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 Au neuvième art, librairie, petite venelle d'Altaïr.

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Angor
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MessageSujet: Au neuvième art, librairie, petite venelle d'Altaïr.   Lun 21 Mai - 13:31

"Le prince, vous dites ? Voyons voir si je ne l'ai quelque part." Un vieil ouvrage de Mac Ivael, environ 60 pages, reliure cuir. Troisième couloir, deuxième rangée... non, alors troisième. Voilà. Un livre très intéressant pour autant qu'il s'en souvienne. Son client devait être féru de sciences politiques car il s'agissait d'un recueil de conseils très pertinents et intemporels sur comment prendre puis conserver le pouvoir. "N'allez pas le crier sur tous les toits, on pourrait vous prendre pour un rebelle, plaisanta-il à moitié." Son client, une femme qui le dominait d'une tête au moins, ne gouta pas à la plaisanterie. Elle avait ce regard bouillonnant qui vous refroidissait en un éclair. Angor ravala son petit rire, et fit basse mine, gêné.

Dans sa librairie vibrait un phonographe en fin de vie. Une antiquité mal aboutie qui produisait un son fébrile. Le changer aurait couté bien trop cher, mais le faire réparer pouvait être dans ses moyens. Tout ce qu'il lui faudrait c'est des bras costauds pour soulever l'engin. Car il pesait son poids juste. Angor avait bien tenté de le bouger, mais il n'avait réussit qu'à manquer se claquer une cervicale et à tordre le reproducteur et cabosser le pavillon.

Cette journée s'annonçait orageuse, ce qui était peu courant à Altaïr. Il ne sortirait pas de sa boutique de la journée. Il faisait des aller retour entre la remise, pleine de cartons de livres et de papier et la boutique. "Angor, as-tu retrouvé le compte de l'Orchidée Blanche ? J'ai une cliente qui me l'a demandé hier et je ne le retrouve plus." Isamël, son frère qui l'aidait à tenir la boutique avait, il s'en souvenait, passé toute la journée d'hier à chercher cet ouvrage, sans succès. Angor l'avait finalement fait commander chez un autre libraire. "-Il ne tardera plus à arriver ! Sois patient, la journée a à peine commencée." Sa mémoire lui jouait des tours. Comment s'en étonner lorsqu'on parlait d'un homme de plus de 80 ans. Angor n'avait pas eut ce problème jusqu'à maintenant, du moins ne s'en souvenait-il pas si tel était le cas. Il sourit à cette pensée.

Ismaël prit une pile de livres tous très abîmés et partit dans l'arrière salle. Une étonnante machine à recopier les livre y était. Des colonnes entières de papier était plaquées sur tout un mur et touchaient presque le plafond. Ce travail était des plus éprouvant, et aujourd'hui que leurs assistants n'étaient pas là ils devraient se passer le relai.

Dans la boutique il n'y eut plus personne quelques instants. Ce qui arrivait plus souvent en début de matinée. Il profita du flottement pour aller consulter son frère sur un autre sujet qui le turlupinait. "La petite Elnor n'a-t-elle pas dit qu'elle passerait nous voir ce matin ? dit-il avec un peu d'appréhension." Il le lui semblait bien. Leur jeune amie ne manquait pas jamais à sa parole. Il aimait leurs discussions. Voir la fougue de la jeunesse lui rappelait ce qu'il avait été et avait le chic pour le mettre de bonne humeur toute la journée. Ismaël, lui, n'avait jamais beaucoup aimé les Nirtémis. Il n'avait jamais beaucoup aimé les gens des autres castes, les privilégiés. Et son aversion à leur égard avait empiré depuis la montée au pouvoir d'un Sylécate des moins tolérants.

Angor ne lui en tenait pas rigueur. Lui-même n'aimait pas l'empereur, mais sa survie dépendait de sa docilité. Aussi conseillait-il à son frère la tempérance. Ne pas se montrer odieux envers les autres castes. "Appelle le fer de lance et il finira dans ton flan, quand tu en aurais besoin dans la main, lui disait-il." Ce qui exaspérait Ismaël au lieu de le convaincre. De plus il était injuste et incohérent de placer tout non-péromère dans la catégorie personnes à éviter. Qu'ils soient ou non de leur caste on trouvait partout des gens de bien et des gens égoïstes, des inconscients, et des gens trop sérieux. Angor aurait voulut pouvoir les aider à ouvrir les yeux sur les autres. Mais comment y parviendrait-il quand son propre frère ne se laissait convaincre ?

C'est un problème de méthode, se disait-il. Je ne suis pas charismatique et les gens n'ont pas envie d'écouter un vieillard qui prétend leur dicter le comportement. Surtout lorsqu'ils ont peine à trouver de quoi se nourrir, et que leur langue ferait mieux de ne pas fourcher. Des conditions de vie difficile. Les rebelles avaient beau se débattre, quelques actions ponctuelles et disparates ne suffiraient jamais. En attendant le mieux était de rester dans le rang, d'éviter de se faire remarquer et d'attendre son heure.

"Voudrais-tu bien éteindre ce vieux machin, il fait un son atroce à mes oreilles !" Angor ne s'en rendait même plus compte. Son acuité auditive avait bien baissée, se dit-il. Le lot de la vieillesse. Il s'en retourna dans la boutique pour couper le Phonographe. La rotation du vinyle fut la seule chose qui lui assura qu'il fonctionnait encore.
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Elnor
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MessageSujet: Re: Au neuvième art, librairie, petite venelle d'Altaïr.   Lun 11 Juin - 16:34

Je marchais dans les rues d'Altaïr, un sac en bandoulière à l'épaule. À l'intérieur étaient blottis deux livres que j´avais emprunté depuis déjà trop longtemps. Le premier traitait sur l´astronomie. Sujet passionnant qui m'avait permis d'observer les astres depuis Véga. Dans cette ville, le ciel était toujours dégagé, l'endroit parfait pour profiter de la voûte étoilée. Le second était un recueil romanesque. Je me rappellais encore le jour où je l'avais pris. J'étais arrivée un soir dans la librairie d'Angor, surprise par une pluie diluvienne.

La boutiqe était déserte, seul Angor était là, ce qui n´avait rien d´étonnant. On avait discuté longtemps, puis je m'étais décidée à trouver un nouveau roman, sans savoir précisément ce que je souhaitais. J'avais vagabondé dans les différentes rangées de la librairie, feuilleté une myriade de livres, mais rien ne m'avait semblé très intérressant. Angor était alors arrivé, un recueil dans la mains. Il semblait vieux et fragile, les pages étaient jaunies, quelques unes s´échappaient de la reliure, certaines même, étaient gondolées par l´humidité. Dès le premier regard, on pouvait deviner qu'il avait traversé les siècles. «Ce roman est constitué d´une multitude de contes, racontés par une jeune femme pour échapper à l´exécution que son mari lui destine.» Je pris soigneusement le livre dans mes mains, impressionée par son état. J´avais presque peur qu´il tombe en poussière dès que je le touchais. Il possédait une épaisse reliure en percaline aux couleurs rouges pourpres, usées par le temps. Sur la couverture, une fine écriture dorée apparaissait encore assez clairement : Les Mille et Une Nuits. «Et comment le fait de raconter des histoires peut lui sauver la vie ?» Mon ton était moqueur, mais cela ne parut pas déranger Angor : «Parce que chaque histoire possède sa magie.» Rien de plus. Rien de moins.

M’échappant de mes pensées, je levais la tête vers le ciel. Les nuages couvraient la ville d’un épais voile opaque, laissant peu les rayons du soleil les percer. Un orage approchait. J’étais pressée de le voir éclater. Le temps était étouffant, non pas que cela me dérange, j’avais l’habitude, ayant grandi sur l’archipel du Pantanel, mais je n’aimais pas cette lourde masse nuageuse au dessus de moi. Et puis, c’est beau un orage ! Ces éclairs, cette puissance qui se déchaine ! Les plus beaux étaient près de la mer. La voir, elle aussi accompagner le ciel de ses larges vagues, rien n’était plus impressionnant que ça.
Je traverser une ruelle pour en emprunter une nouvelle. La librairie d’Angor se trouvait là. Petit bâtiment coincé entre deux maisons, on ne pouvait croire qu’à l’intérieur, une myriade de recueil sommeillait paisiblement. Au dessus de la porte, des lettres usées par le temps laissaient lire : Au neuvième Art. Je poussais la porte qui émis un doux grincement. Angor se trouvait devant le vieux phonographe qui trônait sur un table depuis déjà des années. Je l’avais toujours vu À sa place À chacune des mes visites.

- Bonjour !

Je sortis les deux livres de mon sac pour les lui tendre.

- Je reviens de Véga, j’ai pu observer les étoiles grâce à ce roman sur l’astronomie. C’était magnifique ! La nébuleuse d’Orion était visible à l’oeil nu ! Maintenant que je sais qu’elle possède une pépinière d’étoile, je regarde cette constellation d’une manière totalement nouvelle ! C’est impressionnant de savoir que sous nos propres yeux des étoiles sont en train de naître ! Quant aux Mille et Une Nuits, je l’ai dévoré ! Chaque histoire était un voyage. Tous ces rois venant d’un monde imaginaire, ces descriptions et la manière dont Schéhérazade enchaine chaque conte...j’adore !

Je m’arrêtais subitement. Je venais d’entrevoir Ismaël dans la réserve. Je n’appréciais pas cet homme. Cette manière de mépriser les autres m’agacait. Il entra dans la boutique, sans un mot, mais avec un regard qui voulait tout dire. Un regard qui me fixait avec dédain. J’avais beau me retennir la plupart du temps, les mots franchirent la frontière de mes lèvres sans que je puise les arrêter.

- Un problème ? Tu veux mon portrait peut-être ?

Dehors, l’orage commencait à déchirer le ciel.



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Angor
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MessageSujet: Re: Au neuvième art, librairie, petite venelle d'Altaïr.   Jeu 28 Juin - 17:48

"La voilà qui arrive !" lançais-je avec un grand sourire. Il y avait longtemps que je ne l'avait pas vue et j'attendais d'autant plus sa venue qu'elle aurait surement beaucoup à raconter de cette merveilleuse ville : Véga. J'y avait vécu quelques temps et y avait même enseigné la langue altaïre. Cela en divaguant souvent sur les coutumes du pays. Les gens qui venaient alors à ce cour ne cherchaient pas tant à apprendre une langue qu'à discuter des différences culturelles. Cela ne me déplaisait pas. Parfois je me surprends à regretter ce temps là. Peut-être simplement parce qu'alors j'étais bien plus fringant et que je pouvait écouter de la musique sans avoir à forcer l'oreille.

Lorsqu'elle poussa la porte je me tenais prêt à l’accueillir chaleureusement.

"- Bonjour !" lança-t-elle guillerette. Elle me tendait des livres que je n'avait jamais vus. Probablement voulait-elle que je les lise pour lui donner mon sentiment. Mais elle m'apprit vite que ces deux ouvrages provenaient des ma librairie. Je m'en étonnais d'abord. Plus que convaincu de ne pas les connaitre puis les prenant en main je ressentit quelque chose de familier. Oui je connaissais ces livres. Je lui en avais conseillé un avant son départ et l'autre je me souvenait le lui avoir confié également.

"- Je reviens de Véga, j’ai pu observer les étoiles grâce à ce roman sur l’astronomie. C’était magnifique !" elle ne pouvait qu'être sincère. Pour l'avoir vue moi-même je pouvais affirmer que la nuit à Véga avait quelque chose de magique.

"La nébuleuse d’Orion était visible à l’oeil nu ! Maintenant que je sais qu’elle possède une pépinière d’étoile, je regarde cette constellation d’une manière totalement nouvelle ! C’est impressionnant de savoir que sous nos propres yeux des étoiles sont en train de naître !" et pendant qu'elle disait cela je pouvais voir ces même étoiles briller avec elle. Elle avait adoré sa visite. Je m'interrogeais encore sur sa motivation réelle cependant. Était-ce seulement de la curiosité, ou y avait-elle affaires ? Peut-être de la famille. Quoi que ce fut elle devait avoir une bonne raison pour entreprendre un si long voyage. Mais je n'aurais osé la lui demander. J'aimais bien cette petite et je pensais qu'elle m'aimait bien également mais nos rapports n'étaient pas assez proches pour de telle intrusions. Cependant maintenant que le gouvernement avait durcies les règlementations il était important de rester prudent. Toute activités sortant de l'ordinaire était très contrôlée et bien sur très taxée.

"Quant aux Mille et Une Nuits, je l’ai dévoré ! Chaque histoire était un voyage. Tous ces rois venant d’un monde imaginaire, ces descriptions et la manière dont Schéhérazade enchaine chaque conte... j’adore !" finit-elle en m'abandonnant les livres. Je l'invitais immédiatement à se servir des petits gâteaux qu'avait fait mon frère. Ils étaient normalement destinés aux clients mais à peine passé la mi-journée qu'il n'en restait pas la moitié. Ils étaient tellement bons que je ne pouvais m’empêcher d'en grappiller. Je consultais le registre et retrouvais la ligne correspondante à cette commande. Un simple empreint. Mais impossible de vendre de telles raretés. Comment les avais-je oubliées ?

Je parti les ranger dans la salle des livres de location. Première rangée, troisième étage. Voilà ! En très bon état, me disais-je alors, pour leur âge. Je m’apprêtais à revenir quand mon frère vint me voir l'air furibond. Je m'enquis de la raison de son mécontentement et il m'apprit seulement son désir de faire disparaitre tous les non-péromères de la surface. Inutile d'en dire davantage. J'imaginais fort bien ce qu'il venait de se produire. Sans une réponse je pris congé de lui pour revenir à ma cliente et néanmoins très appréciée jeune amie.
"-Vous êtes des sangs chauds tous les deux, lui dis-je avec un petit rire. Intenables en société. Enfin passons. Tu n'as pas rencontré de malfrats durant le voyage ? Il parait que les chemins sont de moins en moins surs en dehors les murs."

"-Et éteignez moi ce machin ! entendit-on hurler depuis la pièce d'à coté."
Je pris un autre gâteau sec et me dirigeais à nouveau vers le vieux phonographe à pas exagérément lents. Je savais qu'il ne faudrait pas plus de quelques secondes pour qu'Ismaël ne redouble d'imprécations. Le faire hurler m'amusait beaucoup et je jetais un regard ravi à Elnor. Enfin Ismaël parut au loin et m'observa pour s'assurer que j’accomplissais ce qu'il attendait de moi. Je tendais un bras vers le bras de l'engin et à peine détournait-il le regard que je revenais quelques centimètres en arrière. Comprenant mon manège il me fusilla du regard et je me résolu alors de na pas plus le provoquer en arrêtant l'engin. Je soulevai simplement le bras et attendit qu'il détourna le regard pour le reposer immédiatement.

"-Arrête ça ! entendit-on hurler à nouveau." Je riais intérieurement mais consentit enfin à lui accorder ce qu'il désirait. "-Quel vieux grincheux, lançais-je, espiègle." Ce à quoi je m'entendis répondre du tac au tac un grand "Vieux teigneux !". Ce qui me fit pouffer de rire. "-Il n'aime pas le son de cet appareil. Je reconnais que je ne distingues plus bien les fausses notes. Et depuis qu'il est tombé je veux bien croire qu'il en produise plus qu'il ne devrait. Je devrais le faire réparer... Enfin dis-moi plutôt ma chère, comment s'est passé ton voyage. Tu n'as pas attraper la maladie des sables c'est déjà ça."

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