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 Rencontre secrète...

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Erwan
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MessageSujet: Rencontre secrète...   Ven 2 Mar - 21:28

...
Elnor & Erwan


A cet instant précis du jour, le soleil embrasait le ciel, parant les nues d’or. Les vagues, écumantes et sauvages, défiaient cet astre, avant de mourir sur l’étendue sableuse des plages d’Orion. La ville, perchée sur la falaise, s’élevait sur un léger vallon, là où l’herbe était encore verte. Le vent s’engouffrait dans les droites ruelles et s’enroulait avec malice autour des majestueuses tours au front audacieux.
À l’est de la cité opaline s’étendaient des plaines. Le vent, faute d’arbres pour le capturer, balayait sans relâche l’étendue verte. Semblable à sa sœur la Mer des Glaces, la plaine d’Ijada était un océan de verdure où la nature,luxuriante, s’épanouissait en parfaite harmonie avec les nombreux animaux qui parcouraient ces grands espaces.

Point minuscule au milieu de cette immensité d’émeraude, un cavalier chevauchait avec fougue. Ses longs cheveux blancs fouettaient son visage basané et ses yeux argentés brillaient d’un éclat euphorique. Le bonheur des chevauchées, le sabot martelant avec cadence le sol meuble et surtout ce sentiment de filer aussi vite que le vent. Erwan savourait ces instants de béatitude où l’air frais s’engouffrait dans ses poumons, le rendant plus que vivant.
Soudain il nota les flancs transpirant de son destrier et son souffle saccadé. Jugeant meilleur de ménager sa monture, il ralentit fortement son allure. De toute façon il n’était plus très loin d’Orion et sa mission n’allait débuter que dans quelques jours.
Il avait reçu durant la semaine précédente une missive, codée bien sûr, d’un de ses dirigeant de la Rébellion. L’information que lui et que son équipe avait été chargée d’une nouvelle mission. Il n’y avait pas d’autres informations, en cas d’interception de la lettre. Il avait donc « rendez-vous » dans un des nombreux lieux de ralliement des Rebelles, demain à la tombée de la nuit.
Il sortit des ses réflexions lorsqu’il passa sous l’imposante entrée de la rue principale d’Orion. Les routes pavées, étaient pleines de monde, autant de marchands que de voleurs. Il bifurqua à gauche et s’engouffra dans une étroite ruelle. Tournant à nouveau, il déboucha dans une jolie cour intérieure. Le sol pavé de motifs, laissait place dans un coin par un imposant chêne. Cet arbre centenaire projetait son ombre sur les murs blancs d’une large bâtisse.

Il laissa son cheval dans les écuries et entra dans l’auberge « Le Canard Argenté ». La salle était éclairée par de larges fenêtres et une vingtaine de tables entourées de chaises étaient disposées dans la pièce. Appuyés contre le mur droit, une dizaine d’hommes parlaient joyeusement, riant bruyamment et buvant sans retenue. Ils étaient tous bien bâti et leur peau basané offrait une ressemblance troublante avec Erwan. Ils portaient tous l’armure de fer typique des Delthénas et de nombreuses armes, toutes plus pointues les une que les autres, pendaient à leur ceinture.


- Alors Erwan, elles étaient pas assez belles les filles de Kepleis ? Que viennent faire ton canasson et ta grande gueule à Orion ?

L’homme qui venait de parler devait avoir vingt-cinq ans. Ses cheveux bruns foncés en bataille entouraient un visage aux pommettes saillantes et ses yeux, d’un vert éclatant, riaient d’une malice mal dissimulée. Soudain et sans sommation, il tira une longue épée de son fourreau et l'attaqua.
Avant même que la lame n’est atteint la moitié de son parcours, Erwan avait dégainé ses deux sabres dans son dos et arrêta dans un bruissement d’acier la lourde épée. Ses fins sabres semblaient dérisoires face à la masse imposante de l’arme. Ils luttèrent, essayant de faiblir leur adversaire. Soudain le Guerrier se dégagea, feinta et accomplit une botte particulièrement difficile pour tenter de désarmer Erwan. Sa lame rencontra un sabre. Et avant qu’il eut pu tenter une nouvelle attaque, le second sabre fila droit vers sa gorge, s’arrêtant à quelques millimètres.

- J’oublie toujours que tu as deux lames ! Tu es le Guerrier le plus perfide, le plus vicieux et le plus déloyal que je n’ai jamais connu !


Erwan ôta ses lames de sa gorge et les rangea avec soin dans leurs fourreaux. Il s'approcha de l'homme et lui lui tendit la main qu'il serra fermement.

- Tu m’as presque manqué toi et ta cervelle de moineau ! Alors Anthil, on dirait que je vais devoir te supporter encore quelques jours !
- Tu l’as dit faux frère ! On va faire bouffer le sol à quelques Partisans ! »


Il éclata de rire, rapidement suivit par les autres Guerriers. Erwan s’assit, commanda une bière et sourit intérieurement. Ils étaient tous là, ensembles, et il avait à ce moment le sentiment profond d’appartenir à sa deuxième famille, les Delthéna. Unis pour la liberté d’Elysphère. Invincibles.
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Elnor
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Dim 4 Mar - 21:13

Orion. Capitale économique. Là où tout les brigands y trouvent leur place, là où toute personne peut y trouver se qu'il veut. J'étais arrivée dans cette ville il y a trois jours déjà. Ma période étudiante avait touché sa fin ; j'étais en vacances pour un peu plus d'une semaine. Habituellement, je profitais de mes quelques moments de temps libres pour voyager. Je parcourais Elysphère, visitant les villes, traversant les montagnes, les deserts, les mers...J'étais comme libre ! Il m'étais même arrivée de rester une semaine sur les îles du Pantanal sous ma forme de panthère. Pourtant, j'allais rarement revoir mes parents. Ma soeur travaillait non loin de Véga depuis trois ans, or, je n'étais jamais allée lui rendre visite. C'est surement comme ça pour la plupars les Nirtémis, dès l'âge adulte, on quitte définitivement le foyer famillial.

Je balayais mes pensées pour me consentrer vers mon objectif : rejoindre l'auberge du «canard argenté». Orion était une belle ville, certe, mais un vrai labyrinthe. Les ruelles s'entrecoisaient, coupées quelques fois par de larges artères et l'arrivée de la nuit ne me facilitait pas la tâche. J'étais venue ici trois jours avant la date prévu du rendez-vous. Je voulais visiter la ville, parcourir les différents quartiers, découvrir le grand marché noir qui fait la mauvaise réputation d'Orion. Malgré ses côtés sombres, Orion affichait une image qui imposait l'admiration et je ne pu m'enpêcher de penser à une oeuvre de Marcel Storr.

Le but principal de ce voyage était principalement pour une mission Rebelle. Les liens entre Rebelles d'Orion et d'Altaïr n'étaient pas très fort et restaient à être consolidé. De nombreux rapports étaient échangés entre ces deux villes qui représentaient respectivement, le Nord et le Centre d'Elysphère. Aujourd'hui, mon rôle était donc ça : je devais faire l'estafette. Le conseil me désigna pour plusieurs raison. La première était que je voulais le faire. La seconde était que, voyageant beaucoup, je ne risquais pas d'attirer la curiosité de certaines personnes qui aiment fourrer leur nez partout. De plus, dû à mon caractère, je savais faire preuve de discrétion. C'est le chef de coalition de la capitale qui avait tranché. Yupa m'avait pris sous son aile et m'avait appris à développer mes capacités Nirtémis. Il était donc évident pour lui de me faire confiance, même s'il fallait l'admettre, il me connaissait peu, car non seulement ils étaient des amis proches, mais les décisions de Yupa n'était pas de celles dont on pouvait douter. J'avais réussi à appartenir au conseil grâce à lui malgré l'opposition de la plupart : «trop jeune» «pas assez digne de confiance» «peu d'expérience». Au début, je remplissais quelques petites missions et participais aux différentes réunions du conseil. Au bout d'une semaine, je compris pourquoi Yupa avait occupé ce poste. Il aurait pu facilement être le chef de coalition, mais il avait préféré rester dans l'ombre. Dans le conseil, il pouvait participer aux décisions tout en se fondant dans les autres membres. Un choix calculé. Efficace. Mon nouveau rôle dans la rébellion me tenait à coeur, et savoir que désormais, tout les membres du conseil avait accepté que je parte pour Orion montrait que j'avais gagné leur confiance, mais pas forcément leur sympathie.

Je poussais la porte de l'auberge. J'étais en avance de quelques minutes pour mon rendez-vous. Sur ma droite, des hommes dont on sentait les muscles rouler sous la peau discutaient bruyamment et buvaient d'énormes chopes de bière. A leur ceinture se glissait des armes, toutes aussi impressionnante que les autres. Des armes, que j'aurais été incapable de soulever, même à deux mains. Mis appart eux, l'auberge comptait peu de client. Trois-quatre hommes tout au plus. Mes seules informations étaient de retrouver un groupe Delthéna, dont l'un d'eux détenait le fameux rapport que je cherchais. Lorsque j'avais demandé comment les reconnaître, j'ai eu le droit à une seule phrases : "Oh, ça, tu ne pourras pas les rater !". En effet.
Je m'approchais alors du groupe qui parlait joyeusement lorsque l'un d'entre eux cria entre deux rires:

« - Alors ! Que nous fait Erwan ? Il aime se faire attendre, celui-là !

Il manquait donc encore un homme au rendez-vous. Je décidais de m’asseoir une tables derrière les Delthéna, le temps que le dernier arrive. Je me fis servir une tasse de limonade tout en écoutant la discussion de ceux qui étaient devant moi. Ils échangeaient des tirades, se lançaient des piques, riaient aux éclats. De temps à autre, ils se donnaient l'accolade avec une telle puissance qu'à leur place, j'aurais fini étalée contre le sol. Ils n'étaient pas très discret, mais ça ne leur faisait pas totalement défaut. Après tout, qui pourrait croire que des personnes riant autour d'une table étaient en réalité des ennemis de l'Etat ? Soudain, un homme entra. Habillé d'une armure et bronzé, il s'avança vers le groupe de guerriers.

- Alors Erwan, elles étaient pas assez belles les filles de Kepleis ? Que viennent faire ton canasson et ta grande gueule à Orion ?

Une provocation qui eu un retentissement sonore. L'auteur de la tirade dégaina une épée...avant d'être stoppé dans son élan par deux fine lame. Les deux guerriers opposèrent leur force quelques secondes avant que l'un ne tente une botte et se retrouve, un sabre à un centimètre de sa gorge.

- J’oublie toujours que tu as deux lames ! Tu es le Guerrier le plus perfide, le plus vicieux et le plus déloyal que je n’ai jamais connu !

Le fameux Erwan rangea ses armes avant de serrer la main de son ami.

- Tu m’as presque manqué toi et ta cervelle de moineau ! Alors Anthil, on dirait que je vais devoir te supporter encore quelques jours !
- Tu l’as dit faux frère ! On va faire bouffer le sol à quelques Partisans !


Ah ! Les joutes verbales des guerriers ! Quelle poésie ! Et quelle finesse !
Je me décidais enfin à m'incruster dans la discussion. Il fallait faire preuve du même vocabulaire que ces Delthéna et surtout, savoir s'affirmer, car j'étais la seule fille et surement plus jeune que ces hommes. Avec souplesse, je me relevais de ma chaise pour les rejoindre. Adoptant leur attitude, je me glissa dans le groupe avec assurance.

- Salut les mecs ! Je suis du rendez-vous moi aussi !»

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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Mar 6 Mar - 20:54

- Salut les mecs ! Je suis du rendez-vous moi aussi ! »

Cette voix, qui s’était introduit avec fluidité dans le cercle de Guerriers appartenait à une jeune fille.
D’une vingtaine d’année, la taille svelte et le corps élancé, elle portait un justaucorps de cuir recouvert d’une veste en daim aux bordures de fourrure. Son pantalon de lin, souple, semblait flotter autour de ses jambes que l’on devinait musclées en finesse, tout comme le reste de son corps. Les regards intéressés des Guerriers allaient et venaient sur ses formes ainsi mises en valeur, sans pouvoir effacer une certaine lueur de cupidité. Erwan lui, avait les yeux fixés sur les éclats d’or de ses yeux verts : il y reflétait une volonté farouche et déterminée. La grâce et la démarche avec laquelle elle s’était approché d’eux laissait deviner qu’elle appartenait sûrement à la caste des Nirtémis. Il tourna la tête vers Anthil qui lui aussi ne s’était pas arrêté au physique séduisant de la jeune fille et souriait malicieusement. Le mot « rendez-vous » ne les avait pas laissés indifférent : c’était leur intermédiaire avec la Rébellion.

- Il me semble que tu devrais avoir une petite discussion avec cette demoiselle, n'est-ce-pas Erwan ?

N'importe-qui aurait pu procéder à l'échange des informations, mais il fallait que ce soit Erwan. De part son statut de chef du groupe,il ne pouvait contredire ses ordres. Pourtant Anthil connaissait très bien son caractère. A en voir le sourire qui ne l'avait pas quitté depuis son arrivée, il allait faire exprès de le choisir lui car il adorait le mettre dans des situations gênantes. Et parler à une fille devait bien être en début de liste. Erwan accompagna donc la jeune fille vers la table et s'assit en face d'elle, tout en grommelant lorqu'il passa à côté d'Anthil :

- Je te jure que je te le ferais payer, sale traître... Tu vas te manger un mur... tu le verras pas arriver...

Les rires moqueurs et jaunes des autres Guerriers lui faisait perdre le peu de confiance qui lui restait encore.
Erwan essuya furtivement ses mains sur son pantalon de lin et sortit nerveusement de sa poche un parchemin. Il le tendit vers la jeune fille, en évitant bien soigneusement de la toucher. Parce-que sinon, il allait devenir tout rouge. Un Guerrier. Tout rouge. Vous voyez le tableau.
C'était une ancienne recette de cuisine, qui, lorsque l'on échangeait certaines lettres, offrait un code parfait pour y glisser des informations. Elle était utilisée en de nombreuses occasions par la Rébellion, parmi d'autres textes d'apparence anodine. Erwan savait très bien de quoi il s'agissait, il l'avait lu de nombreuses fois avant d'arriver. Le contenu apportait une information cruciale : le nombre de Guerriers que le Seigneur Sil'Fear pouvait mettre à la disposition de la Rébellion. Pourtant cette information avait d'autres conséquences : il fallait absolument fortifier les liens entre les Rebelles, et spécialement entre les personnes de différentes castes. Donc l'arrivée massive d'hommes pourrait premièrement donner des soupçons aux espions de l'Empereur mais aussi apporter des tensions du fait du nombre important de Delthénas, caste très fière qui acceptait peu de se faire marcher sur les pieds. Il fallait donc mettre tout cela au point avec le Conseil Rebelle et cette jeune fille était là pour ça.

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Elnor
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Jeu 8 Mar - 22:17

Tout les guerriers étaient tournés vers moi. Ils semblaient m'étudier de la tête aux pieds, comme un animal rare, fascinant. Je me sentais dévisagée, presque déshabillée par leur regard. Une sensation désagréable montait en moi. Je ne supportais pas être le centre de l'attention. Surtout face à des personnes dont les yeux brillaient avec une telle ardeur que j'avais l'impression affreuse d'être une proie à la merci des chasseurs.
Sans me démontrer, j'essayais de paraître normale, de faire comme si de rien n'était.

- Il me semble que tu devrais avoir une petite discussion avec cette demoiselle, n'est-ce-pas Erwan ?

Anthil qui devait surement diriger le groupe avait lancé cette phrase avec une sourire large provoquant chez le nouvel arrivant un mélange entre l'agacement et l'inquiétude. Il me désigna une table et s'assit face à moi non sans avoir murmuré quelques mots à son ami. Des mots que je ne compris pas, mais qui provoqua un rire dans tout le groupe. Erwan me tendit un vieux parchemin.
Contrairement à ses camarade, il avait l'air plus distant, le différenciant de leur attitude sans gêne. Ses cheveux blancs contrastaient avec sa peau hâlé. Sous ses vêtement se devinait un corps musclé qui aurait pu rendre hystérique de nombreuses filles, mais j'avoue que je n'étais pas de celle-ci. Ses yeux d'un gris glace semblaient m'éviter. Néanmoins, je ne pouvais dire qu'il n'était pas impressionnant. Décidément, cet homme se comportait de manière étrange.

J'ouvris le parchemin, sachant que se serais un texte à déchiffrer. Les Rebelles aimaient bien les mots de passe, les énigmes et autres pour s'assurer de la véritable identité de leur interlocuteur. En gros, c'était des paranoïaques. Cette attitude était compréhensible vu le statut qu'occupait la Rébellion devant l'Empire. Si un maillon était découvert, le reste de la chaîne risquait d'être lui aussi décelé.
Un sourire naquit sur le bout de mes lèvres. Le parchemin de m'avait tendu le guerrier était une recette de cuisine. Je l'imaginais facilement, une arme à la main en affrontant les ennemis les plus redoutables, mais l'imaginer avec une recette de cuisine dans sa poche était totalement inattendu. Amusant même. Surtout que c'était une recette de charlotte au tiramisu. C'est fous tout se qu'on peux faire avec une recette de pâtisserie !
Je sortis un crayon d'une de mes poches de poitrine et un petit carnet pour élucider le mystérieux code. Le chef de la coalition m'avait expliqué comment le déchiffrer : chaque deuxième mot de chaque lignes étaient à assembler pour former une phrases. J'entrepris alors de m'attaquer à cette recette de cuisine, ignorant le groupe de Delthéna qui continuait à discuter bruyament. Lorsque je commençais le paragraphe sur les ingrédients, une liste de chiffres apparue sur ma feuille blanche. Quand j'attaquais à la partie sur la préparation, je su que mon code final aurait plus un sens culinaire qu'autre chose. Mon résultat me paraissait étrange, mais il fallait surement l'interpréter.

6810 batteur agrémenté d'un fouet seront amenez à l'extérieur de la neige.
Tout 2 récupérez l'ingrédient à crème à 3 heures


Ils étaient possibles que les "6810 batteurs agrémenté d'un fouet" soient des guerriers équipés militairement, tandis que "amenez à l'extérieur de la neige" signifierait qu'ils seraient envoyé par le Seigneur de Sil'Fear car la neige se trouvait principalement dans les montagnes de Kepleis. La suite était en revanche difficile à comprendre. La seconde phrase semblait parler de peux personnes, mais la question était : Qui ? Si cela la concernait, il fallait alors trouver la signification de "crème". Une rue ? Une boutique ? une auberge ? A moins que ce soit une personne ?
Je décidais montrer mes deux phrases au guerrier en lui présentant mon carnet.

- Alors, est-ce juste ? Je pourrais enfin avoir cette lettre ?

Mon ton était quelque peu insolent, mais le temps que m'avait mis cette recette à déchiffrer et ces mystères qui s'accumulaient commençais sérieusement à m'agacer. A aucun moment le chef de coalition ne m'avait parlé de ses deux personnes devant récupérer "l'ingrédient". Peut être était-ce une précaution de plus pour que je ne puise rien dire si je me faisais attraper par un de ces espions de l'Empire... Surement même.
Après que l'homme ai lu, je lui désignais la deuxième phrase que j'avais écrite.

- Qu'est-ce-que ça veut dire ?

Je déchirais ensuite la page où se trouvait ces quelques mots pour la déchirer à nouveau en plein de petits morceaux. Il ne restait aucune preuve du code. Un code qui m'apportait une information cruciale que je ne devait oublier et qui me donnerait la possibilité de récupérer la lettre que je devais remettre au conseil d'Altaïr. Je ne devais pas l'ouvrir à un seul moment de mon voyage et c'était bien mon intention, mais l'idée de posséder une lettre comportant des information importante ne pouvais qu'attiser ma curiosité. Cependant, une mission était une mission et il fallait en respecter les règles.
Je repensa aux quelques mots que j'avais gravé dans ma mémoire tout en songeant à la signification de la seconde phrase:

60810 batteur agrémenté d'un fouet seront amenez à l'extérieur de la neige.
Tout 2 récupérez l'ingrédient à crème à 3 heures

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Erwan
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Dim 11 Mar - 16:00

Concentrée sur la « recette », la jeune fille fronçait les sourcils, butant certainement sur certains mots. A en juger le grattement du crayon sur son carnet, elle avait presque terminé de résoudre le code. Il y avait maintenant peu de chance qu’elle soit une Partisante ou une espionne de l’Empereur. Parfait. Cela aurait été très embêtant pour Erwan de se retrouver avec une Partisante à éliminer. Surtout qu’il s’agissait d’une jeune femme. Il soupira de soulagement mentalement et leva la tête lorsqu’elle lui tendit son carnet. Il le prit un peu trop vivement à son goût, mais il lui était impossible de prendre ce carnet délicatement sans trembler un peu des mains. Décidément il détestait son caractère. Erwan avait toujours l’impression d’être un jeune adolescent qui ne savait maîtriser ses sentiments.

- Alors, est-ce juste ? Je pourrais enfin avoir cette lettre ?

Toujours ce ton insolent. C’était étonnant la manière dont elle lui parlait. Il se retint de lui répondre que, étant plus âgé, elle lui devait au moins le respect et qu’il étaient du même camp, mais il ne dit rien. Sa phrase se serait transformée en balbutiement incompréhensible. Il n’avait jamais était doué pour parler. Alors valait-il mieux ne pas réagir et se taire, elle se calmerait peut-être.Il se reprit et lut sans mal le code qu’elle avait déchiffré à la perfection. Elle avait sûrement compris la première phrase du code qui expliquait ce que la lettre contenait. Pour ce qui est de la deuxième par contre, c’est d’autant plus compliqué qu’il s’agissait d’une information différente et qui n’avait aucun rapport avec la phrase précédente. Vu que cette jeune fille semblait pressée d’en finir il essaya d’être le plus concis possible. En premier lieu, il lui tendit la lettre cachetée que son père, le Seigneur Sil’Fear, lui avait donnée avec l’ordre formel qu’elle ne soit pas ouverte durant l’échange. Erwan la lui tendit en répétant les recommandations mots pour mots de son père, comme apprises par cœur:

- Elle ne doit être en aucun cas ouverte et doit être donnée en main propre au Chef du Conseil. Je présume qu’il est inutile de vous répéter qu’elle ne doit jamais tomber dans les mains des Partisans. Vous êtes une Rebelle, je compte sur votre discrétion, cette lettre est cruciale pour le combat que nous menons.

Tandis que la jeune fille rangeait soigneusement la lettre dans une poche dissimulée dans la doublure de son manteau, il réfléchissait à la manière de lui expliquer de façon concise et précise l’explication de la seconde phrase. Il souffla discrètement, ferma les yeux et se lança. Il par la d’une voix neutre, n’exprimant aucunes émotions :

- Il y a trois semaines, un duo d’espion Rebelle a été chargé d’une mission. Vous savez sans doute qu’un duo d’Espion Rebelle est essentiellement composé d’un Delthéna et d’un Nirtémis : Le Delthéna assure les arrières et élimine ceux qui pourraient interférer la mission et un Nirtémis qui s’occupe d’infiltrer un lieu précis. On appelle ce Duo en langage codé l’ingrédiens de la réussite ou plus simplement l’ingrédient. Cette mission avait donc pour but de récupérer des documents chez un seigneur Partisan. Il s’agissait d’un mouvement de soldats de l’Empereur anormal et sans réel motif. Pour plus de sûreté, le Conseil Rebelle avait donc chargé un Duo de récupérer ces documents. Malheureusement la mission s’est mal passée. Alors qu’elle se déroulait comme prévue, la Delthéna a fait l’erreur de vouloir en finir le plus rapidement possible et sûrement par fierté, elle a essayé d’éliminer un garde qui l’aurait été plus facile par le Nirtémis. Cela fait, l’homme a eu le temps de crier avant qu’il ne soit mis hors d’état de nuire. La garde a rappliqué et après un combat acharné qui a fait 4 morts du côté adverse, ils ont été désarmés et emmené en prison. Le jugement fut sans appel : crime d’état contre l’Empereur et ses représentants, ils ont été condamnés à mort. L’exécution a lieu dans deux jours. C’est donc pour cela qu’il faut les délivrer avant l’heure fatale. La prison se situe près du quartier des marchands, réputés pour ses boulangers, pâtissiers et fromagers : le quartier des crèmes. Pour ce qui est du reste de la phrase, ce sera plus facile à comprendre. J’espère que vous êtes matinale.»
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Elnor
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Mer 14 Mar - 21:03

Le jeune guerrier me tendit l'enveloppe avant de me donner quelques recommandations, que je savais déjà, soit-disant passant.

- Elle ne doit être en aucun cas ouverte et doit être donnée en main propre au Chef du Conseil. Je présume qu’il est inutile de vous répéter qu’elle ne doit jamais tomber dans les mains des Partisans. Vous êtes une Rebelle, je compte sur votre discrétion, cette lettre est cruciale pour le combat que nous menons.

Je rangeais soigneusement la lettre dans la doublure de mon manteau tout en écoutant le jeune homme m'expliquer la signification de la deuxième phrases du code. On ne m'avait jamais dit que j'aurais à faire une mission aussi importante. Le chef de coalition devait être le seul du conseil à être au courant, sinon il était sûr que tous s'y serait opposé. Il m'avait laissé une chance de faire mes preuves et je devais la prendre. Pourtant, cette responsabilité me paraissait improbable, comment pouvait-il me faire aussi confiance ? Cet homme mettait entre mes mains la vie de deux personnes !

...J'espère que vous être matinale.

Le Delthéna me vouvoyait. J'avoue que j'étais peu habitué à ce que l'on m'appelle de cette manière. Je n'avais que vingt ans, et pourtant, j'avais subitement l'impression de frôler la quarantaine. Je suppose que l'homme n'avait pas du tout pensé à cela et que c'était sûrement qu'une simple formule de politesse. Sa manière de s'exprimer ressemblait à un texte appris par coeur. Il allait falloir que je l'écarte de sa justesse professionnelle si je ne voulais pas m'endormir d'ennuie avant la mission.

Je sortis ma montre à gousset d'une de mes poches de pantalon. Il était près de 22h. Il restait donc environ 5h avant la petite excursion. 5h pour préparer un plan alors que je ne connaissais aucunement le lieu où se passait la mission. J'avais dans mon manteau, une carte d'Orion comme toute bonne voyageuse. Cette carte pouvait m'être grandement utile. Je levais la tête pour regarder le guerrier droit dans les yeux. Si l'on devait faire une mission ensemble, mieux valait qu'on la prépare ensemble. Mais pour cela, il fallait être discret et ne pas se faire remarquer. Cette auberge avait beau être peu fréquentée, je redoutais quelques oreilles indiscrètes. Le groupe de guerriers ne faisaient plus attentions à nous, trop occupé à boire leur bock mais les autres clients ne m'inspiraient pas confiance. Un sourire narquois illumina mon visage.

- Monsieur l'Aubergiste ! Auriez-vous une chambre pour deux amants égarés ?

Je prenais un malin plaisir à décontenancer le Delthéna. Il était trop strict, trop professionnel. C'était de toute manière la façon la plus efficace pour détourner l'attention. L'aubergiste d'approcha de la table avec un large sourire.

- Bien sûr, ma p'tite dame ! Voici la clef d'une de nos meilleures chambres ! Amusez vous bien !
- Merci beaucoup.


L'aubergiste nous indiqua la chambre et me laissa la clef. La pièce était simple. Un lit entouré de deux tables de nuit trônait au centre. Une énorme couette d'une propreté un peu suspecte laissait imaginer à quel point les nuits pouvaient être fraîches au nord d'Elysphère. Un petit bureau à l'aspect fatigué se tenait frêlement contre l'un des murs. Apprêt avoir fermé la porte de la chambre à double tours, je sortie ma carte pour l'étaler sur le lit. Je me mis à marcher autour du lit, réfléchissant à un plan.

- Bon, où se trouve le lieu de la mission ?

La ville était grande et assez mal famée la nuit. Le quartier des marchands se trouvait non loin du lieu où l'on se trouvait, pourtant, il n'était écrit nul part où se situait la prison. Bon, il était logique que tout voyageur ne viennent pas visiter une ville pour sa prison, mais ce lieu était néanmoins relativement important.
J'espérais qu'à trois heure, les rondes soient moins nombreuses. Statistiquement, les gardes étant plus fatigués, il y aurait de forte chance que leur vigilance soit nettement plus faible. Ceci ne retirait pas la difficulté. Les portes devaient être peu nombreuses pour empêcher toute possibilité d'évasion tandis que les prisonniers estimés les plus dangereux étaient souvent gardés dans les sous sols.

- On peut se tutoyer ?

Sans attendre de réponse, j'enchainais.

- Sais-tu dans quelle cellule se trouvent le Duo ? Aurais-tu une carte de la prison ?

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Erwan
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Dim 18 Mar - 9:50

Quartier Sud d’Orion, à l’est de la Grande Prison Impériale.
Le ciel d’un noir d’encre était parsemé d’éclats de lumière. La lune, pâle de lumière, éclairait timidement la ville d’Orion, plongée dans une obscurité lugubre. Un léger vent faisait s’envoler les feuilles rouillées des arbres endormis. Tout paraissait calme. Pourtant un léger bruissement se fit entendre. Quasi-imperceptible, c’était le son du métal qui glisse avec fluidité dans son étui. Rasant les murs, deux silhouettes avançaient avec fluidité dans la pénombre. Elnor, grâce à son odorat sur-développé, ouvrait la marche, s’arrêtant régulièrement pour humer l’air et vérifier que personne ne les filaient. Erwan, lui fermait la marche, observant avec précision le moindre détail, l’enregistrant dans sa mémoire au cas où ils feraient une mauvais rencontre et devraient se battre. Toujours connaître les moindres possibilités du milieu de combat, c’était une des règles d’or auquelle il obéissait scrupuleusement. Observant à la dérobée sa partenaire de Duo, Erwan était sidéré par sa démarche. Elle ne marchait pas, elle semblait voler. Ses pas étaient légers, précis et ne faisaient aucun bruits lorsqu’ils se posaient au sol. Une démarche féline et gracieuse que beaucoup devaient lui envier. Il n’y avait pas de doute de toute façon : c’était une Nirtémis et, à en voir sa démarche, son animal de transformation devait être un félin ou un canidé. Lorsqu’elle se retourna vers lui pour lui chuchoter que la voie était libre, il remarqua que ses yeux avaient changé. Non pas qu’ils aient changé de couleur, mais ils paraissaient moins verts, plus dorés. D’un doré sauvage et éclatant. Il vérifia une dernière fois que son arme coulissait avec fluidité dans son étui et se remémorer pour la centième fois le plan.
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Lorqu’elle l’avait regardé avec son sourire narquois, il ne pu s’empêcher de soupirer intérieurement en attendant de nouveaux ennuis qui allaient lui tomber dessus. Et lorsqu’elle demanda une chambre pour deux amants « égarés », il faillait recracher la gorgée de bière qu’il venait d’avaler ! Il mit sa tête dans ses mains, inspira un bon coup et la releva. Génial. En même temps, il est vrai que cela leurs procurait une couverture parfaite pour de potentiels espions, mais le coup des amants, c’est un peu trop fort à son goût. Qu’importe, il fallait faire avec. Lorsqu’ils arrivèrent dans la chambre, la jeune fille prit ses aises, s’étala sur le lit en déroulant une carte d’Orion. Alors qu’il allait lui répondre quant au lieu où se trouvait la mission, elle lui demander le plus simplement du monde si ils pouvaient se tutoyer. Erwan avait plus l’habitude de tutoyer les personnes qu’il connaissait beaucoup, mais bon, ils allaient quand-même former un Duo. Il fallait donc resserer les liens entre eux pour permettre une complicité indispensable à la parfaite réussite de la mission. Il aquiesta brièvement et s’assit en face d’elle sur le lit. Il désigna donc le quartier sud d’Orion, dans un périmètre de 3 kilomètres autour de la Prison. Quant au lieu précis de leur incarcération, c’est une autre paire de manche : La Prison Impériale possédait une particularité étonnante qui complexifiait la mission : en effet si même on arrivait à s’introduire dans la prison, les cellules ne communiquaient pas par un couloir central mais par de nombreux dédales, codifiés avec précision et où seuls les gardes pouvaient s’y retrouver. Il fallait aussi connaître les codes pour déverrouiller les nombreuses portes qui jallonnaient les couloirs. Une infiltration de l’intérieur était donc impossible. Il fallait donc y entrer par une autre voie extérieur. Sa situation géographique confrontait à de nouvelles difficultées : en effet la Prison était entourée de larges douves, d’une double enceinte et des gardes surveillaient du haut des 8 tours de la Prion toute allé et venue.

Une seule solution existait pour parvenir à franchir ses obstacles et pouvoir délivrer le Duo prisonnier : La voie des airs. La Rebellion possédait de nombreuses petites raretées aussi chères que uniques qui allaient résoudre ce problème. Inventé et perfectionné depuis quelques années par les Mécaniciens Rebelles, l’Albatros leur permettrait d’atteindre les cellules sans difficultés. C’était une machine composé de toiles et de métal qui, grâce à de nombreux mécanismes, permettait de voler durant un certain temps. Il présentait de nombreux avantages de part sa légèreté qui assurait une liberté de mouvements et aussi car il était pliable, très pratique lorsque l’on voulait le cacher dans un sac. Seul inconvénient : il fallait être positionné à un point d’une hauteur supérieure au point d’arrivée voulu. Il suffisait donc de s'élancer de l'une des tours. Ces problèmes résolus, ils pouvaient commencer à élaborer un plan :

- Nous longerons cette ruelle au sud de la Prison. À partir d’ici, il faudra passer les douves en évitant de se faire repérer par les gardes et ainsi se faire tirer comme des lapins. Puis nous escaladerons donc l’enceinte Sud jusqu’à la 7ème tour. De ce point, nous pourrons enclencher l’Albatros et atterir ainsi sur le toit de l’aile droite de la Prison, puis entrer par une petite cheminée pour déboucher dans le 87ème couloirs. D’ici il suffira de le longer jusqu’à arriver à la cellule 657, lieu où est enfermé le Duo. Pour ce qui est des différentes portes d’accès et de la cellule, il faudra les forcer, mais en douceur.

Le plan était complexe, très complexe. Mais c’était la seule solution pour les délivrer. Ils discutèrent encore sur quelques points du plan puis allèrent se coucher.

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Ils allaient déboucher face à la Prison dans quelques minutes. Lorsqu’il se trouvèrent face aux douves verdâtres, il surent qu’ils étaient arrivés. L’odeur qu’il résultait de cette eau en stagnation laissait à Erwan une furieuse envie de vomir. Il enleva rapidement sa lourde cape et sa veste qu’il déposa dans un sac où étaient rangés les Albatros. Puis il enleva avec regrets sa chemise de lin, dernier rempart devant le froid mordant.
S’il fallait être mouillé, autant l’être le moins possible. Erwan hôcha brièvement la tête et s’élança dans l’eau en un plongeon silencieux.
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Elnor
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Mer 21 Mar - 21:22

Le plan avait été fait de manière rapide et efficace. L'idée de l'Albatros ne m'emballais pas trop, mais il fallait admettre que c'était la seule solution. Je devais faire avec.

Les Douves.
Il y régnait une puanteur à peine imaginable. Les murs puaient la moisissure, l'eau puait la putréfaction, l'air puait le désespoir. Les odeurs que dégageait la prison étaient infernale, insupportable.
Je retirais mon manteau en frissonnant et le cacha sous un tas de fumier. Personne ne pourra se douter que quelqu'un est passé, et je pourrais le récupérer mon expédition terminé. Bon, il fallait l'admettre, c'était surtout pour la deuxième raison que je faisais cela. Mais j'avais de bonnes raisons : il était super beau et tenait très chaud.
Je sautais au-dessus du muret de pierre qui créait une barrière entre la ruelle est la prison. L'eau s'écarta légèrement sur mon passage dans un flot discret.
Elle était froide. Très froide. Glacée. Mon corps était pris dans un étau gelé, presque brûlant. Je serrai les dents et entrepris de suivre le Delthéna. Il avançait rapidement, ses bras puissant fendant silencieusement la surface de l'eau .
Les derniers mètres furent interminables, je me sentais vidée. Cent fois je crus défaillir, cent fois je réussis à poursuivre. Lorsque j'arrivais sur la masse rocheuse qui formait le socle de la prison, j'étais à moitié morte. Mon corps était endolorie par le froid et pourtant, j'étais tellement fatiguée que je ne le sentais plus.

Mais rien n'était fini, au contraire, la traversée n'était qu'un avant goût de ce qui nous restait encore à faire : escalader la muraille. Rendue glissante par l'humidité et la mousse qui s'y développait, elle semblait infranchissable. Je pris de longues bagues en forme de crochets accroché à ma ceinture. Yupa me les avaient offertes pour « que tu puises escalader toutes les frontières même si tu ne sais pas encore user de tes vraies griffes ». Et quelle frontière !
Avec souplesse, je m'élançais dans l'ascension du mur. Les anfractuosités étaient faciles a trouver mais elles restaient dangereuses à prendre. A tout moment je pouvais glisser, tomber. Mon regard se dirigea inconsciemment vers le sol. Il suffisait qu'une prise m'échappe et je percutais la roche, me brisant les os. Au mieux, je retombais dans l'eau et je remontais tout. A ces deux idées, un frisson s'empara de moi. Et une certitude évidente : je ne devais pas tomber.
Concentrée sur mon ascension, je ne me préoccupais pas d'Erwan. Je le sentais proche, mais je ne pouvais dire où il était exactement.

Lorsque j’atteignis le haut de la muraille, je dû la longer pour rejoindre la tour. J’avançais tranquillement, un pas devant l'autre, comme un funambule. Je me souvins alors des moments de mon enfance où j'escaladais les petits murets qui entouraient les coins de certaines rues pour délimiter la zone passante et celle des véhicules. La situation était totalement différente, et pourtant, tellement similaire. Je n'étais jamais tombée quand je marchais sur les murets, alors pourquoi devrais-je tomber sur une muraille à plusieurs mètres de hauteur ? J'étais pleinement confiante et je savais que cette étape était la plus facile. Mon sens de l'équilibre était assez développé pour que je sache que je n'avais rien à craindre.

La muraille longée, je repris mon ascension. S'agripper par la force des bras était de plus en plus éprouvant. La pierre était de plus en plus polie par le temps. Le froid claquant contre les vêtements mouillés étaient de plus en plus mordant. La fatigue, de plus en plus redoutable. Je ratais ma prise. Glissa. Prise d'effroi, je me plantais mes crochets dans la pierre. Une longue rayure se grava sur la tour avant que je sois subitement stoppé par les griffes. Elles s'étaient coincées dans une anfractuosités. Je replaçais alors rapidement mes pieds pour retrouver mon équilibre.
A aucun moment je n'avais crié. La peur m'avait coupé la voix, mon souffle était saccadé, mes jambes tremblantes. Comment pourrais-je pour sortir de cette prison si je dois à nouveau gravir les murailles ? Aurais-je une chance de ne pas me fracasser le crâne contre les dalles gelées de ce terrifiant bâtiment ? Je secouais ma tête pour ne plus penser à cela. Je devais me concentrée sur l'aller et non me focaliser sur le retour.
La griffe trouva une nouvelle prise, suivit une autre. Mes mouvements s'enchainaient, devenaient de plus en plus rythmée. J'avançais, je gravis à nouveau les quelques mètres que sur lesquelles j'avais glissés. Je ne sentais plus mes membres, mais je continuais à monter sur la tour.

Je fus presque étonné quand j'atteignis son sommet. D'un côté de la tour, on pouvait apercevoir tout le quartier, de l'autre, la cour de la prison. Au centre se tenait un bâtiment. Aucune lumière n'était allumée mais il était évident que des gardes surveillaient l'entrée. D'ailleurs, comme nous l'avions prévu, la porte étant de l'autre côté, ces gardes nous faisaient dos et, par conséquent, ne pouvaient pas nous voir. Cette partie de la prison était la plus incessible, et pour cause ! C'est là qu'étaient emprisonnés les ennemis de l'Empire. Les Traitres. Les Rebelles.
Erwan atteignit à son tour le sommet. Autant la traversée dans l'eau avait l'air plus simple pour lui, autant, l'escalade n'avait pas l'air d'être un des ses spécialités. En même temps, il était difficile de voir un guerrier monter sur une muraille. Habituellement, ce genre d'homme serait plus « Je défonce la porte et je passe ». Je devais reconnaître que ce qu'il venait de faire était une prouesse.
Sans échanger une parole, je pris un Albatros dans son sac. Je savais que cette étape serais la pire de toutes. Être dans le vide, suspendu par des morceaux de toiles ne me rassurais pas du tout. Mais alors là, pas du tout ! Je savais que cette peur était en partie à cause de la panthère qui était en moi. Non mais franchement, a-t-on déjà vu une panthère suspendue dans les airs ? Je n'imagine même pas les miaulements, on devrait les entendre à une dizaine de kilomètre à la ronde. Sauf que moi, je n'avais même pas le droit de miauler. Et oui, je devais souffrir en silence.

Après avoir inspiré un grand coup, je plongeais dans le vide. Sans attendre, j'enclenchais les ailes de l'Albatros. Je fus freiné d'un mouvement brusque comme si le vent prisonnier par la toile avait décider de poursuivre son chemin vers le ciel.
J'avais l'impression de m'élever, puis, lorsque le vent cessait de souffler fort, je me sentais descendre rapidement. J'étais parfaitement consciente que je ne descendais et remontais pas aussi violemment, mais chaque centimètres me semblaient être des mètres. Positionné parallèlement au sol, mon corps privé de tout appuis, je me sentais totalement à la merci du vent. Les pieds sur terre, j'avais toujours aimé cet élément qui s'engouffre dans mes cheveux, qui vous caresse le visage. Sauf que là, je le détestais.
Je dirigeais les ailes de toiles de manière à atterrir sur le toit du bâtiment central. En quelques mouvements, je réussi à l'atteindre, non sans difficultés.


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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Dim 25 Mar - 19:09

Erwan serrait tellement les dents qu’il semblait que sa mâchoire allait exploser. Les membres trempés et le visage en sueur, il n’en finissait plus de lever la tête pour tenter d’apercevoir la fin de ce calvaire qui n’en finissait pourtant pas ! La traversée des douves avait été de la rigolade comparée à ce qu’il endurait à ce moment-là. Les pierres, droites et bien taillées malgré les fissures, offraient peu de prises d’appui et c’était à coups de poignards qu’il taillait la roche pour se frayer un chemin. Ses mains mouillées glissaient sur la garde de ses lames et ses pieds n’en finissaient pas de glisser sur la mousse visqueuse accrochée à la roche. Un vrai calvaire.

Erwan avait pourtant l’habitude de grimper. Mais chez lui, dans les montagnes de Kepleis. Chez lui. C’était sur d’énormes roches de calcaire qui offraient de nombreuses anfractuosités qu’il escaladait, petit point dans l’immensité blanche. Les plantes poussant dans les fissures faisaient lieu de corde où il pouvait s’y appuyer. Erwan se sentait minuscule face à ces hautes montagnes, mais tellement fort lorsqu’il les bravait. Il voyait encore le magnifique panorama de la vallée se déroulant à ses pieds. Le poignard racla la pierre sans s’enfoncer. Il faillit manquer sa prise et se rattrapa à la dernière minute. Cet élan de nostalgie l’avait entouré d’une torpeur paralysante qui l’empêchait de raisonner. Que faisait-il là dans cette obscurité ? Ses yeux devinrent un instant flou et il lui sembla qu’il allait lâcher prise. Se donnant une claque mentale, il reprit ses esprits. Monter les murailles. Atteindre les tours. Délivrer le Duo. Voilà ce qu’il faisait ici. Il se reconcentra et se remise en route, maudissant pour la centième fois cette maudit muraille pleine de mousse gluante, visqueuse et perfide ! Il chercha du regard Elnor. Il n’eut pas longtemps à chercher. Il suffisait de trouver l’endroit où elle avait le plus d’avance sur lui et elle y était. Autant dire que comparé à elle, Erwan était un gros lourdait plein de graisse. Même si elle éprouvait aussi des difficultés, elle se mouvait avec autant de grâce qu’un félin. Après une dernière poussée des bras, elle fut arrivée sur les créneaux de la Prison. Marchant comme marcherait un funambule sur un fil, elle avançait le long de la muraille, se dirigeant vers la 7ème tour.

Allez on se remet en route ! Il fallait absolument qu’il la rattrape car la mission devait être rapide et efficace. Et non une mission où Elnor doive se traîner un boulet. Fierté masculine obligeait, Erwan puisa dans ses dernières forces pour atteindre le haut de ce mur. C’était donc essoufflé, exténué, transpirant et à demi couché sur les créneaux qu’il atteignit enfin son but. Il courut en quelles enjambée l’étroite passe le séparent d’Elnor et continua l’ascension de la tour. Ce fut les mêmes difficultés, les mêmes impasses et les mêmes perfidies de la mousse que le début de l’ascension, mais cette fois-ci avec une volonté nouvelle. Cette volonté résidait surtout dans le fait que quelques mètres encore suffisaient vers la fin de ce calvaire.
Lorsqu’Erwan s’approcha d’Elnor, il tenta vainement de masquer sa figure épuisée et son souffle saccadé. Peine perdue. Laissant là sa fierté, il hocha brièvement la tête en sa direction avant qu’elle ne sorte l’Albatros de son sac. Il ne put s’empêcher de sourire lorsqu’il croisa son regard plein d’appréhension. Le vol à l’air libre ne devait pas être sa spécialité. Elle inspira un grand coup et se jeta dans le vide. Elle vola quelques mètres à la merci du vent puis se posa, non sans difficultés sur le toit. La descente n’avait beau duré que quelques dizaines de mètres de dénivelée, elle en fut pour le moins assez chaotique. C’était tout à fait normal pour un premier vol et elle s’était pas mal débrouillé du tout. Pas la peine de revenir sur son premier vol, il était rangé dans les souvenirs catégorie : moments humiliants.
Il déplia soigneusement son Albatros, l’accrocha dans son dos, recula de quelques pas avant de s’élancer dans le ciel noir d’encre.

Le vent fouettant son visage, il gouttait avec plaisir le bonheur de ne peser plus rien, d’être tel un oiseau dans le ciel. Il tourna brusquement, s’éleva de quelques mètres, l’Albatros répondant à ses moindres caprices. Soudain une bourrasque de vent lui rappela le but de sa mission, qui n’était pas du tout celle de s’amuser comme un gamin dans les airs. Erwan se posa avec douceur sur le toit, à quelques centimètres d’Elnor. Il remarqua sans problèmes la petite ouverture qui leur permettrait de s’infiltrer dans la Prison. Il fit signe à Elnor de le suivre et s’avança. Pour être petite, elle était petite. Sans se préoccuper d’avantage de savoir s’il passerait ou resterait coincé, il détacha une longue corde de se ceinture, l’attacha et la déroula dans le trou. Il passa juste. Très juste. Heureusement qu’il n’était pas du même gabarit que certaines armoire à glace de certains Delthénas, parce-que sinon…
Il repéra rapidement les lieux : ils devaient se situer à quelques minutes de là où était enfermé le Duo. Le couloir était large et aurait pu faire passer quatre hommes de front. Sans plus attendre que sa coéquipière soit descendue, il sortit une carte de son sac et l’examina rapidement. Parfait. Il ne leur restait plus qu’à forcer trois portes et ils trouveraient les prisonniers. La première porte se situait à quelques mètres d’eux : d’un fer blindé et possédant une multitude de rouages, il lui aurait fallu plusieurs vies pour pouvoir trouver le code d’accès. Mais c’était sans compter les nombreux informateurs de la Rébellion qui lui avaient fourni tous les codes nécessaires. Il tourna rapidement le lever, appuya sur une tête de lion, et appuya sur le 4, puis le 8 et trois fois sur le 9. Tout en laissant sa main enfoncée sur le 5 de pierre, il tourna et petite poignée tordu et enfonça une dalle avec le talon. Rien de plus enfantin.
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Elnor
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Mer 28 Mar - 19:42

Erwan survolait la prison avec une telle aisance et une telle assurance que je me sentie honteuse vu le vol médiocre que j'avais fait. Il avait l'air de se sentir bien. Effrayant. Lorsqu'il atterrit sur le toit, je ne lui adressait pas un regard. Ma mésaventure m'avait suffit, je ne voulais pas non plus subir le sourire surement moqueur du Delthéna. A moins que je ne me trompe.

Les yeux fixés vers les tuiles du toit, je suivis Erwan se glisser dans une bouche d'aération particulièrement large. Du moins, pour une bouche d'aération. En même temps, ça devait puer le chacal à l’intérieur ! Soyons lucide, ils devaient prendre combien de douche par semaine ces prisonniers ? Zéro, à moins que ce ne soit un nombre négatif. D’ailleurs, il n'était même pas utile d'entrer dans le bâtiment pour sentir l'odeur fétide qu'il s'y dégageait. J'avais du mal à comprendre comment toutes les personnes qui longeaient les couloirs de la prison pouvaient supporter cette puanteur.

Attrapant la corde, je me glissais à mon tour dans la bouche d'aération, légèrement étonnée qu'Erwan ai pu passer. En quelques gestes, le guerrier enclencha l'ouverture de la première porte à franchir. Elle était de fer blindé, lourde comme une montagne. Le Delthéna la bascula sur le coté dans un bruit sourd, comme s'y elle n'avait était remplie que plume. Je la franchis, les oreilles aux aguets. Personne.

J'atteignis la seconde porte sans rencontrer de gardes. Erwan se chargea une nouvelle fois de l'ouvrir puis je repris les devants. J'avais à peine fait deux pas que des voix parvinrent jusqu'à moi. Quelques mètres plus loin, dans un des corridors, des gardes discutaient en faisant leur ronde. Sans un bruit, je fis un signe de main à Erwan et me faufilais dans un des couloirs parallèle à celui des vigiles. Ils passèrent sans nous apercevoir. Le bruit de leurs pas et de leur voix disparu, je me déplaçais dans un nouveau couloir pour atteindre la troisième et dernière porte. Les galeries devenaient de plus en plus étroites, de plus en plus oppressantes, et toujours autant tortueuses.

Après quelques minutes, je réussis à trouver la porte. Le système d'ouverture paraissait toujours plus complexe. Je me demandais même comment Erwan aurait pu les retenir.
Elle ouvrait vers un mince corridor dont je pouvais toucher les deux murs les bras à demi tendus. Ici devait se trouver la cellule où se tenait le Duo. Rien. Aucune porte. Aucune interstice dans les murs. Aucun conduit d'air. Juste cette odeur, toujours aussi pénétrante et envahissante. Insupportable.
Je restais perplexe. Soit les Rebelles s'étaient trompés et ils étaient des mufles stupides et totalement crétins, soit je m'étais trompée et c'était moi le mufle stupide et totalement crétin. Impossible.
C'est pas que j'avais une haute estime que moi, quoique si, mais je sentais que j'avais juste. L'instinct.
Je regardais autour de moi. Trois murs décorés de maigres torches à moitiés consumées, la porte d'où l'on était passé, un plafond craquelé semblant vouloir s'effondrer à tout moment et un sol formé de larges dalles qui... Un mince sourire s'étira sur mes lèvres. Des joints manquaient autour d'une dalle. Une absence imperceptible. Presque.
Je glissais délicatement mes doigts sous la dalle. De l'air d'échappait. Une trappe !

- Tu peux m'aider à la soulever ?

A peine la dalle fut retirée que j'aperçu deux personnes assises contre un mur dans la pénombre du cachot. Situés à deux mètres deux profondeurs, elles paraissaient maigres et faibles. Il était envisageable qu'elles ne pouvaient surement pas remonter jusqu'ici à la force des bras. Erwan devait utiliser sa corde.

- Nous sommes venu pour vous sortir de là, vous pouvez marcher ?

J'étais sur qu'elles diraient : oui. Par fierté. En effet, la Delthéna et le Nirtémis paraissaient la trentaine, ils ne devaient pas apprécier d'être libérés par des "jeunots".
Un grognement d'approbation répondit à ma question. Ils grimpèrent jusqu'à nous grâce à la corde. Sortis de la pénombre des cachots, je pus voir parfaitement leur visage. Maigres, les pommettes mise en avant par leurs joues creuses et leurs yeux cernés laissaient imaginer le calvaire qu'ils avaient du subir. En plus de cette odeur pestilentielle.
Je me tournais vers Erwan.

- Il faudrait que l'on fasse demi-tour, on devra emprunter la porte de la prison pour sortir si l'on ne veut pas à nouveau escalader les murs. De toute manière, on devra traverser la cour. On se fera repérer. Il va falloir être rapide et discret. Et si on nous surprend, il faudra se débarrasser des gardes sans que les autres ne nous entendent.


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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Ven 30 Mar - 20:32

Les instructions et codes mémorisés bien avant la mission, il avait été très facile à Erwan de forcer toutes les portes. C’était dans ce genre de moments que l’on se disait que l’organisation, ça avait tout de même de bon. Lorsque la dernière porte s’ouvrit en un grincement grave, Erwan resta perplexes quelques instants. Le couloir qui avait laissé place était exigu et deux hommes n’auraient pas pu y passer de front. En fait, ce n’était pas tout à fait un couloir. Même s’il se prolongeait encore quelques mètres, il ressemblait plus à une impasse. Et pas d’issues à part la porte par laquelle ils étaient entrés. Erwan s’avança de quelques pas, tout en essayant de respirer par la bouche, l’odeur étant telle. On aurait pu y faire moisir des cadavres que l’odeur aurait été moins forte. Une chose était sûre : l’Empire ne devait pas déverser des millions d’Elys dans le nettoyage ou encore l’hygiène de la prison. Elnor s’étant accroupie, il s’approcha d’elle avec curiosité, non sans tout de même garder la limite de sécurité d’un timide qui se respecte. Il demeura un instant interdit lorsqu’elle passa délicatement ses doigts autour d’une dalle mouillée. Il l’aida rapidement à soulever la trappe et les aperçut enfin : leurs visages émaciés et sales étaient d’une pâleur effrayante, pourtant ils ne ressemblaient pas à ceux qui ont déjà trépassé. Leurs regards brillaient d’une lueur tenace, flamboyante de vie. Le Duo avait dû passer de rudes moments mais l’opportunité d’une évasion et l’espoir de vengeance semblait leur donner des ailes. Malheureusement ces ailes ne pouvaient même pas leurs suffire pour sortir de leur prison. Aidé d’Elnor, Erwan les souleva de dehors cette trappe. Lorsqu’il posa au sol la Delthéna, elle se dégagea brusquement et le foudroya du regard. Il baissa les yeux et partit en éclaireur. Il comprenait son sentiment. Pour un Delthéna, l’honneur et la courage étaient les deux valeurs les plus fondamentales et devoir sa vie à quelqu’un ou avoir besoin d’aider souillait cet honneur à jamais. La fierté de cette caste était connue de tous.

- Il faudrait que l'on fasse demi-tour, on devra emprunter la porte de la prison pour sortir si l'on ne veut pas à nouveau escalader les murs. De toute manière, on devra traverser la cour. On se fera repérer. Il va falloir être rapide et discret. Et si on nous surprend, il faudra se débarrasser des gardes sans que les autres ne nous entendent.

Sortant de ses réflexions, il écouta son plan d’une oreille distraite. C’était une bonne idée mais il y avait mieux. Et il l’avait cette idée. De l’intérieur, il existait une multitudes de sorties. Mais comme l’avait précisé Elnor, la plupart communiquaient directement avec la cour centrale donc le risque de se faire prendre était plus grand. Il fallait donc partir par une porte latérale. Discrète et peu visitée. Entrainant le petit groupe avec lui, il bifurqua à gauche avant d’emprunter un plus large couloir. Passant à côté du réfectoire des gardes, vide à cette heure, il emprunta une petite allée le long des murailles avant d’ouvrir la porte d’un petit bâtiment. C’état le garde-manger de la Prison. Les dirigeants mangeaient à leurs aises, les gardes s’empiffraient et les prisonniers s’amincissaient. Cette salle possédait une porte donnant directement à l’est du Grand Marché d’ Altaïr, favorisant ainsi les approvisionnements. C’était donc cette porte leur sortie. Avec un bon coup de coude, il défonça la faible barrière barrant la porte d’entrée et ouvrit la porte à la volée. Partout s’entassaient fromages, viandes, fruits, légumes et liquides. Tout ce dont pouvait rêver un goinfre était là. Sauf qu’à ce moment-là, il y avait un autre ingrédients des plus inattendus. Un garde, figée dans un mouvement de surprise, ouvrait ses grands yeux écarquillés, ayant rapidement caché les traces de sa gloutonnerie clandestine. Lorsqu’il vit qu’il ne s’agissait pas de gardes, il dégaina son épée et se rua vers eux. Non sans oublier de crier à la garde. En quelques enjambées Erwan alla à sa rencontre. Il l’assomma sommairement avec rapidité mais c’était trop tard.
L’alerte avait été donnée.
Il courut vers la porte menant à la sortie et eut une de ces très mauvaise surprises. Fermée. A clef. Mais sans les clefs. Pestant contre cette malchance et de ne pas l’avoir envisagé, il tenta en vain de la forcer. Il n’y avait rien à faire sans une clef.

- Elnor barricade la porte ! La garde ne va pas tarder à répliquer ! Vous, dit-il en désignant le Nirtémis, Entassez des ballots de nourriture pour nous servir de repli pendant que j’essaie de forcer cette satanée porte.

Lui-même étonnée par sa tirade, il resta un instant interdit avant de rajouter :

- Enfin... voilà. Vous... vous avez compris ?

Des regards durs lui répondirent. Sans faire cas de cela, il se hâta de s’agenouiller devant la serrure, examinant rapidement le concept. Soudain une main se posa sur son épaule. Il frissonna à son contact . La Delthéna le regardait, son visage empreint de douceur et de force à la fois.

- Laisse-moi faire. Va aider les autres.

Il n’y avait pas à répliquer. Rien à dire. Juste à obéir. Il attrapa une latte de bois qu’il coinça entre la clenche et le mur de la porte. Soudain des bruits de pas. Le son métallique des armures et épées s’entrechoquant. Des ordres lancés avec précision et force. La garde arrivait.Voyant qu’il n’y avait d’autres solution que de se battre, Erwan s’éloigna de la porte.
Inspirer.
Il ôta son sac de ses épaules, enleva sa cape.
Expirer.
Il dégaina avec lenteur ses lames de son fourreau.
Inspirer.
Les jambes pliées, les lames baissées. Position de combat.
Expirer.

La porte explosa.
Une quinzaine de gardes entrèrent dans la salle et se ruèrent vers eux. Un faucon gris s’éleva dans le ciel et dans un cri perçant, se jeta sur un garde. Trois d’entre eux, droit sur Erwan.
Inspirer.
Sentant la moindre parcelle de son corps, maitrisant chaque muscle, Erwan laissa son sang Delthéna, ce sang extraordinaire, couler abondamment dans ses veines. Faire le vide, pour mieux le remplir. Il n’était pas que Guerrier. Il avait sa Force. Force, violence, endurance, rapidité. Une Force aussi sauvage que vivante. La Force du loup. Il ne se contrôlait plus. Il n’était plus lui. Et soudain, il attaqua. Il se battait, virevoltant entre ses adversaires, les blessant tour à tour . C’était une feu follet une flamme ardente qui ne laissait aucunes chances à ses adversaires. Il ne sentait même pas les blessures que certains lui infligeaient. Il se battait.
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Elnor
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Mer 4 Avr - 20:33

[HRP : Des petites modifications on eu lieu ^^']


Erwan connaissait apparemment un autre moyen de sortir de ce lieu épouvantable. Sans dire un mot, je commençais à le suivre le long des couloirs. Il semblait savoir les différents passages discrets de la prison alors que je n'avais pas la moindre idée de l’existence de la moitié des portes, même avec la carte.

Après avoir traversé de nombreuses galerie, Erwan enfonça une porte pour atterrit dans une salle large et spacieuse. Empilés dans de lourdes caisses, une myriade d’aliment s'entassaient, les uns contre les autres. Un homme, armé jusqu'au dent se tourna vers nous, les yeux écarquillés. Les joues gonflées et la bouche pleine, il ressemblait à gamin surpris en train de grignoter du chocolat. C'était à peu près ça. A quelques éléments près. En effet, un enfant ne dégaine pas une arme et hurle -la bouche à moitié pleine- avant de se faire assommer par celui qui vient de le surprendre.

J'écartais les armes du soldat tandis qu'Erwan couru vers une petite porte à l'autre bout de la pièce. Aux vues des jurons qu'il poussait, elle était fermée à clef. Et elle avait l'intention de le rester. Déjà, on entendait la garde arriver. L'entrechoquement des armes contre les cuirasses s'accentua, le son éléphantesque des pas le sol s'éleva, une hordes d'hommes s'approchaient de plus en plus de nous.

- Elnor barricade la porte ! La garde ne va pas tarder à répliquer ! Vous, dit-il en désignant le Nirtémis, Entassez des ballots de nourriture pour nous servir de repli pendant que j’essaie de forcer cette satanée porte.

Ces phrases, dites avec tant d'autorités avaient autant l'art de m'agacer que de m'étonner. Les ordres que venait de crier Erwan n'avaient pas du déplaire que moi. Et il s'en aperçu parfaitement.

- Enfin... voilà. Vous... vous avez compris ?

Maigre moyen de se racheter.
Je le foudroyais du regard avant de me désintéresser de lui.
Barricader la porte n'avais aucun intérêt. Je n'aurais jamais le temps d'entasser les caisses et les gardes écrouleraient tout ce que je pourrais placer devant eux comme un simple jeu de carte. Le Nirtémis était apparemment arrivé à la même conclusion, car il ne semblait pas avoir l'intention de créer un coin de replis. La Delthéna fouillait le garde évanoui dans l'espoir d'y trouver la clef de la porte. Ne la trouvant pas, elle récupéra ses armes que j'avais posé sur une caisse.

La garde entra.
Erwan attaqua.
Il ne semblait pas manier des armes, il était une arme. Il ne combattait pas, il exécutait quiconque se tenait sur son passage. Chacun de ses gestes étaient rapides. Précis. Efficaces.
A trois contre un, le Delthéna effectuait un travail remarquable de dévastation.
Ses lames créaient une plaie profonde dans le ventre d'un soldat tandis que son genoux percutait une cage thoracique. Il s'écarta, para un coup qui fusait vers sa nuque, désarma celui qui l'avait porté.

Le Nirtémis s'était transformé en un faucon gris, survolant les soldats avant de fuser, bec ouvert, vers ses cibles. Les hommes faisaient fouetter leurs armes dans les airs, chercher à tuer l'oiseau. En vain. L'animal virevoltait, esquivant chaque attaque avec une habilité extraordinaire.
La Delthéna semblait travailler avec le Nirtémis. Toutes les attaques de ce dernier déconcentrait l'adversaire. Son sabre dansait autour d'elle, tissant un bouclier tranchant.

Une caisses de fruit se souleva et fusa vers moi à une vitesse fulgurante. Dans un bruit fracassant, elle s'écrasa sur le sol. Je m'étais décalée de quelques centimètres pour laisser passer l'objet. Oubliant toutes les cagettes qui s'élevaient chacune leur tour dans les airs, je me tournais vers les soldats.
Un Sylécate, peut être même plusieurs étaient caché dans ce groupe d'hommes. Au sol était affaissés cinq soldats. Un odeur forte de sang envahissait la salle.
Dégoutée, je relevait la tête pour trouver des Sylécates. Ils ne furent pas compliqué à repérer. Debout dans un coin de la salle, entourés par deux soldats qui observait le combat avec suspicion, un homme et une femmes semblaient concentrés. L'un fixait les caisses de nourriture, l'autre fermait les yeux. La Delthéna poussait des gémissements, une main contre le crâne alors qu'aucun soldat ne l'avait blessé. La Sylécate en était surement la cause. Seul le Sylécate me regardait. Je pouvais les prendre par surprise.

Je bondit, et, dans un même élan, me transformais. Devenue panthère, je renversais un des gardes, lacérait sa poitrine. Sans attendre, je m’élançais vers les Sylécates. Sautant sur l'épaule de la femme, mes crocs saisirent la base de cou. Les cervicales craquèrent sinistrement.
Un goût de sang coula le long de ma gorge. Enivrant.
Dans un feulement sauvage, je me retournais l'autre Sylécate, esquivant les attaques des soldats. Je lacérais le bras de l'homme, renfermant mes mâchoires sur son épaule.
Il s'écroula.
Les soldats fondirent sur moi. J'ouvris une plaie béante dans le ventre d'un, le lâchais, frappa une nouvelle fois, griffais le dos du dernier.

Un silence pesant apparu. Seuls quelques gémissements venaient le briser. Tout les gardes étaient effondrés, incapable de se relever. La Delthéna semblait être la seule à ne pas avoir été blessée. Le faucon avait laissé place au Nirtémis, marchant en boitant. Je me retransformais. Mon esprit libéré de mes pensées féline, je mesurais enfin l’ampleur du massacre. Le sang qui il y a peu me grisait, me donnait désormais un haut-le-coeur. Je n'avais heureusement assassiné personne, même s'il était indéniable que nombreux garderaient de lourdes séquelles de cette attaque sauvage.

La porte menant vers la sortie s'ouvrit alors. En une fraction de seconde, je courus la bloquer. Un homme, rondouillard m'offrit un large sourire.

- Ah, z'êtes nouvelle ? Permettez moi d'vous dire, mais j'doute que vous puissiez transporter toute la cargaison d'la charrette. Bon, j'veux bien essayer, mais faut pas traîner, j'ai d'aut'livraisons à faire avant l'ouverture des magasins. Et puis, j'suis un peu fatigué, c'est dur de s'lever tôt le matin, hein ! J'suis sûr qu'vous êtes du même avis mam'zelle. Mais c'est quoi qu'ces bruit ? Vos machines dérailles ?

J'avais bloqué la porte à mi-chemin et cachais de mon corps la scène de combat. Mais le commerçant ne paraissait pas s'en préoccuper du moins du monde. Je lui rendis son sourire.

- Oui, avons un petit problème au niveau de certains rouages. Commencez, je vous rejoins tout de suite !
- Ah ! Z'êtes bien courageuse ! J'doute qu'au bout de la quinzième caisse vous dites la même chose ! Bon, on verra bien, mais j'en parlerais à vot'chef ! J'commence tout seul, mais z'allez me trouver quelqu'un d'un peu plus costaud, hein !
- Oui, oui...


L'homme se dirigea vers sa charrette pour décharger les cagettes. Je me tournais dans la direction des Rebelles.

- Allez, dépêchez-vous, on doit partir !

Blessé à la jambe, le Nirtémis se transforma en faucon.
Nous disparûmes dans la nuit.

- Z'êtes passée où, mam'zelle ?

_________________

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Spoiler:
 


Dernière édition par Elnor le Ven 13 Avr - 19:08, édité 1 fois
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Erwan
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MessageSujet: Re: Rencontre secrète...   Mar 10 Avr - 12:44

Les étoiles, cachées derrière d'épais nuages, ne scintillaient plus que par-ci par-là lorsqu'elles parvenaient à percer cette nuée grise. La lune semblait comme éteinte, fade dans sa pâleur. Dans cette nuit sombre, les bruits stridents des lames s'entrechoquant avaient fait place à un silence pesant. Quatre silhouettes étaient sorties de la Prison. Les deux Delthénas à l'avant et les Nirtémis à l'arrière.
Une des ombres, plus imposante que les autres, se mouvait étrangement. Tel un pantin désarticulé, son bras gauche pendait mollement contre son corps, il marchait avec difficulté, sa cheville droite sursautant à chaque pas, comme muée par la douleur. Quiconque se serait approché, sans se faire découper en lamelles avant, aurait pu voir son visage dur et fermé. Non pas qu'il soit préoccupé par une banale contrariété, mais plutôt par une douleur murée. Les mâchoires contractés, Erwan, tentait bien que mal de suivre le rythme de la Delthéna. Les blessures, bien que non mortelles, le faisaient souffrir atrocement. Atteint à l'humérus, son épaule devant être cassée, et une sérieuse entorse l'empêchait d'avancer normalement. Suite à un mouvement trop brusque lors du combat, sa cheville s'était dérobée, l'obligeant à plonger in-extremis au sol pour éviter une attaque. Position très inconfortable pour se défendre ou attaquer.

Pourtant ces douleurs n’occupaient pas tout son esprit. Une autre sensation, plus fugace, s’imposait dans son esprit. Ce n’était leur mission, réussie avec brio, non. Ce n’était pas non plus la brillante manière avec laquelle Elnor avait réussi à les faire sortir et à occuper le livreur inattendu, non plus. Mais cela la concernait. Il ne parvenait pas à ôter de son esprit l’image d’elle transformée.
Une panthère.
Erwan avait d’abord été fasciné devant la beauté de l’animal : sa fourrure noire d’encre, ses griffes acérée et ses yeux sauvages. Mais lorsqu’elle passa à l’attaque, il fut un instant sans voix devant le spectacle qui se déroulait devant lui : Le félin s’attaquait aux gardes avec une violence inimaginable pour une femme comme Elnor, ses griffes lacérant sans pitié la chair et ses crocs se refermant avec un bruit sinistre sur les os. Lorsque l’animal releva la tête, ses crocs sanguinolents luisaient dans sa gueule et Erwan aurait juré l’avoir vu sourire. Certes un animal ne pouvait sourire, pourtant ce sourire n’était pas faux. Comme si elle goutait un plaisir enivrant.
C’était à ce moment-là qu’une caisse d’environ une tonne lui était tombée sur l’épaule. Le craquement qui en résulta ne laissait aucun doute qu’en à la nature de la blessure. S’étant détaché de ce sinistre spectacle, il s’était engagé de plus belle dans un combat acharné avec un autre homme. Ce n’était qu’après l’avoir désarmé et promptement assommé qu’il avait pu retourner son attention vers Elnor. S’étant retransformée en humaine, les corps de gardes trainant à ses pieds, elle était en train de discuter avec un étrange homme. Après s’en être débarrassé, elle leurs indiqua de partir le plus rapidement possible.
Les images restèrent gravées dans son esprit.

La mission étant terminée, ils amenèrent les deux ex-prisonniers à un des points de ralliement de la Rébellion où ils furent pris en charge. Elnor et Erwan, après avoir été remerciés, reçurent chacun une bourse bien remplie. Comme le disait souvent le Seigneur Sil’Fear, tout travail mérite salaire, aussi noble soit-il.

[HRP : RP terminé ]
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