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 Demeure des Giltaïr

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Angor
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MessageSujet: Demeure des Giltaïr   Mar 29 Mai - 13:08

Eliott avait toujours été incontrôlable. Puisse-t-il faire ce qu'on lui demande au moins aujourd'hui. Une prière effectuée sans grande conviction. S'il est permit d’espérer de l'aide les miracles en revanches se font rares. Le grand frère de la mariée était fier. Impossible de lui dicter sa conduite car : "Je suis l'ainé." ou bien encore "Je serai Lord un jour." Ce qui avait pour mérite d'agacer Angor. Eliott en profiter pour saper son autorité au regard de ses jeunes frères. Ceux-ci étaient toujours ravis d'avoir une bonne excuse pour aller jouer à des jeux virils. Cela valait mieux qu'un cour ennuyeux sur l'histoire des pays du Sud. Qu'en avaient-ils à faire ? En vérité jamais ils n'iraient là-bas, et si la situation se présentait alors quelques heures de lectures rapides suffiraient. Ce à quoi leur professeur leur rétorquait qu'un homme qui se respecte s’intéresse à tous ce qui peut l'enrichir. Lorsqu'il s'agissait de prouver qu'on valait au moins aussi bien que tout homme ayant foulé cette terre plus personne ne discutait. Tous rivalisaient de zèle.

Zeabeth était la seule qui étudia jamais que par plaisir. Cela ravissait son professeur d'histoire, autant que ses collègues. Une jeune fille charmante et éveillée. Elle était si assoiffée de connaissance que souvent on devait refréner sa curiosité. Parfois même arrivait-il qu'elle en sut plus que son instructeur, ce qui le mettait dans l'embarras. Cette jeune femme curieuse et docile allait aujourd'hui prendre époux. Un bien triste sort, pensa Angor. Mais il connaissait les lubies des nobles familles et ne s'en étonna point lorsqu'on le lui apprit. "Votre enseignement va désormais toucher à son terme. Notre fille s'en va satisfaire d'autres nobles yeux. Et bien que vous ayez fait l’éducation de chacun de nos enfants vous n'êtes plus nécessaire à notre famille. Toute bonne chose doit prendre fin." Ce sur quoi Scolaryus lui serra la main en lui servant un sourire crispé et sans chaleur. L'homme était droit et respectait avant tout les règles. Même pour ses enfants. Un homme difficile à vivre sans doute, se dit Angor. Mais il lui reconnaissait de la sagesse dans cette manière d'agir. Jamais il ne se montrait injuste envers qui que ce soit. Un péromère avait autant sa place qu'un delthéna, pourvu qu'il soit compétent. Et, bien qu'il ne lut jamais en lui l'ombre d'un sentiment, il ne doutait pas de sa bienveillance.

"Eliott n'est pas dans les écuries monsieur. Dois-je le faire appeler ? demanda la femme de chambre." Ce à quoi Angor répondit "non" et la congédia. Il ne fallait pas crier sur tous les toits l'irresponsabilité du brave garçon. Surement finirait-il par se rappeler, l'épée au poing ou courant la demoiselle. Où qu'il soit il se réveillerait et accomplirait son devoir comme toujours. On pouvait compter sur lui. Il le fallait. Et hors de question d'inquiéter la marié. Elle avait déjà fort à faire pour contenir son désarroi. La jeune femme se préparait encore dans la chambre avec une douzaine de servantes. Après avoir effectuées les dernières ablutions elle avait été prise en charge. Coiffeuses, habilleuses, maquilleuses, tout ce petit monde s'affairait à la transformer en princesse enjôleuse. Interdiction d'entrer pour les hommes bien entendu. Dès qu'elle sortirait Angor lui ferait répéter les paroles rituelles une dernière fois. Son angoisse passait mieux lorsqu'elle savait précisément quoi faire.

Dès qu'elle sortirait il saurait la rassurer sans doute. Pas besoin de l'avertir du retard des alliances. Surement Eliott s'était-il déjà souvenu depuis. Surprit de sa propre angoisse Angor s'immobilisa. Il faisait les cents pas devant la porte, on aurait crut qu'il mariait sa propre fille. Il s'assit en contrôlant sa respiration. Comment la calmerait-il s'il était dans un pire état qu'elle. La fin d'une époque, se disait-il. Une nouvelle page tournée. Pour elle comme pour moi. Mais quel égocentrique il faisait. Le voilà qui pensait à ce qu'il allait faire par la suite, maintenant qu'il n'avait plus d'emploi. Alors que dans la pièce d'à côté c'est toute une vie qui allait changer. Qui avait déjà commencée à changer. La machine était en route et rien ne pourrait l’arrêter maintenant. Il se rendit compte qu'il avait développé des sentiments paternels pour la jeune femme. Il lui avait toujours promis une vie où elle ferait ses propres choix et deviendrait ce qu'elle aurait décidé. "La culture est une grande force. Le savoir c'est le pouvoir. Celui qui sait tout contrôle sa vie et celle des autres. C'est vers ceci que nous devons tendre." Bien joli mais très vague et imprécis. Des paroles creuses qui se voulaient encourageantes. Il avait espéré développer son gout pour la science en parlant de la sorte.

Mais la réalité de la vie gardait ses droits. Et elle exigeait aujourd'hui un mariage. Surement rien qu'elle eut souhaité. Pas à cet âge, et pas avec un homme qui avait vécu deux fois plus longtemps qu'elle. Ce fossé s’estomperait avec le temps mais l'épreuve ne souffrait aucune projection dans l'avenir. L'épreuve serait inflexible, surtout cette nuit. A cette pensé il faillit rendre son déjeuner. Si innocente, et si délicate qu'elle était. Joastre n'était pas un monstre, loin de là. Mais il n'en été pas moins homme. S'il était bien ce qu'il donnait à voir. De sordides histoires lui vinrent en tête. Des histoires d'hommes détraqués, intelligents mais terriblement secs. Des hommes qui ne vivaient que par l'esprit et avaient oublié la compassion en chemin. S'étaient délestés de la bienveillance pour avancer plus vite. Et étaient passés à côtés de mille beautés. Ces gens, hélas, existaient. Impossible pour lui de savoir si ce Seigneur Giltaïr en était un. Pas en quelques entrevues furtives. Jamais ils n'avaient eut l'occasion de discuter réellement. Le professeur étant toujours occupé à l'éducation de l'un ou l'autre des enfants et le seigneur toujours pressé par ses affaires. Regrettable.

Quelques minutes passèrent qui parurent des heures. Enfin il retrouvait son calme, les pensées sombres se dissipaient et laissaient place à la clarté. Rien de tout ceci n'était plausible. Au contraire elle avait une grande chance. Elle allait devenir une femme influente car : derrière chaque grand homme il y a une femme. Oui, elle aurai enfin la chance de mettre en pratique ses connaissances, si patiemment engrangées. Une fois les première peur calmée elle allait s'épanouir dans un nouveau rôle qui lui irait mieux qu'à beaucoup d'autres. Elle sortait ! Vite se recoiffer. Sécher ses larmes et paraitre aussi serein que jamais. Son rythme cardiaque lui signalait qu'il n'était pas dupe, mais il n'avait que les autres à convaincre. La porte s’entrebâilla...
"Eliott n'est toujours pas dans la grande salle monsieur ! cria la servante, sotte qu'elle était."

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Zeabeth
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MessageSujet: Re: Demeure des Giltaïr   Mar 29 Mai - 14:21

    La jeune femme qui la regardait actuellement était particulièrement en beauté. Ses longs cheveux noirs avaient soigneusement étaient coiffés en une multitude de petites tresses fines piquées de fleurs délicates alliant le bleu et le blanc. La robe qu'elle portait la mettait en valeur sans pour autant verser dans un ostentatoire déplacé. Seules les menues broderies et les discrètes pierreries laissaient supposer le prix qu'elle avait du coûter. Le tailleur pouvait probablement se retirer pour ses vieux jours avec la satisfaction de savoir que sa famille était définitivement à l'abris du besoin. Une nuée, elle ne trouvait pas de mot plus approprié, de servantes s'activaient autour d'elle, apportant de petites retouches de-ci de-là afin de s'assurer de se rapprocher de la perfection autant qu'il était "humainement" possible. Car aujourd'hui était un grand jour. Aujourd'hui deux puissantes familles s'unissaient au travers d'un mariage. 

    La jeune femme poussa un soupir en même temps qu'elle… Zeabeth ne parvenait pas à assimiler que cette inconnue n'était que son simple reflet. Enfin… Simple… C'était un grand mot. Elle connaissait sa place, son rang ainsi que celui de son promis. Mais même un mariage nécessitait-il une telle débauche? La futur mariée se souvint de l'une de ses servantes. Maria avait peut-être dix ans de plus qu'elle? Mais elle s'était toujours bien occupée d'elle et elles avaient développé une certaine affection mutuelle. Aussi, lorsque son ami d'enfance avait enfin osé déclarer sa flamme, elle s'en était immédiatement entretenue avec la futur duchesse, partageant cela comme un secret gourmand… Cela n'avait pas été facile mais elle était parvenue à assister à la cérémonie, en toute discrétion. Elle se souvenait de quelque chose de terriblement simple mais, probablement à cause de cela, très beau. Elle avait alors comprit pourquoi les romans d'amour courtois parlaient parfois d'amour pour le mariage. Pour ces tourtereaux, la cérémonie n'avait été que la confirmation, mieux, l'affirmation de ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. A bien y penser, maintenant que l'on ajustait pour la énième fois les fleurs de ses cheveux, elle aurait mille fois préféré un mariage simple, avec une bête couronne de fleur mais avec un homme de son âge à son bras. Un homme qui l'aimerait et, surtout, qu'elle aimerait…

    Mais elle allait devoir suivre une autre voie que celle de ses rêves d'amourettes galantes. Zeabeth avait des devoirs et en était consciente depuis quelques années déjà. Au moins Joastre avait-il été fin stratège avec elle, il lui semblait avoir lu quelque part que faire la cours à une dame revenait à partir en guerre… Il lui avait annoncé la chose plusieurs années à l'avance et avait entreprit de l'apprivoiser en utilisant les choses qu'elle aimait le plus. La jeune femme repensa à toutes ces fois où il était venu lui rendre visite pour lui apporter de nouveaux ouvrages ou simplement converser sur ses voyages. Sans jamais la brusquer. Elle ne pouvait le nier, elle l'appréciait beaucoup. Mais comme on pouvait donner son affection à un oncle, un grand frère, ou un précepteur. Comme Angor qu'elle appréciait comme un second père par exemple, même si elle se garderait bien de lui dire quoi que ce soit à ce sujet. Si son futur mari s'était évertué à cultiver son esprit sur les sujets qui lui seraient nécessaires dans sa future vie de femme mariée, de duchesse surtout, elle devait beaucoup à Angor qui avait été le terreau originel.

    -Mademoiselle…?

    La voix de la servante la sortie de sa mélancolie, la faisant toutefois un peu sursauter. Elle eut un coups au cœur en réalisant que c'était probablement l'une des dernières fois qu'elle serait appelée ainsi… Lui tendant une main serviable, elle l'aida à descendre du petit tabouret qui lui avait permis d'être suffisamment surélevée pour que les servantes puissent faire les derniers ajustements. En sentant le sol de pierre dur sous ses délicates chaussures elle comprit que sauter par la fenêtre pour prendre la fuite n'était décidément pas une option envisageable. Même si elle en mourrait d'envie. Elle était peut-être très jolie ainsi préparée mais elle avait l'impression de manquer cruellement de crédibilité dans le rôle d'épouse. Alors qu'elle allait sortir de la pièce, elle entendit une voix féminine, et un peu paniquée lui semblait-il, crier à tire d'information que son aîné était toujours manquant.

    Si la perspective du mariage, et à fortiori du devoir conjugal, avait le don de parvenir à la plonger dans le plus grand émoi, pour ne pas parler de panique pure et simple, l'idée que cet événement majeur puisse échouer était bien pire. C'était un mariage arrangé, elle n'avait pas son mot à dire, elle réalisait son devoir envers sa maison. Mais si jamais tout cela s'effondrait, ce serait jeter le plus grand discrédit sur sa maisonnée. Ni plus, ni moins. Et elle ne pouvait pas se le permettre. C'était bien pour cela qu'elle était toujours debout, drapée dans ses atours de mariée, alors qu'elle se donnait l'impression d'être un malheureux lapereau fixé par un loup affamé.

    -Eliott n'est pas là? N'était-il pas en charge des anneaux?

    Elle finissait de poser sa question, la panique commençant à poindre dans sa voix, alors que la servante la guidait gentiment hors de la pièce. En balayant les alentours du regard, ne sachant trop si elle cherchait une porte de sortie dérobée ou une trace de son grand frère, elle vit qu'Angor était présent. Elle ne put s'empêcher de sourire en le voyant là, se détournant de la servante, qui aurait préféré la guider jusqu'au la grande salle, pour aller jusqu'à lui, mains tendues pour prendre les siennes. Ce n'était pas très conventionnel mais voir son précepteur ici lui faisait énormément plaisir. Et de bien aussi… Il représentait une figure rassurante, en qui elle savait pouvoir faire confiance, au milieu de toute cette agitation. Et le fait qu'elle ait toujours l'impression d'avoir 10 ans quand elle était avec lui devait y être pour beaucoup. Quand on se sentait comme une jeune enfant, il n'était plus question de mariage n'est ce pas?

    -Vous êtes là ! Je craignais ne point vous voir en ce jour…

    Le sourire était sincère. La pointe de peur au fond de son regard aussi… Angor avait bien fait de se montrer présentable lorsqu'il avait entendu la porte… Car la mariée avait effectivement grand besoin d'être rassurée…

     



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Angor
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MessageSujet: Re: Demeure des Giltaïr   Mer 30 Mai - 17:04

"-Vous etes là ! dit-elle d'une voix qu'il crut reconnaitre." Une voix étranglée par l'émoi. Elle semblait au bord des larmes. La belle enfant que voilà. Pareille vision ferai pâlir d'envie le l'astre de la nuit en son plein. Une multitude de pensée se bousculaient dans sa tête. Les nobles savaient y faire pour mettre en valeur leur femme. En face de lui ne se tenait plus l'enfant qu'il avait tenté d'éduquer, avec succès sans doute, mais une jeune femme splendide. Elle n'avait peut être que 15 ans mais on lui eut accordé toutes les grâces d'une femme. Mais derrière cette façade parfaite Angor pouvait encore distinguer le jeune fille qu'il avait connu.

Apeurée par l'ignorance de ce qui lui arriverait, le soir venu ? Si seulement elle avait put garder cette innocence éternellement. Angor voulait y croire. A moins qu'une servante ne lui ait expliqué le mécanisme. Une bien terrible conversation, s'imaginait-il alors. Mais peut-être vallait-il mieux qu'elle fut préparée. Ne dit-on pas qu'un homme avertit en... "Je craignais ne point vous voir en ce jour... lança-t-elle." Elle avait retrouvé son assurance, si longuement assénée à violents coups de marteau. Elle s'en tirerait parfaitement ! Cette jeune personne avait toujours fait preuve d'une belle adaptabilité, une docilité appréciée dans son monde. Le professeur lui sourit. Il s’apprêtait à lui répondre lorsque la servante, insistante et impatiente, lui répéta sa question.

Comment avait-il négligé de la renvoyer sur le champs cette bougresse. Avant qu'elle eut pu finir sa question Angor se précipita sur elle et la bâillonna d'une main. Ses yeux était pressants et ne souffrait aucune désobéissance. Elle dut le croire en fureur car elle s'en alla en courant, terrorisée. Lui faire peur n'avait pas été dans ses intentions mais au moins elle était partie. Il fallait s'occuper d'une chose à la fois. Il s'excuserait avant de partir. S'il en trouvait le temps ! Il se retourna vers Zeabeth, gêné. Tout son être était intégralement consacré à l'exercice impossible de cacher quelque chose. Plus il tenté plus il savait que tout le trahissait. Il bougeait nerveusement, scrutait ses pieds comme s'il y cherchait la réponse à l'origine du monde. Marchait sans contenance. Tout ceci ne contribuerait qu'à inquiéter la jeune femme. Il se morigéna à cette pensée.

Mais hors de question de l’inquiéter encore plus au sujet d'Eliott. Vite trouver un prétexte ! "Oui, je... je voulais vous faire répéter les paroles rituelles une dernière fois. Voilà, voilà. C'est cela, oui." Bien négocié, se dit-il à part lui. Elle ne saurait le déjouer maintenant, d'autant qu'elle avait autre chose à penser. Elle savait tout ce qu'il lui été nécessaire de savoir. Elle l'avait répété des dizaines de fois. On l'avait même forcée à faire une répétition avec le mari. Tout ceci était inutile, elle l'avait sut dès la première lecture. Peut-être même l'avait-elle sut bien avant encore. Une curiosité comme celle-là ne s’arrêtait pas aux seules lectures qu'on lui conseillait.

Qui pouvait dire ce qu'elle ignorait encore de ce qui l'attendait. Peut-être était elle même moins ignorante que lui sur le sujet. Il repoussa immédiatement cette hypothèse. Sans mettre en doute sa vertu, il ne croyait pas qu'elle ait pu trouver les livres que cachait son père dans une bibliothèque de son bureau. Des romans qui ne convenaient pas aux yeux des femmes, encore moins lorsqu'elles n'avaient pas atteint un certain âge.

"Vous rappelez-vous les paroles ma chère ? lui lança-t-il, plus froid qu'il ne l'avait escompté." Il s'en repentit immédiatement mais le mal était fait. On pouvait lui reprocher son incapacité à exprimer ses sentiments. Il aurait voulut l'encourager. Une page tournée peut angoisser mais elle rappelle à quel point tout est éphémère, et qu'il faut mettre à profit le temps qui nous est imparti. "Parfait, comme toujours mademoiselle. dit-il sans avoir vraiment écouté." Aussi aurait-elle put l'insulter qu'il n'aurait pas répondu autrement.

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Zeabeth
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MessageSujet: Re: Demeure des Giltaïr   Jeu 31 Mai - 13:18

    C'était peut-être une petite vengeance parce qu'elle n'était que servante mais cette femme était en train de la mettre au supplice, même si elle essayait de ne rien en laisser voir. Elle avait l'impression que chaque nerf de sa personne était en train de se vriller et la question incessante de cette femme ne faisait qu'accentuer le phénomène. Si elles ne faisaient pas attention, elles finiraient par courir en tous sens, paniquées, comme des poulets fraîchement décapités… Fort heureusement pour elle, elle n'eut pas à se couvrir de ridicule en agissant ainsi. Sentant probablement sa détresse, plus que la catastrophe à venir, Angor agit prestement en faisant taire la petite sotte. Peut-être même un peu trop prestement puisque cette dernière partit en courant, terrorisée. L'effet des sourcils broussailleux supposait-elle. Elle se souvenait avoir elle-même eut peur lorsqu'il faisait ses "gros yeux" quand elle n'était pas suffisamment sage durant ses cours. Quand elle était plus jeune. Même si elle était persuadée que son regard sévère devait avoir conservé un certain pouvoir sur elle… Elle ferait en sorte que l'on s'occupe de la servante plus tard. Elle était bien capable de faire courir la rumeur qu'un vieux fou dangereux se promenait dans le château… 

    Le vieil homme était vraiment prévenant d'être ainsi venu pour voir si l'émotion ne lui avait pas fait perdre tous ses moyens, bien qu'elle estime que ce serait au dernier moment, face à l'autel qu'elle aurait le plus de risque de souffrir d'un trou de mémoire. C'était tout à son honneur et cela avait le mérite de focaliser son esprit sur autre chose que l'absence alarmante d'Eliott et de son précieux bagage. Et puis cela lui ferait effectivement du bien de raviver un peu sa mémoire afin d'éliminer ce stress potentiel de la petite montagne qu'elle avait accumulé en quelques jours à peine… Elle lissa le devant de sa robe, comme n'importe quelle écolière normale l'aurait fait avant de réciter la leçon réclamée par son instituteur, avant de se mettre à réciter d'une voix relativement posée et terne. La demoiselle avait encore du mal à insuffler une quelconque émotion dans ce texte qu'elle n'assimilait pas réellement à sa situation. C'était un bête protocole diplomatique à ses yeux… 

    Elle voyait bien que son précepteur n'était pas aussi indifférent à la situation que ce qu'il voulait bien laisser voir… Lors de son "exercice" il avait eu l'air particulièrement absent. Il lui semblait bien avoir inversé une formulation et lorsqu'elle l'avait interrogé du regard, il n'avait absolument pas réagi, bloqué dans un automatisme. Mais elle mit cette absence sur l'inquiétude que provoquait chez lui l'absence d'Eliott et, par la même, des anneaux. C'était le genre d'inconvénients qu'il valait mieux éviter avec des personnes aussi influentes que Joastre ou sa famille…

    -Il va finir par réapparaître… Il a toujours beaucoup aimé le panache, je suppose qu'il attend le bon moment pour faire son entrée…?

    Elle eut un sourire destiné à rassurer la personne qui voulait initialement la rassurer. Comment aurait-elle pu s'imaginer qu'il s'inquiétait des mêmes sujets qu'elle? Ce n'était certainement pas les domaines qu'elle oserait aborder avec un homme tel que lui… Fort heureusement elle n'était pas complètement ignorante au sujet des devoirs conjugaux. Sa mère avait eu la présence d'esprit de lui expliquer comment certaines choses fonctionnaient. Elle avait préféré prendre les devants plutôt qu'une servante ne vienne lui embrouiller les idées avec quelques récits paillards de leurs roulades dans le foin… Posséder ce savoir ne l'avait pas rassurée pour autant mais elle devrait bien faire avec…

    -Maître Angor? Avez-vous déjà été marié…?

    Elle avait peut-être ses parents comme exemple de mariage arrangé qui avait, finalement, fonctionné. Mais elle n'était pas contre une autre expérience positive pour la rassurer. Et pas que sur des détails triviaux mais pour la vie au jour le jour. Joastre ne lui avait pas paru un homme difficile à vivre mais elle avait peur de devenir l'une de ces petites choses soumises qui ne servaient qu'à faire beau au bras de leur mari…






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Angor
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MessageSujet: Re: Demeure des Giltaïr   Sam 2 Juin - 10:04

Spoiler:
 

Eliott. Le gringalet. Et plus si jeune qu'il put le punir comme dans les jeunes années sans craindre de le voir riposter. L'homme qu'il était devenu lui faisait peur désormais. Non qu'il lui trouve un penchant pour la violence mais pour l'indiscipline et la liberté d'agir à sa guise. Et cela envers et contre tout ce qui symbolisait l'autorité. Son propre père il le respectait à peine, uniquement pour lui faire plaisir, comme moyen d'obtenir ses faveur.

Angor voyait en lui un homme libre et autodidacte et par là-même quelqu'un de dangereux pour ceux qui lui étaient inférieurs. Ce qu'était Angor. Et le jeune homme avait finit par le comprendre. Lorsqu'un climat studieux et respectueux régnait auparavant lors de leurs leçons n'y avait-il plus que provocations et dispersion. Dans la dernière année de son apprentissage le garçon trouvait toujours un moyen de se défiler pour se consacrer à l'art de l'épée. Bien plus utile pour un homme, il fallait le reconnaitre, que d'idiotes coutumes du bout du monde.

A contre cœur il avait fallut en parler à Scolarius qui n'avait pas été tendre. Depuis ce jour il n'avait put donner que d'infructueuses leçons. Eliott semblant être devenu sourd à ses paroles. Encore un élève qu'il n'avait pas sut éclairer. Quand se rendrait-il compte qu'il n'était pas pédagogue ? Des schémas similaires se reproduisirent avec les deux autres frères. Sans doute influencés.

Mais lorsque vint le tour de Zeabeth il avait reconsidéré la chose. L'expérience ou bien la caractère de son nouvel élève ? Jamais il n'avait éprouvé tant de satisfaction. Il lui enseigna tout ce qu'il savait du monde et, il l'espérait, l'ouverture d'esprit. Ce fut donc un choc pour lui lorsqu'il s'entendit lui dire : "Oui, Eliott a tout prévu. C'est certain !" Un mensonge.

Se pouvait-il que ce fut véritablement le cas ? Désormais il fallait tout miser sur ce jeune garçon entêté, et fier. Oui il savait qu'Eliott avait, des 3 frères, le moins bien réagit. Il s'était emporté violement à l'annonce de son père. Avait reçu correction à la mesure de sa colère. Et depuis on ne l'avait plus vu ni entendu. Son père lui avait infligé le devoir de porter lui même les alliances pour une raison connue de lui seul. Angor ne comprenait pas cette punition. Ou plutôt se refusait à la comprendre.

Voyant que Zeabeth n'était pas dupe il baissa les yeux. Il craignait qu'elle ne put lire en lui. Un sylécate, il s'en souvenait, pouvait avoir ce genre de capacité, même sans le savoir. Lorsqu'il redressa les yeux son regard la croisa. Il crut y lire un appel désespéré. L'appel de ceux qui sont aux abois et ne peuvent souffrir l'hypocrisie ou les paroles creuses. A cet instant, sentait-il, elle avait besoin de repères stables. Ses yeux reprirent confiance. Il se redressa et lui parla aussi sincèrement qu'il en était capable. Le rôle nouveau qu'elle aurait dans la société. Sa foi en elle et ses capacités. Mais il évita soigneusement de parler de la nuit de noce, de son renvoi et d'Eliott.

"Vous ferez une épouse formidable, et une femme de cœur j'en suis sûr, conclut-il." Mais à tout cela elle répondit par une question. Dans cette question était contenue toutes ses craintes. Il ne s'agissait pas seulement de cette nuit mais de toute la vie à venir. Elle le suppliait de lui assurer qu'elle serait à la hauteur de ce qu'on attendrait d'elle. Pour ce qui était de la diplomatie, de l'économie ou des rencontres mondaines il ne se faisait aucun mauvais sang. L'expérience lui viendrait assez vite. C'était plutôt concernant son adaptation émotionnelle qu'il avait des doute.

Certes elle était docile mais elle s'apprêtait à changer complètement de condition de vie. Quelle que fut sa vie jusqu'ici elle n'avait jamais rien connu d'autre. Le coup serait dur à encaisser. Cela il ne pouvait le déterminer. Sensible comme elle l'était elle pouvait se morfondre comme s'épanouir. Tout dépendrait de l'attitude de ce Joastre Giltaïr. Et son attitude, dans un premier temps du moins, dépendrait de comment elle même se comporterait aujourd'hui. Il fallait qu'elle soit en confiance, qu'elle prononce les paroles rituelles l'esprit clair et le cœur léger.

Parler de sa propre expérience la lui apporterait peut-être. Pour aujourd'hui. A son inspiration il se sentit tremblotant. Tout ce dont elle avait besoin c'était d'un rêve auquel continuer à se raccrocher. Demain il n'aurait plus aucune valeur et elle le détesterait probablement pour le lui avoir fait miroiter. Pardonne moi, pensa-t-il à part lui. "Je suis marié en effet, dit-il avec calme. Je l'ai aimé très vite. Et pourtant au départ... je ne l'aurais jamais cru possible." Ces mots il se les arrachait comme on arrache des aveux à un supplicié. Mais comment lui faire comprendre qu'il n'avait jamais été dans la même situation qu'elle. Lui avait choisit et avait été choisit. Il avait vécu avant cela. Ce n'était qu'après avoir atteint un âge avancé et une grande expérience qu'il s'était finalement engagé.

Pour elle, le choix comme le moment était défavorable à la réussite de leur union."Tu sauras vite l'aimer et te faire aimer !" Abominable. Ces paroles lui brulaient la langue. "Car en vérité, qui pourrait ne pas aimer une femme aussi belle que toi ? il en pleurait presque." Il la guida vers un miroir accroché au mur. Mais dans le reflet il vit un monstre aux côtés d'une apparition enchanteresse d'innocence. Il tordit son visage en un sourire qui se voulait humoristique; et sans doute l'était-il vu son incongruité.

Oui, pour aujourd'hui il s'abaissait pour la première fois avec elle au mensonge par omission. Il savait la chose bien moins simple qu'il ne la lui présentait. Mais elle devait le croire ainsi. Au moins aujourd'hui. Mieux valait qu'elle le haïsse tout le reste de sa vie plutôt qu'elle ait la moindre infime chance de faire mauvais effet. "Tu en sais long sur le monde. Tu seras pour lui une alliée appréciée." Du moins pouvait-il l'escompter. Son travail n'avait pas été vain avec elle. "Je sais ce que tu ressens. N'y prête pas attention. Concentre toi sur les faits et tout ira bien." Tout irait bien ? "Tu t'apprête à marier un des hommes les plus influents du monde ! Et par conséquent tu deviendra l'une des femmes les plus importantes. Il est riche, il est intelligent, tu ne craindras rien à ses côtés." Il commençait à se convaincre lui-même.

En fait il avait raison ! Pourquoi était-il se angoissé alors ? Tout était toujours plus simple lorsqu'on utilisait la raison. Voilà les faits, se dit-il. Elle n'avait aucune raison de s'angoisser. Quel idiot il faisait. Bien sûr ! Il n'avait aucune raison de s'angoisser tant. Il en riait désormais. Sa gorge s'était soudainement dénouée. Il la prit dans ses bras, tout emporté qu'il était encore par l'émotion et continua de rire un long moment. Il était joyeux, d'une joie sincère et contagieuse. Son sourire était large et naturel. Rarement s'était-il sentit si bien. "Tout ceci n'est qu'un jeu ! Et tu connais..." Sa voix fut couverte par les pleurs de Maria. "-Madeboiselle Zeabede, hoqueta-t-elle, je ne veux bas vous berdre !" ou bien était-ce : "-Je ne veux bas de berles." ? Mais Angor croyait comprendre ce qu'elle tentait de faire comprendre. Les yeux et le nez chargés ne pouvaient faire taire ce que tout son être criait. Elle allait se jeter sur eux quand derrière elle apparut Cloastre, le jeune frère d'Eliott. Il semblait mu par une volonté sans faille. On l'aurait dit inexorable.

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Zeabeth
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MessageSujet: Re: Demeure des Giltaïr   Lun 11 Juin - 11:35

    Eliott avait toujours été un peu plus dur à diriger que les autres... Probablement parce qu'il était l'aîné et que de lourdes responsabilités de tarderaient pas à peser sur ses jeunes épaules. Et il en avait terriblement conscience. Malgré ses petites pics, ses farces ou son manque « visible » de discipline, il faisait toujours en sorte qu'il n'y ait pas de graves conséquences à ses actions. Il profitait de ses derniers moments de liberté en quelque sorte. Et maintenant qu'elle était en habit de mariée, Zeabeth comprenait parfaitement la chose... Mais elle gardait confiance en son frère, il se souviendrait de son devoir avant la fin et ferait en sorte qu'il n'y ait aucun dommage pour leurs deux familles. Peut-être voulait-il prolonger un dernier instant leur enfance qui était sur le point de s'achever par le départ de la plus jeune de la fratrie? Il jouerait une dernière fois le chevalier venant sauver la princesse... Avant de laisser sa place à un autre. Elle pouvait comprendre que cela soit difficile, après tant d'années à veiller sur elle. D'autant plus lorsque l'on constatait la différence d'âge entre son futur mari et elle... Peut-être avait-il peur lui aussi de ce qu'il pourrait se passer après la cérémonie?

    En attendant qu'il accepte enfin le départ de sa soeur, celle-ci cherchait réconfort et réponses auprès de son vieux maître, celui à qui elle devait la grande partie de son éducation. A ses yeux juvéniles il était effectivement très vieux et devait donc avoir une expérience de la vie bien plus développée qu'elle. Et, dans le cas qui l'intéressait, celle de la vie de couple. Jusqu'à maintenant elle avait été la fille de son père, la soeur de ses frères mais encore jamais la femme d'un homme. Elle n'était pas certaine de quelle devrait être exactement sa place. Certes, elle en avait parlé avec sa mère, la seule autre personne d'expérience qui pouvait l'éclairer mais la discussion n'avait pas été aussi satisfaisante qu'elle ne l'avait espéré... La jeune femme avait conscience que sa mère avait plus de liberté que bien d'autres femmes, elle avait vu ces malheureuses potiches lors de certains bals, tout juste bonnes à faire décoration et pas même autorisées à essayer de s'améliorer... Sa mère lui avait donc expliqué son rôle aux cotés de son père, les fonctions, les devoirs de la femme. Mais elle avait eu la présence d'esprit de lui expliquer aussi que sa propre situation était relativement exceptionnelle. Tous les nobles ne laissaient pas autant de liberté à leur épouse.

    -Un vieux maître m'a un jour démontré que la beauté physique n'était rien sans un esprit bien fait...

    Zeabeth eut un sourire alors qu'ils se dirigeaient vers le miroir et s'y observaient tous deux. Encore une fois elle eut du mal à se reconnaître ainsi parée de ses atours de mariée... Alors qu'il continuait à essayer de la rassurer, elle observait son reflet dans la parois réfléchissante. Même s'il lui mentait, il le faisait dans le seul but de la rassurer, de l'aider à faire face à ce qui l'attendrait derrière cette porte. Et en cela elle lui était reconnaissante. Mais combien il lui paraissait vieux maintenant... Alors qu'elle allait le laisser derrière elle, qu'il ne serait plus un maître et son élève, elle prenait soudain conscience de son page et du fait qu'elle était la nouvelle génération, celle qui prenait la relève. En cet instant elle sut, qu'elle ferait en sorte que leur enseignement perdure... Qu'elle ferait en sorte de rester une femme cultivée, éclairée que son mari l'accepte ou non...

    Même si elle ne se joignit pas aux éclats de rire d'Angor, la jeune femme esquissa un sourire plus franc et plus décontracté que ce que l'on avait pu voir sur ses lèvres depuis des semaines. La discussion qu'ils avaient eu lui avait remis les idées en place et elle savait qu'elle aurait assez de caractère pour s'imposer, avec douceur, aux cotés de son mari pour ne pas finir dans une banale cage dorée... Oui, tout allait bien se passer et même si la cérémonie connaîtrait probablement quelques soucis d'organisation, comme n'importe où ailleurs, tout finirait bien. Et elle deviendrait l'épouse de Joastre... Elle allait remercier Angor lorsque Maria intervint brusquement, sanglotant des propos difficilement compréhensibles. La jeune femme s'apprêtait à la rassurer quelque peu lorsqu'elle croisa le regard de son frère, juste derrière la jeune servante. La froide détermination qu'elle y lut la fit frissonner involontairement alors qu'elle commençait à s'imaginer le pire...

    -Cloastre? Quelque chose ne va pas...?

    Son frère continua d'avancer, repoussa la malheureuse jeune fille sans grand ménagement. Elle eut un hoquet étouffé avant de sangloter de plus belle, mais dans son coin n'osant plus approcher le petit groupe après avoir été aussi violemment rejetée par l'un des jeunes maîtres. Zeabeth fronça les sourcils, appréciant moyennement un tel comportement de sa part mais elle n'eut pas le temps de l'en informer. Il la prit par les épaules et planta son regard déterminé dans le sien, sans pour autant se montrer violent...

    -Zeabeth, tu ne peux pas faire cela.

    La jeune femme papillonna quelques instants, réalisant ce que son frère était en train de lui dire. Il lâcha ses épaules pour s'emparer de sa main et sans autre préavis il la traîna brusquement à sa suite. Plus ou moins entravée par sa tenue, la jeune femme ne pouvait faire que de petits pas précipités mais elle ne parvenait pas à se libérer de la poigne de son frère visiblement bien décidé à la faire sortir de la demeure...

    -Nous en avons tous parlé. Tu es trop jeune pour te marier et cet homme est... Il... Nous refusons qu'un vieux goujat mette ainsi ses sales mains sur toi tout ça pour de sombres histoires d'alliances politiques. Eliott nous attend dans une voiture...

    La jeune femme lança un regard désespéré vers Angor. Elle avait beau freiner des quatre fers, Cloastre la surpassait en force physique. Et même si elle cherchait à dialoguer, il finirait pas la basculer sur son épaule pour la faire sortir d'ici... Il avait besoin qu'on le raisonne rapidement...

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Angor
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MessageSujet: Re: Demeure des Giltaïr   Lun 11 Juin - 15:31

L'impudent ! On ne bousculait pas une femme, fut-elle de basse naissance. La pauvre Maria avait percuté une commode et avait écrasé un vase de porcelaine en essayant de retrouver son équilibre. Le morceaux épars auraient pu lui traverser la main. Angor se précipita sur elle pour l’ausculter. Le souffle court mis à part elle n'avait pas souffert de la commotion. Il poussa un cri de soulagement. Sans attendre Cloastre avait agrippé sa sœur et menaçait de faire une belle bêtise. Non pas, il l'avait planifiée avec le concours de son aîné. Miséricorde, cette affaire serait le plus gros scandale de cette décennie !

Se remettant sur pied, Angor courut vers le jeune effronté pour le sommer de cesser ses agissements séance tenante. La force lui manquerait s'il devait y avoir recours. Il fit un signe à Maria qui sembla comprendre et s'enfuit à toute jambe. Il prit Cloastre par le main et la lui retira de l'épaule de sa sœur. En réponse il obtint un regard fulminent de rage. Intimidé il lâcha prise et se fit dégager d'un geste brusque. Une douleur autre que physique le tourmenta mais il n'aurait sut dire quoi.

"Vous êtes de leur côté ? Je ne vous laisserai pas faire, dit le jeune homme avec véhémence." Néanmoins on pouvait lire une pointe de fébrilité dans sa voix. Si l'on prêtait attention à ses gestes on pouvait le voir trembler. Il était à bout de nerf. Sans doute prenait-il conscience de l'importance de ses actes. Mais sa détermination était véritable. Surmonter ses peurs avait dût lui couter. Eliott n'y était probablement pas étranger. Ce garçon était d'une rare force de persuasion, et Cloastre si sensible.

Une seconde s'écoula qui fut comme une lutte interminable. Les deux hommes cherchaient dans le regard de l'autre la faille. Celle qu'ils utiliseraient pour soumettre l'autre à leur autorité. Très vite décontenancé, Angor détourna le regard vers Zeabeth. Il la sondait d'un insistant regard. Il crut y lire le désarroi. Comment en aurait-il put être autrement. Elle était tiraillée dans un sens puis dans l'autre. On lui donnait tout lieu d'être perdue. Son regard se changea en une expression qu'on lui voyait très rarement. Il prit ses distances vis à vis d'elle et assena le soufflet le plus cinglant qu'il eut jamais donné. Il s'en étonna lui-même, en fut même déçu. Mais rien ne devait en paraitre sur son visage. Il ne pouvait pas se permettre de plaisanter.

"Cloastre mon garçon, vous vous conduisez comme un... un... Votre conduite est inqualifiable, dit-il furieux." La colère le rendait grotesque. Il cherchait ses mots et ses pensées désorganisées se bousculaient et sortaient sur sa langues sans qu'il en fut maître. "Vous rendez-vous compte de votre inconséquence ? Que signifie... Rien ne vous autorise ! Présentez vos excuses immédiatement." Son emportement lui montait aux joues et au front. On l'aurait dit sur le point d'exploser. Au cœur un pincement lui enjoignait, trop silencieux pour qu'il y prête attention, qu'il n'aurait pas du se mettre en colère. Cloastre restait sourd à tous ses commandements. Le garçon le repoussa à nouveau et lui fit perdre l'équilibre sur cette salvatrice commode. Il le regarda avec un air d'excuse momentané mais se reprit soudain et emporta sa sœur d'une violente étreinte au bras. Il s’apprêtait à commettre une grave erreur. Non seulement il n'irait pas bien loin mais il serait recherché où qu'il aille.

Lors qu’enfin Angor reprit ses esprits les deux jeunes personnes descendaient déjà les escaliers de la cours centrale. Il ne les rattraperait pas avec ses jambes gauches et ankylosées. Mais derrière lui arrivèrent Maria et deux domestiques bien bâtis. La femme de chambre était troublée mais elle avait sut se montrer fidèle. Angor lui en était reconnaissant. "-Ils sont là ! Barrez leur la voie, mais ne vous avisez pas de les ..." Mais les deux brutes s'étaient déjà précipitées à leur suite et dévalaient les marches quatre à quatre les. Deux gros bras et fier de l'être. Ce qui les rendait particulièrement idiot. Ils se complaisaient dans la domination des autres par la force. Quel besoin alors de réfléchir ? Angor se tourna vers Maria et lui signifia son désespoir les concernant. Mais au moins il empêcheraient Cloastre de rejoindre Eliott.

Restait à le ramener à la raison. Pense. Comment s'y prendrait-il ? La voix de la raison ne suffirait sans doute pas. Il faudrait lui donner un motif différent. Il faudrait que Zeabeth le convainc elle-même. Il n'écouterait probablement personne d'autre.

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