendie.

- Gardez courage, nous allons sauver le château et stopper l’incendie !-

Malgré ses efforts pour motiver ses troupes, Dame Lysato avait bien du mal à tout gérer et la panique accéléra son cœur. Le Seigneur Eolithe quant à lui, s’était joint à la chaine en ralliant quelques nobles courageux. Mais les flammes continuaient d’avancer, engloutissant rideaux somptueux, meubles de bois et tapis ancien. Et alors qu’elles commençaient à s’attaquer aux fondations du château en rongeant les poutres, Aelia aperçut un homme au milieu de la pagaille. Seul au milieu des décombres de la salle de bal. La jeune conseillère courut le rejoindre et le prier de sortir :

- Monsieur, vous ne pouvez pas rester là, sortez, vous serez plus en sécurité ! Ne risquez pas votre vie au milieu du désastre !-

Elle voulut lui prendre le bras pour l’entrainer vers la sortie, mais l’homme s’écarta et retira son masque. Dans un habit bien ordinaire de gentil homme et sous un masque couvrant presque la totalité de son visage, l’Empereur en personne se dévoila.

- Je suis ici avec mes hommes pour maîtriser la situation. Ils ont encerclé vos invités et les ont mis en sécurité. Votre superbe fête et vous même êtes victime d’une attaque rebelle. -

Ses yeux gris et froid fixèrent la jeune femme un moment, puis il s’activa et appela des hommes. Alors, une cinquantaine de soldats rejoignirent la chaine, et le rythme s’accéléra pour contrer les flammes. D’autres commencèrent à investir le château en empruntant les passages qui n’avaient pas étaient ravagés par les flammes. L’Empereur fut alors encerclé d’une dizaines de soldats qui le suivirent dans le château.
D’autres encore étaient auprès des invités et scandaient que c’était un acte criminel de la Rébellion, que le but avait été du les tuer, de les éliminer. Tout était bon pour faire passer la Rébellion comme la chose la plus affreuse que les habitants d’Elysphère aient connu. Il fallait leur faire peur, et l’Empereur avait développé un technique bien particulière en faisant passer les rebelles pour des monstres et des assassins qui voulaient établir une tyrannie sur le continent. Et contre lesquels, seul l’Empereur pouvait quelque chose. Il lui fallait devenir le héros le plus reconnu et le plus courageux. En intervenant en pleine panique il remportait déjà cette manche.
Son but était clair, prévenu de cette attaque par une taupe du clan rebelle, il avait tout prévu pour les laisser se dévoiler et enfin intervenir. Et maintenant qu’il était ici, il voulait les rebelles.
Morts ou vifs.

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Que la véritable bataille commence !
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Zeabeth
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Ven 27 Avr - 8:02

    Dieu merci il n'y avait aucun blessé pour l'instant… Du moins pas de ce qu'elle pouvait voir. Mais la panique était totale chez les nobles qui ne parvenaient pas à prendre suffisamment de recul pour voir qu'il suffisait d'un peu d'organisation pour éviter un maximum de dégâts. Mais il n'était pas temps de se focaliser sur le peu de sang froid des autres. Aelia, toujours aussi efficace dans son rôle d'hôtesse même lorsque tout ce qu'elle avait déjà préparé était visiblement en train de tomber à l'eau. constatant que Zeabeth allait bien, elle avait rapidement pris la situation en main essayant de ramener un peu de calme et d'organisation au sein du château afin que l'incendie soit endigué… 

    De son coté, la duchesse savait qu'elle pouvait se permettre plus de "choses" que d'autres. se régénérer ne l'exemptait pas de la douleur mais cela lui permettait d'accomplir certaines tâches qui pouvaient en rebuter d'autres. Elle n'allait donc certainement pas se mettre à courir vers la sortie comme certaines femmes hystériques qu'elle avait pu voir. Déjà, elle devait faire en sorte de ne pas prendre feu par mégarde ou se retrouver empêtrée dans ses mouvements. Avec un discret soupir de regret elle attrapa les deux pièces de tissus qui avaient figuré ses ailes de fée et s'en débarrassa d'un geste vif. Sans ces morceaux de tissus qui traînaient derrière elle, elle était déjà plus sûre de ses mouvements. 

    Laissant son amie à l'organisation générale, elle entreprit d'aider là où elle pouvait. Elle entreprit déjà d'évacuer les quelques personnes qui s'étaient trouvées sur le balcon en même temps qu'elles. Les rideaux enflammés étaient tombés sur le coté et ne bloquaient plus la sortie, leur permettant de sortir. Alors qu'elle aidait une dame à rejoindre la sortie, elle remarqua une forme immobile sur le coté. Une forme dangereusement humanoïde… Laissant son fardeau aux bons soins d'un noble costaud passant à sa portée, la jeune femme se dirigea vers la forme pour découvrir une demoiselle complètement inconsciente.

    Ignorant que son absence de réaction était en fait du à un coup bien placé d'un rebelle, elle supposa que les fumées, ou la panique, avait eu raison d'elle. Que ce soit l'un ou l'autre, elle ne pouvait pas la laisser là, c'était bien trop dangereux. Alors qu'elle entreprenait de la réveiller en lui assénant quelques vigoureuses tapes sur la joue, sans forcément la battre comme plâtre, elle entendit des voix dans son dos. Elle se décala suffisamment pour pouvoir observer la scène du coin de l'œil, le temps qu'elle essaye de réveiller la jeune endormie. Elle n'était pas certaine d'avoir la force nécessaire de la soulever pour la porter vers un  endroit plus sûr… 

    Mais son geste fut stoppé par ce qu'elle vit et entendit. L'Empereur était donc là en personne…? Subjuguée par cette scène improbable, elle resta interdite quelques instants. L'homme se posait bien en héros, maître de la situation et détenteur de la petite différence qui leur permettrait de retrouver un semblant de sécurité et de normalité… La situation lui semblait irréelle. Sur un simple ordre des hommes arrivèrent pour reprendre la situation en main, s'occupant de l'évacuation et des blessés, endiguant l'incendie et scandant à qui voulait l'entendre que la faute de tous ces dégâts incombaient à la rébellion. Placée dans un coin suite à l'aide qu'elle avait cherché à prodiguer à la jeune inconnue, elle restait interdite…

    Tout cela avait un goût de cendre dans sa bouche, c'était bien le cas de le dire. Moz lui-même semblait mal à l'aise face à ce soudain revirement de situation, comme s'il ne comprenait plus vraiment, qu'il se sentait perdu et dépassé. Bien comme sa maîtresse… La duchesse ne comprenait pas d'où tout ce beau monde sortait ni pourquoi, sils étaient aussi bien informés et que l'Empereur semblait effectivement présent à la fête, ils n'avaient pas agios avant que tout ne dégénère. Ce soudain héroïsme lui semblait trop beau pour être vrai, surtout avec toutes ses personnes qui ne cessaient de leur dire que la rébellion était responsable de tout cela et qu'elle avait cherché à tous les tuer… A bien y réfléchir, s'ils étaient bien infiltrés parmi eux, il y aurait eu certainement plus efficace comme technique que le sabotage des feux d'artifice….

    La jeune femme n'aimait pas cela. Toute cette violence… Cela aurait du être une simple fête, quelque chose pour célébrer le changement, quelque chose tiré de leurs anciennes traditions, rebelles ou impérialistes… Maintenant que leur ennemi avait un visage, les hommes de main de l'empereur et les gardes n'allaient pas simplement continuer de s'occuper des dégâts matériels ou des blessés. Ils allaient agir et elle avait l'impression de voir des chiens de chasse excités n'attendant que le signe de leur maître. Elle n'aurait jamais du venir, sortir de sa retraite finalement… Cette guerre intestine qui se répercutait sur toute la population la dégouttait de plus en plus. Il fallait vraiment qu'elle parvienne à faire en sorte que ses terres conservent une certaine neutralité. Pour l'orphelinat qu'elle comptait créer, pour l'asile qu'elle voulait faire…

    -Ma Dame, vous deviez vous mettre en sécurité, les rebelles sont peut-être encore ici et ne manqueront pas de chercher à vous tuer en constatant que leurs plans sont à l'eau…
    -Je n'en doute pas jeune homme, aidez plutôt les gens qui en ont besoin…

    Elle poussa le garde vers Elvira pour qu'il s'occupe dignement d'elle et l'aide à sortir… Il n'y avait pas eu assez de blessés ce soir ? Il fallait envoyer encore des hommes à la mort, l'épée brandie et le fanatisme dans le cœur? Elle planta le garde là et essaya de voir où en était 'incendie. Outre la santé de chacun, ce qui l'inquiétait aussi c'était la bibliothèque… Il y avait des ouvrages très rares conservés ici… Elle connaissait un peu le château… Elle savait où se trouvait cette dernière. Zeabeth avait conscience que l'humain passait avant le savoir mais maintenant que l'Empereur avait fait son entrée héroïque, la situation était entre de bonne mains non? 

    Jetant un regard à droite puis à gauche, elle avisa un endroit où elle pourrait passer plus facilement pour atteindre les escaliers… Et s'y précipita. Si l'incendie se propageait là haut ils allaient perdre des ouvrages inestimables et elle s'y refusait.

     



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Aelia
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Ven 27 Avr - 19:57


L’Empereur… je mis quelques secondes à le reconnaitre, je l’avais pourtant tant vu sur les peintures ornant le château. Je l’avais rencontré il y a une dizaine d’années, mais ce souvenir restera toujours gravé dans ma mémoire, ce regard froid et intelligent, ce visage impénétrable et ces yeux captants le moindre mouvement, parole ou geste. Mais j’avais toujours ressenti un vif malaise en sa présence et les rares occasions où je l’avais revu avec le Seigneur Eolithe, je pris soin de me tenir le plus éloigné de lui. Et là, alors que le chaos se déchaînait, que nous combattions contre les flammes et essuyons une infiltration rebelle, il était là. Taillé de pierre, ordonnant de sa voix froide, je m’inclinai profondément avant de m’effacer.

Je ne doutais pas un instant que le Gouvernement avait eu vent de cette intrusion rebelle et qu’il tendait un piège pour attraper le plus de ces ennemis de l’Empire. La fête n’avait aucune importance, la centaine de convives et serviteurs ne comptait pour rien, tout cela n’était qu’un appât. Pour que jusqu’au dernier moment, le poisson désiré ne se doute de rien. J’enfouis la colère qui montait, je ne connaissais que trop les manigances politiques pour que cela m’étonne encore mais cette impression me collait à la peau. Une impression que protéger les citoyens n’était pas le but, que les Rebelles ne seraient pas épargnés, que le sang coulerait, que tout n’était pas tout blanc ou tout noir, le blanc se noircissait.
Je m’éloignais rapidement des soldats, c’était l’élite de l’armée, ceux qui protégaient l’Empereur, connus pour leur dévouement sans limite et une sanglante réputation les poursuivait. Des villages entiers rebelles détruits, des gens massacrés sans pitié. Même si par mon père, les rebelles me semblaient lâches et égoïstes, ceux qui avaient tué ma mère n’en était pas moins des soldats de l’Empire. Au fur et à mesure que j’apprenais l’art de la diplomatie et découvrait chaque face des forces se défiant, plus je considérais que dans aucun des camps se trouverait la solution, tuer n’était pas un moyen de retrouver la paix. Même si ma position me désignait comme fervente de l’Empire, je n’adhérerais pas à toutes les décisions de l’Empire et plus le temps passait plus j’ignorais ce choix d’appartenir à un camp précis. Il y avait des gens formidables dans les deux camps tout autant que les pires crapules.
Je mettais le plus de distance entre moi et l’Empereur-ainsi que le seigneur Eolithe qui l’avait rejoint- et après avoir vérifié que tous les convives étaient en sécurité, je me dirigeai vers mon appartement. Soudain un bruit me fis bifurquais vers le bureau du Seigneur Eolithe, des gardes allaient forcer la porte et je l’ai arrêtai d’un ordre :

- Arrêtez ! Non, je ne veux rien savoir, l’Empereur est en bas et le feu n’est pas encore maîtrisé, allez aider les soldats !

Ils hésitèrent un instant mais mon regard de glace les força à aller abdiquer. Ils partirent en murmurant sur une mission et des rebelles pris au pièges mais je les ignorais et attendit qu’ils soient partis. Je poussai avec lenteur la porte, la pièce était en flamme mais le feu, pour faute de combustible s’était arrêté et rongeait les derniers meubles, je vis un une femme blonde à genoux par terre devant un corps. Un homme. Je vis les lames pendant à sa ceinture, son armure sombre et discrète. Mes poils se hérissèrent et ma respiration s’arrêta. Une Rebelle, elle avait pénétré le château et avait sûrement volé un document important à mon Seigneur. Je vis ses épaules se voutaient et ses larmes coulaient… Je me revis, pleurant sur le corps de ma mère, le regard fugace avec mon père, trahison. Et la douleur, la douleur indescriptibles, la douleur qui coupe le souffle et anéantit tout espoir. Elle était Rebelle, elle avait sûrement tué des gens… mais elle souffrait, horriblement. Je fermais les yeux un instant et repris ma respiration. La femme se retourna, le visage ruisselant de larmes.

- Il y a une porte derrière la tenture, elle vous mène sous le château et débouche dans des ruines dans la forêt de l’autre côté de la colline. Prenez votre ami et partez.

Elle me regarda, cherchant à comprendre en lisant sur mon regard puis abandonna, la femme se leva avec lenteur et caressa le visage de son aimé. Puis avec une force que ne laissait présager sa faible corpulence, elle mit l’homme mort sur son épaule et marcha vers le passage secret. Elle ouvrit le mécanisme et le long chemin éclairé par des faibles lanternes s’ouvrit devant elle. Elle se retourna une dernière fois et plongea son regard dans le mien, un instant qui parut interminable.

- Bonne chance et courage.

Ces mots n’avaient été que murmure mais elle hocha la tête avant de s’enfoncer dans les ténèbres. La porte se ferma. Je me retrouvai avec le silence.

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Ysmael
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Dim 29 Avr - 13:34

Mael ouvrit lentement les yeux. Il faillit les refermer aussitôt en voyant des étoiles danser au dessus de sa tête. Il comprenait enfin ce que voulait dire cette expression : on voyait vraiment des étoiles tourner quand on était sonné ! Mais il n'aurait jamais cru qu'elles formeraient des constellations... Alors qu'elle commençaient à ralentir leur manège, il en reconnut quelques unes... Là, l'Archer, un peu plus loin, le Dragon... Le cerveau faisait apparaître des images vraiment réalistes quand on était sonné... A moins que... Le jeune homme eut une illumination : c'était le vrai ciel, avec les vraies étoiles, qu'il voyait ! Voilà pourquoi c'était aussi réaliste ! C'était plus facile à comprendre maintenant que les astres avaient arrêté de bouger. Il aurait d'ailleurs bien aimé qu'on arrête de lui donner des coups de marteau sur le crâne : c'est un peu difficile de réfléchir comme ça. Il tenta de se concentrer. Il était allongé sur le dos, sûrement à même le sol, d'après le caillou qui s'enfonçait dans son omoplate gauche et les brins d'herbe qui chatouillaient sa main droite. Il faisait nuit, et la température était agréable. Un vent un peu frais soufflait, mais il faisait assez chaud, comme s'il y avait une cheminée pas très loin. Ce serait une situation assez sympathique si on enlevait le caillou qui l’agressait et qu'on arrêtait de lui donner des coups sur la tête, mais alors qu'il reprenait conscience, une question commença à pénétrer insidieusement dans son esprit. Que faisait-il ici ? Il tenta de rassembler ses souvenirs. Ceux-ci ne se firent pas prier et revinrent d'un coup, comme s'ils attendaient qu'on se décide à les appeler. La fête du printemps, la jeune fille, les feux d'artifices, la fusée qui ne lui appartenait pas, l'explosion, l'incendie... L'explosion ? L'incendie ? Mael se releva d'un bond, ou du moins tenta de le faire. Il réussit à se mettre assis, mais sa tête se remit à tourner, le forçant à se rallonger. Cela lui fit prendre conscience qu'en plus de la migraine, il avait mal partout à cause de tout ce qui avait été projeté sur lui. Au moins, il avait eu le temps de voir qu'il n'y avait aucun danger immédiat dans les environs.

Il attendit que sa tête ait fini de tourner, puis se dressa doucement sur ses coudes pour observer les alentours. Il était dans un endroit dégagé du parc qu'il ne connaissait pas. On avait dû le déplacer pendant son sommeil involontaire. Le reste du jardin brûlait. Il leva les yeux vers le château. Il brûlait aussi. Et c'était lui qui avait provoqué tout ça. Ses yeux lui faisaient mal, mais il ne pouvait détacher son regard des flammes. C'était de sa faute. On l'avait déconcentré pour qu'il rate son feu d'artifice, c'est vrai, mais c'était lui le pyrotechnicien. Il n'aurait pas dû lâcher le briquet, ni donner des coups dans les fusées. Et il aurait dû se méfier de cette fille ! Des larmes commencèrent à couler sur ses joues, réaction de défense de ses yeux face à la lumière trop intense. Mais il continuait à regarder les flammes. Il n’aurait pas pu faire grand chose pour éviter cette catastrophe, mais la culpabilité le rongeait quand même. C'était ses feux d'artifices qui avaient provoqué l'incendie ! C'était lui le pyrotechnicien ! Il finit par détourner le regard. Ce n'était pas en devenant aveugle qu'il réparerait les dégâts.

C'est seulement à ce moment là qu'il vit la silhouette humaine assise contre un arbre proche. Il essuya ses yeux et attendit qu'ils se soient réhabitués à la pénombre pour pouvoir identifier le personnage. Mais au fond, il l'avait parfaitement reconnu, ou plutôt reconnue. Mais il voulait être sûr. Il préférait éviter de se montrer violent envers un innocent. Ce n'était pas par altruisme, pour épargner l'innocent en question, il souhaitait juste réserver toute sa colère à la bonne personne. Quand sa vision redevint à peu près normale, aucun doute ne fut possible. Il sentit la colère monter en lui. C'était bien elle. Elle qui lui avait envoyé de la terre dans les yeux. Qui l'avait volontairement fait rater son final. C'était à cause d'elle que le château brûlait ! Et le parc ! Il était magnifique, il n'en resterait surement plus que des cendres ! Des gens avaient surement été blessés ! Elle avait failli le tuer ! Ce n'était qu'une meurtrière ! Elle était capable de tuer pour ses convictions ! Et elle n'en ressentait surement aucune honte ! Il n'était pas mort, mais qui voudrait encore de lui comme pyrotechnicien après cette catastrophe ? Elle ne l'avait pas tué, mais elle l'avait privé de son gagne-pain et d'une des rares choses qu'il aimait dans cette fichue vie ! Elle le regardait d'un air qui semblait un peu inquiet. Ce n'était plus le moment de s'inquiéter pour lui ! Elle aurait dû y penser avant ! Avant de réduire à néant le peu qu'il avait construit en neuf ans ! Sa colère avait une autre cause, qu'il avouerait jamais. Il avait une sorte de sentiment de... trahison. La soirée avait été belle et étrange. Il s'était surpris à apprécier la vie telle qu'elle était. C'est pour cette raison que quand Elnor lui avait adressé la parole, il avait répondu au lieu de l'envoyer balader. Ce soir là, tout était différent, tous les espoirs semblaient permis. Il avait espéré, au fond de lui, que cette inconnue vaudrait mieux que les gens qu'il avait croisé jusqu'alors. Inconsciemment, il avait cru en elle. En agissant comme elle l'avait fait, elle l'avait trahi. Et c'était ça qui le mettait le plus en colère. C'était idiot, et Mael avait honte de ce sentiment. Il avait également honte d'avoir fait en quelque sorte "confiance" à une inconnue. Honte de ne pas avoir vu le coup venir. Et ça le mettait en colère. Contre lui-même. Colère contre lui même qu'il redirigeait sur la jeune fille, comme la plupart des gens le font en pareille circonstance. Mais ça non plus, il n'oserait jamais l'avouer.

L'artificier tenta de se lever, lentement. Il n'aurait pas l'air très impressionnant s'il hurlait sur l'espèce de pyromane qui lui faisait face en étant couché par terre. Il finit par renoncer à se mettre debout, vu comme sa tête tournait, il n'aurait pas tenu longtemps. Un genou à terre et le buste droit, face à elle, lui parut la meilleure position. Pas de risque de tomber, il était à la même hauteur qu'elle et n'avait pas trop l'air d'une épave incapable de se lever. Il commença par lui jeter un regard assassin. De la part d'un homme dont tout le visage est caché sauf la zone autour des yeux, dont le peu de peau visible est d'un blanc cadavérique, et surtout dont les yeux sont injectés de sang, larmoyants et orange avec une pupille plus rouge que noire, c'est assez impressionnant. Il se mit alors à parler, d'une voix très calme, vibrante de colère.

- J'espère que tu es contente de toi. Le feu, les cris, la panique, ça fait une superbe diversion pour tes petits amis. A moins qu'ils soient dans une zone touchée par les flammes, c'est à dire... l'intégralité de la propriété. En tout cas, j'espère vraiment qu'ils ont réussi leur coup. Un tel désastre pour rien, ça serait dommage, tu ne trouve pas ? Une tel destruction, tant de blessés... Mais j'imagine que c'est pour la bonne cause... Que la rébellion vaut bien tout ça... Parce que vous êtes rebelles, n'est ce pas ? Et en plus, tu dois te prendre pour une grande justicière, qui défend la veuve et l'orphelin... Je sais pas si tu en as défendu beaucoup ce soir, mais en tout cas, grâce à toi, il sont beaucoup plus nombreux maintenant. Mais je suis pas sûr qu'ils acceptent que tu les défendes : après tout, c'est de ta faute si leur mari ou leurs parents sont morts. Ah ! Mais j'avais oublié... Ce ne sont que de vulgaires partisans, ils ne méritent pas de vivre... Suis-je bête... Finalement, même si votre "mission" échoue, vous aurez au moins débarrassé le monde de quelques uns de ces ignobles partisans... Mais j'y pense, peut-être qu'ils n'étaient pas tous partisans ? Combien de tes amis rebelles sont morts à cause de ta bêtise, à ton avis ? Tu n'es qu'une meurtrière, lâche et cruelle. Tu me dégoûtes.-

Mael avait été cruel sur ce coup-là. Il s'en rendait parfaitement compte. Mais elle le méritait ! Même s'il ne pouvait s'empêcher d'avoir un peu honte. D'après ce qu'il avait vu, l'incendie n'était pas si étendu que ça, et il avait l'air d'avoir arrêté de se propager. Il était peu probable qu'il y ait des morts, même s'il y avait surement quelques blessés et beaucoup de beaux vêtements bons à jeter. Et elle ne méritait pas forcément les qualificatifs dont il l'avait affublé. Sa tirade avait eu pour principal but de la faire culpabiliser. De la faire souffrir pour ce qu'elle avait fait. Pas très honorable... Mais elle le méritait ! C'était quand même elle la responsable de tout cela ! Même si elle n'avait surement pas voulu faire un tel désastre... Mais elle le méritait quand même. Mael se rappela alors que quelqu'un l'avait déplacé loin de la zone en flammes pendant son sommeil. Il n'y avait personne à part elle dans les parages... Et vu l'état de sa tenue, elle avait dû passer un petit bout de temps dans l'incendie... Ce devait être elle... Elle lui avait sauvé la vie... Mais elle méritait quand même ce qu'il venait de lui dire... C'était elle qui avait failli le tuer, il était normal qu'elle le sauve ! Ça ne pardonnait rien ! Elle le méritait... non ? Mael tenta de chasser la honte qui commençait à l'envahir.

Il marcha à quatre pattes jusqu'à l'arbre et s'en aida pour se mettre debout. Méthode peu élégante, mais qui avait l'avantage d'être efficace et peu risquée. Appuyé contre le tronc, les yeux fermés, il attendit que sa tête arrête de tourner. Il en profita pour faire un petit bilan de son état physique. Pas très glorieux. Chaque centimètre carré de son corps ou presque le faisait souffrir. Il avait mal à la tête, et une grosse bosse s'était formée sur son front. Mais ça s'était déjà un peu amélioré depuis son réveil. Son dos était douleureux à cause de tous les débris qui lui étaient tombés dessus, et surement parce qu'il avait été traîné sur une assez longue distance sur un sol pas très plat. Tout cela n'était pas très agréable, mais relativement supportable. Ce qu'il inquiétait le plus, c'était son visage. Il avait perdu son bandeau, et il commençait à en ressentir les effets. Le fait d'avoir fixé les flammes pendant cinq minutes n'avaient pas arrangé les choses, c'est vrai. Des tâches noires dansaient devant ses yeux, et ces dernier le brûlaient atrocement. Les larmes lui brouillaient encore plus la vue. Le peu de peau qui n'était pas protégé lui paraissait en feu. Pour l'instant, ce n'était que l'équivalent d'un bon coup de soleil, mais s'il ne trouvait rien pour se protéger, il risquait beaucoup plus gros. Il regarda autour de lui, cherchant quelque chose qui pourrait faire l'affaire. Ses propres vêtements étaient trop opaques, il ne verrait strictement avec ça devant les yeux. Sinon... De l'herbe, des feuilles, des branches, des cailloux... Rien d'utilisable autour de lui. Il se tourna vers la rebelle. Sa robe, pleine de cendre, était inutilisable -et de toute façon, aller déchirer la robe d'une jeune fille n'est pas vraiment le comble de la politesse-. Mais par contre, elle avait peut-être quelque chose qu'il pourrait utiliser.

- Donne-moi ton masque. -

Ça ne protégerait pas ses yeux, mais au moins le reste de son visage serait à l'abri. Il lui suffirait de ne pas regarder les flammes. Il hésita quelques secondes, songeant que sa demande était un peu étrange. Il n'aimait pas donner d'explications. Il finit tout de même par grommeler un semblant de justification.

- Maladie. Il ne faut pas que ma peau soit exposée à la lumière. -

Et qu'elle ne s'avise pas de faire le moindre commentaire !

Bon, maintenant que les petits problèmes techniques étaient réglés, qu’est-ce qu'il allait faire ? Apporter son aide pour limiter les dégâts, d'abord. Et la jeune fille ? Le devoir d'un bon citoyen de l'empire serait d'aller la livrer aux gardes, mais il n'était pas spécialement partisan, et maintenant que sa colère était un peu retombée, il se rappelait du châtiment qui était réservé aux rebelles. Il avait beau ne pas apprécier cette jeune fille, s'il la livrait, il s'en voudrait toute sa vie. Il n'était pas un assassin. Et de toute façon, le temps qu'il appelle la garde, elle aurait largement le temps de s'échapper. Et ce n'était pas lui qui pourrait l'en empêcher. Sauf que... La vérité le frappa de plein fouet. Il n'y avait aucun témoin avec eux dans le jardin. Il était censé être seul. Le signal des rebelles annonçant la mise à exécution de leur plan avait été donné par le feu d'artifice -du moins c'était ce que le pyrotechnicien en avait déduit-. L'incendie avait été également provoqué par les feux d'artifice. Donc logiquement, tout le désignait, lui, comme coupable ! Et même s'il expliquait la vérité, et que la rebelle ne s'enfuyait pas, ce serait sa parole contre la sienne. Vu les méthodes assez expéditives de l'empire, il y avait de grandes chances que pour simplifier le problème, on les condamne à mort tous les deux, après les avoir interrogés de manière assez désagréable. Mael frémit à cette idée. Dans quelle galère avait-il été entraîné ?

Il n'eut pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Une petite troupe de soldats impériaux arrivaient dans leur direction. Ils ne les avaient pas encore vus, mais cela ne saurait tarder. Mael se tourna vers la jeune rebelle.

- Qu'est ce qu'on fait ? -

Spoiler:
 

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Erwan
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Dim 29 Avr - 16:13

Des bruits dans le couloirs. Juste un étage en dessous. Erwan se releva rapidement, ayant essuyé au passage son visage baigné de larmes, et colla son oreille à la porte. Ils devaient être cinq ou six, sûrement des gardes du château prévenus par un des traitres. Ses poings se crispèrent, ses muscles se tendirent. La mâchoire serrée, Erwan sentit une nouvelle sensation naître en lui. Son esprit n’était plus brumeux, il était clair et rationnel. Des traîtres. Lorsqu’un tel gouffre nait dans l’âme, lorsqu’une vie à laquelle on s’était attachée s'envole à jamais, comment continuer à avancer ? Il y avait deux possibilités : pleurer, s'effondrer, laisser exploser sa douleur. Puis lorsque les yeux sont secs à force d’avoir tant pleurer, pouvoir panser son âme, cicatriser cette blessure et apprendre à vivre avec. Mais cela Erwan ne parvenait pas à l’accepter. L’autre solution, loin d’être rédemptrice, était de s’enfermer, de faire taire ses sentiments, ne plus ressentir, juste vivre. Construire un mur entre la douleur et soi, seule possibilité pour ne pas la ressentir. Mais cette issue avait une horrible contrepartie. La douleur murée, il ne restait plus que la haine qui dévore l’âme.
Une furieuse envie de vengeance naquît en lui. Une volonté de faire couler le sang. Sa conscience un instant s’opposa à la triste volonté qui se développait en lui. La raison, combattit aussi contre ses instincts, l’invoquant d’être raisonnable. Erwan ne les écoutaient pas. Il se laissa envahir par ce sombre désir de venger la mort par la mort. Ce fut par un implacable geste sûr qu’il pris ses deux Lames. Son cœur ne battait plus que pour le sang. Il s’avança vers la porte d’où provenaient les pas. Alors qu’il tournait la poignée, il se retourna vers Oanell :

- Reste ici.

Une parole dure, implacable. Deux mots exprimant la colère et la haine difficilement contenues. La plaie pourpre de son ami le renforça dans sa conviction. Du sang avait coulé et il allait en couler dans quelques instants. Ses yeux, autrefois gris, ne brillaient plus. Le gris s’était fait noir, cruel et vide de tous sentiments. Il en avait conscience mais ne se rendait pas encore compte que son âme s’assombrissait. Erwan sentait leur appréhension dans leur respiration saccadée. Lorsqu’un Delthéna, s’étant entrainé depuis sa jeunesse à manier les armes, s’engouffrait dans cette voie si obscure, le résultat devenait très dangereux, mortel.
Il ouvrit la porte à la volée et s'élança dans l'escalier vers l'étage inférieur. Lorsqu'il déboucha sur dans la pièce, il tomba nez à nez devant les gardes surpris. Mais ce fut à son tour d’être surpris : les gardes, au lieu de porter sur leur armure l’armoirie du Seigneur Eolithe, portaient une armure couleur feu et rouge. Et au milieu, un aigle d’or aux yeux de rubis. Symbole de l’Empereur. Cette vision suffit à lui faire perdre définitivement toute raison et retenue. Il ne blessait pas ses adversaires, il ne se battait pas. Ce n’était même pus un combat. Chaque coup qu’il portait était mortel, ôtait la vie. Il ne laissait aucune chance de survie à ses adversaires. Son combat, implacable, était d’une violence calme, déterminée à tuer. Une minutes à peine plus tard, les corps des soldats gisaient à ses pieds sans qu’il ne leur accorde aucun regard. Aucun regret. Il n’était plus Humain. C’était une machine à tuer, guidée par le tranchant de ses Lames. Elle étaient devenues une extension de ses bras.

Il descendit les escaliers qu’il avait emprunté auparavant, et déboucha sur une bibliothèque. Pas un regard pour les magnifiques ouvrages précieux qui brulaient, détruisant ainsi des millénaires de savoirs. Des pas résonnèrent sur le sol marbré. Erwan se baissa dans l’ombre, invisible. Une femme d’un trentaine d’années arriva en trottinant. Erwan ne la reconnue même pas, il était dans un état second et ne se contrôlait plus. Son cerveau raisonnait à une rapidité ahurissante. Le château était encerclé par les gardes. La sortie la plus proche l’obligeait à être en plein champ de tir des gardes. Il n’avait aucune chance de sortir vivant. Quoique. Cette femme, s’agissant avec certitude d’une noble vu la manière dont elle se tenait et marchait. Se redressant avec rapidité un plaqua son poignard contre sa gorge et déclara d’une voix aussi froide que l’acier de sa lame :

- Un geste et vous êtes morte. Suivez-moi sans bruit et ne tentez même pas d’appeler au secours.

Surgissant de nul part, un étrange animal se jeta sur lui. En un éclair flamboyant il se jeta sur son épaule mais Erwan, en un geste implacable, le saisit à une main, et le neutralisa en un instant. Il tendit la bête inconsciente à sa maîtresse et continua sa traversée. Arrivé dans la pièce de réception, il ne lui restait plus qu’à s’échapper par un des nombreux balcons qui donnaient sur les jardins. Mais ces doutes se confirmèrent quand il vit les gardes qui l’attendaient, épée à la main. Sans se démonter, il continua à ses diriger vers le balcon.

- Le premier qui fait un pas ou essaye de me blesser et cette noble dame risque fortement de rejoindre le monde des morts.

Malgré le fait qu’il soit en position de force, il sentait que les gardes impériaux étaient nerveux. Ils devaient hésiter à attraper un Rebelle mais en contrepartie blesser voire tuer une noble. Erwan savait qu’un Rebelle valait son poids d’or devant l’Empereur. Il valait mieux ne pas leur laisser le choix. Alors qu’il faisait semblant de se figer, il jeta la noble vers les gardes, les empêchant de manœuvrer.

En deux bond prodigieux, Erwan se tenait sur la balustrade du balcon. Juste au dernier moment, avant de se jeter dans le vide, il se retourna et plongea le regard dans ceux de la noble et déclara :

- Désolé pour votre animal. Ne vous inquiétez pas, il se réveillera sans séquelles.

Cette phrase, totalement absurde dans cette situation, résonna dans le silence. Un silence rapidement brisé par le bruit des gardes se jetant sur lui. Mais alors qu’il arrivaient sur lui, il ne purent que le regarder sauter, atteindre en un roulé-boulé la pelouse et s’élancer vers la forêt, filant comme une ombre. Impossible à suivre.
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Zeabeth
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Mar 1 Mai - 9:22

    Malgré l'entrée héroïque de l'Empereur et de ses hommes, il y avait toujours une certaine agitation au sein du château... Alors qu'elle craignait d'être interceptée, elle put finalement passer relativement inaperçu. Certains durent se contenter de la qualifier de jeune femme hystérique cherchant à s’enfuir dans le mauvais sens... Zeabeth n'en avait cure, elle avait une mission à mener à bien. Pour avoir déjà eu la chance de compulser la bibliothèque, elle connaissait la valeur des ouvrages entreposés chez le Seigneur Eolithe. Certains n'étaient que des copies dont il ne serait pas difficile de retrouver les originaux. Mais les autres... Il s’agissait d'incunables à la valeur inestimable, non pas en monnaie sonnante et trébuchante mais en somme de savoir. Combien d’informations seraient perdues si personne ne cherchait à les sauver? La peste soit des incendies... C'était bien le pire des fléaux. Si les rebelles s'étaient infiltrés en semant la mort à la simple pointe de leurs épées cela l'aurait presque moins dérangée que cette destruction gratuite. Même si elle émettait encore de sérieux doutes sur l'aspect « volontaire » de la chose.

    De là où elle était, en pleine admiration des feux d'artifice aux cotés d'Aelia, cela ressemblait diablement à un banal accident pyrotechnique. Après tout, pour avoir déjà assisté à ce genre de spectacle, elle savait combien ils étaient difficiles à maîtriser sans risques. Un accident était si vite arrivé... Et ces fusées étaient aussi tellement difficiles à diriger! Si les rebelles échappaient encore et toujours à l'Empereur c'est qu'ils faisaient preuve d'un minimum d'organisation et de stratégie. Non, vraiment, à ses yeux, cet incendie était certes dramatique mais terriblement accidentel. Il y avait peut-être des rebelles en liberté dans le château à faire elle ne savait quoi mais ce n'était certainement pas pour fomenter un massacre d'aristocrates. Du moins pas ainsi, pas en but initial. Ou alors ils ne feraient certainement pas long feu face aux limiers de l'Empereur...

    La duchesse arriva enfin à l'étage où se trouvait son objectif. Le feu faisait des ravages ici aussi et la fumée dégagée en abondance par le papier qui s'embrasait la fit douloureusement tousser... Même ce signe avant-coureur ne la fit pas changer d'idée. De toute façon elle connaissait ses capacités, jusqu'à quel point son corps était à même de supporter la douleur ou les difficultés. Ce n'était pas cette fumée suffocante ou la chaleur dévorante des flammes qui l'empêcheraient de sauver ses précieux ouvrages. Malgré ses précautions, elle se brûla douloureusement la main sur la poignée de la porte lorsqu'elle ouvrit cette dernière. Mais cela l'arrêta à peine. Certaines étagères étaient déjà irrémédiablement perdues. Pour l'instant tout espoir n'était pas vain, les plus précieux livres se trouvaient au plus profond de la pièce et le feu ne s'y était pas encore propagé... Alors qu'elle s'avançait vivement vers eux, elle fut soudainement stoppée dans sa progression.

    La morsure glacée de l'acier contre sa gorge était une menace suffisamment claire pour qu'il n'ait pas la nécessité d'expliciter les choses. Dès qu'elle s'était sentie ainsi menacée, elle s'était figée, droite et silencieuse... Elle avait un minimum de dignité tout de même... Bien que son coeur manqua un battement à cause de la surprise, elle ne ressentait pas vraiment de la peur... Son esprit était totalement focalisé sur les livres et regrettait de perdre un temps précieux à leur sauvetage. Quant à la menace que représentait cet inconnu masqué et armé, probablement rebelle cela dit, et bien... La jeune femme avait parfois un ordre de priorité assez biaisé par sa façon de se relever de ses blessures et, surtout, par ses expériences...

    Du coin de l'oeil elle vit brusquement une forme noire se jeter sur l'homme qui la tenait en respect. Elle n'eut pas le temps de dire ou de faire quoi que ce soit que le rebelle le neutralisait. Elle réceptionna en tremblant le corps inconscient de Moz entre ses bras. Si sa sécurité était un sujet qui lui était globalement indifférent, celle de ses proches avait autrement plus d'importance. Ayant fait dos à l'action, elle ne pouvait pas savoir ce qu'il avait exactement fait au pauvre animal mais celui-ci ne bougeait plus du tout.

    -Que lui avez-vous fait?

    Il n'y avait rien de geignard dans sa voix, juste une colère froide qui couvait... La seule chose qui la maintenait à peu près sous contrôle était, non pas ce simple poignard pressé contre sa gorge, le fait qu'elle avait Moz dans ses bras et qu'elle le sentait faiblement respirer... Elle ne pouvait pas se permettre de compromettre sa sécurité en agissant inconsidérément... Mais Moz était le dernier membre de sa famille, l'ami que lui avait offert son défunt mari, le seul « enfant » qu'elle n'aurait jamais. Elle supportait mal le fait que l'on puisse le blesser...

    Erwan n'eut pas vraiment l'occasion de s'inquiéter de la pointe de colère froide dans la voix de son otage puisque des adversaires certainement plus dangereux pour lui venaient de faire leur entrée. Des gardes... Bizarrement la menace que proféra le rebelle ne rassura pas la duchesse... Non pas qu'elle ait peur de lui mais plus de la publicité que cela pourrait faire à l'Empereur si jamais des gardes revenaient avec son cadavre avec l'annonce qu'un rebelle venait de la tuer. Et à la façon dont ils semblaient nerveux, elle craignait qu'ils ne soient en train de peser le pour et le contre. La perte d'une noble de peu d'importance ne serait pas une gageure s'ils parvenaient à ramener un rebelle en contrepartie. Cela appuierait encore plus le discours de l'Empereur et leur assurerait une part de gloire...

    Peut-être que son agresseur suivit la même logique mais il dut comprendre que le principe de bouclier humain et noble ne serait peut-être pas si efficace que cela sur le long terme... D'un mouvement brusque il la poussa droit vers les gardes qui n'eurent que le temps de baisser leurs épées pour qu'elle ne s'embroche pas dessus. Elle serra un peu plus fort Moz contre elle pour éviter qu'il ne soit encore plus blessé et se laissa faire... Deux gardes la rattrapèrent avant qu'elle ne chute au sol. Cela lui permit de se retourner suffisamment rapidement pour pouvoir voir le rebelle monter sur la balustrade afin de sauter dans le jardin. Jusqu'à maintenant elle n'avait pas pu le voir de face... Et quand il s'adressa elle en plongeant son regard dans le sien elle eut un coup au coeur, comme l'ombre d'un doute... Comme lorsque l'on a n mot sur le bout de la langue mais que l'on ne parvient pas à le prononcer. Ce regard et cette voix lui disaient quelque chose sans qu'elle ne puisse mettre de nom ou de visage dessus. Et c'était fort déstabilisant...

    Si la plupart des gardes se jetaient vers lui pour assister, impuissant, à sa fuite dans les jardin, l'un d'entre eux était resté auprès d'elle pour la soutenir. Il essayait de s'enquérir de son état, savoir si elle était blessée, si elle allait bien. Zeabeth supposa qu'elle devait faire un peu peur à voir. Son passage par les flammes avait laissé quelques traces noires sur son visage, le récent incident l'avait certainement fait pâlir et elle se cramponnait à Moz comme un noyé à une bouée... Sans compter ce terrible doute qui la taraudait, celui de connaître le rebelle qui venait de s’enfuir... Mais elle ne se contenta de dire qu'une seule chose...

    -Il faut aller sauver les livres du Seigneur Eolithe...

    Et si ils ne venaient pas l'aider, elle irait seule...

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youhou
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Elnor
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Mar 1 Mai - 20:47

L'artificier commenca à bouger. Il sembla se lever, parut hésiter, puis se redressa sur ses coudes. Il avait l'air faible, incapable de tenir debout. Sa tête balaya les environs, regardant le sol, puis le jardin et le chateau. Après quelques secondes d égarement, il se retourna vers moi. Je ne savais pas comment réagir. Au fur et à mesure qu'il me regardait, ses yeux avaient l'air de plus en plus emplis de colère. Peu à peu, je présentie qu'un orage allait me tomber sur la tete. Dans son dos, je voyais le payage en feu, des cris lointains s'égarant dans la nuit. J'imaginais les invités, hurlant de terreur, courant dans tout les sens pour échapper aux flammes. J'étais terrifiée par l'idée d'être la seule responsable. J'avais causé un désastre en plein milieu d'une fête splendide, provoquant la panique.
L'homme se relevais, posant un genou contre terre, gardant le dos droit. Son regard, déjà, me foudroyait. Son aspect physique me donnait l'inquiétante impression d'avoir en face de moi un psychopathe. Avant même qu'il ne commence à parler, j'étais glacée.

- J'espère que tu es contente de toi. Le feu, les cris, la panique, ça fait une superbe diversion pour tes petits amis. A moins qu'ils soient dans une zone touchée par les flammes, c'est à dire... l'intégralité de la propriété. En tout cas, j'espère vraiment qu'ils ont réussi leur coup. Un tel désastre pour rien, ça serait dommage, tu ne trouve pas ? Une tel destruction, tant de blessés... Mais j'imagine que c'est pour la bonne cause... Que la rébellion vaut bien tout ça... Parce que vous êtes rebelles, n'est ce pas ?...

Je sentais mes membres se tendre. Malgré la voix calme de l'artificier, on resentait clairement la fureur qu'il ressentait. Il me jetait un plein visage tout la responsabilité qui pesait sur moi. Tout ces blessés qui j'espérais n'avoir jamais existé apparurent soudain comme évident. Une centaines d'invités étaient dans le chateau, il y avait peu de chance que tous s'en sorte sans séquelle physique.
L'intervention des Rebelles dans son discours me glaca le sang. En effet, j'avais fait une énorme connerie. Et peut-être pour rien. Pire, je les avais jetté moi meme dans les flammes.

-...Et en plus, tu dois te prendre pour une grande justicière, qui défend la veuve et l'orphelin... Je sais pas si tu en as défendu beaucoup ce soir, mais en tout cas, grâce à toi, il sont beaucoup plus nombreux maintenant. Mais je suis pas sûr qu'ils acceptent que tu les défendes : après tout, c'est de ta faute si leur mari ou leurs parents sont morts...

Chacune de ses phrases étaient comme un poignard planté en plein coeur. Je n'avais qu'une envie, dire, crier, hurler que je n'ai jamais pensé être une grande justicière. C était faux ! Jamais je n'avais pensé ca ! Je n'y avais jamais pensé ! Je n'étais ni un assassin, ni une justicière ! Je n'étais aucun deux deux, je...

-... Ah ! Mais j'avais oublié... Ce ne sont que de vulgaires partisans, ils ne méritent pas de vivre... Suis-je bête... Finalement, même si votre "mission" échoue, vous aurez au moins débarrassé le monde de quelques uns de ces ignobles partisans... Mais j'y pense, peut-être qu'ils n'étaient pas tous partisans ? Combien de tes amis rebelles sont morts à cause de ta bêtise, à ton avis ?

C'était faux ! Tout était faux ! Il me comparait à un monstre ! Il pensait vraiment que j'étais aussi insensible ? Pire, que je me réjouisais de la mort d'un Partisans ?
Je sentais les flammes de l'incendie m'envahir. Je bouillonnais. Il disait n'importe quoi ! Il s'amusait à me provoquer ! Jamais je n'avais estimé une vie en fonction des convictions de chacun !

-...Tu n'es qu'une meurtrière, lâche et cruelle. Tu me dégoûtes.

Coup fatal. Ces mots, lachés par une telle violence, acheva ce que les phrases précédentes avaient déjà bien entamées. Ces mots, même sortis d'une personne que je ne connaissais pas, me blessait plus que tout. Je ne pouvais pas me le cacher, j avais fait une faute grave.

Une multitude de sentiments me submergeaient. La peur , la culpabilité, la colère, la honte. Autant la peur me glacait, autant la colère me brulait. J étais tirailllé, chacune de mes pensées se rencontraient. J étais entièrement perdue. Je voulais retourner en enfance. Pouvoir crier aux autres que c était pas ma faute, pouvoir pleurer toutes mes larmes contre mon père, pouvoir trouver le souient de mes amis. Pouvoir de nouveau etre innocente.
Je sentais mes yeux se brouiller. Ce coup-ci, ce n était pas les flammes. Ou du moi, pas les flammes de l incendie. J en voulais énormément à l homme qui se tenait devant moi. Il n avait pas le droit de me parler comme ca, j avais fait une connerie, mais est ce que c était en m attaquant que ca changerait quelque chose ? Surtout que je n avais pas besoin de lui pour me rendre compte de l horreur de mon geste. Je retins mes larmes, ce n était vraiment pas le moment et je ne voulais surtout pas que l artificier voir que c était lui qui m avait fait craquer. C était qu un pauvre type.

Il avanca à quatre pattes pour s appuyer contre le tronc de l arbre. Ne lui addressant aucun regard, je fixais droit devant moi, retenant ma colère. Le jardin était quasiment éteint tandis que de nombreuses personnes courraient vers le chateau, des sceaux remplis d eau. Je n avais pas envie de parler. Je n avais pas envie de lui parler. Meme si je voulais lui prouver que ce qu il avait dit était faux, mais il n avait malheureusement pas entièrement tort. Et le fait qu il avait raison m énervait tout autant que le fait qu il ai tort. J étais rester pour m expliquer, j avais désormais qu une envie : me taire. Je voulais partir aussi. Quitter ce lieu de chaos. Quitter ce personnage détestable. Mais le mieux était d aider les autres à éteindre le feu. On dit bien qu il faut réparer ses erreurs. Le problème était que si l on découvrait que j étais la responsable de l incendie, ceci ne m attirerait que des ennuis. Et puis, en avais-je encore la force ? Je venais de me trainer un ingrat sur plusieurs mètres et me trimbaler des seaux d eau ou pire, devoir prendre la fuite demandaient de l énergie que je nétais pas sure de pouvoir fournir.

- Donne-moi ton masque.

Nan mais je reve ! Il venait de me reprocher toutes les choses les plus affreuses au monde et il m ordonne de lui donner mon masque ? Et pourquoi en plus ? Il pensait pouvoir me pendre avec ca ?

- Maladie. Il ne faut pas que ma peau soit exposée à la lumière.

J hésitais. Après tout, j en avais rien à faire de ce type, il avait qu à ce coller des feuilles sur le visage, il y en avait des tonnes autour de lui ! La raison l emporta sur la colère, je suis lancais mon masque en pleine figure. Je connaissais peu cette maladie, mais elle pouvait bien expliquer ces caractéristiques physiques.
Je regardais droit devant moi, mais j étais tellement absorbée par mes pensées que je n avais pas vu un groupe de soldats se diriger dans notre direction. Ils portaient sur leur cuirasse le blason de l Empereur.
Je ne pus m empecher de me répéter tout les jurons que je connaissais. C était le comble ! L artificier allait tout leurs dire, c était sur. Après tout, c était sa voix contre la mienne.

- Qu'est ce qu'on fait ?

Je fus surprise. On ? Et moi qui pensais qu il allait leur crier de venir, tout leur raconter, les regarder m emmener. Je m étais trompée.
Ma première pensée fut de grimper sur l arbre ou l on était adossé. Il était haut et possédait de large branches. Mais je ne savais pas s il avait la force de l escalader, vu qu il avait déjà du mal à tenir debout. La seconde solution était de s enfoncer dans le bois en espérant que la troupe ne nous trouverais pas, la dernière qui était totalement absurbe était de tous les assomer. Je préférais de loins la première solution.

- Je sais pas pour toi, mais moi je monte dans l arbre.

Meme si je n appréciais pas cet homme, je lui devais l aider s il acceptait d escalader l arbre. J étais responsable de ses ennuis. Peut etre que je pouvais aussi réparer un minimum mon erreur de cette manière. Il n avait pas l air en bo état et la tache me semblait loin d etre facile.

J attrapais la première branche, et me surélevais sur elle à la force des bras. Debout sur elle, je me retournais vers l artificier pour voir s il me suivait. Il me suivait. Je prennais les plus grosses branches et m aidais des inractuosités dans le tronc pour le gravir. Mes bras me faisaient souffrir, j étais épuisée. Je me rappelais le mur de la prison que j avais escaladé il y a meme pas deux lunes. Ce tronc était beaucoup plus facile à grimper, et malgré la fatigue accumulée je n éprouvais pas beaucoup de difficultés à le gravir. Je me penchais de temps en temps pour aider Ysmael, voyant qu il était moins à l aise. Arrivée à une certaine hauteur, je m assis à califourchon sur l une des seules branches où je pouvais m assoir sans craindre qu elle ne craque. J étais à plusieurs mètres du sol, dix ou douze surement.
Le groupe d hommes était juste en dessous de nous. Ils s étaient arretés en appercevant l herbe tassée là ou j avais trainé le pyrotechnicien. Avec un peu de chance, ils partiraient croyant de l on était déjà plus là depuis longtemps.
Il fallait juste ne pas se faire repérer. Ne faire aucun bruit.

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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   Lun 7 Mai - 18:25

- EVENT TERMINE -

Merci de votre participation !
Il est temps d'aller se coucher :3

ps: si j'ai oublié vos Elys pour l'un de vos post de participation à cet Event, envoyez un MP, merci !
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MessageSujet: Re: EVENT - Bal de Printemps !   

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